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cérémonie publique par laquelle on quitte sa reli-gion et on entre dans le sein du catholicisme. Ellefit abjuration au couvent de la Visitation, J. J. rouss.Conf. 11 .
—KEM. On a prétendu qu’il ne pouvait y avoir ab-juration que dans le sein du christianisme, c’est-à-dire que le mot ne s’employait que pour exprimerl’action de passer d’une secte chrétienne dissidentedans le sein du catholicisme. Cela n’est pas fondé.Abjuration ne comporte rien d’aussi précis; et onpeut dire en parlant d’un juif : l’abjuration du ju-daïsme.
— IIIST. xv* s. Abjuration est un serrement quehome ou feme prennent, quant ils ont commise fé-lonie, et fui à l’Eglise pour tuition de leurs vies,eslisant plustost perpétuel banissement que à esterà la loi, du cange, abjuratio. || xvi* s. Ce fut là oùles jésuites dressèrent Informe d’abjuration que nousavons alléguée, d’aub. Ilist. n, *84.
— étym. Abjuratio, de abjurare, abjurer (voy.abjurer).
t ABJURATOIRE (ab-ju-ra-toire), adj. Qui con-cerne l’abjuration. Formule abjuratoire.
— étym. Abjurer.
ABJURÉ, ÉE (ab-ju-ré, ée), part, passé. Le cal-vinisme abjuré par Henri IV . De vieilles haines, de-puis longtemps abjurées.
ABJURER (ab-ju-ré), v. a. || 1° Renoncer solen-nellement à. Abjurer un culte profane. La seulechapelle royale a vu plus de trois cents convertisabjurer saintement leurs erreurs entre les mains del’aumônier, boss. JJ. d’Angleterre. Quel spectacleque celui d’un vénérablevieillard [Galilée ] abjurantà'genoux, contre le témoignage de sa propre con-science, la vérité qu’il avait prouvée avec évidence!lapi.ace .Erp. v,4. || 2° Absolument. Des calvinistesabjurèrent lors de la révocation de l’édit de Nantes .|| 3° Fig. Abjurer ses principes. Abjurer ses erreurs.Il abjura ses préventions. Abjurer le monde. Ceprince abjura toute prudence et se perdit. || 4“ S’ab-jurer, être abjuré. L’hérésie s’abjurait. Des erreurspeuvent s’abjurer.
— BIST, xvi" s. A cela fut ajoustée une forme deserment pour abjurer le roi d’Espagne , d’aub. Ilist.Il, 47t.
— ÉTYM . Abjurare, de ab, indiquant éloignement,eljurare, jurer.
j ABLACTATION (a-bla-kta-sion), s. f. Terme demédecine. L’action de cesser d’allaiter. Il a été em-ployé pour exprimer la cessation de l’allaitementconsidérée par rapport à la mère, le mot sevrages’appliquant plus particulièrement à l’enfant.
— ÉTYM . Ablactatvo, de ab, indiquant sépara-tion, et lac, lait (voy. lait).
f ABLAIS (a-blè), s. m. plur. Blés coupés quisont encore dans le champ.
— ÉTYM . Bas-latin, abladium, de ad, à, et bas-latin, bladum, blé (voy. blé).
f ABLAQUÉATION (ab-la-kué-a-sion), s. f. Actionde creuser autour du pied d’un arbre une petilefosse destinée à retenir l’eau.
— ÉTYM . Ablaqueatio, deab, exprimant extrac-tion, et laqueare, arroser, de lacus, lac (voy.lac).
ARLATIF(a-hla-tif),s.m.Termedegrammaire. Lesixi' me cas de la déclinaison latine. L’ablatif est ditparfois le cas latin, parce qu’il n’existe pas en grec.|| Ablatif absolu, nom d’une forme particulière à lalangue latine, où un mot, accompagné d’un parti-cipe ou d’un adjectif, se mettait à l’ablatif, sansêtre en rapport avec un autre mot dans la phrase.Nous avons imité cette tournure : les parts étant fai-tes, le lion parla ainsi. Abusivement, puisqu’il n’y apas de cas en français , on a donné quelquefois lenom d’ablatif absolu à ces membres de phrases, dé-tachés de tout le reste.
— BIST, xvi* s. Quant rencontré a un accusatifQui sa robe lui a fait ablative, ch. d’orl. Rond.es.
— ÉTYM . Ablalivus, de ab. indiquant séparation,et de lativus, exprimant l’action de porter. Ainsi l’a-blatif est le cas qui indique l’extraction. Lativus,mot inusité, vient de latum, supin du verbe ferre.Latus, porté, est pour tlatus, qui, se rapportant augrec TXâw, est de même radical que ta latin tolerare(voy. tolérer).
ABLATION (a-bla-sion), s. f. || 1“ Terme de chirur-gie. Action d’enlever, de retrancher. L’ablation d’unmembre, d’une tumeur, d’une exostose. ||2° Termede grammaire. C’est la même clio-e que l’aphérèse,le retranchement d’une lettre au commencementd’un mot.
— hist. xvi* s. Ces maladies ne se peuvent guériruns ablation du virus, paré, xvi, t. Souventesfois
s’en e/.suit ablation de l’action des muscles du thoraxet des autres servans à la respiration, id. vin, t o.
— ÉTYM . Ablatio (voy. ablatif).
ABLATIVO (a-bla-ti-vo). Mot populaire qui ne s’em-ploie que dans ce cas : ablativo tout en un tas, c’est-à-dire tout ensemble, avec confusion et désordre.
— Étym. Ablativus (voy. ablatif).
ABLE (a-hl’) s. m. ou ABLETTE (a-blè-t’) s. f.Petit poisson blanc bon à manger, dont les écaillesservent à la fabrication de l’essence d’Orient.
— BIST, xv* s Es-tu le fol vieillart gregeois Quinos dieux ne prise deux ables? Hart, de St Denys.
— ÉTYM . Bas-lat. abula, de albula qui se trouvedans les gloses pour désigner une sorte de poisson,de albus, blanc (voy. aube). Ablette est le diminutifde able.
f ABLE, suffixe. Ce suffixe a deux significations.Dans la première, il est passif et il indique ce qui estdigne de recevoir l’action exprimée par le radical :de aimer, aimable, qui mérite d’ètre aimé; de exé-cuter, exécutable, qui peut être exécuté. Dans laseconde signification, ce suffixe est actif et indiquece qui peut produire l’action exprimée par le radical :de faveur, favorable, qui donne faveur; de secours,secourable, qui donne secours. Dans cette secondeacception le suffixe ible est plus souvent employé.
— ÉTYM . Abilis, suffixe latin.
ABLÉGAT(a-bIé-ga; le (ne se prononce pas),*, m.
Vicaire d’un légat. L’ablégat est un commissairechargé de porter à un cardinal qui vient d’être promula barrette et le petit bonnet carré.
— ÉTYM . Ab, ce qui dépend de, etlegatus, légat.
ABLERET (a-ble-rè), s. m. Terme de pêche. Filet
carré attaché au bout d’une perche, avec lequel onpêche des ables et d’autres petits poissons.
— BIST, xiv* s. Nous défendons les ableres, du-cange, ableia. || xvi* s. Un sac à pechier poisson,ungabliere et quatre filets, id, tb.
f ABLUANT, ANTE (a-blu-an, an-t’), adj. Termede chirurgie. Qui lave, qui déterge. Lespréparationsabluantes agissent surtout par leurs particulesaqueuses. Peu usité.
ABLUÉ, ÉE (a-blu-é,ée), par(. passé. Parcheminablué.
ABLUER (a-blu-é), t). a .Terme technique. Laver,passer légèrement une liqueur préparée avec de lanoix de galle sur du parchemin ou du papier, pourfaire revivre l’écriture,
— ÉTYM . Âbluere, de ab, indiquant séparation,etlucre, laver (voy. lotion).
ABLUTION (a-blu-sion), s. f. || 1“ Action d’abluer.Dans la messe, l’ablution désigne le vin que le prê-tre prend après la communion, ainsi que le vin etl’eau qu’on verse sur ses doigts et dans le calice aprèsqu’il a communié. M. de Metz, ayant pris la premièreablution et voyant au volume des petites burettesqu’il restait peu de vin pour la seconde, en demandadavantage, st-sim. 328, « 2 . || 2° Pratique religieusequi consiste à se laver diverses parties du corps. Sepurifier par une ablution. Faire une ablution. Com-bien toutes ces ablutions et ces expiations remplis-saient l’esprit de superstitions, fonten. Oracl. i, 16.
— BIST, xvi* s. Les indulgences font du sang desmartyrs ablution des péchés, calv. Inst. 623. Iitsu-bit lui fait ablution d’Egyptiac, avec un petit d’eaude vie, paré, viii, t5.
— ÉTYM . Ablutio, d ’abluere, abluer.
ABNÉGATION (ab-né-ga-sion), s. f. Renoncement.
Faire abnégation de ses intérêts. Agir avec abnéga-tion. L’abnégation est un sacrifice. Avec une par-faite abnégation de ses désirs, boss. Leur. abb. cl.Est-il un plus beau sacrifice? est-il une abnégationde soi-même et une mortification plus parfaite?bourd. Pens. t. ni ,p. 163. Legrand avantage de la viereligieuse, c’est l’abnégation chrétienne , c’est la mor-tification des sens, c'est la croix, id. tb. t. n,p. 382.La pratique de cette abnégation évangélique en quoiconsiste le vrai christianisme et par conséquent lesalut, id. tb. t. i,p. 88. C’est une qualité dans les in-dividus que l’abnégation de soi-mème, stael , Allem .i, 2.
— BIST, xvi* s. La justice de Dieu git en abné-gation de nous mesmes et obéissance de sa volonté,calv. Inst. toi. A tous autres de la dite religion,d’en venirfaire abnégation dans six mois, d’aub. Ilist.il, 483.
— étym. Abnegatio, de ab, indiquant sépara-tion, et de negare, nier (voy. nier).
ABOI (a-boi), s. m. || 1° Cri du chien. L’aboi desdifférentes espèces de chiens. Dans la rage,l’aboiduchien est modifié d’une façon caractéristique. Leur
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maître les rompit, Bien que de leurs abois ils perças-sent les nues, la font. Fab. xn, 23. Trois pasteurs,enfants de cette terre, Le suivaient, accourus auxabois turbulents Des molosses..., a. chén. 23. || 2°S.
m. plur. Moment où le cerf, serré par les chiens quiaboient après lui, est à l’extrémité. Le cerf est auxabois. Il tient les abois. Son frère ayant couru maintehaute aventure, Mis maint cerf aux abois, maint san-glier abattu, la font. Fab. vm, 2 &. || 3" Fig. Dernièreextrémité. Ils sont aux abois. Les assiégés étaientréduits aux derniers abois. Mais pardonne aux aboisd’une vieille amitié, Qui ne peut expirer sans mefaire pitié, corn. Cinna, ni,2. [11] nous surprend,nous assiège, et fait un tel effort, Que, la ville auxabois, on lui parle d’accord, id. Ilod. i, 6. Unissonsma vengeance à votre politique Pour sauver desabois toute la république, id. Sert, i, 3. Ah! quelâpre tourment! quels douloureux abois! id. Uéd.v, 6. Ah! je m’en souviendrai jusqu’aux derniersabois [la mort], id. Théud. i, 2 . En cet heureux mo-ment rappelés des abois, [ils] Rendent grâces auCiel d’une commune voix, id. OE d. v, n. Et ces es-prits légers, approchant des abois, Pourraient biense dédire une seconde fois, id. Nie. îv, 2 . J’en lais-sai deux sans vie et mis l’autre aux abois, id. CEd.i, 0 . De sa haine aux abois lafierté se redouble, id.Soph. v, 8. D’effroyables remords, mégères éter-nelles, Invisibles bourreaux des âmes criminelles.Vous persécuteront jusqu’aux derniers abois, ro-trou, Antig. v, 6. Sans languir si longtemps aux abois,Régnier, Dial. Une nymphe fuyante Qui, réduiteaux abois...., id. Êp. i. Où l’on voit tous les joursl’innocence aux abois, boil. Sat. i. Dès que j’y veuxrêver, ma veine est aux abois, id. tb. vu. Cette idéeest capable de me réduire aux abois, mol. /•* tn-term. de la Princ. Louis XIV réduisant l’hérésie auxderniers abois, lafont. Disc. dl’Acad. Il semblait,à me voir, que je fusse aux abois, id. Épit. xxii, 1 8.Réduire un esprit aux abois, id. Je vousprends sansverd, 3. Nous sommes réduits aux abois, boss. Penl.i.Philisbourg est aux abois en huit jours, id. L. deBourb. L’idolâtrie qui semblait aux abois, id. Ilist.
n, 12. || 4“ Tenir quelqu’un en aboi, le repaître devaines espérances.
— REM. Voltaire , sur le vers de Nicomède citéplus haut, remarque que l’expression de* abois,quipar elle-même n’est pas noble, n’est plus d’usageaujourd’hui. Néanmoins cette expression est res-tée, à'juste titre, dans l’usage, et elle n’a rienqui l’empêche d’entrer dans le meilleur style. Seu-lement, on en use moins librement qu’au xvii* siècle,et on peut voir plus haut quelques emplois qu’en faitCorneille et qui paraissent un peu surannés.
— SYN. aboi, aboiement. Aüoi se dit particuliè-rement de la qualité naturelle du cri du chien. Cechien a un aboi perçant. Aboiement se dit plutôtdes cris mêmes: de longs aboiements, des aboie-ments continuels. On dit : Faite» cesser les aboie-ments de ce chien, et non pas : Faites cesser son aboiou ses abois, laveaux.
— BIST, xiii* s. Il n’a garde d’aba de chien, ru-teb. 263. Renart li commença à rire,Si lui a jeté unabai ; Certes, fait-il, je me gabai ; Ce fis je pour vouspeor [peur] faire, lien. <785. || xv* s. Quand il eutesté bien reprouvé et rigolé de ses compagnons, et,comme un sanglier, mis aux abois de tous costés,louis xi, Nouv. I». || xvi* s. Las! quantes fois parrochers et par bois, Les chiens courans l’ont tenuaux abbois, marot, iv, 82 . Avoir pour son exerciceForce oiseaux et force abbois, du bell. ni,87, recto.Et finirent leur vie, chantans jusques aux derniersabois un cantique, d’aub. Ilist. i, 67. L’authoritéduquel doit bien rabattre tous les abois de ce chienmastin, calv. Inst. 321. Par leur importunité,comme par aboi, ils arrachent..., id. ib. 876. L’em-pereur avoit déjà rendu les abbois [cédé] et faittoutes submissions proposées par le duc Maurice ,carl. iv, 25. L’autre pressant le cerf d’abois, De-vient satyre des bocages, rons. 882. Car tant seule-ment mangeoit pour refrener les abois de l’estomac,rabel. Garg. i, 23. Rendre les abbois [n’en pou-voir plus] a bonne grâce en ce passage de belleau :Aussitostqueces advocas Nous ont empietez une fois,Ils nous font rendre les abbois, h. est. Précell. p. 60.
ABOIEMENT ou ABOÎMENT (a-boi-man), *. m.|| 1° Cri du chien. Les aboiements redoublés deschiens de garde réveillèrent les habitants de la mai-son. || 2* Aufig. Les aboiements de l’Envie.
— REM. Ce mot était anciennement de quatresyllabes, a-boi-ye-man ; et quelques personnes ontconservécette prononciation. L’usags tend à contrac-ter les mots de cette nature. On a demandé à l’Acadé-