PONTS EN TREILLIS.
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Les ponts en treillis se multiplient beaucoup aux États-Unis . Il y a une douzaine d'années, onen construisit un de 2,200 pieds, en dix travées, sur la Susquehannah , à Clarke’s Ferry , près deDuncan’s Island, au-dessus de Harrisburg (capitale de la Pensylvanie ). En 1834-, on en construisaitun de 470 m sur l’Hudson , à Troy (État de New-York) pour le chemin de fer de Troy à BallstonSpa. Les travées principales y ont 180 pieds (54 m ,90). Il est partagé en deux voies, large chacunede 4 m ,50, et séparées par un treillis additionnel. Il est construit avec le tablier en bas, et avec treillisdouble sur chacune de ses parois. En 1835, il en existait d’autres dune grande portée à Newbury-port (Massachussetts), à Norlhampton et à Springfield, dans le même État, à Providence , (Rhode- Island ) à Tuscaloosa (Alabama ) , etc.; depuis lors, on en a construit sur une foule de points.
Le coût de la charpente de celui de Troy, sans peinture, est, tout compris, de 296 fr. 86 c. lemètre (18 , 25doll. le pied). Le bois valait, à Troy, 22 fr. 91 c. le mètre cube. Les piles sont enbeau calcaire bleu. Le tablier est à 9 m au-dessus des basses eaux.
Le pont de Tuscaloosa (Alabama ) sur le Black-Warrior, a quatre travées, dont la portée est de220 pieds (67 m ,10). La hauteur du treillis est de 16 pieds (4 m ,88). Il a coûté en tout 160,000 fr., ou580 fr. par mètre courant. Ce pont a été livré à la circulation en décembre 1834. Il résiste très-bienà la dure épreuve que lui font subir les troupeaux qui le traversent.
J’ai vu un autre pont de même construction à très-grande portée, à Nashua (New Hampshire ), surle Merrimack.
Le pont jeté sur le grand Conestogo, pour le passage du chemin de fer de Philadelphie à Columbia(Pensylvanie ), tel qu’il a subsisté jusqu’à ces derniers temps, avait 1,412 pieds (430 m ,66), partagésen neuf travées de 150 pieds (45 m , 75); sa largeur était de 22 pieds (6 m ,71); la voie y portait surl’entrait. La charpente avait été exécutée, avec la toiture et les bordages latéraux, sans peinture, àraison de 209 fr. 84 c. le mètre courant. La maçonnerie avait coûté 77,579 fr., à raison de13 fr. 18 c. le mètre cube. La dépense totale était donc de 351 fr. 88 c. par mètre courant. Ce pontétait beaucoup trop faible ; les convois du chemin de fer n’y marchaient que très-lentement; lesmoises du treillis n’y avaient que 0 ra ,051 d’épaisseur, et, depuis l’époque où je l’ai vu, on a dû le re-construire.
M. Town estime qu’avec un prix de bois considéré, aux États-Unis , comme très-favorable, 22 fr.60 c. à 27 fr. 12 c. le mètre cube , la charpente en treillis coûte , pour des portées de 20 à 30" 1 ,175 à227 fr. le mètre courant. Pour des portées de 35 à 60 , ce serait 262 à 437 fr. le mètre courant;pour des portées plus grandes, l’augmentation de dépense serait considérable.
Le pont en treillis pourrait être , sauf modification, employé à la guerre. Il pourrait alors êtreexécuté en fer et devenir très-portatif.
La fig. 12, planche XVI, représente la vue d’un pont de treillis couvert de son bordage.
M. Robinson a donné , sur les nombreux chemins de fer qu’il a construits, la préférence aux pontsen treillis sur tous les autres systèmes. Portant dans la conception de ces ponts l’esprit d’analyse quile distingue au plus haut degré, il les a successivement perfectionnés, sans cependant en élever la dé-pense au delà des limites habituelles.
Dans la construction du pont de Tuscaloosa , et dans celle d’un autre pont construit aussi dans leSud, à Wetumka,on a éprouvé, pour la fondation et l’établissement des piles, des difficultés inconnuesdans le Nord. Dans les pays d’alluvion , qui bordent le golfe du Mexique , on ne pouvait fonder sur leroc ; on n’a pas eu l’idée d’établir des radiers en béton, et comme on y manque de pierre à bâtir, ila fallu y construire les piles en briques. On a choisi des briques fortement cuites. Par mesure d’éco-nomie, les piles ne se composent que d’une faible enveloppede briques, de sorte que le centre de chaquepile est creux. Bien plus, l’enveloppe en briques n’est pas pleine; elle offre des vides a, «, a. Les bri-