OPERA PHILOLOGICA. iz
tres je m’accommode davantage au stile des Cartésiens ; & dans celledemiére piece je tâche de m’expritner d’une maniere qui puifle étre en-tendue de ceux qui ne font pas encore trop accoutumés au stile desuns Lc des autres.
Si après cela, Monsieur, vous trouvez encore des difficultés dans ceque j’ai donne au Public, vous aurez la bonté de les marquer. Ellesme donneront occasion de mieux éclaircir la matiére. Si j’en avois leloisir, je comparerois mes dogmes avec ceux des Anciens & d’autres ha-biles hommes. La vérité est plus répandue qu’on ne pensc ; mais elleest très-souvent fardée, <5c très-souvent aussi enveloppée, & méme affoi-blie, mutilée, corrompue par des additions qui la gâtent ou la rendentmoins utile. En faisant remarquer ces traces de la vérité dans les An-ciens, ou, pour parler plus généralement, dans les antérieurs, on tire-roit l’or de la boue, le diamant de fa mine , Lc la lumière des téné-bres ; & ce feroit en effet perennis quadam Philosophia.
On peut méme dire, qu’on y remarqueroit quelque progrès dans lesconnoiiîances. Les Orientaux ont de belles & de grandes idées de laDivinité. Les Grecs y ont ajouté le raisonnement Lc une forme descience. Les Péres de l’Eglife ont rejetté ce qu’il y avoit de mauvaisdans la Philofophie des Grecs ; mais les Scholastiques ont tâché d’em-ployer utilement pour le Christianisme, ce qu’il y avoit de pastàble dansla Philofophie des Payens. J’ai dit fouvent, aurum latere in Jìercore illoscholafiico barbariei ; Lc je fouhaiterois qu’on put trouver quelque habilehomme verte dans cetre Philoiophie Hibernoife Lc Efpagnole, qui eutde l’inclination Lc de la capacité pour en tirer le bon. Je fuis sur qu’iltrouveroit fa peine payée par plusieurs belles Lc importantes vérités. 11y a eu autrefois un Suijfe , qui avoit mathématifé dans la Scholasiique :fes Ouvrages font peu connus ; mais ce que j’en ai vu m’a paru pro-fond Lc considérable : Jules Scaliger en a parlé avec estinte; mais Vivesen a parlé avec mépris. Je me fierois davantage à Scaliger ; car Vivesétoit un peu superficiei.
Je ne rrouve pas que les fentimens du R. P. Malebranche foient tropéloignés des miens. Le passage des Caufes occafionnelles à 1 ’Harmonie prée-tablie , ne paroît pas fort' difficile. Un certain Mr. Parent , qui est del’Académie Royale des Sciences, Lc qui a voulu me réfuter par - ci par-la, veut taire croire que je n’ai rien ajouté à la doctrine des Caufesoccafionnelles ; mais il ne paroit point avoir considéré que , sei on moi,les loîx des corps ne font point dérangées, ni par Dieu, ni par l’Ame.Le R. P. Don Francois Lami , Bénédiitin, a aulir voulu me réfuter dansfon Livre de la Connoijfance de fot - mème. Il ne m’avoit point entenducomme il falloit ; Lc je crois que ma Ré ponte aura été mise dans undes Journaux de Paris. Je ne fache point qu’il v ait repliqué- Je nefai pas non plus s’il y a une récension de ma 7 «éodicée dans le Jour-
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