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enlever l’épiderme de barbouillage qui cachait les guirlandescharmantes et les panneaux de Youet; puis il restaura ces pein-tures déshonorées si longtemps; il boucha les trous, il enleva lessouillures, il raviva les tons, et tout cela avec un zèle si habile etune connaissance si parfaite du style du temps, que maintenantvoilà le Cabinet tout neuf, complet, entier, authentique et tel qu’ilétait le jour où Sully et Henri IV y eurent leur dernier entretien.
Ce beau travail de reconstruction a été fait par ordre du mi-nistre des Beaux-Arts, sous l’administration de M. Laurent(de l’Ardèche), conseiller administrateur de la bibliothèque del’Arsenal.
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On lit dans la Chronique des Arts et de la Curiosité :
On commence fort à se préoccuper, en France , des écolesde dessin professionnel, et nous constatons avec plaisir que cemouvement se fait en dehors du gouvernement, par les corpora-tions elles-mêmes. Ce mois-ci verra s’ouvrir une école fondée parles fabricants de bronzes, rue Saint-Claude, au centre même desprincipaux ateliers. Des prix se montant à une somme de 5,000 fr.ont été créés pour encourager les progrès des ciseleurs, des tour-neurs et des ajusteurs.
Les ouvriers joailliers se sont piqués d’honneur, et ils se sontentendus pour établir dans le bâtiment des Arts et Métiers, maisen dehors de toute influence administrative, une école spécialepour les personnes qui se destinent à embrasser leur profession.C’est au syndicat de la corporation qu’incombera le soin de choisirles professeurs et de déterminer la voie qui devra être suivie dansl’enseignement. Il y a lieu d’espérer que ce mouvement utile,nécessaire même pour contre-balancer les efforts qui se font àl’étranger pour enlever à la France la suprématie dans les artsindustriels, se propagera à Paris et en province, et que nousverrons les ébénistes, les fabricants d’étoffes et de papiers peintssuivre l’exemple qui leur est donné.
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L 'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie , cetteinstitution excellente, fondée par quelques hommes intelligentset dévoués pour faire l’éducation artistique de nos ouvriers etmaintenir la vieille suprématie de la France en fait d’art indus-triel, continue avec succès ses conférences du soir, au siège del’association, 15, place Royale.
MM. François Lenormand, sous-bibliothécaire de l’Institut;Joseph Fouché, ingénieur civil; Ferdinand de Lasteyrie , membrede l’Institut; Richard Cortambert , vice-président du comité d’ar-chéologie américaine; Anton in Rondelet, Émile Lefébure, AlbertJacquemart, E. Lenoir, Claudius Popelin , peintre d’histoire etémailleur, et Eugène Guillaume , statuaire, membre de l’Institutet directeur de l’École impériale des beaux-arts, ont traité suc-cessivement, pendant le mois d’avril :
De la civilisation et de l’art en Assyrie ; — De l’étude desombres et des effets de la lumière sur les surfaces définies; — Desprincipes de 1 art appliqué au vêtement; — Des antiquités dunouveau monde; — Des limites de l’art; — De l’utilité du voyageen Italie pour 1 artiste industriel; — De l’influence des usines pro-tégées sur les arts appliqués; — De la télégraphie autographique;— De l’émail des peintres; — De la sculpture en bronze.
Nous n’insisterons pas sur l’importance de cet enseignement,où tant d’hommes illustres viennent mettre généreusement leur
science et leur expérience au service des classes laborieuses.Cette solidarité, cette confraternité de l’Institut et de l’atelier estun signe des temps, et celui-là n’a rien que de consolant, puisqu’ilnous montre les savants, les forts, tendant la main aux ignorantset aux faibles pour les élever jusqu’à eux.
Les cours ont lieu les lundis, mercredis et vendredis, à huitheures du soir; le dimanche, à une heure de l’après-midi,
La bibliothèque de la société est ouverte au public tous lesjours, même à l’heure des conférences. (R. P.)
ESQUISSE HISTORIQUE
SUR LA
DÉCORATION INTÉRIEURE
DES ÉDIFICES PRIVÉS
Si l’histoire d’un peuple, ses révolutions et jusqu’à son culte etses croyances s’inscrivent sur les monuments qu’il laisse aprèslui, l’étude de son architecture privée permet de retrouver sesmœurs, ses usages domestiques et ses habitudes intimes.
Les historiens ne retracent le plus souvent que l’enchaînementdes grands faits politiques; les révolutions, les guerres, les con-quêtes, les migrations absorbent toute leur attention ; ils n’at-tachent qu’un intérêt médiocre aux mœurs, au caractère, auxusages particuliers des nations, à tout ce qui constitue ce que l’onpourrait appeler leur tempérament. Et cependant, que de faitsimportants, que de révolutions considérables dans la vie des peu-ples ne prennent point naissance ailleurs que dans les préjugés oules aptitudes engendrées par l’éducation domestique. Les mœursde l’homme privé n’exercent-elles pas aussi, en maintes circon-stances, une large part d’influence sur les actes du citoyen et surles décisions du législateur? L’esprit d’un peuple ne subit-il pasquelquefois de profondes modifications en s’assimilant les usagesou les idées d’une nation vaincue, ou simplement voisine et al-liée ? En négligeant ce côté essentiel de l’histoire, on ne parvientqu’à dérouler une succession de faits n’ayant entre eux aucun lienmoral, et ne paraissant obéir qu’à la loi d’une fatalité impéné-trable ; c’est, à notre avis, vouloir faire la biographie d’un indi-vidu sans insister sur ses qualités, ses défauts, son éducation, etles influences sociales au milieu desquelles il a pu vivre.
L’archéologie, marchant sur les traces de l’histoire, consacreen partie tous ses soins et sa sagacité à l’étude des grandsmonuments. Elle les reconstitue patiemment jusque dans leursplus petits détails, elle en recherche les dispositions primi-tives, assigne aux parties, même les plus accessoires, leur véri-table emploi; elle nous traduit le symbolisme qu’ils renfer-ment, remet en lumière les croyances et les institutions descivilisations disparues, et nous révèle le sens souvent élevéde leurs cérémonies publiques ou religieuses. En un mot, ellefait revivre toutes les grandes manifestations de la vie civile,mais elle nous introduit rarement dans la vie des particuliers,elle ne nous les montre point dans leur intérieur, se livrant auxsoins domestiques, elle ne nous initie que fort peu à l’organisa-tion du foyer, à sa police, à son économie ; enfin, si elle nous faitassister aux cérémonies civiles et religieuses, elle ne nous donneque quelques détails insuffisants sur les fêtes intimes et sur l’in-térieur de la famille.