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QUATRIÈME PARTIE. SECTION I. CHAPITRE II.
de l’agrandissement du canal Érié, constataient que sur le canal du Raritan à laDelaware le halage d’un navire de 200 tonneaux ne coûtait, de Bordentown àNew-Brunswick, que 74 fr .,67. Le remorquage du même navire de New-Brunswick àNew York , au travers de la baie, sur une distance de 64 kilom., coûtait 133 r ‘,33,ou presque exactement le double pour un trajet égal. D’après le même rapport, le fretentier, évalué par tonne et par kilom., péage non compris, revient sur le canal duRaritan à la Delaware , à 0 fr ,0146. Sur le canal Erié non agrandi, c’est 0 fr 0324.
Lorsque je visitai ce canal, en 1835, il y avait, pour les voyageurs, un service debateaux-rapides, peu fréquentés pourtant par le public, à cause du chemin de ferd’Amboy à Camden, qui lui faisait concurrence. L’un de ces bateaux était sur le mo-dèle de ces esquifs longs et effilés, qui sont employés au même usage sur les canauxécossais, et qu’on retrouve sur le canal de l’Ourcq. L’autre était d’une forme diffé-rente , beaucoup plus commode pour les voyageurs qui y avaient la faculté de semouvoir et de se promener. On sait que sur les bateaux-rapides ordinaires il fautrester en place, sous peine d’imprimer au bateau des oscillations désagréables.
C’était peu après les essais de M. Burden, pour substituer à la coque des bateaux à va-peur deux longs fuseaux creux, hermétiquement fermés, en charpente, sur lesquels ilposait une plate-forme. Chacun de ces fuseaux consistait en deux cônes, unis l’un àl’autre par leur base, et présentant leur pointe au fil de l’eau, l’un à l’avant, l’autre àl’arrière. Les essais'de M. Burden échouèrent complètement ; ses fuseaux manquaientd’assiette. M. R. L. Stevens, l’un des propriétaires du canal du Raritan à la Delaware ,homme d’un esprit inventif et fort entendu dans la construction, reprit la penséede M. Burden en la modifiant, et l’appliqua aux bateaux-rapides. Dans son système,chacun des deux fuseaux ou corps flottants , au lieu de deux triangles isocèlescomposant ensemble un losange étiré, eut pour section longitudinale, par un planvertical,un parallélogramme rectangle très-allongé, dont les deuxlongscôtés furent hori-zontaux. Les sections verticales successives perpendiculairement à l’axe , au lieu d’êtredes cercles de plus en plus petits, furent des ellipses, dont le grand axe, toujours ver-tical , fut de longueur constante , mais dont le petit axe diminuant sans cesse, étaitnul aux extrémités du corps flottant; de sorte qu’en place d’une ellipse il n’y avaitplus qu’une ligne droite verticale. En d’autres termes, ce n’était plus le système dedeux cônes unis l’un à l’autre par leur base ; c’était un cylindre aminci graduellement,à partir du milieu, dans les deux sens et sur ses deux flancs, de manière à présenter àl’eau une arête vive à l’avant et à l’arrière. Ces deux corps flottants, formés de douvesbien jointes, étaient cerclés en fer. Leur diamètr.e au centre et leur hauteur constanteétaient d’environ l m ,50. Ils avaient sur l’eau une bien meilleure assiette que les fuseauxconiques. Par dessus, une plate-forme était étendue, et sur la plate-forme était dresséeune charpente très-légère, recouverte en toile goudronnée, où l’on pouvait circuler,et laissant extérieurement sur la plate-forme un passage où les voyageurs pouvaientaussi se tenir. La longueur de la plate-forme était de 20 m environ, celle des corpsflottants de 26 m .
J’ai pu comparer la marche de cette embarcation à celle du bateau-rapide construit