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et de François I er , de charmantes fantaisies dignes d’être repro-duites.
Les artistes encore peu familiarisés avec l’art antique lui fontde nombreux emprunts pour retremper un art dont les ressourcesétaient alors complètement épuisées et qui menaçait de tomberdans la recherche et la manière. Ils ne délaissent pourtant pointles saines traditions de leurs devanciers; ils appliquent avec laplus grande liberté, sans aucune prétention pédantesque, les mo-tifs d’un art nouveau à l’ornementation de leurs conceptions.
Telle est notre boiserie. Toute sa décoration inférieure et sacombinaison générale restent encore complètement fidèles à latradition gothique. Les montants de la partie supérieure se trans-forment en pilastres, le profil qui la couronne et celui de la cor-niche sont inspirés de l’antique; enfin, la galerie que forment lespanneaux entre les pilastres est évidemment une réminiscence deces suites de figures si fréquentes dans l’architecture des trei-zième, quatorzième et quinzième siècles. Cette galerie se com-pose d’éléments tirés de l’art nouveau unis à ceux de 1 art nationalet mariés avec le plus grand bonheur.
Plus tard, les principes de la bonne construction ayant été aban-donnés dans ces sortes d’ouvrages et dans les meubles, ils perdi-rent leur caractère propre et firent place à de véritables compo-sitions monumentales possédant leurs ordres, leurs niches, leursfrontons et même leurs archivoltes, en un mot, tous les élémentsd’une construction en pierre.
A. DeLaRocque,Architecte.
MODÈLES DE LA CÉRAMIQUE ANTIQUE.
LEKITA , VASE A PARFUMS ( COLLECTION DE LUYNES ). ‘
(No d’ordre 125)
L’ornementation dans la céramique a fait, ces temps derniers,des progrès immenses, et nous ne serons plus condamnés désor-mais à voir se reproduire sur nos plats, nos assiettes et les diffé-rents vases qui décorent nos tables et nos dressoirs, les banalesmarbrures qui affligeaient naguère nos regards attristés. Les sa-vantes imitations de nos vieilles faïences ont fait révolution dansce genre.
Reste un point aussi essentiel, à notre avis, que la décoration,c’est l’étude de la forme; sous ce rapport, nous avons beaucoup àfaire, les progrès de l’industrie moderne ont créé mille objets quene possédaient pas les anciens et qui reçoivent de l’art de terreune application immédiate. Je ne veux en citer qu’un exemple, lalampe. On fabrique énormément de corps de lampes en porcelaine,en faïence, en cuivre émaillé, et les formes les plus bizarres etles moins logiques servent de types à ces lampes. Les bouteillesles moins lumineuses, les cruches les moins rayonnantes serventà supporter le foyer de ces lampes ; il est temps de les jeter aupanier. Combien d’autres choses, sur lesquelles nous n’avons ni leloisir ni l’espace de nous étendre ici, devraient subir le mômesort !
Quelques principes sur la forme des vases, à propos de la char-mante lekita du duc de Luynes nous semblent donc utiles à éta-blir dès aujourd’hui. Ils serviront de guide à ceux que préoccupeencore le goût et surtout la raison du goût.
Tout vase à recevoir ayant commencé par l’imitation de la
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fleur, nous avons ailleurs développé cette thèse en traitant del’origine de la coupe (1), tout vase à verser procéda nécessaire-ment de l’imitation des pistils de ces fleurs.
Un symbole religieux, le symbole de la reproduction de la viefut attaché à ces objets, primitivement sacrés (la persistance dela coupe dans toutes les cérémonies nuptiales des peuples les plusdivers en est une preuve convaincante). La coupe, organe fe-melle, tenue par le prêtre sur l’autel d ’Agni, dans le Veda, rece-vait d’un vase à libation, organe mâle, le sôma, (i heureuse fer-mentation, » préparé, selon les prescriptions saintes, avec desplantes sacrées cueillies dans le silence à la clarté de la lune.
Dans l’Égypte , les bas-reliefs en font foi de reste, tous lesvases à verser affectaient cette même forme végétale; en Étrurie ,en Grèce, en Gaule , nous retrouvons la même tradition pieuse-ment conservée d’âge en âge. Nos pères, ces amants enthousiastesde la belle nature n’avaient-ils pas pris pour première triadecette sublime définition qui devrait s’écrire en tête de toute es-thétique raisonnable.
Le voyant, le poëte, doit avoir pour seule awen, pour seule in-spiration,
Un œil qui sache voir la nature,
Un cœur qui sache sentir la nature,
Un esprit qui ose suivre la nature.
Pourquoi- avons-nous oublié cette tradition? Nous cherchonsdes formes, reportons-nous donc à ces antiques lois.
Le modèle que représente notre gravure, si vous le débarrassezde son anse et si vous amoindrissez un peu ses contours, res-semble, à s’y méprendre, aux vases de Memphis et de Thèbes .Les Grecs, en perfectionnant quand même, se souvinrent tou-jours.
Faisons comme les Grecs.
H. du C.
ESQUISSE HISTORIQUE
SÜR LA
DÉCORATION INTÉRIEURE
DES ÉDIFICES PRIVÉS
( SUITE )
Quelque branche de l’art que l’on se propose d’approfondir, ilfaut toujours avoir recours au génie grec, lorsqu’on tient à enfixer les principes et à se pénétrer des conditions de style et deconvenance qui lui sont propres.
Tout, en effet, chez ce peuple éminemment artiste, dut concou-rir à développer les facultés artistique’s dont la nature l’avait siamplement pourvu; la religion, en symbolisant les idées et lespassions et en personnifiant les forces de la nature, ouvrit aux ar-tistes une source inépuisable d’inspiration ; la constitution fédéra-tive des républiques grecques, excitant entre elles l’émulation etleur laissant le plein exercice de leur initiative et de leur autono-mie, enfanta autant d’écoles d’art que de dialectes; enfin, la posi-tion géographique de la péninsule hellénique, tout en lui permet