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Tome deuxième.
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TROISIÈME PARTIE. SECTION II. CHAPITRE Y.

recèle un chicot (les pilotes s’en aperçoivent aux rides de la surface de l’eau), on se placeen aval et on lui court sus en toute vitesse, en dirigeant vers lui la plate-forme qui estentre les deux coques. Celle-ci prenant la tête du chicot en dessous , la soulève vive-ment ; par l’effet du choc le chicot est arraché, souvent même brisé près du fond dufleuve. Dans le cas de la rupture du chicot, tout est terminé alors ; il n’est plus à craindreque, séparé de sa souche, l’arbre s’implante de nouveau dans quelque banc. S’il est seu-lement détaché du fond, on le fait passer entre les deux coques par-dessous la plate-forme de l’avant, et on le saisit avec une chaîne qu’on manœuvre à l’aide d’un treuilsitué à une certaine hauteur, dans l’intervalle des deux coques, vers le milieu de leurlongueur. On le tire de l’eau et on l’étend, ou plutôt il s’étend lui-même sur une suitede rouleaux jetés d’une coque à l’autre, qui occupent la moitié d’arrière de l’appareil.D’un premier trait de scie, on sépare la souche qui, en vertu de son poids, tombedans l’eau entre les deux coques (1). On scie ensuite la tige, à peu près par le milieu,en deux pièces qu’on jete à l’eau, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière. À droite et à gauchedes rouleaux formant le châssis de sciage, est une cloison de charpente destinée à em-pêcher les grands arbres qu’on retire du fleuve de faire du dégât par leur chute, ens’abattant sur l’une ou l’autre des coques.

La plate-forme dont le choc arrache ou rompt le chicot, est très-massive ; sa sectionparun plan vertical parallèle au fil de l’eau est un trapèze long de 2 m ,74, dont les deuxcôtés parallèles ont, celui d’amont, figurant pour ainsi dire le tranchant de la plate-forme, 0 m ,61, et l’autre 0 m ,91.

Ce bateau arracheur ( snag-boat ) ne fonctionne que quand le fleuve est rentré dansson lit et que les eaux sont réduites; pendant les crues, avons-nous dit, la plupartdes chicots sont moins apparents et on ne pourrait les atteindre.

Dans la première campagne, on arracha ainsi un arbre de 48 m ,80 de long etde l m ,0 7de diamètre; un autre cubait 45 m cub -,28; un troisième était enraciné de 6 m ,10 dans lelit du fleuve. Dès cette campagne, on put extirper en un jour jusqu’à 4 7 chicots; maismoyennement on n’atteignait pas ce nombre. Pendant huit mois que dura la premièrecampagne , on en enleva 1,548.

L’équipage se composait de 40 personnes savoir r un capitaine, deux seconds, deuxmachinistes, deux pilotes, un charpentier et un serrurier, huit chauffeurs, vingt ma-nœuvres, deux cuisiniers et un maître d’hôtel. Les machines consommaient 1 7 8 - stèrede bois par heure. La dépense quotidienne était de 447 fr.

Dès la première année on fit disparaître la plupart des chicots qui encombraient cer-taines parties du fleuve, et y rendaient la navigation de nuit tout à fait impossible. Ala pointe appelée Plumb Point (immédiatement en amont du 1 er Bluff Chickasaw ), ily en avait une grande quantité qui se trouvaient là dçpuis les tremblements de terrede l’hiver de 1811 à 1812.

Depuis lors on a multiplié lessnag-boats.En 1834 ils étaient au nombre de quatre, dont

(!) On a soin de fairé !e sciage en un point où il y ait beaucoup d’eau, et où la souche puisse être laissée au fond sansinconvénient.