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5 (1768) Opera Philologica / nunc primum collecta, in classes distributa, praefationibus & indicibus exornata, studio Ludovici Dutens
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OPERA PHILOLOGICA. t 9

II. Puisquon peut concevoir que par le dévelopement & change-ment de la matiére, la machine qui fait le corps dun animal spermati-que, peut devenir une machine telle quil faut pour sormer le corpsorganique dun homme; il faut quen méme tems lame de sensitive seu^lement, soie devenue raifonnable , à cause de lharmonie parsaite entjelame & la machine. Mais comme cetre harmynie est préétablie, létatfutur étoit déja dans le présent, Se une parsaite intelligence reconnois-soit il y a long-tems dans lanimal présent, lhomme futur; tant dansfon ame à part, que dans fon corps à part. Ainsi jamais un pur animalne deviendra homme , Se les animaux spermatiques humains , qui neviennent pas à la grande transformation par la conception, sont de pur*animaux.

III. Il y a sans doute mille déréglemens, mille desordres dans le par-ticulier. Mais il nest pas polsible quil y en ait dans le rotai, mémede chaque Monade; parce que chaque Monade est un tnirojr vivant delUnivers suivant son point de vue. Or il nest pas polsible que lUni-vers entier ne soit pas bien regie, la prévalence en persection étant laraison de lexistence de ce systéme des choses , préférablerr.ent à toutautre systéme polsible. Ainsi les desordres ne sauroisnt érte que dan*les parties. Cest ainsi qujl y a des lignea de Geometrie , desquelle*il y a des parties irréguliéres ; mais quand on considére la ligne entier e,on la trouve parfaitement réglée suivant son équation ou la nature ge-nerale. Donc tous ces desordres particuliers Ibnt redrefles avec avantagedans le total, méme en chaque Monade.

IV. Quant à linertie de la matiére , comme la matiére elle-mémenest autre chose quun phénoméne, mais bien fendé, résultant des Mo-nades; il en est de méme de linertie, qui est une proprieté de ce phé-noméne. Il faut quil paroiffe que la matiére est une chose qui resiste aumouvement, Se quun petit corps en mouvement ou en torce ne puiflèpas en donner à un grand en repos, sans perdre de la sienne ; autre-ment leffet surpasseroit la cause: cest-k-dire, dans létat suivant il yauroit plus de sorce , que dans létat précédent ; ainsi il paroît que lamatiére est une chose qui résiste au mouvement quon tâche de lui don-ner. Mais dans lintérieur des choses, comme la réalité absoîue nest quedans les Monades Se leurs perceptions, il faut que ces perceptions soientbien réglées : cest - à - dire, que les régles de convenance sy observent ,comme est celle qui ordonne que leffet ne doit point surpasser sa cause.Si la matiére étoit une substance, comme on la confort vulgairement,elle ne pourroit point, sans miracle, observer les régles de la conve-nance ; Se laiflee à elle - méme, elle observeroit certaines loix brutes »dépendantes dune nécesstté mathématique, absolument éloignées de lex-pérrence. Jen ai dit quelque chose il y a bien des années dans un desJournaux de Paris, en répondant, je crois, à un Mr. lAbbc Catefon y Se

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