OPERA PHILOLOGICA. xy
objections ; je croi; qu’il est ami de Mr. l’Abbé Conti. Mais ces ob-jections ont été envoyées à Mr. Hermann , Se je les trouverai à tnonretour à Hanover; car je n ai pas voulu qu’on les envoyât ici , où jefuis un peu trop empéché. Mis. Hermann Se fFblfius ont re^u les Re-marques de Mr. l’Abbé Conti sur mon systéme j j’espére qu’ils m’en ferontpart, Se je tâcherai d’en profìter. Vous n’étes pas le premier, Monsieur,qui m’ait parie de cet illustre Abbé comme d’un esprit excellent , Se j’aide l’impatience d’en voir des productions pour en taire ulàge; car je nedoute point qu’elles ne fervent à m’éclaircir.
Mt.fFblfius est entré dans quelques-uns de mes sentimens; mais commeil est fort occupò à enleigner, sur - tout les Mathématiques, Se que nousn’avons pas eu beaucoup de communication ensemble sur la Philosophie,il ne sauroit connoître presque de mes sentimens que ce que j’en ai pu-blié. J’ai vu quelque chose que de jeunes gens ont écrit sous lui : j’yai trouvé bien du bon : il y a pourtant des endroits dont je ne convien;pas. Ainfi s’il a écrit quelque chose sur l’Ame en Allemand ou autre-ment, je tâcherai de le voir pour en parler.
Puisque mes Vers n’ont point déplu ni à vous, Monsieur, ni à Mr.l’Abbé Fraguier , je m’étonne moins que Mr. le Cardinal de Polignacn'en ait pas été mal - satisfai!. Je vous supplie, Monsieur, de marquermes respects à Son Eminence, Se de la remercier par avance du pré-cieux préfent qu’elle me destine. Je souhaite qu’il paroisse au premierjour, afin que j’en puifse profìter encore pour perfectionner mes pro-pres pensée;. Je vous supplie ausisi de taire mes compiimeli; à Mr. l’AbbéConti, dont j’honore beaucoup la perforine Se le mérite.
Il y a ici Mr. le Comte Porger , d’une des meilleures familles d’Au-triche, qui pense à taire un tour en trance, où il a été autresois. Ila déja été le premier des Chambellans de l’Empereur Joseph , Se il aété employé dans les Ambafsades comme Envoyé extraordinaire én An-gleterre Se à Turin ; Se outre qu’il sait tout ce qui peut orner unCourtil'an, il a une connoissance extraordinaire tur-tour de cette paniede la Physique, qui donne la résolution des corps par le feu-. Mais il a
encore
diédtable que les images corporelles se„ croilent & se mèlent , comme si l’on,, jettoit à la fois dans de l’eau plusieurs„ pierres ; car chacune feroit les propres,, cercles, qui ne se brouilleroient pas à,, la vérité , mais qui paroìtroient em-,, brouillés aux lpectateurs, qui auroient„ de la peine à les démèler. Rien n’est>, plus propre à éclaircir la nature des„ images corporelles qui se forment dansa none tète, Se la compararon du ca-
„ chet dont Platon se fert , ne me paroîtj, pas si convenable.
„ Pour ce qui est de l ‘Ame universelle ,,, ou plutSt de cet EJprit generai, qui est,, la source des cho es , puisque vous con-,, cevez qu’il est une Unité , pourquoi ne,, pourriez - vous pas concevotr des Uni-„ tés particuliéres ? Car Etre universel,, & particulier ne sait rien à Wnité : ou,, plutòt, il parott plus aisé que Wnité» lòit dans le particulier. "