CHEMIN DE FER D’AMBOY A CAMDEN.
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Philadelphie et New-York , une communication plus rapide et plus commode que lechemin de fer d’Amboy à Camden. En un pays soumis à ce point au régime de la libreconcurrence, il semblait difficile que cette nouvelle ligne ne fût pas exécutée, quoiquel’État de New-Jersey , par l’acte du 4 février 1831 et par un acte subséquent de 1832,se fût interdit de l’autoriser. On criait au monopole, et dans l’Union américaine cemot est, plus encore qu’en Europe, un épouvantail.
La compagnie cependant échappa à ce péril extrême. Probablement il en fut ainsiparce que l’État de New-Jersey avait moins d’intérêt à tenir sous sa loi deux compa-gnies se combattant l’une et l’autre à outrance et, par conséquent, se ruinant, qu’à enpressurer une seule , placée d’ailleurs dans une situation prospère. Cependant il a falluque la compagnie établît elle-même, à ses frais, le chemin de fer de New-Brunswick à Trenton , qu’elle le rattachât à sa ligne à Bordentown (1), et qu’elle indemnisât lacompagnie du chemin de Philadelphie à Trenton , afin de se réserver le transit desvoyageurs et des marchandises faisant le trajet entier entre les deux métropolesde Philadelphie et de New-York . A la date du 1 er janvier 1840 , la compagniede Philadelphie à Trenton avait reçu à ce litre 248,370 fr., et il lui était dû881,444 fr.
L’acte de la législature de New-Jersey , qui a autorisé la compagnie à exécuter la lignede New-Brunswick à Bordentown par Trenton , avec embranchement jusqu’au pontde Trenton , est du 15 mars 1837. I! soumet la compagnie, pour celte ligne nouvelle,aux mêmes charges exactement qu’elle avait dû subir pour son premier chemin,quant à la contribution à payer, et quant ,à la faculté d’acquisition, réservée àl’État, au prix coûtant. 11 est même dit que l’époque de cette acquisition facultativesera celle qui avait déjà été fixée pour le chemin d’Amboy à Camden.
Cette loi fut accompagnée d’une autre de la même date, autorisant la compagnieà percevoir 21 fr. 33 c., au lieu de 16 fr., par voyageur transporté de New-York à Phila-delphie et vice versa , et même à porter ce prix à 26fr.67 c. pour les voyages de nuit, sousla réserve que la moitié du prix des places en sus de 16 fr. serait versée dans la caissede l’État, sans préjudice de ce qui pouvait revenir à l’État d’ailleurs, en vertu desstipulations antérieures. 11 était entendu, en outre, que les trajets intermédiaires neseraient tarifés qu’à raison de 0 fr ,099 par personne et par kilom. pour tout habitantdu New-Jersey . Toutefois, le droit de transit, revenant à l’État, ne devait dans au-
M. Webster, avocat renommé de Boston , l'un des orateurs les plus illustres du Congrès, actuellement (1842) Secrétaired’État (ministre des affaires étrangères ) de la fédération, établit le droit de la compagnie de la roule à barrières deNew-Brunswick à Trenton , à construire un chemin de fer en place de sa route ou sur les accotements. Cette opinionest fondée sur ce que la compagnie est devenue, en vertu des termes mêmes de la loi qui 1 a autorisée, propriétaire ab-solue du sol sur lequel est située sa route. D'autre part, M. Taney, savant jurisconsulte, qui remplit l’importante fonctionde président de la Cour Suprême des États-Unis , avait émis l’opinion que la législature avait outrepassé ses pouvoirs,en 1832, quand elle avait promis à la compagnie d’Amboy à Camden qu aucun chemin de fer ne serait concédé, quidevrait passer à moins de 4,8î , 7 m de sa ligne. Au surplus le chemin de New-Brunswick à Trenton n était pas atteint parcette interdiction.
(l) La compagnie a cti ainsi dispensé de l’embrancliemeat de Spottswocd à New-Brunswick ,