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Tome premier. A - C.
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.es et qui résulte du mouvement annuel de la terre.L’étoile pouvait donner quelque marque d’aberration,volt. Newton, n, t. L’aberration des étoiles dépendde la vitesse de leur lumière, combinée avec cellede la terre dans son orbite, lapi.ace, Exp. :v, 47.||2*Terme d’optique. Aberration de réfrangibilité,diffusion du foyer des rayons lumineux concentrés parI un verre biconvexe, qui dépend de ce que, les rayons: diversement colorés n’ayant pas la même réfrangi-bilité, la lentille ne peut les concentrer tous dans leprolongement de son axe. || Aberration de sphéricité.Autre genre de diffusion des rayons lumineux con-centrés par un verre biconvexe, qui tient à ce que lafigure des lentilles ne permet qu’aux rayons très-voisins de l’axe de concourir sensiblement en unpoint commun, tous les autres, qui éprouvent uneréfraction plus forte, coupant l’axe en deçà de cepoint; d’où il suit que le foyer, au lieu de représen-ter un point, est réellement un espace d’une certaineétendue, et que l’image principale, celle qui se pro-duit à l’endroit où se réunissent le plus de rayons,est comme offusquée par une multitude d’autresimages qui rendent la vision confuse. || 3° Fig. Erreurde jugement, égarement. Aberration des sens, du ju-gement. Les aberrations de la philosophie sophisti-que. Des aberrations morales. Ce mot n’a pris lesens figuré que dans le courant du xvm* siècle; ils’introduisit grâce à l’usage qu’on en faisait dansle langage scientifique.

— ÉTYM . Aberratio, de aberrare, de ab, loin,et errare (voy. errer).

ABÊTI, TIE (a-bê-ti, tie; quelques-uns disenta-bé-ti), part, passé. Enfant abêti par de mauvaistraitements. Esprits abêtis par la superstition. Il esttout abêti.

ABÊTIR (a-bê-tir; quelques-uns disenta-bé-tir).

|| 1° n. a. Rendre bête. Une crainte perpétuelle abê-tit l’esprit. Cela vous fera croire et vous abêtira,pasc. Moyens , i. Ils n’ont songé [le roi et Mme deBeauvilliers], s’écriait-il [le duc de Berry], qu’àm’abêtir et à étouffer tout ce que je pouvais être,st-sim. 243, 252.112“ S’abêtir, v. réfl. L’esprit s’a-bêtit dans l’oisiveté complète. || 3“ Abêtir, v. n. De-venir bête. Les enfants qu’on maltraite abêtissent dejour en jour.

— llEM. L’Académie dans ses précédentes éditionsécrivait abêtir ; c’est qu’en effet la prononciation,devant une finale aussi sonore, aune grande ten-dance à changer Te ouvert en e fermé.

— SYN. ABÊTIR, rabêtir. Rabêtir indique une ac-tion plus forte, de la résistance à vaincre dans lesujet. Un maître abêtit l’enfant, quand il laisse sesfacultés sans exercice; il le rabêtit, si, toutes lesfois que l’élève manifeste quelque tendance à se dé-velopper, lemaître la refoule. On abêtit peu à peu,lentement; on rabêtit par des réprimandes infli-gées par occasions. On a abêti cet enfant par unemauvaise éducation. Il est tout rabêti par les re-proches qu’il vient de recevoir, lafaye.

— HIST. xv*s. Etj’ai repris âmes despensCede quoijeme hontioie [j’avais honte] : Dont grandement m’a-bestioie;Car mieux vaut science qu’argens, froiss.liuisson de jeun. Gens qui cuident estre si sages,Qu’ils pensent plusieurs abestir, Si bien ne se sau-ront couvrir Qu’on n’aperçoive leurs courages, ch.n’onL. Rond. 11 sembloit que ses ennemis fussentaveugles et abestis, comm. vrn, 4. || xvi* s. Combienai-je veu d’hommes abestis par temeraire avidité descience ! mont, i, i 8t . 11 nous lault abestir pour nousassagir, id. ii, 214. Laissant ces pompes de farcesqui esblouissent les yeux des simples et abestissentleurs sens, calv. Inst. 10G2. En la fin, ayant là fi-ché leurs yeux et leurs sens, ils s’y sont abestis, m.il). 59. Ung homme par maulvais gouvernement sepeult abestir, palsg. p. 773. A sa contenance, il res-sembla proprement à une personne estonnée ouabestie, et qui a perdu le sens et l’entendement, nese souvenant plus qu’il estoit le grand Pompeius ,amyot, Pomp. 102 . Le plus souvent les princes s’a-bestissent De deux ou trois que mignons ils choi-sissent, RONS. 654.

— ÉTYM . À et bête.

f ABÊTISSEMENT (a-bê-ti-se-man), s. m. Actiond’abêtir. L’état de celui qui est abêti. L’abêtisse-ment de cet enfant.

Al! HOC ET AB IIAC (a-bo-ké-ta-bak, et non,comme quelques personnes, a-bo-ké-a-bak) Joc.adv.et famil. Confusément, sans raison. Il parle ab hocet ab hile.

— hist. xvi* s. Il en prend ab hoc et ab hac [seoit d’un homme peu scrupuleux quant à l’argent],il. est. Précetl. p. 77.

— ETYM . Locution latine signifiant de celui-ci et

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de celle-là, de ab et do hoc et hac (voy. hoc). L’Aca-démie met sur hac un accent circonflexe que rien nolégitime, sinon la coutume de nos rudiments degrammaire latine.

ABIIORRÉ, ÊE (a-bo-rré, rrée), part, passé. Ab-horré comme il est. Abhorré de tous. Abhorré d'etout ce qui l’environne. Néron abhorré par Rome etpar les provinces. Chez nos dévots aïeux le théâtreabhorré, boil. Artpoèt. ni. Le nom de Polyphonte est

partout abhorré, volt. Mér. v, 8 .Et, changeant

la gloire en outrage, T’offrir un triomphe abhorré,LAMART. Médit. XIX.

— rem. Abhorré de, abhorré par. L’un et l’autrese disent. Plutôt de, quand abhorré est surtout consi-déré comme indiquant un état; plutôt par, quandabhorré est surtout considéré comme participe pas-sif. Néron , abhorré de ses sujets, succomba sousl’indignation générale. Néron a été abhorré par sessujets. Plutôt de que par quand le nom n’a pas d’ar-ticle : Abhorré de tous.

ABIIORRER (a-bo-rré), v. a. || 1" Eprouver del’horreur pour, repousser avec horreur. Abhorrer quel-qu’un. Se faire abhorrer de quelqu’un. Il abhorre lacruauté. Abhorrer le nom de roi. Dans l’éternel oublije dormirais encore; Mes yeux n’auraient pas vu cefaux jour que j’abhorre, lamart. Médit, xvm. Il dé-teste l’autre, il l’abhorre, parce qu’il y voit tout à lafois et Dieu déshonoré et l’homme perdu, bourd.Pens. t. lu, p. 307. Le Roi n’avait point donné d’ou-verture ni de prétexte aux excès sacrilèges dont nousabhorrons la mémoire, boss. R. d’Anglet. C’est cequi me le fait justement abhorrer, rac. Phèd. i, 6.Honteux d’avoir poussé tant de vœux superflus ,Vous l’abhorriez : enfin, vous ne m’en parliez plus,

id. Andr. I, I .Oracles que j’abhorre, Sans vos

ordres, sans vous, mon fils vivrait encore, volt.QEd. iv, I. Sauvez-moi du tourment d’être à ce quej’abhorre, mol. Tari, iv, 3. ||2° S’abhorrer, v.réfl.|| 1“ Se haïr réciproquement. Ces deux hommes s’ab-horrent. || 2“ Se haïr soi-même. Je hais le monde en-tier, je m’abhorre moi-même, volt. Zaïre, v, 6.

— SYN. abhorrer, détester, haïr. Les deux pre-miers mots marquent également des sentiments d’a-version, dont l’un est l’effet du goût naturel ou dupenchant du cœur, et l’autre, l’effet de la raison etdu jugement. Ou pour mieux dire, suivant l’étymo-logie, on abhorre tout ce pour quoi on a uno hor-reur, une répulsion; on déteste tout ce que l’onveut écarter, tenir loin de soi. Dans abhorrer et dé-tester, le sentiment que Ton ressent n’est pas lemême : avec le premier on frissonne, avec le secondon repousse. C’est poui cela que les auteurs de sy-nonymes ont dit que détester s’applique à ce qu’on nepeut estimer, à ce que Ton condamne, à ce que Tonjuge mauvais; et que abhorrer s’applique à ce quiexcite antipathie, répugnance. Cela exposé, on voitquelle nuance sépare ces deux verbes, et commentils peuvent être pris l’un pour l’autre. Haïr est leterme général, par conséquent il exprime unenuance moins forte. On hait tout cequ’ondéteste etce qu’on abhorre; mais dans haïr ne sont pas mar-quées les distinctions qu’impliquent détester et ab-horrer.

— HIST. xvi* s. C’est la cause pour quoi de toussont hués et abhorryz, rabel. Garg. i, 40. Hzcrachoient dedans les platz, affin que les houstes[hôtes], abliorrens leurs infâmes crachatz, désis-tassent manger, id. Pant. m, le. Ceux qui sou-fraient de fait tout ce que font les rois à leurs subjets,detestoient et abhorrissoient encore neantmoins cenom de roi, amyot, Ant. 10 .

— ÉTYM . Provenç. aborrir, aorrir; espagn. abor-recer; ital. aborrire; de abhorrere, de ab, indiquantséparation, etde horrere, avoir horreur (voy. hor-reur). La conjugaison a été en ir en provençal , enfrançais et en italien , le verbe latin ayant été trans-formé en abhorire. C’est après le xvi“ siècle qu’ona dit, d’après le latin, abhorrer au lieu d’abhorrir.

ABIGÊAT(a-bi-jé-a),s.m. Terme d’ancien droiteri-minel. Délit de celui qui détourne les troupeauxd’autrui pour se les approprier.

— ÉTYM . Abigcatus, enlèvement de troupeau, deabigeus, voleur, d eabigere, chasser, éloigner, dé-tourner, de ab, indiquant séparation, et igere pouragere, mener (voy. agir).

f ABIGOTI, IE (a-bi-go-ti, tie), adj. Devenubigot, rendu bigot. Mot bon à remettre en usage.

— HIST. xvi* s. Ce moine [Jacques Clément ] aiantdonc esté receu du roi [Henri III ], comme estaientles moines de cet esprit abigoti, il receut sa lettreestant à la chaise percée, d’aub. Hist. m, 402.

— ÉTYM . À et bigot.

ABÎME (a-bî-m’), s. m. || 1° Cavité profonde ou

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sans fond. Les abîmes de la terre. Il s’est forméplusieurs abîmes. Rouler dans un abîme. Il n’estguère de hauteur qui ne soit voisine d’un abîme.Sondez cet abîme, si vous le pouvez, mass. Conf..... du fond de l’abîme entr’ouvert sous ses pas, rac.Ath. m, 5. Je frémis quand je voi Les abîmesprofonds qui s’ouvrent devant moi, id. Esth. m,4.Sur cent premiers peuples célèbres, J’ai plongé centpeuples fameux Dans un abîme de ténèbres, Oùvous disparaîtrez comme eux, Bêr. Temps. Pour serabaisser jusqu’aux derniers abîmes du néant, pasc.Conv. du péch. Tout à coup le terrain s’affaisse etouvre un abîme, fén. Tél. xxi. || 2“ L’abîme, lesflots, l’océan. Il se précipita dans l’abîme. || 3“ L’en-fer, dans le langage de l’Ecriture . Les puits de l’a-bîme. Ils tombent dans les abîmes éternels, boss.Prédic. i. Puisqu’il suit l’âme jusque dans le fond del’abîme, où il la tient captive et asservie, quand,malgré lui, sera-t-elle en état d’en sortir? bourd.Pens. t. iii, p. 69. L’Hébreu .... invoque l’abîme etles cieux et Dieu même, volt, llenr. v. || Par exa-gération poétique. Sa sombre tyrannie entassait lesvictimes, Et des prisons d’Etat il peuplait les abî-mes, m. j. chén. Ch. IX, iii, 4. || 4° Ce qui est ex-trême, le dernier degré ; précipice, ruine, perte.C’est un abîme de vices. Se jeter dans un abîme dedébauches. Cette maison est un abîme. Le luxe est unabîme qui engloutit tout. Tomber du faite des gran-deurs dans l’abîme. Mes ennemis me poussent dansl’abîme. Nous dormons sur les bords île l’abîme.L’homme impatient est entraîné dans un abîme demalheurs, fén. Tél. xxiv. Il est toujours dans l’abîmede la douleur, sév. 24 9. Pour moi qui ne vois riendans le trouble où je suis, Qu’un gouffre de mal-heurs, qu’un abîme d’ennuis, corn. Rodog. v, 4. Sousmes pas, c’est creuser un abîme, id. ib. v, 4 . Didon re-garde avec horreur autour d’elle et ne voit que desabîmes, ciiateaub. Génie, il, m, 2 . Mes frères, quelabîme qu’une grande place! mass. Louis. Scs yeuxs’étaient fermés sur les bords de l’abîme, volt. Ali.v, 2. Dansl’abîmeeffroyableoùjesuis descendu, id.Tancr. n, 6.sur le bord de l’abîme Où votre aveu-

glement vous conduit par le crime, id. Calil. i, 6.Dans quel abîme affreux vous me précipitez! rac.Mithr. n, 6. De piège enpiége et d’abîme en abîme,id. Ath. îv, 3. Vous qui portez sur la conscience lesabîmes d’une vie entière de désordre, mass. Av. Ronh.L’homme n’est qu’un abîme de faiblesse, id. Prière, 4 .ï’aut-ilque vous soyez un abîme de contradictions îid. Délai. Fait-elle monter de l’abîme de sa douleurles crisd’un repentir sincère? id. lmpén. Cet abîmede soins et d’embarras ne lui laissait pas le loisir dechercher dans les prophéties d'Isaïe .... id. Ronh. Sivous ne sortez pas de l’abîme où vous vivez, id. Car.Conv. Les Juifs tombèrent dans un autre abîme, bossErreur. Replonger dans de nouveaux abîmes, labruy. 4. || 5° Dans un sens favorable. Cet homme estun abîme de science, il est très-savant. Les habitantsde l’Elysée sont plongés dans cet abîme de délices,comme les poissons dans la mer, fén. Tél. xix. L’âmeva se perdre dans le vaste abîme de ses perfections,boss. Excel, de Dieu . ||6°Lieu, chose impénétrable,mystère. La nature a caché la vérité au fond d’unabîme. L’âme humaine a des abîmes impénétrables.L’infini est un abîme pour l’esprit humain. Il se fi-gure des abîmes inconnus dans sa conscience, mass.Tiéd. i. O mon Dieu! je n’ose regarder d’un œil fixeles abîmes de vosjugementsetde votre justice, id.Car. Nombre des élus. Jene viens pas, Seigneur, son-der ies abîmes de vosjugements, flécii. Tur. Dieu ,dontlesjugements sont des abîmes, id. ib. Dieu seulde nos espritspénètre les abîmes, rotrou, Rél. v, 5.Des plus affreux complots il perce lesabîmes, volt.Sém. i, 3. Je n’ai jamais d’Helmonde approfondi lecrime; Mes yeux ont toujours craint de percercet abîme, ducis, Lear, i, 2 . || 7°Terme de blason.Centre de l’écu lorsqu’il porte une ou plusieurspièces qui ne chargent aucune des autres. 11porte trois besans d’or, avec une fleur de lis enabîme. || 8“ Géolog . Cavité naturelle presque perpen-diculaire, d’une grande profondeur et ne renfermantaucunliquide.|| 9“ Chand. Auge de bois contenantle suif fondu. || Prov. L’abîme appelle l’abîme, unmalheur en appelle un plus grand. Un abîme attireun autre abîme, et une médisance une autre mé-disance, bourd. Pens. t. ni, p. 467.

— REM. On n’écrit plus abyme, malgré l’étymo-logie.

— hist. xii* s. Molt est griés chose d’eschevirTabisme des vices, s. bern. p. 4 67. Li quatre venzeissent d’abisme, benoit, ii, 2055. ||xiii* s. Et puisrecheoit [le navire] si profond que avis estoit qu’ellecheïst en Tabisme et avenoit priés la tere el tons,