CHAPITRE XXX.
i
'P
CHAPITRE XXX.
De la Nutation.
K Ap rès avoir expliqué (l’une manière si heureuse les irrégularitésque présentent les déclinaisons des étoiles, Bradley sentit le besoin deconfirmer son ingénieuse théorie par une longue suite d’observations ;il eut la satisfaction de trouver successivement toutes les variations dontnous venons de donner les formules ; mais il ne tarda pas à reconnaîtreque l’aberration n’e'tait pas la seule cause qui pût altérer les positionsdes étoiles. Il en découvrit une autre, dont les effets de moitié moinssensibles, suivaient une marche beaucoup plus lente.
Les déclinaisons augmentaient ou diminuaient progressivement d’unequantité qui pouvait aller à g" en plus ou en moins, et dont la périodelui parut de 18 ans.
En remarquant que l’aberration revenait périodiquement chaque année,il avait été conduit à penser qu'elle dépendait du mouvement annuelde la terre; en observant que la nouvelle inégalité revenait au bout de18 ans, il dut penser aussitôt à la révolution des nœuds de la lune, quis’accomplit en 18 ans et contre l’ordre des signes.
Newton avait parle' d’une nutation, ou balancement de l’axe terrestrequi devait avoir une période de six mois, mais il la jugeait à peu prèsinsensible. Princip. mathém., livre 111 , prop. 2i. Flamsléed avait désespéréd’en déterminer la quantité avec les instrumens qu’on avait alorsRoëmer avait promis une théorie des mouvemens de l’axe terrestreappuyee sur les observations, mais elle n’a jamais paru.
2. Nous n’entreprendrons pas d’exposer ici les calculs analytiquesde ce déplacement, ils supposent des connaissances qui ne sont pasindispensables à l'astronome. Quand nous avons déterminé, par obser-vation, les phénomènes de la précession qui étaient très-sensibles, nousnous sommes bornés à chercher des formules qui représentassent les