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Tome premier. A - C.
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flllesse peuvent abandonner f^e livrer à un homme],ID. i, ( ( (.

— ÉTYM . Abandon; bourguig. ebandenai ; pro-venç. et espagn. abandonar; ital. abbandonnare.

ABAQUE (a-ba-k’), s. rn. || 1“Terme d’architec-ture. Tailloir, partie supérieure du chapiteau descolonnes, sur laquelle porte l’architrave. || 2° Ter-me d’antiquité. Tableau couvert de poussière, surlequel on traçait des nombres et on enseignait le cal-cul; et aussi sorte de carré long, évidé, qui étaitmuni de boules passées dans des fils tendus et quiservait à compter.

— ÉTYM . Provenç. abac; ital. abbaco; de abacus,de àëaÇ, table ou tablette.

f ABAS, s. m. Voy. abat.

ABASOURDI, IE (a-ba-zour-di, die), part.passé.Abasourdi par un coup de tonnerre, par un mal-heur imprévu.

ABASOURDIR (a-ba-zour-dir; d’autres disent a-ba-sour-dir), v. a. |] 1° Assourdir par un grandbruit. Ce bruit soudain et violent nous a abasourdis.|| 2° Consterner. Voilà dans sa famille une mort im-orévue qui l’abasourdira. Bruit abasourdissant. Nou-velle abasourdissante.

— ÉTYM . Génev. abassourdir; bourguig. ébaiodi;de sourd (voy. ce mot) et d eaba, qui est probable-ment le même que dans abajoue, c’est-à-dire forméde d et ba ou be indiquant une mauvaise dispo-sition.

f ABAT ou ABAS (a-ba ou a-bâ), s. m. Averse,pluie abondante. Ces vapeurs peuvent causer unvent d’abas, besc. Météor. 7. L’accumulation desneiges, les pluies et les orages y déterminent desavalanches et des abats de boues et de pierres, quidescendent dans les vallées jusqu’à des altitudes demille mètres, burat, Constitutionnel du 3 sep-tembre (858.

— ÉTYM . A et battre. Dans l’arrondissement deCaen , la pluie d’abat est une pluie abondante, Dict.du patois normand par MM. Duméril . Si on suivaitl’orthographe de Descartes , l’étymologie serait àet bas.

ABATAGE (a-ba-ta-j’) ,s. m. || 1“ Terme fores-tier. Action d’abattre. L’abatage des bois se fait enautomne. || 2° En termes de marine, l’abatage d’unbâtiment est l’opération par laquelle on l’incline surle côté pour l’abattre en carène. || 3° En termes d’ad-ministration militaire, l’abatage des bestiaux est lamise à mort des animaux destinés à la nourriturede la troupe. || 4“ En termes de police sanitaire, l’a-batage est la mise à mort des grands animaux do-mestiques, soit parce qu’ils sont vieux ou incura-bles, soit par précaution, quand ils sont suspects ouatteints d’une maladie contagieuse. L’abatage deschevaux est nécessaire en cas de morve. || S' Entermes de vétérinaire, action de renverser et defixer les grands animaux sur un lit de paille, quandils doivent subir des opérations chirurgicales.

—REM. L’Académie n’y met qu’un seul t; mais elleen met deux à abattre; la conséquence veut qu’onmette deux t à abatage, ou qu’on n’en mette qu’unà abattre.

— HIST. xiii* s. Et si a li cuens [comte] à l’aba-taige des pourceaux soixante dix sols par an, ducange, abatere.

— ÉTYM . Abattre.

f ABATANT (a-ba-tan), s. m. || i°Pièce du métierà bas qui fait descendre les platines à plomb. || 2° Par-tie du comptoir d’un marchand qu’on lève et qu’onabaisse.

ABÂTARDI, IE (a-bâ-tar-di, die), part, passé.Plantes abâtardies. Ames abâtardies. Restes abâ-tardis d’une nation puissante. Jamais on n’a vu vo-tre empire si lâche, si abâtardi, si indigne des an-ciens Romains, fén. t. xix, p. 1 80 .

ABÂTARDIR (a-bâ-tar-dir : quelques-uns disenta-ba-tar-dir par un a bref; mais la plupart disentbd comme dans bâtard), v. a. || 1°Faire dégénérer,au propre et au figuré. La mauvaise culture abâ-tardit les plantes. Ils ne voyaient là que des moyensd’abâtardir les courages. || 2' S’abâtardir, v. ré fl.Dégénérer. Les arbres fruitiers s’abâtardissent si onne les soigne constamment. S’abâtardir dans l’oisi-veté. La pureté de la doctrine était abâtardie par lesVaudois, boss. Var . xi.

— hist. xii" s. Com nostre lois est hui abastar-die, Ronc. p. 1 16. |[ xiii* s. Bien est France abas-tardie, Seigneur baron, entendez, Quant femme[la reine Blanche] l’a en baillie, Et tele comme sa-vez, HUE DE LA FERTÉ, Rom. p. (88. || XVI 1 S. Cestearrogance grecque, admiratrice seulement de sesinventions, n’avoit loi ni privilège de légitimerainsi sa nation, et abastardir les autres, du Bel-

lay, i, *, recto. La peur descouvre un cœur abas-tardi, id. iv, 6, verso. Sitost qu’on se détourné dela parole, l’oraison est quant et quant abastardie,calv. Inst. 704. Ils se sont abastardis en dégéné-rant de leurs peres, td. ib. 747.Ceux qui seront con-vaincus de s’estre abastardis de leur origine, id. ib.838.

— ÉTYM . A et bâtard; provenç. abastardir; anc.espagn. abastardar.

ABÂTARDISSEMENT (a-bâ-tar-di-s’-man), s. m.Dégénération au propre et au figuré. L’abâtardis-sement des arbres fruitiers, des esprits.

— REM. Des grammairiens ont désiré que l’Aca-démie supprimât l’accent circonflexe. Il est de faitque certains prononcent abâtardissement, a bref,au lieu de a long ; mais la plupart suivent dans cemot la prononciation de bâtard où l’a est long.L’accent circonflexe qui indique ici et l’étymologieet la prononciation doit donc être conservé.

— HIST. xvi* s. De ceux là, y en a aucuns qui setrompent eux mesmesietles autres sont trompéspar l’abastardissement des coustumes, lai.oue, ( i 7.La trop grande et indocte multitude des escrivainsqui de jour en jour s’eleve en France , au grand des-honneur et abastardissement de nostre langue, dubel. iii , 2 , recto.

— ÉTYM . Abâtardir.

ABATÉE (a-ba-tée), s. f. Terme de marine. Mou-vement par lequel un navire, obéissant au vent, àla lame, à la marée, tourne sur une verticale quipasserait par son centre de gravité, et écarte la prouede la ligne du vent. Le mouvement par lequel lenavire revient de l’abatée à la ligne du vent se ditaulofl’ée , legoarant. L’abatée est involontaire ; l’au-loffée est volontaire.

—REM. L’Académie ne met qu’un t; mais il en fau-drait deux , à moins qu’on n’en retranche un dansabattre; faire autrement, c’est multiplier inutilementles exceptions et les difficultés de l’orthographe.

— ÉTYM . Abattre.

f ABATELLEMENT (a-ba-tè-le-man), s. m. Termede commerce du Levant. Sentence portant interdic-tion contre ceux qui désavouent leurs marchés, ouqui refusent de payer leurs dettes, Acad. (702.

f ABAT-FAIM (a-ba-fin), s. m. au plur. des a&at-faim. Terme de cuisine. Pièce de résistance qu’onsert la première sur table.

— ÉTYM . Abattre et faim.

f ABAT-FOIN (a-ba-foin), s. m. au plur. desaàat-foin. Terme d’économie rurale . Ouverture pratiquéedans un grenier au-dessus de l’écurie ou de l’étableet par laquelle on jette le foin ou la paille.

— ÉTYM . Abattre et foin.

ABATIS (a-ba-ti), s. m. Il faudrait écrire abattis ouécrire abatre. |j 1“ Amas de choses abattues. Abatisd’arbres. Faire un abatis de bois. Embarrasser laplaine par de larges abatis d’arbres. || 2° En termesde chasse, faire un grand abatis de gibier. || 3“ Aufiguré. À la guinguette instruisant ces recrues,D’obscurs lauriers j’ai fait large abatis, bér. in-8.|| 4“ Terme de chasse, petit chemin que se font lesjeunes loups en allant et venant au lieu où ils sontnourris. || 5“ Terme de cuisine, les pattes et la tête,le cou et les ailerons d’une volaille. || 6° Terme deboucherie. Peau, graisse et tripes des bêtes tuéespar les boucliers.

— HIST. xii* s. Dedans la maistre porte fut gransl’abateïs, Ch. d'Antio. vi, 93.

— ÉTYM . Abattre. L’ancien mot est abatéis, ve-nant d’une forme dubas-latin : abateticius,dérivé duverbe abattere.

ABAT-JOUR (a-ba-jour), s. m. au plur. des abat-jour. || 1° Sorte de fenêtre dont le plafond et l’appuisont inclinés en biseau de dehors en dedans , afinque le jour qui vient d’en haut se communique plusverticalement dans le lieu où elle est pratiquée.|| 2° Cadre ou réflecteur en métal ou en papier quel’on place sur les lampes pour en rabattre la lu-mière. || 3° Volet plein ou à claire-voie, toile plu3ou moins serrée, que l’on place devant les ouver-tures des habitations pour arrêter les rayons so-laires et les insectes.

— ÉTYM . A battre et jour.

f ABAT-SONS (a-ba-son),s. m. Se dit des lames debois recouvertes de plomb ou d’ardoises qui garan-tissent les beffrois de la pluie et renvoient le sonvers le sol. Au plur. des abat-sons.

f ABATTABLE (a-ba-ta-bl’), adj. Qu’on peut abat-tre. Ces chevaux sont abattables.

ABATTEMENT (a-ba-te-man), s. m. || 1° Actiond’abattre ; état de ce qui est abattu. Être dans l’abat-tement. Relever quelqu’un de l’abattement. Undouloureux abattement de cœur. L’abattement pro-

fond de son âme. L’abattement du désespoir. L’abat-tement du parti vaincu était extrême. Des langueurset des abattements. Il ne supporte pas la chaleur;elle le jette dans des abattements auxquels il nepeut résister. On a honte de sa faiblesse passée etde l’abattement où l’on est tombé, bourdal. Pens.t. il, p. 24. Pourquoi ces abattements et ces désolationsoù vous tombez? id. vb. p. 356. Et cet abattement quelui cause la peste, corn. GEd. v, (. À cet abatte-ment que vous laissez paraître, J’ai, s’il faut l’avouer,peine à vous reconnaître, lemerc. Fréd. et Br. i, 2 .Sans tristesse, sans abattement, sévig. 388. Il estdes jours d’ennui, d’abattement extrême, Où l’hommele plus ferme est à charge à lui-même, ducis,Macb. m, 3. || 2° Terme de médecine. L’abattementexprime une lésion fonctionnelle dont les conditionsorganiques nous échappent et qui a pour symptômeune diminution notable et soudaine des phénomènesvitaux dépendant de l’action nerveuse, du mouve-ment, des sensations, de l’entendement, des affec-tions, des instincts.

— ÉTYM . Abattre; provenç. abatemen, abatamen;cat. abatiment; espagn. abalimiento; ital. abbati-mento.

ABATTEUR (a-ba-teur), s. m. Celui qui abat. Cebûcheron est un grand abatteur de bois. Vous êtes,je vois bien, grand abatteur de quilles , Régnier,Sat. il. Cette locution se dit d’un homme qui faitbeaucoup de besogne, et souvent, par ironie, d’unhomme qui se vante de prouesses qu’il n’a pasfaites.

— hist. xv* s. Et plus de cent mille choses queces abatteurs de femmes savent tout courant et parcœur, l. xi, Nouv. 22 .

— ÉTYM . Abattre; Berry, abateux d’ouvrage.

ABATTOIR (a-ba-toir), s. m. Lieu destiné à l’aba-tage des animaux, tels que bœufs, veaux, mou-tons, etc. qui servent à la nourriture de l’homme.Les abattoirs sont placés hors des murs d’enceintedes villes.

ABATTRE (a-ba-tr’),«. a. Il 1° Jeter à terre d’unefaçon quelconque. Abattre un cheval, un cavalier.Abattre des olives, des noix. Abattre un arbre.Abattre une maison. Il lui abattit une main d’uncoup de sabre. Abattre la tète. Il l’abattit d’un coupde fusil. Ce chasseur abat bien du gibier. Puisquel’arbre est si près de sa chute et que le coup qui doitl'abattre va bientôt partir et le renverser.... bouhd,Pens. t. ni,p. 72. C’est ainsi qu’il abat de leur trône lespotentats qui se confiaient en leur pouvoir, id. ib.p. 1 43. Pour le faire tomber, j’abattrai son appui, corh.Ilod. v, (. Il a de votre sceptre abattu le soutien,id. Cid, 11 , 9. Et j’abattrai d’un coup sa tête et sonorgueil, id. Ilér. ni, 3. Les livres sur Evrard fon-dent comme la grêle Qui, dans un grand jardin,à coups impétueux, Abat l’honneur naissant des ra-meaux fructueux, boil. Lutr. v.Sous le glaive étran-ger j’ai vu tout abattu, volt. Orphel. 1 , 2 . Chacun sedisputait la gloire de l’abattre , rac. Andr. v, 3..... mais, lorsque tu m’abats, Je me relève encorpour insulter ton bras, lamart. Jonath. 330.Comme la pluie abat et fait languir le soir une fleurqui était le matin , pendant la naissance de l’au-rore, la gloire et l’ornement des vertes campagnes,fén. Tel. xxi. || 2° Fig. Abattre la puissance ro-maine. Il résolut d’abattre celui qui l’avait élevé.Dieu abat les puissants. Ce combat avait abattu lesforces des ennemis. L’orgueil des Chaldéens estabattu, boss. Hist. tt, 4. Le peuple romain, ayantabattu les Gaulois et les Africains, ne voit plusrien à craindre et combat dorénavant sans péril, id.ib. 1 , 8. Les victoires de Léonce avaient abattules Sarrasins et rétabli la gloire de l’empire enOrient, id. ib. 1 , ((. || 3“ Laisser tomber, abaisser.Abattre sa robe. Il abattit sa toge. || 4“ Faire retom-ber. Abattre la poussière. Abattre les bouillons d’unliquide en ébullition. || 5° Oter les forces du corpsou de l’âme, faire tomber. Abattre les forces d’unmalade. La moindre fièvre l’abat. Abattre le courage.La peur nous abat. Le sage ne se laisse pas abattrepar le malheur. Abattre l’audace, l’insolence. I.apluie, dit-on, abat le vent. Me laissant abattre à laplus légère infirmité qui m’arrive, bourd. Pens. t.n,p. 406. On lui en cache une partie, afin de ne le pasétonner dès l’entrée de la carrière et de ne lui pasabattre le cœur, id. ib. 1. 1 , p. 89. Elle est tellementabattue de la perte de M. de la Rochefoucault,sév. 42(. Ses malheurs n’avaient point abattu sa

fierté, rac. Ath . 11 , 5.tu 11 e prétends pas qu’il

[le destin] m’abatte le cœur Jusqu’à te rendre hom-mage et te nommer seigneur, corn. Mort de /’om-pée, iii, 4. Abattons sa superbe avec sa liberté, id.ib. 1 , (. Et du premier revers la fortune l’abat. id.