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5 (1768) Opera Philologica / nunc primum collecta, in classes distributa, praefationibus & indicibus exornata, studio Ludovici Dutens
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8 G.G. LEIBNITII

tente de toutes celles quon a projettées jusquici; car les caractéres , &les paroles mémes, y dirigeroient la Raison; Lc les erreurs, excepte' cel-les de fait, ny feroient que des erreurs de calcul. II servit très difficilede former ou dinventer cetté langue, ou caractéristique ; mais très - aiséde lapprendre sans aucuns Dictionnaires. Elle serviroit auffi à estimerJes degre's de vraisemblance, lorsque nous navons pas sufficientia data pourparvenu à des vérités certaines, & pour voir ce quil saut pour y sup-pléer. Et cette estime seroit des plus importantes pour lusage de la vie,& pour les délibérations de pratique, en estimant les probabilità onse mécompte le plus souvent de plus de la moitié.

Japprends que les Péres Journalistes de Trévoux ont donne quelquesextraits de ma Théodicce. Mr. lAbbé Bignon mavoit promis quon enmettroit un dans le Journal des Savans ; mais jusquici ceux qui travail-lent à ce Journal ne Pont point sait (u). Peut-étre napprouvent - ilspoint que jaye osé mécarter un peu de St. Angustin, dont je reconnoisla grande penetrativo; mais comine il na travaillé à fon système que parreprises, & à mefure que ses adverfaires lui en donnoient loccasion, ilna pas pu le rendre aflez uni : outre que notre tems nous -a donne deslumiéres quil ne pouvoit point avoir dans le sien. Meffieurs vos Prélatsdelibererà à présent lùr des matiéres assez approchantes de celles de monlivre, & je serois curieux de savoir si quelques-uns des excellens hom-mes qui entrent dans leur assemblèe, Pont vu & ce quils en jugent.

Outre que jai eu soin de tout diriger à lédification, jai tâché dedéterrer & de réunir la vérité ensévélie & diffipée sous les opinions desdisserentes Sectes des Philolòphes ; & je crois y avoir ajouté quelquechose du mieti pour fai re quelques pas en avant. Les occasiona de mesétudes, dès ma premiere jeunesse, my ont donne de la facilitò- Etantenfant jappris Arijlote , & méme les Scholastiques ne me rebutérent point;& je nen suis point fâché prélèntement. Mais Platon auffi dès lors avecPiotin me donnérent quelque contentement, sans parler dautres Anciensque je consultai. Par après étant emancipò des Ecoles triviales , je rom-bai sur les Modernes; & je me souviens que je me promenai seul danslin bocage auprès de Leipsic, appellé le Rosendal , à Page de 15. ans,pour délibérer si je garderois les Formes substantielles. Enfin le Méca-nisme prévalut & me porta à mappliquer aux Mathématiques.

11 est vrai que je nentrai dans les plus profondea quaprès avoir con-verse avec Mr. Huygens à Paris. Mais quand je cherchai les derniéresraisons du Mécanisme & dea loix méme du Mouvement, je sus toutsurpris de voir quil étoit impoffible de les trouver dans les Mathémati-ques

(a) Les Auteurs du Journal dtt Sa- Janvier p. 9. & Février p. Ir;. de lédi-vant ont donné des extraits fort exacts tion de Hollande, qui a changé ót bou-de la ìhéodicée de Mr. Leibniz . Yoyez leverle lordre de celie de Paris.