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TROISIEME PARTIE. SECTION I. CHAPITRE I.
États-Unis fut reconnue par l’Angleterre , la civilisation n’avait pu pénétrer encoredans ces fertiles régions où se développent aujourd’hui les États d’Ohio, d’Indiana ,d’Illinois, de Michigan, et le Territoire de Wisconsin , et dont la superficie est plusgrande que celle de la France . Les Anglo-Américains n’avaient pas un village, pas unehabitation, à l’ouest de l’Ohio. Au commencement du 18 me siècle et même dès la fin du17 me , maîtres alors de la Louisiane et du Canada , et poursuivant, avec une sagacité in-fatigable et un zèle qui bientôt, malheureusement, devait manquer de l’appui de lamétropole, la magnifique pensée d’un empire embrassant toute la Vallée Centrale del’Amérique du Nord, du golfe Saint-Laurent au golfe du Mexique, les Français avaient,il est vrai, établi, du lac Erié et du lac Michigan aux bouches du Mississipi , une chaînede postes admirablement situés, et depuis lors transformés en cités florissantes,sous l’inspiration du génie d’envahissement pacifique qui guide les Américains. Us avaient même élevé des villages et des villes vers le débouché de plusieurs des valléestributaires du Mississipi, qui sont aujourd’hui comprises dans l’État d’Illinois , etsur les bords de la Wabash. Ainsi Vincennes (Indiana) sur la Wabash , à 225 kilom.au-dessus du confluent, avait été bâtie en 1735. Kaskaskia (Illinois ), sur la rivièrede ce nom, tout proche du Mississipi , date à peu près de la première expédition del’intrépide La Salle (1683). Cahokia, Prairie du Rocher, Fort de Chartres, Saint-Philippe , étaient de même dans le sud de l’espace occupé maintenant par l’Étatd’Illinois, sur la rive du Mississipi , ou à peu de distance du fleuve. Mais, aban-donnés à l’Angleterre avec toutes les dépendances du Canada , par le traité de 1763 ,ces établissements isolés les uns des autres, avaient cessé de se développer, et àla fin du 18 me siècle ces petites colonies, ignorées et perdues au milieu du con-tinent , ressemblaient à d’imperceptibles oasis dans un désert sans bornes. Ausurplus, le sol des États d’Ohio et d’Indiana était resté intact (1). Les tribusindiennes y dominaient sans partage , livrées à la vie errante du chasseur. Ellesétaient même maîtresses de la rive gauche de l’Ohio, où se déploient maintenantla Pensylvanie et la Virginie occidentales, le Kentucky et le Tennessee. Elles inter-disaient l’approche de leurs domaines aux blancs défricheurs et cultivateurs, parceque les bois majestueux qui couvraient ces beaux pays, et que la hache du blanceût abattus ou percés de larges clairières, cachaient sous leur épais ombrage ungibier abondant dont elles se repaissaient. Bien des familles de pionniers firentcruellement l’expérience du droit de souveraineté que s’attribuaient ces sauvages,et qu’ils revendiquaient le tomahawk et la torche à la main.
Le premier établissement des Anglo-Américains sur la rive occidentale (droite) del’Ohio , fut la ville de Mariella qui ne remonte qu’à 1788. La loi fédérale qui posales bases de la colonisation de ces contrées, n’est que de 1787. Fort Washington,poste militaire dont la métropole de l’État d’Ohio , la Reine de l’Ouest, ainsi qu’onappelle Cincinnati , a pris la place, ne fut fondé qn’en 1789. Plusieurs années furent