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TROISIÈME PARTIE. SECTION I. CHAPITRE I.
Dès 1807, cet homme de génie avait lancé un bateau sur l’Hudson , et commencé unservice régulier entre New-York et Albany . En 1811, le premier bateau à vapeur quiait sillonné les fleuves de l’Ouest, la Nouvelle-Orléans , partit de Pittsburg pour allerjusqu’à l’embouchure du Mississipi . Mais six ans s’écoulèrent avant qu’un bateauremontât non pas jusqu’à Pittsburg , mais seulement jusqu’à Louisville qui est à 945kilom. plus bas. Ce premier voyage dura vingt-cinq jours. 11 fit une grande sensationdans l’Ouest; le capitaine Shreve, qui commandait le bateau, fut célébré et fêté commeun argonaute. Dès 1818 , le nombre des bateaux à vapeur était de vingt, avec un ton-nage total de 3,642 tonneaux. En 1821, il y en avait soixante-douze. En 1825, on futfixé, après des tâtonnements infinis, sur Jes proportions respectives et réciproquesdes bateaux et des machines. Au 31 décembre 1834, sur 386 bateaux mesurant lé-galement 95,648 tonneaux, que possédait l’Union , il y en avait sur les eaux del’Ouest (1) 237 jaugeant 64,347 tonneaux. A la fin de 1838, sur un total de 800 ba-teaux , d’un port de 150 à 160,000 tonneaux, il en existait sur ces mêmes eaux environ400, dont la contenance légale, qui, d’après la méthode usitée en Amérique , est fortinférieure à la capacité réelle , devait être d’environ 75,000 tonneaux.
Le bateau à vapeur a produit une révolution dans les régions de l’Ouest. 11 les adélivrées du blocus qu’elles subissaient et auquel il semblait qu’elles fussent condam-nées à perpétuité ; il les a mises en rapport facile avec le reste du monde dont ellesétaient séparées, et il a opéré dans le prix des transports une baisse extraordinaire.
Avec les bateaux à voile et à rame le transport de la Nouvelle-Orléans à Louisville ouà Cincinnati , coûtait de 750 à 1,100 fr. par tonneau. Or, d’après les renseignementsqu’en 1835 j’ai recueillis à Louisville , voici ce qu’étaient à cette époque les prix devoiture sur le fleuve, à la descente et à la remonte :
Entre Louisville et la Nouvelle-Orléans , les objets de valeur, ceux qu’on qualifiehabituellement de merchandize , payaient à la descente, en temps ordinaire, de 25 à37 cents (1 fr. 33 à 2 fr., soit en moyenne 1 fr. 67 ) par 100 livres avoirdupoids, et à laremonte 40 à 50 cents (2 fr. 13 à 2 fr. 67, ou en moyenne 2 fr. 40).
Le trajet est de 2,132 kilom.
C’est par tonne :
Pour le trajet entier. Par kilom. *
A la descente. 36 fr ,83 0 [r ,0173
A la remonte. 52 ,93 » ,0248
Ce sont des prix bien modiques, et inférieurs à ce qu’on paye, en France , sur labasse Seine, et en Amérique sur l’Hudson (2). Comparés au tarif ancien des bateaux àvoiles et à rames, ils offrent un rabais, à la remonte, des quatorze quinzièmes.
(1) Ce qui comprend non-seulement le bassin du Mississipi et de 1 Ohio , mais les bassins latéraux , tels que celuide l’Alabama, et même le réseau des Grands Lacs , au moins en partie, car on n’a fait figurer dans ce total aucundes bateaux de l’État de New-York , qui cependant en compte beaucoup sur le lac Erié .
(2) Voir le 1 er volume, page 244.