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5 (1768) Opera Philologica / nunc primum collecta, in classes distributa, praefationibus & indicibus exornata, studio Ludovici Dutens
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LETTRE V.

Dèvelopement de P Ame : Inerite de la matière : Queflìons phi-losopkiques : Nouvelles litteraires .

V Os Lettres marquent toujours également votre bonté & vos lumié-res : je voudrois pouvoir mériter les unes & satisfaire aux au-tres. La défiance que javois de ma fante ma empéché daccompagnerMadame la Princesse de Galles. En effet la goutte mapris depuis: elle nest point fort doni aure use, mais elle mempeche dagirautrement que dans le cabinet , je trouve toujours le tems tropcourt, & par conséquent je ne mennuye point; ce qui est un bonheurdans le malheur.

Je viens à vos difficultés, & je vous en remercie, Monfieur; car jene demande pas mieux que den recevoir des perfonnes de votre sin-cérité 8e de votre pénétration.

I. Quant à la Métempsycose , je crois que lordre ne ladmet point ;il veut que tout foit explicable distinctement, &c que rien ne se fastepar faut. Mais le pastage de fame dun corps dans lautre feroit un fautétrange & inexplicable. Il se fait toujours dans lanimal ce qui sy faitpréfentement : cest que le corps est dans un changement continuel ,comme un fleuve; Lc ce que nous appellons génération, ou mort, nestquun changement plus grand Lc plus prompt quà lordinaire, tel queferoit le faut ou la cataracte dune riviere. Mais ces fauts ne font pasabfolus Lc tels que ceux que je defaprouve ; comme leroit celui duncorps qui iroit dun lieu à un autre fans pastèr par le milieu. Et detels fauts ne font pas seulement désendus dans les mouvemens , maisencore dans tout ordre des chofes, ou des vérités. Cest pourquoi jaimontré à Mr. Hartsoeker , dans des Lettres qui ont été inférées il ny apas long-tems dans les Mémoires de Trévoux, que la fupposition duVuide Lc des atomes nous méneroit à de tels fauts. Or comme dans uneligne de Geometrie il y a certains points distingues , quon appelle fom-mets , points dinfléxion , points de rebroustement ou autrement ; Lccomine il y a des lignes qui en ont une infinite , cest ainsi quil fautconcevoir dans la vie dun animal ou dune perforine les tems dunchangement extraordinaire, qui ne laistent pas dètre dans la regie ge-nerale ; de mème que les points distingues dans la courbe se peuventdeterminer par fa nature generale ou fon équation. On peut toujoursdire dun animal, cefi tout comme ici , la disterence nest que du plussu tnoins.

II. Puif-