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La canalisation du territoire a été dès l’origine, dans l’Ohio, réputée une affaired’État à laquelle tous et chacun étaient intéressés. Tout le monde en a étudié lesconditions et s’est efforcé de se rendre compte des dispositions essentielles des ouvra-ges. Bientôt, les résultats qu’en Europe on considère comme des arcanes de la science,sont tombés dans le domaine public et sont devenus des idées courantes. Aujourd’hui toutcultivateur de l’État d’Ohio sait les dimensions des canaux et des écluses, et possèdedes informations assez exactes sur les méthodes économiques de construction. Le cer-cle des connaissances vulgaires s’est agrandi de notions sommaires et ordinai-rement précises sur les voies de navigation artificielle, de même que dans l’Unionen général il s’cst accru d’un ensemble plus ou moins complet de données sur la ma-chine à vapeur et sur les chemins de fer. En résumé, sans avoir subi de mécomptesextraordinaires, sans avoir éprouvé d’embarras financiers, l’État d’Ohio s’est créé,avec une dépense limitée, un système de canalisation vaste et bien entendu, commenous allons le voir. Il s’est montré en cela supérieur à l’État de Pensylvanie , où lescapitaux abondaient relativement et où la science européenne était naturalisée.
Rien ne saurait donner une idée du soin avec lequel la question importante de l’ali-mentation du canal a été étudiée. A cet effet, on est parti des résultats constatéssur le canal Érié, regardé , selon l’expression des Commissaires des Canaux, commela grande école de canalisation des États-Unis .
De Rocbester à la rivière Seneca, il y a, disaient les Commissaires, 103 kilom. L’eaualimentaire est de 170 m ' cub -par minute. 14 m cub 15par minute sont consommés pourle passage des bateaux par les écluses. Il reste donc 155 m - cub -85 par minute ou 2 m - cub -60par seconde pour la filtration et l’évaporation, soit 25 ~ litres par seconde et par ki-lom. Cette partie du canal Érié traverse un terrain qui permet assez peu de fuites;souvent même c’est un sol marécageux.
Au bief de Jordan , toujours sur le canal Érié, le canal est rarement sur remblais, etle terrain semblait de nature à retenir l’eau. D’après un jaugeage fait en novembre 1823,la consommation d’eau par la filtration et l’évaporation , équivalait alors .à 29 7 3 -litrespar seconde et par kilom. Le bief de Rome , qui est aussi dans des conditions qu’onaurait ducroire favorables, exigeait, après cinq ans d’activité, pour subvenir auxmêmes pertes, 34 litres par seconde et par kilom.
De cet ensemble de faits, les Commissaires des Canaux de l’État d’Ohio concluaientque sur le canal Érié , la dépense d’eau, abstraction faite de ce qui est requis pour leséclusées, était, pendant la nouveauté des terrassements, de 29 7 3 - litres par seconde etpar kilom. Ils estimaient qu’après quelques années, lorsque les remblais seraient bienaffermis, et que le canal serait devenu aussi étanche que possible. cette dépense neserait plus que de 22 7 litres par kilom. et par seconde.
La Pensylvanie leur offrait un autre terme de comparaison. En 1835, à l’époque laplus sèche de l’année, une expérience avait été faite avec soin sur 22 7 kilom., ducanal latéral à la Delaware , qui a 12 m ,20 de large, et où l’eau était maintenue à l m ,52de profondeur. Pendant la moitié de cet espace, le canal était sur remblais, et il yavait deux ans que la navigation était en train. On avait reconnu que la consommation