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TROISIÈME PARTIE. SECTION I. CHAPITRE XI.
CHAPITRE XL
Situation des esprits en 1836. — Prétention de toutes les localités à avoir des canaux ou des chemins de fer. — Loi du27 février 1837, qui ordonne l’exécution d’un réseau de chemins de fer. — Amélioration des rivières volée en mêmetemps. — Spéculation commandée aux Commissaires des Travaux Publics. — Description du réseau. — Sommeallouée aux comtés privés de canaux et de chemins de fer. — Total des allocations. — Développement du réseau. —Mode d’exécution ; éparpillement des ateliers. — Situation difficile de l’État à la fin de 1840.
Le canal Michigan était une entreprise assez vaste pour que l’État d’Illinois , bieninspiré, y appliquât exclusivement tous ses efforts , toutes ses ressources et tout soncrédit. Il devait coûter plus que le canal Érié. Pour un jeune État dont la populations’élevait alors à 300,000 âmes environ, et par conséquent était au-dessous de la moyenned’un de nos départements, n’était-ce pas assez, provisoirement au moins, d’un travailqui exigeait 40 ou 45 millions ? mais la sagesse ne prévalut pas dans les conseils de l’État.En 1836, dans l’Union tout entière, la spéculation était poussée jusqu’au délire. Dé-barrassées delà surveillance incommode de la Banque des États-Unis, alors condamnéeà périr, les banques locales favorisaient les dérèglements de l’esprit d’entreprise, aulieu de le contenir et de le guider. Il semblait qu’il n’y eut qu’à frapper du pied la terrepour en faire sortir des millions, ainsi que des ouvriers qui missent les millions en œu-vre. Chaque comté, chaque ville, chaque village voulait son canal et surtout son che-min de fer, et se croyait fondé à l’obtenir sans délai. Tous les points de chaque Étatse supposaient un droit égal à des artères de communication perfectionnées. Dans lesassemblées législatives, chaque représentant se refusait à voter les lois de travaux pu-blics qui ne faisaient pas à ses constituants une part ample. On a vu comment cette im-patience universelle, cette exigence des localités et de leurs mandataires, cettethéorie malentendue d’une répartition égale, s’étaient manifestées dans l’État d’In-diana. Antérieurement la Pensylvanie en avait offert un fâcheux exemple. Mais nullepart ces prétentions outrées et ces illusions déplorables ne se sont montrées sur lamême échelle que dans l’Illinois .
Le 27 février 1837, la législature ordonna l’exécution simultanée d’un réseau de che-mins de 1er destiné à couvrir la surface entière de l’État. On sait que la superficie de1 Illinois est de plus du quart de celle de la France (1 er volume, page 6). Elle y joignitmême l’amélioration des principaux cours d’eau : de l’Illinois où il y avait à faire dis-paraître quelques obstacles qui gênaient les bateaux à vapeur; du Rock-River et du