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métaphysique superficielle qu’il favoit relever; mais il ignoroit la methodedes Mathématiciens.
C’est dommage que Mr. Pascal , esprit très - mathématique & très - me-taphysique en méme tems, se soit assoibli de trop donne heure, commeMr. Huygens me l'a raconté autrefois, par certains travaux trop opiniâ-tres > Se par trop «^application à des ouvrages Théologiques , qui luipouvoient procurer 1’aplaudissement d’un grand Parti, s’il les avoit ache-vés. 11 donna méme dans des austérités qui ne pouvoient erre favorablesaux méditatîons relevées , 8e encore moins à fa fante. Mr. Perier , lònneveu , me donna un jour à lire 8e à ranger un excellent ouvrage defon oncie sur les coniques, Se j’efpérois qu’on le publieroit d’abord. Onlui auroit conferve par - là l’honneur d’original » en des chofes qui envaloient la peine.
Je n’ai point encore vu le Traité nouveau de TAUlion de Dieu sur lesCrèatures : on m’enverra la Réponfe du R. P. Malebranche. J’ai touchécette matiére dans ma Thcodicée , autant qu’il me paroiffoit nécessaire.
Je ne ferois point faché d’écre informe des brochures du R. P. DanielsJéfuite, dont pour le dire entro nous, le Voyage du Monde de Defcartes tquoique plein d’efprit, ne me contente pas 11 ne paroît pas méme tropinforme des faits. Le P. Merfenne , par exemple, n’étoit pas tant Carte-sien qu’il s’imagine. Ce Pére se partageoit entro Roberval , Fermata Gas-fendi , Descartes, Hobbes : &c il ne se foucioit pas d’entrer trop avant dansleurs dogmes Se leurs contestations ; mais il étoit officieux envers tous,& les encourageoit à merveille. Je fuis avec zéle,
Monsieur, Votre Scc.
Vienne i-p. Mars 1714 .
L E T T R E III.
De sei Principes : De la Philosophis des Anciens : Des Scho-lasiques : Du Pére Malebranche.
J ’Efpére que ma Réponse à l’honneur de la votre > que je vous avo»écrite le mois passé, vous aura été rendue. Maintenant je vous en-voye un petit difeours que j’ai fait ici pour Mr. le Prince Engine deSavoye sur ma Philofophie. J’ai efpé'é que ce petit Ecrit contribueroità inieux faire encendre mes méditations^ en y joigiant ce que j’ai misdans les Joumaux de Leipzic, de Paris, Se de Rollando. Dans ceuxde Leipzic je m’accommode assez au langage de l’Ecole; dans les au-
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