i22 ASTRONOMIE.
5 o. Dès que la brillante decouverte de Bradley fut connue, M. LeMonnier s’empressa de répéter à Paris et à Amiens , avec le secteur ducercle polaire , ces observations de distance au zénit sur plusieurs étoiles;et ses observations confirmèrent pleinement la découverte et la théorieavec laquelle s’accordent également les observations faites depuis cetteépoque. Des variations de 40" dans la déclinaison de la polaire, observéespar Picard et Flamstéed,avaient été la première cause de ces recherches.En effet la polaire, dont la déclinaison est de plus de 88° et l’ascensiondroite fort petite, était une des étoiles qui devait avoir l’aberration laplus sensible ou de près de 20". J’ai observé cette étoile dans ses pas-sages du soir, à Paris en hiver; Méchain l’a observée dans Pete dansla position contraire, nos résultats devaient différer de près de 4 0 ' ; >l’aberration n’existait pas; ils s’accordent parfaitement, donc l’aber-ration existe, donc elle est telle que nous l’avons supposée dans noscalculs.
3 i. Plusieurs planètes sont affectées sensiblement par l’aberration ;j’ai calculé un très-grand nombre d’observations de planètes; en lescomparant aux tables, j’ai toujours soigneusement calculé l’aberration,et j’ai remarqué constamment que les erreurs des tables eussent étébien plus considérables et plus irrégulières, si j’eusse négligé l’aberration;enfin 1 aberration est prouvée par toutes les observations exactes qu’on afaites depuis 80 ans, il n’est plus permis de la révoquer en doute, nonplus que les conséquences qui s’en déduisent. Et en effet, aucun astro-nome n’a réclamé, et de toutes les découvertes dont s’honore l’esprithumain, il n’y en a pas une seule qui ait été moins contestée à sa nais-sance ni plus complètement confirmée par les observations postérieures.Ainsi l’aberration a décidé la question du mouvement de la terre etdu mouvement progressif de la lumière; elle a donné la mesure de cemouvement et constaté pleinement ce qu’ont donné les éclipses des sa-tellites,avec cette différence seulement, que les satellites par eux-mêmesne prouveraient rien en faveur du système de Copernic , puisque l’é-quation de la lumière ne leur est pas moins nécessaire dans le systèmede Tycho.
Aberration des Planètes.
52 . Nous avons vu (n° 10) que l’aberration pour une planète quel-conque a pour expression— 0.1 3 7 D.M; D étant la distance de la