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Tome troisième.
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ASTRONOMIE.

CHAPITRE XXX.

De VAberration et de la Parallaxe annuelle des Étoiles■&

i. Tout ce que nous avons dit jusqu’à ce moment sur les étoiles etles planètes suppose instanée la transmission de la lumière, c’est-à-dire,que la vitesse de la lumière est comme infinie et qu’il n’y a aucun inter-valle appréciable entre l’émission de la lumière que l’astre nous lanceet l’impression que produit la lumière sur l’organe de la vue. Nousavons déjà remarqué (XXVI. 221), à l’occasion des éclipses, que cettequestion n’est pas indifférente dans le calcul des observations; il fautdonc l’approfondir et la résoudre.

2 . Supposons une étoile E (fig. 38) à une distance presqu’infinie de laterre. Nous avons vu que la distance des étoiles à la terre est extraor-dinairement grande, puisque les lignes menées de l’étoile à tous lespoints de l’orbite terrestre et qui doivent former un cône plus ou moinsoblique suivant la latitude de l’étoile au-dessus de lecliptique, sontsensiblement parallèles entre elles. Ainsi le rayon ET venu de l’étoile àla terre, peut représenter tous les rayons que la même étoile envoie àla terre pendant un tems quelconque.

3 . Si la terre et l’étoile sont immobiles, le rayon de l’étoile viendrafrapper en T l’œil de l’observateur, qui verra l’étoile dans la directionTE. Que le rayon n’ait employé qu’un tems infiniment petit à venir del’étoile à la terre, ou bien qu’il ait employé une seconde, une minute,une heure, un mois, ou un an, peu importe, nous verrons toujours1 e toile sur la droite TE; il en résultera que la sensation que nouséprouvons et qui nous atteste l’existence de l’étoile en E, prouvera seu-lement que l’étoile était en E un an auparavant, si la lumière emploieun an à venir jusqu a la terre; et que rien ne nous prouvera que l’étoileexiste pour le moment, ou qu’elle soit restée en E.