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Tome premier. A - C.
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pauvres le jeudi saint], joinv. 4 95. || xiv* s. 11 prouvason entencion par le commun parler acoustumé,oresme, Eth. 28 . Nulle chose ne se peut acoustu-mer au contraire de ce qu’elle a de nature, id. ib.33. || xv* s. Si alla en Jherusalem au pèlerinage dusaint Sépulcre, qu’il visita très dévotement, et aussifut par tous les saints lieux accoustumés, Bouc, i,

45. C’est chose assez accoustumée que.... comm.Frol. Car ainsi estoit-il accoustumé de parler, in. i,

3. Les Suisses ont tant acoustumé l’argent dont ilsavoientpetiteconnoissance par avant, que.... id. vi,

4. || xvi" s. Les cerimonies qu’on avoit accoustuméen telles choses, mont, i, <7. J’ai accoustumé deconsidérer, in. i, 68. Pratiquons le, accoustumonsle [accoutumons-nous-y], in. i, 76. Accoustumerles hommes à.... in. i, 80 . S’accoustumer à vivre d’a-raignées, id. i, 106 . Sa femme, le bienveignant deses criailleries accoustumées, id. iii, 127. Ils n’es-toient pas accoustumez de prendre en bonne partles remontrances de gents armez, id. iv, 21 . La ju-ment accoustumera l’asnon [s’habituera à le nour-rir], o. de serres, 3H. Numa vouloit accoustumerses gens à ne servir ni ne parler point aux dieuxen passant, amyot, Numa, 26. Les maux qui ontaccoustumé de travailler les hommes, id. ib. 32. Lachambre où ils avoient accoustumé de coucher es-tait au plus haut estage, id. PU. 66. Tu es tout ac-coustumé à.... là où, quant à moi, je n’ai point ac-coustumé de.... id. Cat. 18 . Il s’acoustuma à estretoujours le premier à l’aller et le dernier à re-tourner , id. Phü. 6. Accoustumez de rejeter,

LANOUE, 44.

—ÉTYM . À et coutume; bourguig. écoutumé; pro-venç. acostumar ; espagn. acoslumbrar; ital. ac-costumare.

ACCRÉDITÉ, ÉE (a-kré-di-té, tée), part, passe'.|[ 1“ En parlant des personnes. Banquier accrédité. 'Être accrédité au barreau. Le chef le plus accréditéparmi les huguenots. Gens peu accrédités. C’est unprocès dont la perte doit causer un dommage irré-parable ; il est entre les mains d’un juge accréditédans sa compagnie, boürd. Pensées, t. i, p. 15. Ilvoit l’iniquité dominante , l’iniquité honorée, ac-créditée, toute-puissante, id. ib. p. 32. Son beau-père très-accrédité auprès de Darius, boss. Ilist. i,8. Et voyant contre Dieu le diable accrédité N’osentqu’en bégayant prêcher la vérité, boil. Ép. ni. Am-bassadeur accrédité auprès d’une cour étrangère.

|| 2° En parlant des choses. L’opinion la plus accrédi-tée est que.... C’est là une tradition accréditée. Bruitsaccrédités. La vérité, pour s’établir sur la terre, asouvent eu à combattre des erreurs accréditées qui,plus d’une fois,ont été funestes à ceux qui l’ont faitconnaître, laplace, Erp. v, l.

ACCRÉDITER (a-kré-di-té), V. a. || 1 * Mettre encrédit, en réputation. La probité est ce qui accréditele mieux un négociant. || 2° Accréditer un ministreauprès d’un gouvernement étranger, l’en faire re-connaître. || 3° Donner cours, autoriser. Accréditerun bruit, une opinion. Cette crédulité était si ac-créditée que.... Des bruits trop répandus que la haineaccrédite, b. constant, Walstein, i, 4. || 4° S’accré-diter, v.réfl. Se mettre en crédit. Ce chef s’accréditepartout par son activité et son ardeur. Il savait com-bien il lui était important pour la conversion des in-fidèles de s’accréditer dans leurs esprits, afin qu’ilsdevinssent par là plus dociles à l’écouter, bourd. Pen-sées, t. H, p. 196. || B” Prendre cours ou faveur. Lachose s’accrédite. Les bruits de guerre s’accrédi-taient. Fausse opinion qui s’est accréditée. L’alchi-mie s’accrédita singulièrement durant le moyenâge. On dirait que, pour s’accréditer, La fable ensa naissance ait voulu l’imiter, L. bac. Relig. iii.Quand ses disciples, s’apercevant que l’école deleur maître commençait à déchoir, et que celle deJésus-Christ s’établissait de jour en jour et s’accrédi-tait, bourd. Pensées, t. il, p. 181 .

— ÉTYM . 1 et crédit.

t ACCRÉMENTITIEL,ELLE (a-kkré-man-ti-si-èl,è-1’) , adj. Terme de physiologie. Génération accré-mentitielle,celle qui consiste en ce qu’une partie or-ganique, brisant les liens qui l’unissaient à l’individupar lequel elle a été formée et avec lequel elle neformait qu’un primitivement, se développe en un in-dividu distinct et en tout semblable à celui d’où elleprocède. Cela a lieu dans beaucoup de végétaux etd’animaux inférieurs.

— ÉTYM . Voy. ACCRÉMENTITION.

t ACCRÉMENTITION (a-kkré-men-ti-sion), s. f.Terme de physiologie. Génération paraccrémentition,phénomène caractérisé par la naissance d’élémentsanatomiques entre ceux qui existent déjà et sembla-bles à eux, à l’aide et aux dépens d’un blastème

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qu’ils ont fourni ou fournissent peu à peu ; d’oùaccroissement des tissus.

— ÉTYM . Mot dérivé du latin accrementum, ac-croissement , de accrescere , accroître ( voy. ac-croître).

f ACCRESCENT, F,NTE(a-kkrè-ssan, san-te), adj.Se dit, en botanique, des parties de la fleur, autresque l’ovaire, qui prennent de l’accroissement aprèsla fécondation.

—ëtym. Accrescens, de accrescere (voy. accroî-tre).

f ACCRÉTION (a-kkré-tion), s.f. Terme de phy-siologie. Action de croître, de se développer.

— ÉTYM . Âccretio, de accrescere (voy. accroître).

ACCROC (a-kro; le c ne se lie jamais : Un accroc àla robe; dites un a-kro à la robe. Au plur. des a-kro, ou, suivant d’autres, des a-krô),s. m. || 1“Dé-chirure faite par ce qui accroche, un clou, uneépine, etc. Votre robe a un accroc. ||2“ Ce qui ac-croche. J’ai rencontré un accroc qui a déchiré monhabit. || 3° Fig. Ce qui retarde, ou empêche la con-clusion d’une affaire, d’une entreprise, etc. Cettenégociation allait bien, mais il est survenu un ac-croc. Il [le diable] emporte polichinelle; Autreaccroc fait à la douleur [nouvelle distraction], bé-ranger, Les Nègres.

— étym. À et croc.

ACCROCHÉ, ÉE (a-kro-ché, chée), part, passé.|| 1* Son manteau resta accroché. Accroché à desronces, à un clou. Voiture accrochée par une char-rette qui la renverse. Accroché à l’improviste parce quidam, je voulais.... || 2° Fig. Mais aux hommespar trop vous êtes accrochées, mol. Amph. n,6. || 3“ Arrêté, empêché. Notre procès demeura ac-croché jusqu’à l’hiver suivant, st-simon, 26, 49.

ACCROCIIE-COEUR, s. m. Petite mèche de che-veux en boucle plate surla tempe. Des accroche-cœur.

ACCROCIIEMENT(a-kro-che-man), s. m. j| 1“ Ac-tion d’accrocher. L’accrochement de deux voitures.|| 2° Fig. Difficulté, embarras. Bien des accroche-ments survinrent dans cette affaire.

— HIST. xvi* s. Afin de bien faire entendre à SaMajesté toutes les difficultés et accrochements quis’y estoient présentés [à la conclusion de la paix],CARLOIX, VII, 22.

—étym. Accrocher.

ACCROCHER (a-kro-ché), v. a. || 1" Attacher,suspendre à un crochet, à quelque chose de crochu.Accrochez ce tableau au clou qui est à la muraille.Le hasard a-t-il accroché, par un concours d’ato-mes, lespartiesdu corps avec l’esprit? fén .Exist. 46.|| 2" Arrêter en perçant, en déchirant. Prenez gardeà ce clou, il accrochera votre habit. Les buissons ac-crochent la laine des brebis. || 3” En termes de ma-rine, accrocher un vaisseau, y jeter les grappinspour en venir à l’abordage. || 4° Arrêter, heurterune voiture avec le moyeu d’une autre, qui en passetrop près. Cette charrette va accrocher votre voi-ture. D’un carrosse en tournant il accroche unoroue, boil. Nat.vi. || Absolument. Ce cocher est ma-ladroit, il accroche souvent. || 6“ Fig. Embarrasser,retarder. Les bâtards ne songèrent plus qu’à embar-rasser et accrocher l’affaire, ST-SIMON, 466, IH6,|| G* Attirer àsoi une personne,gagner,obtenir quel-que chose. À force de démarches il a accroché unebonne place. D’Huxelles accrochait de jeunes officiersqu’il adomestiquait, st-simon, iis, 7. Sa rivale n’a-vait pas manqué del’accrocherde conversation, ham.Gram. 7. || 7° S’accrocher, v. réfl. Votre habitva s’accrocher à ces ronces. Les atomes s’accrochentensemble. Nos braves s’accrochant se prennent auxcheveux, boil. Sat.m. ||8° Fig. S’accrocher à tout,faire tout ce qu’on peut pour se soutenir. S’accro-cher à quelqu’un, s’attacher à la fortune de quel-qu’un. L’amour-propre s’accroche à tout , boss.Obi. 2 . Nous tenons à tout, nous nous accrochons àtout, J. J. rous. Ém . n. Cette âme simple qui necherche qu’à s’accrocher à ce qui l’environne, id.H il. i, 64. Ce vilain et dangereux escargot [l’abbédeVaubrun] se produisit à la cour et chercha à s’yaccrocher, st-simon, 78, 4.

— hist. xiii* s. As autres choses que son aver-saire aura dittes, responde le miaus [mieux] queil saura, sanz ce que il s’acroche à prover autre-ment que par sa saisine et sa teneure, Ass. dcJer.no. Coveitise ne sait entendre À riens qu’à l’autruiacrochier, la Rose, 192. Et s’ele [la femme] plu-sors en acroche [hommes], Gart, comment que lachose cueure [coure], Qu’ele ne mete à deus uneheure, ib. 13806. Qui en porroit ung [bouton] acro-chier, Il le devrait avoir moult chier [cher], ib. 1659.|| xv* s. Si [ils] les jetaient [les crocs] dedans lesnefs de l’une à l’autre, et les acrochoient ensemble,

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froiss. i, i, 121 . || xvi* s. Les puissans accrochenttous jours sur leurs poures voysyns, palsgr. p. 4 17 .

—ÉTYM . Accroc; bourguig. écrôché.

ACCROIRE (a-kroi-r’. D’après Vaugelas on pro-nonçait de son temps accraire. Un dictionnaire de1786 indique les deux prononciations , a-krè-re eta-kroi-re), v. a. usité seulement à l’infinitif et avecfaire. || 1° Faire accroire, faire croire ce qui n’estpas vrai. Non qu’il y fût par un désir de gloire,Comme possible alors il vous l’a fait accroire,mairet, Sol. n, 2. Quand on voudrait faire accroireune chose fausse, pasc. Prov. 9 . J’aurais assez d’au-dace pour faire accroire à votre père que.... mol.l’Avare, n, 4, 4. On lui fera accroire toutes choses,dès qu’elles seront à sa louange, bourd. Pensées, t.n,p. 229. Faire accroire à tout un peuple que ce sontlà les livres anciens, bos. Hist. n, 1 3. || 2° En faireaccroire, conter des sornettes à quelqu’un, le tromperpar de belles paroles. Ce n’est pas vous, Monsei-gneur, à qui on en peut faire accroire, balz. liv. vi,lett. vi. || 3“ S’en faire accroire, présumer tropde soi-même, s’attribuer un mérite qu’on n’a pas. Commogens entendus [ils] veulent s’en faire accroire, Ré-gnier, Sat. n. Vous savez mieux que personne aumonde si je m’en fais accroire dans ce que je viensde vous dire, scarr. Rom. corn. 2‘ part. 4 4 . Je nem’en fais pas accroire... marmont. Cont. mor.I, 295.

— HIST. xii* s. Si idunkes fu ocis et al coeu [cui-sinier] fu livrez; Li keus manja le cuer; quant) li fudemandez, Fist al seignur acreire que senz cuerestait nez, Th. le Hart. 34. || xm* s. Et li rois licarga [lui chargea] sa lettre de proiere et d’acroire,s’il en avoit mestier, Chr. de Reins , 244. Nus nevos devoit tant deçoivre, Que nedeüssiez aperçoivreQui mensonge vous fait acroire Et qui vous cont»chose voire, Ren. 43709. ||xv* s. Adonc fit le comtede Bouquinghen asavoir parmi la cité que, si sesgens avoient rien acru [pris à crédit],on se traïstavant, et on serait payé, froiss. ii,ii, 83 . Et quandà l’accroire [à faire crédit] on ne leur faisoit bonnechere, ils disoient: Que nous demandez-vous? encorevaut il trop mieux que nous despendons les biens dece pays que les François les trouvent et aient aise,id. il, il, 36. Je irai; mais il fait mal d’accroire; Cesavez-vous bien à l’estraine, le Patelin. ||xvi* s. Fe-rons nous accroire à nostre peau que les coups d’es-triviere la chatouillent? mont. i,30i. Les propres con-damnations sont tousjours accrues, les louangesmescrues, id. iv, 34. Ilz ont feinct d’avoir commu-nication avec les dieux, fiction utile et salutaire àceulx mesmes à qui ilz le faisoient à croire, amyot,Numa, 8 . Numa leur faisoit à croire qu’il avoit veuquelques visions estranges, id. Numa, 4 3. C’es-toient hommes qui pouvoient facilement persuaderet faire à croire tout cequ’ilz voûtaient, id. Caton,47. Les armes prent, et d’un hardy courage Passeles monts pour venger cest outrage ; Cent ans d’ac-cru [pris à crédit] à une heure se paye, i. marot,v, 87.

— ÉTYM . 4 et croire; Berry, accreire et ancreire;wallon , acreûre, faire crédit (comme dans Frois-sard) ; provenç. acreire; espagn. acreer. La langue an-cienne a souvent confondu acroire avec à croire,écrivant faire acroire ou faire d croire, surtout dansun temps où les accents n’existaient pas; mais il estcertain qu’il y a eu un verbe acroire, et qu’il vautmieux écrire dans les anciens textes faire acroireque faire à croire.

ACCROISSEMENT (a-kroi-se-man), s. m. || 1° Ac-tion de croître, de pousser. L’accroissement denos corps. L’accroissement des plantes. Penuantque Bernard plante et arrose, Dieu donne l’accrois-sement, fén. t. xvn, p. 237. Plantons, arrosons,et laissons au Seigneur l’accroissement, mass. In-carn. Plus ces membres croissent et se fortifient,plusle corps prend d’accroissement et acquiert de force,bourd. Pensées, t. n,p. 344. Le faon ne quitte pas samère dans les premiers temps, quoiqu’il prenne unassez prompt accroissement, buff. Cerf. || 2° Augmen-tation , agrandissement, extension. L’accroissementdu fleuve. Un conquérant enflé de l’accroissementde son empire. De perpétuels accroissements d’hon-neur et de gloire. Les accroissements successifs dela Russie . Les soucis accompagnent l’accroissementde la fortune. La gloire de Turenne reçut un nou-vel accroissement. Une reine, si grande partant detitres, le devenait tous les jours par les grandesactions du roi et par le continuel accroissementde sa gloire, boss. Marie-Thérèse. Le Seigneur,éloigné de ce lieu saint par vos profanations, nedonne plus l’accroissement à nos travaux, mass. Car tRespect, temples. L’indulgence d’Auguste en fait l’ac-