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par donner de toutes les branches de l’Art industriel des modèles et des reproductions.Mais, en attendant que ce remède soit devenu efficace, en attendant que notre Journal soitdevenu une véritable Encyclopédie, où toutes les parties de l’Art se trouveront amplementreprésentées et décrites, nous allons tenter une amélioration qui, nous aimons à le croire,plaira à nos lecteurs.
Rarement le sujet que nous reproduisons nous permet de donner des détails, soit desa construction, soit de son ornementation en grandeur d’exécution. Nous allons ajouterdésormais, et chaque fois que le sujet l’exigera, UNE FEUILLE SUPPLÉMENTAIRE AVEC DES DÉTAILSGRANDEUR D’EXÉCUTION. Dès le numéro prochain, nous essayerons de cette nouveauté.
Nous saisissons aussi cette occasion de remercier nos nombreux correspondants connusou inconnus qui veulent bien nous faire part de leurs idées et de leurs observations. Nousne pouvons répondre individuellement à chacune de ces lettres, souvent trop flatteuses, maisnous en tirons toujours l’enseignement que l’on veut bien nous transmettre.
R. PFNOR.
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MINIATURE D’UN MANUSCRIT.
(N<> s d’ordre 141 et 142.)
Au moyen âge, on représente allégoriquement l’Idolâtrie sousla figure du serpent ou dragon. La miniature que nous reprodui-sons est un des types les plus curieux de ce symbolisme. Dans uneforteresse crénelée, on aperçoit un personnage dévoré par undragon ; c’est l’Idolâtrie absorbant l’Humanité. Dans le haut, àdroite, la main nimbée de Dieu sort d’un nuage; au-dessous, aupremier plan de la miniature, nous reconnaissons le même per-sonnage , il sort triomphant du corps du dragon, tenant unecroix à la main, ce qui signifie que l’Humanité est ressuscitéepar le Christianisme. Ce sujet est doublement intéressant, par sarareté et par la façon dont les détails typiques y sont traités. Ledragon du premier plan surtout est composé magistralement;malgré sa physionomie fantastique, sa construction est très-ra-tionnelle et respire une vitalité puissante et terrible.
FRESQUES DE L’ÉGLISE SAINT-MICHEL
(No d’ordre 137.)
Les peintres de la Renaissance italienne, plus soucieux d’affir-mer leur personnalité que de concourir à l’ensemble général,mirent en œuvre dans leurs compositions décoratives tous lesmoyens de leur art : perspectives linéaire et aérienne, clair obs-cur, modelé énergique, multiplicité des plans, raccourcis, etc., etc.Depuis lors, les traditions antiques dont s’était inspiré le moyenâge ayant été abandonnées, les peintures qui ornent nos édifices,au lieu d’enrichir les surfaces qu’elles recouvrent et d’en cacherla nudité, ne sont plus que des tableaux détruisant le plus souventles lignes de l’architecture.
Dans les plafonds et les coupoles, les artistes italiens inaugurè-rent les compositions dites plafonnantes. Celles-ci présentent desraccourcis dont les lignes sont loin d’être agréables, et l’on nepeut réellement les juger qu’à la condition de ne point s’écarterdu point de vue; car, en dehors de ce point unique, elles n’offrentplus à l’œil qu’un enchevêtrement incompréhensible. D’autresplafonds ne sont que des tableaux placés horizontalement, et leurseul avantage consiste à soumettre à une véritable torture ceuxqui veulent leur accorder quelque attention.
Les considérations précédentes nous sont suggérées par cettepeinture du treizième siècle qui décore un plafond de l’église
Saint-Michel, à Hildesheim . Nous croyons inutile d’en signaler ànos lecteurs l’ordonnance si grande et si simple ; nous leur indi-querons seulement les tons de ses différentes parties.
La grande figure est vêtue d’une robe verte brodée d’or et depierreries et d’un manteau rouge; elle s’enlève, ainsi que lespetites figures des médaillons, sur un fond bleu. Les rinceauxsont rouges, rehaussés de blanc, et le quatre-feuilles tracé pardeux larges filets, l’un rouge et l’autre vert, sur un ton jaune, sedétache, de môme que les médaillons, sur un fond brun-rougefoncé, cerné à son pourtour extérieur par deux filets jaunes. Surce cadre sont appliqués des disques dorés figurant des clous.
N’oublions pas que le trait noir qui dessine les figures et lesornements est plus fortement accentué aux endroits où il sert àisoler des autres tons les fonds bleus ; le voisinage de cette cou-leur étant en effet dangereux, à cause de son rayonnement.
PEINTURE DÉCORATIVE DE BOUCHER.
(No d’ordre 140.)
Cette peinture est un tableau destiné à faire partie de la déco-ration d’un intérieur. Ce n’est ni un plafond ni une peinture mu-rala, c’est tout simplement un dessus de porte ou un trumeau decheminée ; c’est-à-dire un tableau fixé dans une menuiserie et en-cadré par des lignes d’architecture. Ce genre de peinture exigeencore beaucoup de concessions de la part de celui qui est appeléà l’exécuter. Il doit d’abord se rendre compte de la place qu’elledoit occuper! et disposer sa lumière en conséquence. Puis, il luifaut non-seulement combiner sa coloration en vue de l’harmoniegénérale, mais il doit aussi avoir égard, dans l’agencement deson sujet, aux lignes d’architecture au milieu desquelles elle seraplacée.
La composition que nous reproduisons, indépendamment ducharme et de l’esprit dont elle est remplie, renferme toutes cesqualités; mais, pour les apprécier, il est indispensable d’avoirétudié la décoration et l’ameublement du règne de Louis XV , etcombien peu de peintres daignent accorder aujourd’hui quelqueattention sérieuse à tout ce qui a trait à l’architecture !
(No d’ordre 115.)
L’époque de transition qui précéda la Renaissance proprementdite produisit dans tous les genres, sous les règnes de Louis XII