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Tome deuxième.
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TROISIÈME PARTIE. SECTION I. CHAPITRE X.

du Congrès, à titre de subvention, une concession de terres aux mêmes conditionsque l’Ohio et l’Indiana (page 223). La superficie concédée fut de 115,096 hectares.Conformément aux ordres de la législature, des études eurent lieu et furent répétées.Enfin on se mit à l’œuvre en 1836.

La législature d’Illinois avait compris le rôle privilégié que son canal était appelé àremplir parmi les autres communications américaines. Elle le voulut donc sur debelles dimensions, avec des ouvrages d’art construits dans un système aussi perma-nent qu’il se pourrait. Elle poussa la précaution jusqu’à ordonner que , pour son ap-provisionnement d’eau, il fût à l’abri du mauvais vouloir possible des États limitro-phes. Il fut résolu qu’il aurait 18 m ,30 de large à la ligne d’eau, 10 m ,98 au plafondet l m ,83 (1) de profondeur (2), avec des écluses de 33 m ,55 sur 5 ,n ,49, c’est-à-dire sem-blables à celles du canal Érié agrandi, et qu’il tirerait ses eaux du lac Michigan lui-même, quoiqu’il dût en résulter la nécessité d’ouvrir, le plus souvent dans le roc, unetranchée fort longue et fort coûteuse. C’est que, pour alimenter un bief de partage entrele lac et la rivière des Plaines, affluent de l’Illinois , il eût fallu s’adresser au Calumet(ou Calumic), que l’État d’Indiana aurait, à la rigueur, la faculté de détourner, ou à larivière des Plaines qui eût été insuffisante, ou au Fox qu’on n’eût amené que diffi-cilement, à cause d’une crête saillante interposée entre l’emplacement obligé dubief et la partie supérieure du cours du Fox. Par suite de la disposition à laquelle ons’est arrêté, le canal a son bief supérieur constamment au fond d’une tranchée, àpartir du point où l’on se sépare de la rivière Chicago , c’est-à-dire pendant 46 { kilom.Cependant la saillie du terrain au-dessus du lac est si faible, que nulle part il n’y aeu à creuser de plus de 5 m ,79.

Le canal part de la rivière Chicago , qui se décharge dans le lac au travers de laville du même nom ; le point de départ est à 8,950 m de la jetée placée à l’embouchuredu Chicago . De là il se dirige vers la rivière des Plaines, à peu près en ligne droite ,par une tranchée profonde de 5 m ,19 à 5 m ,79, et longue de 12 kilom., pratiquéedans une argile bleue et compacte, et il l’atteint à Point of Oaks. Une fois sur sesbords, il la suit à gauche toujours dans une tranchée de la même profondeur. Maisle roc apparaît bientôt dans la tranchée, et à mesure qu’on marche vers le sud, il estplus voisin de la superficie ; à l’endroit où le cours d’eau qui sort des marais de Saga-nask débouche dans la rivière, la tranchée est de 5 m ,34 dont 3 m ,66 dans le roc. De làjusqu’à la première écluse, le roc est à jour. En conséquence, le canal, gar-

(1) Cette profondeur a été jugée nécessaire pour garantir la hauteur d’eau de l m ,22 au moins, décrétée par la législa-ture, parce que les vents seuls occasionnent, même indépendamment de toute autre cause , une variation de 0 m ,Gl dansle niveau du lac ; on a calculé d’ailleurs sur la moindre hauteur du lac , abstraction faite de l'influence passagère desvents. Ainsi, pendant l’année 1838 , le lac ayant été à l m ,02 au-dessus de son niveau le plus bas, on aurait eu habi-tuellement dans le canal une profondeur d’eau de 2 m ,8o.

(2) Voir, pour les dimensions comparées des divers canaux américains, la Planche XII. Le canal Michigan se rapprochebeaucoup de celui de la Chesapeake à l'Ohio au-dessous de tlarper’s Ferry fuj. 30). Pour les dimensions des canauxd’Europe , voir le 1 er volume, pages 139 et 164.