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Tome deuxième.
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ARBRES ÉCHOUÉS OU CHICOTS (SNAGS) DU MISSISSIPI ET DE L’OHIO.

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Arbres échoués ou chicots (snags).

La cause la plus active de sinistres, qui affectât la navigation du Mississipi , était laprésence dans le chenal d’arbres échoués. Les bords peu élevés entre lesquels coule leMississipi , sont très-souvent coupés à pic. Le fleuve alors les mine, et les arbres quiles couvrent et dont les proportions offrent la magnificence habituelle à la végéta-tion de l’Amérique du Nord , tombent tout entiers dans le fleuve, ou se renversent surla rive, pour être enlevés à la crue prochaine. Le tronc, qui dans tout arbre est la partiela plus lourde, tend , lorsque l’arbre est charrié, à couler à fond. Pour peu que cettetendance soit favorisée par la présence, parmi les racines, de quelques pierres ou dematières terreuses, l’arbre s’échoue. Le tronc se fixe dans le lit ; la tige se penche dansle sens du courant ; les branches sont arrachées peu-à-peu par le choc des autres boisde dérive, qui sont en quantité immense, et bientôt il ne reste plus qu’un pieu incliné,présentant une pointe redoutable aux bateaux qui remontent. C’est ce que les colonsfrançais de la Louisiane appellent un chicot, terme que les Anglo-Américains ont tra-duit par son équivalent de snag. Les chicots proviennent aussi des abatis faits par lecourant, dans les forêts riveraines, pendant les débordements.

Les arbres se fixent généralement à peu de distance du point où ils ont été déracinés.Cependant quelques-uns soutenus par leurs branches et par leur feuillage parcourentun certain intervalle avant de s’échouer.

Quand le fleuve est très-haut, les chicots sont moins à craindre. Presque tous sontrecouverts alors par une tranche d’eau assez épaisse pour que les bateaux la sillonnenten toute sûreté. Quand les eaux sont basses, ils sont à jour ; c’est donc à l’étiage quele danger est le plus grand.

Ces snags ou chicots se trouvaient et se trouvent encore plus particulièrement dansle Mississipi ; néanmoins tous ses affluents en offrent un certain nombre.

Il y a douze ans, les chicots étaient si multipliés que les bateaux à vapeur n’osaientpas voyager la nuit, à la remonte,- les bateaux plats, plus exposés à chavirer ou à êtrecrevés, s’arrêtaient après le coucher du soleil. Ce fut alors que le capitaine Shreveimagina, pour extirper les chicots, un mécanisme simple, en usage aujourd’hui danstout le bassin du Mississipi .

C’est un double bateau mû par la vapeur, dont les machines motrices elles-mêmesfournissent la force nécessaire à la plupart des opérations accessoires. Le premier deces appareils fut mis en activité au mois d’août 1829; tous ceux qui ont été construitsdepuis sont à peu près sur le même modèle. C’étaient deux coques de bateau accou-plées, longues de 37 m ,21 et larges de 5 m ,19, séparées de 3 m ,66. Chacune des coquesporte une machine indépendante. Le double bateau n’a que deux roues, qui sont placéessur les côtés extérieurs des coques, l’intervalle qui sépare celles-ci étant réservépour recevoir le chicot une fois arraché et pour le dépecer.

Dans 1 intervalle des deux coques, à fleur d’eau, à l’avant, est une forte plate-formefaite de madriers allant d’une coque à l’autre. Lorsqu’on approche du point où le fleuve

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