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Tome deuxième.
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TROISIEME PARTIE. SECTION I. CHAPITRE II.

d’eau, par évaporation et par filtration, était de 14 7 - litres par kilom. et par seconde.

Cependant, la base qu’ont adoptée dans leurs prévisions les Commissaires des Canauxde l’État d’Ohio, est celle de 29 7 - litres par seconde et par kilom. C’est dans cette pen-sée qu’on a établi les réservoirs des biefs de partage et échelonné les prises d’eau.Beaucoup d’ingénieurs américains calculent sur 14 7 6 - à 17 7 - litres par seconde et parkilom. Dans l’État d’Indiana , dont il sera question bientôt, on a adopté la même baseque dans l’État d’Ohio .

On a vu plus haut {page 49) que pour le canal de la Chesapeake à l’Ohio, qui a desdimensions plus grandes, le général Bernard avait cru se placer hors de toutes chancesde mécompte, en calculant l’approvisionnement sur une perle possible de 22 7 7 - litres parseconde et par kilom.

Rien n’est variable comme la quantité d’eau que perdent les canaux par l’effetde la filtration. Dans des terrains de craie ou de sable, ou dans un calcaire fen-dillé, si l’on n’a pas eu le soin de revêtir le plafond du canal d’un corroi d’argileou d’intercaler, sur le pourtour de la cuvette , une couche d’argile dans les remblaiset généralement sur toute l’étendue du canal, ou enfin de rendre par un procédé quel-conque les parois du canal peu perméables, il n’y a pour ainsi dire aucune limite àla déperdition. Aucun réservoir n’y subviendrait ; le seul parti à prendre, en pareil cas,c’est de faire après coup ce qu’on aurait dû pratiquer d’abord, c’est-à-dire de revêtir lecanal d’une couche de béton, ou au moins de glaise, ou d’y effectuer un planchéiage, sil’on est en un pays où le bois soit à bon marché, ou d’y introduire des eaux troubles, ouencore de délayer dans l’eau, dont on remplit les biefs, des masses d’argiles qui, bientôtentraînées, ferment les fissures ou cimentent les sables. La plus grande consomma-tion d’eau qui ait lieu sur un canal est celle qui résulte de la filtration. On estime,en Europe , qu’en allouant à celle cause de perte une quantité journalière d’eau repré-sentée par une tranche horizontale de cinq centimètres d’épaisseur sur la largeur en-tière du canal, on se place dans les conditions d’un approvisionnement tout à fait suf-fisant, surtout après les premières années. Avec un canal de 12 m ,20 de largeur à laligne d’eau , ce seraient 7 litres par kilom. courant et par seconde. En estimant à29 7 - litres par kilom. courant et par seconde ce qui serait enlevé d’une manière per-manente par la filtration et par l’évaporation , les ingénieurs des États d’Ohio et d’In-diana ont donc amplement pourvu à l’alimentation des canaux confiés à leurs soins ;car la perte par évaporation, ainsi qu’on va le voir, déduction faite de ce qui est restituépar la pluie, n’équivaut pas à une tranche d’un cinquième de centimètre par jour, c’est-à-dire qu’elle serait de moins du trentième de la filtration, en évaluant celle-ci à 7litres par kilom. et par seconde ; et l’écoulement par les portes mal jointes desécluses, sur un canal bien entretenu, n’ajoute de même qu’une fraction à ce chiffrede 7 litres.

Bien plus, une fois les tassements opérés, il devait rester, quelque actif que fût lecommerce, assez d’eau pour créer en divers points des chutes propres à mettre enmouvement des moulins et d’autres usines.

Puisque ce sujet de l’alimentation des canaux est abordé ici, je continue à exposer