ORFÈVRERIE
FAC-SIMILE D’üNE TETE DE LIVRE(No d’ordre 78.)
0NT3 82 Gy-
LES ARTS PARISIENS
L’original de ce fac-similé sert de frontispice, comme on peutle voir, à un ouvrage pour servir à l'art d'orfèvrerie. Quelquesplanches de cet ouvrage sont en notre possession, et nous nousproposons de les faire passer sous les yeux de nos lecteurs.
On peut dès à présent juger du soin avec lequel ces gravuressont traitées. Les fleurs qui entourent le titre nous montrent quel’auteur avait mûrement étudié la nature et qu’il avait su en tirerle plus grand profit pour son art. En effet, que de grâce et de légè-reté dans cette composition, et combien nos parures modernesparaîtraient lourdes et chargées auprès des œuvres de ces maistresorfèvres du dix-septième siècle!
Les figures qui ornent le bas de l’estampe sont de Callot. Commetout ce qu’a produit le burin de ce grand artiste, elles sont pleinesd’esprit, de fine observation, de naturel et d’expression.
’ CALICE
EN CRISTAL ET VERMEIL(No d’ordre 12t.)
Toutes les personnes qui ont visité sérieusement l’Expositionse rappelleront avec plaisir la valeur artistique de l’expositionautrichienne , et particulièrement des produits exposés par MM. J.et L. Lobmeyr, dignes rivaux de ceux de Baccarat et de Saint-Louis.
Parmi les pièces les plus remarquables de cette expositionfigurait le calice que nous reproduisons. Il a été exécuté surles dessins d’un des artistes les plus distingués de l’Autriche , •M. Schmidt, architecte delà cathédrale Saint-Étienne, à Vienne .Cette belle composition, d’un galbe très-élégant, est finementétudiée, et ses formes en sont parfaitement comprises au pointde vue de l’effet que doit produire un objet en cristal. — Lesdifficultés que présentait la taille ont été merveilleusement vain-cues; la monture, en argent ciselé, est aussi très-bien traitée;enfin, c’est une œuvre qui fait le plus grand honneur à celui quil’a conçue et à tous ceux qui ont concouru à son exécution.
GRILLES
EN FER ROND( No d’ordre 123)
Ces spécimens de ferronnerie ont été forgés, de 1720 à 1730,par un maître serrurier allemand , Georges Klain, dont le nommérite assurément d’être conservé ; car ces différents fragmentsdénotent chez leur auteur une habileté peu commune unie augoût le plus pur.
La pratique de cet art intéressant s’était, pour ainsi dire, perdue.Depuis quelques années, les restaurations entreprises pour lesmonuments historiques l’ont tirée d’un injuste oubli, et tendentà faire disparaître ces affreuses imitations en fonte de fer quiaffichaient la prétention de remplacer cette industrie du fer forgé,si simple dans ses procédés, mais qui exige une grande sommed’intelligence, une connaissance profonde de la matière, beau-coup d’adresse et de soin, c’est-à-dire toutes les aptitudes indis-pensables à un artiste.
—GO—■
LE MEUBLE.
• ( Suite. )
Je me suis étendu un peu longuement sur la personne et lesmérites de Boulle pour deux raisons. Premièrement, parce qu’ilest ou doit être toujours bon de nourrir le présent des grandssouvenirs du passé, aux fins de prévenir les défaillances et defortifier les vaillances. Secondement, parce que notre meublefrançais moderne se distribuant en deux espèces, le massif et leplaqué, comme qui dirait le beau et le joli, ou le sévère et lecharmant, l’invention de Boulle reste encore l’idéal de l’un,comme la Renaissance a été l’idéal de l’autre. Sans comptermême que l’homme unique dont il s’agit les a plus d’une foispossédés et réalisés ensemble. Or, l’avenir, qu’il faut bien tou-jours appeler un livre fermé aux plus clairvoyants, nous garde-t-il probablement quelque chose de mieux en ses mystèresinconnus? Y a-t-il indices nombreux d’une pensée autre équiva-lente, et le germe de façons différentes sans être moindres?Quelque architecture mobilière étrange et capitale a-t-elle essayéses lignes révoltées? Quelque esprit hardi a-t-il fait sourdre ennotre fabrication écœurée les prodromes d’un buffet qui noserait pas comme les autres buffets, d’un lit dont les têtièresne rappelleraient pas toutes les têtières dessinées et ensei-gnées? Je cherche. L’Exposition dernière, si promise en cesens et si légitimement attendue, puisqu’elle arrivait après Ken-sington et le Musée Rétrospectif, nous a-t-elle montré nettementdes efforts allant plus loin que le détail ? Faut-il tenir pour unedécouverte l’admirable meuble en bois rapportés, couronné sur latête heureuse et jeune de M. Fourdinois? Le médaillier mérovin-gien de MM. Dielil et Brandely était peut-être au nombre de cesefforts espérés; c’est pourquoi peut-être aussi le jury des meu-bles a si dédaigneusement passé debout à son endroit ! Ces mes-sieurs savent que le temps n’est pas aux choses inconnues.Qu’est-ce qu’une exposition, au point de vue du bon ordre, sinonla constatation, l’organisation et la promulgation du commun?Travailleurs en dehors qui voulez des récompenses, faites quevos exceptions se répandent et deviennent communes ; et quandvous serez abrutis, vous serez considérés !
Par-dessus donc ce qu’il avait reçu de son temps et qu’il a simagistralement transformé, Boulle nous a laissé, comme prati-que, le raffinement imaginé par lui d’un placage ou d’une mar-queterie d’écaille de tortue de l’Inde , en feuilles jointes par lasoudure ou autrement, dans lequel assemblage se promène undessin ou motif en cuivre incrusté et gravé. Voilà qui s’appellele boulle proprement dit. Le placage, au lieu d’être en écaille,peut être en corne, en nacre, en ivoire ou en bois ; le motif, aulieu d’être en cuivre, peut être en étain, en argent, en alu-minium, ou en or; ce sera toujours du boulle. Des encadrementset des ornements en métal fortifient ou enrichissent cette con-struction galante, autour de laquelle, ni plus ni moins, se grou-pent douze corps d’états : l’ébéniste, le dessinateur, le préparateurd’écaille, le lamineur de cuivre, le déeoupeur, le fondeur enbronze, le ciseleur, le tourneur, le monteur, le graveur, le do-reur et le marbrier. Que de manières différentes et réunies defaire beau ! Et pourtant tout ce monde enrégimenté n’aboutit, le