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Tome premier. A - C.
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approcher les grands avec plus de succès que d’au-tres, guizot. Aborder marque un fait, avoir accès, unefaculté, et approcher, une habitude, lafaye.

— HIST. xv* s. Philippe de Bourgogne fut amou-reux de la comtesse de Salsebri, mais ils n’aborderentpoint ensemble, p. de fenin, 1424. || xvi* s. Mais àla fin la bonasse fortune Loin les aborde au rivageinconnu De la Provence, ronsard, 609. Socrate àl’aborder sembloit de prime face homme ignorantet grossier, amyot, Caton, 14. Il se mit à la voilesans aborder nulle part, sinon où il estoit contraintà ce faire pour prendre vivres ou faire eau, id.Pompée , 107. A l’instant mesme du péril arriva enla ville Gongylus, qui venoit de Corinthe avec unegalere, à l’aborder du quel estant incontinent toutle peuple accouru à l’entour de lui, il.... id. Nie. 34.

— ÉTYM . Abord.

ABORIGÈNE ( a-bo-ri-jê-n’). || 1" Adj. Oui estoriginaire du sol où il vit. Une plante aborigène.|| 2* S. m. plur. Les habitants primitifs d’un pays.Quand les Grecs s’établirent en Italie , ils y trou-vèrent les aborigènes, qu’ils eurent à combattre.

— ÉTYM . Aborigines, de ah, dès, et origo, ori-gine (voy. ce mot).

ABORNÉ, ÉE (a-bor-né, née), part, passé. Champsabornés. Propriété abornée.

ABORN'EMENT (a-bor-ne-man), s. m. Action d’a-borner ou le résultat de cette action. L’abornementdes propriétés.

— étym. Abomer.

ABORNER (a-bor-né), v. a. Mettre des bornes àun terrain. Faire aborner son champ.

— ÉTYM. 4 et borner; Berry, abomer; wallon ,aboner.

ABORTIF, 1VE (a-bor-tif, tiv 1 ). || 1° Adj. Qui avorte.Fœtus abortif, celui qui est né avant d’avoir acquisle développement nécessaire pour pouvoir vivre. Enbotan. Etamine abortive, celle qui n’a pas d’anthèreou qui n’en a qu’une ébauchée; fleur abortive, cellequi tombe sans laisser aucune trace de fécondation.Se met toujours après son subst. || 2“ S. m. Termede médecine. Substance à laquelle on attribue lapropriété de provoquer ■■Avortement. Les abortifssont ordinairement de violents emménagogues oudes drastiques. Ce charlatan prescrivit des abortifsqui causèrent la mort de la femme.

— BIST, xvi* s. Je souhaiterais que nous retins-sions la maniéré que j’ai dite avoir esté entre lesanciens, avant que ceste fiction abortive de sacre-ment vinst en avant, calv. Inst. H72. Tel enfante-ment [hors terme] est appelé abortif ou avortement,paré, t. u,624. Le tout est fait comme un œuf abor-tif, c’est-à-dire qui n’a encore la coquille ferme etdure,iD. t.xvm,6. Enfantementavortif, iD.t'ù. Sesveranaistront inutis, Ainsi qu’enfans abortis, Qui ontforcé leur naissance, ronsard, 363.

— ÉTYM . Abortivus, de aboriri, de ab, indiquantprivation,et oriri, naître (voy. orient), oequi empê-che de venir à bien ou ce qui n’est pas venu à bien.

f ABOT(a-bo), s. m. Espèce d’entrave que l’onmet au paturon pour retenir les chevaux.

ABOUCHÉ, ÉE (a-bou-ché, chée), part, passé.Ces deux hommes abouchés ensemble s’entretinremtlongtemps. Un tuyau abouché avec un autre.

ABOUCHEMENT (a-bou-che-man), î. m. || 1* Miseface à face, entrevue, conférence. On ménage unabouchement entre les deux adversaires || 2° En anat.L’abouchement de deux vaisseaux, leur union, leurjonction.

— HIST. xvi* s. L’abouchement qui fut fait auprèsde Toury en Beausse par la reine, le roi de Navarreet le prince de Condé, pour aviser aux moyens d’ap-paiser les differens survenus, lanoue, 666.

— ÉTYM . Aboucher.

ABOUCHER (a-bou-ché), v. a. Mettre face à face,en conférence. Je voulais en secret vous abouchertous deux, mol. l’Étourdi, iv, i. L’on doit l’abou-cher avec vous, id. l’Av. n, 4.

s’aboucher , v. réfl. || 1° Conférer avec quelqu’un.Ils so sont abouchés, et sont convenus de la mar-che à suivre. || 2“ En anat. se dit de deux vaisseauxqui communiquent. Le canal thoracique s’abouchedans la veine sous-clavière.

— hist. xv* s. Et savez où elle [une grotte, unconduit souterrain] vide, ni où elle abouche [dé-bouche], dit messire Gautier, froiss. ii, iii, 23.j| xvi" s. Les refformés ne peurent faire autre choseque d’emplir et couvrir les canons, abouchés enterre, d’un grand amas de poudre et y mettre lefeu, d’aub. Hist. i, 167. Que trente chevaux légersde part et d’autre, six heures devant que s’abou-cher [venir en conférence], descouvriroient la cam-pagne, LANOUE, 657.

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

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t — ÉTYM. A et bouche; aboucher à Genève veutdire coucher sur la bouche, sur le ventre.

t ABOUGRISSEMENT (a-bou-gri-se-man),î.m.Étatd’un bois endommagé dans sa première croissance.

ABOUT (a-bou), s. m. Terme d’art et métier.

|| 1” L’extrémité par laquelle un morceau de bois decharpente ou de menuiserie est assemblé avec unautre. || 2" Le bout par lequel une tringle ou un tirantde fersejoint, se fixe à quelque chose. || 3" Base ducylindre qui broie les chiffons pour faire le papier.

— ÉTYM . A et bout.

f ABOUTAGE (a-bou-taj’), s. m. Terme de marine.Action de réunir par un nœud les bouts de deux cor-dages.

— ÉTYM . Abouter.

f ABOUTÉ, ÉE (a-bou-té, tée), part, passé.|| 1° Terme d’art et de métier. Pièces de bois abou-tées. || 2° En termes de blason, il se dit des diffé-rentes pièces d’armoiries qui se répondent par lespeintes.

f ABOUTEMENT (a-bou-te-man), s. m. Termed’artet métier. Aetion d’abouter. Etat de ce qui estabouté.

— ÉTYM . Abouter.

f ABOUTER (a-bou-ié), v. a. Terme d’art et mé-tier. Joindre deux choses bout à bout.

— ÉTYM . About.

ABOUTI,IE ( a-bou-ti, tie ), part, passé. || 1" De

grands desseins aboutis à peu de chose. || 2° Qui asuppuré. Une tumeur aboutie.

ABOUTIR (a-bou-tir), v. n. || 1" Toucher par unbout, se terminer dans. Ce champ aboutit d’un côté augrand chemin, de l’autre à ma propriété. La veine caveaboutit au cœur ou dans le cœur. L’esplanade aboutitau gymnase. Les vaisseaux lymphatiques aboutis-sent dans les veines par deux gros troncs. Aboutiren pointe. Cet arbre aboutit eu pyramide. Là vien-nent aboutir deux routes. A ce carrefour aboutissentplusieurs chemins. Puisses-tu voir....de Marseille aurivage de Tyr Son empire aboutir, halh. iii, 4 .Comme un centre où aboutissent toutes les lignesde la fortune, fi.éch. Rég. Selon son dessein, toutdoit aboutir à Pétersbourg, qui, par sa situation,serait un entrepôt du monde, fonten. Clar Pierre.Notre vue s’étendra sur le lieu de la fête et sur lesroutes qui y aboutissent, bern. de s. p. Arcad. 2.|| 2° Fig. Avoir pour résultat. Le mouvement allaitaboutir à une sédition. L’affaire aboutit à un grandcombat. Voyons où aboutira tout ceci. Ces terreursn’aboutiront qu’à.... Une vie sordide et misérable quin’aboutit qu’à grossir un bien injustement acquis.Ses projets aboutirent à la ruine. Ses desseins lesmieux concertés aboutissent misérablement. Cetteconduite si peu religieuse, où doit-elle enfin aboutir?bourd. Pens. t. ii, p. 393. C’est à quoi aboutit cettedistinction de l’école, boss. Or. 4. Des questions quin’aboutissent à rien, mass. Obst. || 3° Venir à suppu-ration. Cette tumeur aboutira. Faire aboutir un clou.

— REM. Aboutir se conjugue avec avoir ou êtresuivant le sens : la tumeur a abouti hier ; par là onindique seulement le fait. La tumeur est aboutie de-puis quelques heures ; par là on indique l’état oùest la tumeur.

— HIST. xvp s. Ce cerveau se resserrait de toutesparts et alloit aboutissant en pointe comme un œufà l’endroit où la corne prenoit le commencement dela racine, amyot, Pêr. 9. llz tenoient Textremitë del’Italie, qui va aboutissant aux grandes Alpes , id.Paul-Æm. 9. Sur la place à laquelle se rendent etaboutissent tous les grands chemins de l’Italie , id.Galb. 30. C’est une croppe de montagne rude et as-prede tous costez, aboutissant en poincte, id. Syïïa,38. Quelques uns d’eux portants des croix blanchesabouties de fleurs de lis, et appelèrent ces marquesdes contre-ligues , d’aub. Hist. ii, 439. Son gou-vernement de Mets aboutit [s’étend] jusque en Alle-maigne, carl. viii, 17. Les Allemagnes bornent etaboutissent les terres du grand Seigneur vers l’orient,m. VIII, 22.

— ÉTYM . A et bout; Berry, aboter, abouter; ■wall.abosi, dans le sens de suppurer.

ABOUTISSANT, ANTE ( a-hou-ti-san, san-t’).|| 1* Adj. Qui aboutit. Une pièce de terre aboutissanteà. Par une porte aboutissante aux champs, la font.Or. || 2° Au plur. m. Les tenants et aboutissants d’unepièce de terre, les pièces qui y sont adjacentes, qui labornent de tous les côtés.On dit aussi, avec l’articlerépété, les tenants et les aboutissants. || 3° Fig. Savoirtous les tenants et aboutissants d’une affaire, en con-naître tous les détails.

— hist. xvi* s. Il découvrit toutes vos assembléeset entreprises partenansetaboutissans, Sat.Mén.t20.

— ÉTYM . Aboutir.

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ABOUTISSEMENT (a-bou-ti-se-man), s. m. || 1° Ac-tion d’aboutir. Tel est l’aboutissement de nos ef-forts. || 2” Suppuration. L’aboutissement d’un abeè6.

3” Terme de couture. Pièce que l’on ajoute à unoautre qui est trop courte.

— hist. xvi" s. L’acromium, qui est partie etaboutissement de son espine [de l’omoplate]. Paré,xiv, n.

— ÉTYM . Aboutir.

AB OVO fa-bô-vo), loc. adv. Dès le commence-ment. Prendre un récit ab ovo.

— ÉTYM . Mots latins : Ab, dès, et oro, œuf (voy.œuf) , dès l’œuf.

A RO Y'NT, ANTE (a-ho-ian ou aboi-ian, iante’,la prononciation varie), adj. || 1“ Qui aboie. Meutaaboyante. || 2° Fig. Comme l’oiseau du ciel quivient en tournoyant Enivrer son regard sur ce gouffreaboyant, lamart. Chute du Rhin . || 3° Fig. Quipostule, qui ambitionne. Cette abbaye causa tantd’envie que les aboyants, outrés de la voir donnerainsi, se mirent à chercher ce que c’était que cetabbé de Chavigny, st-sim. 260, 234.

ABOYÉ, ÉE(a-bo-ié, iée, ou aboi-ié, iée ; la pro-nonciation varie), part, passé. || 1° Un sanglier aboyépar les chiens. || 2° Fig. Un débiteur aboyé de tousses créanciers. Le prince de Conti faisait un tristeet humiliant personnage, accueilli de personne,aboyé de tous, st-sim. 48, 67. || 3“ Recherché ar-demment, postulé. Après une si nombreuse promo-tion, j’attendrais longtemps un régiment vaoant,aboyé des familles et desofficiers, st-simon, 102, 89.

ABOYER (a-bo-ié et a-boi-ié; la prononciationvarie. L’y se change en i quand un e muet suit : ilaboie; il aboiera. Il faut un y et un i pour l’impar-fait, nous aboyions, vous aboyiez, et le présent dusubjonctif,que nous aboyions, que vous aboyiez. Laprononciation abayer était commune au commence-ment du xvii* siècle. Ma fortune.... Qui n’abaye etn’aspire après l’or du Pérou , Régnier, Sat. m. Outoutes cesgrandeursaprèsqui l’on abaye, id. tb. xvi).|| 1* V. n. Se dit du cri du chien et de quelques au-tres animaux du même genre ; le renard par exem-ple. Le chien aboie. Le chien du garde aboie au vo-leur, après le voleur, contre le voleur. Quoi! meschiens même aboient après moi. Quand avons-nousmanqué d’aboyer au larron? RAe . Plaid, m, 3. Tuétais, Caton, comme un chien qui aboie contre tous lespassants, fén. t. xix, p. 2 R 6 . Quoique toujours, sousson empire, L’usurpateur nous ait chassés, Nous avonslaissé, sans mot dire, Aboyer tous les plus pressés, Bé-ranger, Requête. || 2“ Fig. Crier contre quelqu’un,invectiver, fairedes réclamations. Nous avons We touscôtés des gens qui aboient après nous, mol. Scap. i, 7.Lorsque je vois ce moderne Sisyphe Nous aboyer, jotrouve qu’il fait bien, J. B. rouss. liv. I,ép. IX. Jean-Jacques.... En nouveau Diogène aboie à nos beautés,volt. Ép. xciv. lise mità aboyer contre Brancas surle jansénisme, sév. 344. |j 3° Aboyer après, poursui-vre ardemment. Aboyer après une place. Cet ambi-tieux aboie après les grandeurs. ||4° V. a. Les chiensaboyaient le renard. La plupart des chiens se con-tentent de l’aboyer [le hérisson] et ne se soucient pa3de le saisir, buff. Hérisson. Aboyer quelqu’un, in-vectiver contre lui. Aboyer une place, la poursuivreavec passion. Dans cette phrase de Diderot : Moi jene tue pas un chien qui m’aboie, Essaisur Cl., aboyerpeut être transitif directou indirect : il aboie moi ou ilaboieâmoi. || 5" S’aboyer,». réfl. Si vousvoyez deuxchiens qui s’aboient... la bruy. i 2. C’est ou aboyer soiou aboyer à soi. || 6° Proverbes. Tous les chiens quiaboient ne mordent pas, c’est-à-dire tous les gensqui menacent ne sont pas à craindre. || Aboyer à lalune, crierinutilement. || Jamais bon chien n’aboie àfaux, un homme sage ne se fâche pas sans raison.

— SYN. aboyer, japper. Le premier se dit du crides gros chiens, le second de celui des petits. Ce-pendant on dit souvent d’un petit chien, il aboie, etd’un gros, il jappe. C’est qu’alors celui-là est en co-lère, et que celui-ci n’est animé contre aucun objet.

— HIST. xii* s. Comment, Sire, je suis vils comochiens à ceus de Juda, corne cil ki est chef des folski allaient vers David, Rois, 129. ]| xm*s. Asi grandchose, com à l’empire de Constantinople , poés [vouspouvez] croire que moût i en avoit aboans et en-vians, villeh. i 09. Par foi, tant en a chien qui nage ;Quand est arrivés, il aboie, la Rose, 1 6101 . || xiv* ».Comme les chiens, quand il oent [entendent) heur-ter, il abaient tantost sans atendre que il aient conois-sance se celui qui heurte estami ou non,ORESME , Eth.206. Désormais travailler [il] n’ose, Abayer ne motsonner; On lui doit bien pardonner; Un vieillart peutpeu de chose, ch. d’orléans , Rondeau. Qui ne peutmordre, si abaye, villon, Raill. et Mal. Aussi l’a*

I. — 3