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meille Oui trop est bele à grand merveille, Quant eleest freschement cueillie; Mais quant li chauz l’aacueillie.Tost est morte, matie et mate, ruteb.it, 3).Si sont il mort [je les tuerai], s’il ne m’acoillent, laRose , I 4 206 . Quant il ot aqueillie sa praie [proie]....joinv. 272 . Pour accueillir moi et mes successeurs enleur priere, du cange, adcolligere. || xiv' s. Jehancoustelier se alloua ou accueilli à un maistre du ditmestier, id. tb. || xv' s. Sur le point du jour ils vin-rent devant Courtray , accueillirent, entour soleillevant, toute la proie d9 là environ, froiss. i, i,107 || xvi* s. Quand les Romains se perforçoient degravir contre mont, ilz estoient accueilliz de forcecoups de dard et de trait qu’ilz leur donnoient de çàet de là par les flancs, amyot, Flam. 5. La bouchede la riviere du Rosne avoit accueilli tant de vase etsi grande quantité de sable, que les ondes de la mery amassoient et entassoient, que.... id. Marius, 26 .A Aubigné s’accueillent [se joignent] trente gentils-hommes ou capitaines, d’aub. Hist. n, 449.
— ÊTYM . Wallon, acoï, assaillir; provenç. acuel-hir; catal. acullir; ital. accogliere; de accolligere,de ad, à, et colligere (voy. cueillir). L’italien est leseul qui ait été fidèle à la conjugaison latine; lesautres ont changé la conjugaison de s» en 4*; accol-ligîre pour accolligire. Le vieux français qui avaitun infinitif acueudre, akeudre, le tirait par contrac-tion de accolgere, d’où une conjugaison qui se sui-vait sur ce type.
ACCUL (a-kul), s. m. || l°Lieu où l’on est acculé,qui n’a point d’issuo. Les voleurs, poussés dans unaccul, y furent pris. || 2° Fig. Pontchartrain fut fortblâmable de n’avoir point senti de quel accul defortune il [Pelletier] l’avait tiré, saint-simon, 69,140. || 3° Le fond du terrier où les chiens pous-sent les renards, les blaireaux, etc. Le renard est àl’accul. || 4“ En termes de marine , une espèce decrique trop petite pour les grands bâtiments. || B” Entermes d’artillerie, piquets qu’on enfonce en terrepour empêcher le recul du canon.
ACCULÉ, ÉE (a-ku-lé, lée), part, passé. || 1° Mis dansun accul, au propre et au figuré. Le renard acculé.Cet homme acculé et ne sachant plus que dire. Lacomtesse de Roucy me répondit, acculée et dansl’excès de sa colère, qu’enfin Praslin était lieute-nant général, et que son marine l’était pas, saint-simon, 104, 107. || 2° En termes de blason, se ditdu cheval et du lion quand ils sont cabrés, et dedeux canons placés sur leurs affûts, et dont les cu-lasses sont opposées l’une à l’autre.
j ACCULÉE (a-ku-lée), s. f. Action d’un navirequi frappe la mer avec sa poupe.
f ACCULEMENT(a-ku-le-man), s. m. Action d’ac-culer, au propre et au figuré. Je le laissai dire [leduc d’Orléans] et comme prendre haleine de l’accu-lement où j’avais réduit son incomparable fausseté,
SAINT-SIMON, 611 , 6.
ACCULER (a-ku-lé), t>. a. || 1° Pousser dans un ac-cul. Les chiens avaient acculé le sanglier. Le princed’Orange se retrancha à la hâte [à l’abbaye de Pure]et se repentit bien de s’y être laissé acculer sipromptement, saint-simon, h, 126 . || 2° Fig. Ac-culer quelqu’un, le mettre dans l’impossibilité derépondre, d’agir. || 3° S’acculer, «. réfl. S’adosser.Poursuivi par quatre hommes, il s’accula contre lamuraille et se défendit. || 4“ En termes de manège,le cheval s’accule lorsque, arrivé sur ses voltes, ilmarche de côté en rapprochant sa croupe du centre ;lorsqu’il recule vers un obstacle et y reste fixé con-tre la volonté dq cavalier; ou encore lorsqu’il sejette brusquement sur les jarrets au moment où onl’arrête.
— REM. Dans les premières éditions de son dic-tionnaire, l’Académie tolérait l’expression d’occu-ler ses souliers; mais les dernières ne permettentplus que le verbe éculer. Acculer s’est dit autrefoisen ce sens (voy. l’historique).
— hist. xiii. s. Or donc, Bemart, qui fors rainsas, Va, si t’accule à cel huiset, Et si l’entr’ovre un
petitet, Ben. 13345. || xvi's.où se sied et accule,
Et là, séant, en toute pars spéculé, marot, iv, 48.Il se veaultroyt par les fanges, acculoyt [mettaità eu, éculait] ses souliers, rab. Garg. i, 44. De satance, rompoyt ung huis, enfonceoyt ung hamois,aculoit une arbre, id. Garg. i, 23. Où Dragut sevoyant aculé et amusant les chrestiens de quelquepetit fort.... d’aub. Hist. i, 39.
ACCUMULATEUR, TRICE ( a-ku-mu-la-teur,tri-s’ ), s. m. et f. Celui, celle qui accumule.
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ACCUMULATION (a ku-mu-la-sion), s. f. || l'Ac-tion d’accumuler, résultat de cette action. L’accu-mulation de la population. || 2° En jurisprudence,accumulation de droit, augmentation de droit; surquelque chose. || 3* Fig. Accumulation de preuves.Faire une accumulation de mots. L’accumulation,figure de rhétorique.
— ÊTYM . Accumulatio, de accumulare, accu-muler.
ACCUMULÉ, ÉE (a-ku-mu-lé, lée), part, passé.|| 1“ Terre accumulée. Trésors accumulés depuis dessiècles. || 2° Fig. Arguments accumulés. Les mauxaccumulés sur sa tête.
ACCUMULER (a-ku-mu-lé), v. a. || 1° Mettre en-semble, entasser. Accumuler de la terre au pieddes arbres. Il accumule chez lui tant de trésors.Sa race accumulant d’immenses héritages, volt.Tanc. i, 1. D’autres n’ont garde d’abandonner unbénéfice qu’ils possèdent ; il est dans leurs mains,mais leurs mains ne sont pas remplies ; que leurfaut-il donc? Accumuler bénéfices sur bénéfices,bourd. Pensées,t. ii, p. 360. || 2° Absolument,amasserdes richesses. Il ne songe qu’à accumuler. Fureurd’accumuler, monstre de qui les yeux Regardentcomme un point tous les bienfaits des dieux, lafont. Fab. vin,27.D’autres,accumulant pour enfouirencor, Recueillent dans la fange une poussièred’or, lamart. Ilarm. iv, 44. || 3° Fig. Au sensmoral. Accumuler les honneurs sur la tête de quel-qu’un. Accumuler faute sur faute. Si je multipliaistout cela, si je le redoublais, si je l’accumulais sansmesure, après y avoir épuisé toutes les puissancesde mon âme, bourd. Pensées, t. i,p. 29.D’où ils’en-suit qu’ayant toujours jusqu’à présent accumulé péchésur péché, je n’ai fait, dans tout le cours de mesannées, qu’accumuler dettes sur dettes, id. ib. t. n,p. 79. Je l’ai vu contre vous accumuler les crimes,volt. Mér. iii, 6. Quels maux sont en ces lieux ac-cumulés sur moi? id. Mér. m, 4. || 4° S’accumuler,v. réfl. Devenir accumulé. Les denrées s’accumulentdans les magasins. Les honneurs s’accumulent sursa tête. Les dettes s’accumulaient. Les prospéritésqui s’accumulent sur vous.
— ÊTYM . Provenç. acomolar; espagn. acumular;ital. accumulare ; de accumulare, de ad, à, et cu-mulare, combler (voy. ce mot).
ACCUSABLE (a-ku-za-bT), adj. Qui mérite d’êtreaccusé, qui peut être accusé. Suis-je accusable en-cor du meurtre de Gustave? piron, Gust. Wasa, iv,6.
— HIST. xvi* s. Les troisièmes sont accusables etpunissables, charron, Sagesse , i, 46.
— ÊTYM . Accusabilis, de accusare, accuser (voy.ce mot).
ACCUSATEUR, TRICE (a-ku-za-teur, tri-s’).|| 1" S. m. et /".Celui, celle qui accuse en justice. L’ac-cusateur public. Se porter pour accusateur. Susciterun accusateur. Le père le plus tendre est son accu-sateur, volt. Tancr. iv, 2 . Les deux accusateurs quelui-même a produits.... corn. Nie. m, 8. A votreaccusateur que pourrai-je répondre? rac. Ph. m,3. Pourquoi, par quel caprice Laissez-vous le champ
libre à votre accusatrice? id. Phèd. v, 4. on
cabale, on suscite Accusateurs et gens grevés parses arrêts. De nos biens, disent-ils, il s’est faitun palais ,la font. Fab. x, 4 o. || 2° Adj. Tout peut seréparer : qu’un peuple accusateur Du forfait qu’ilcondamne ose nommer l’auteur, lancival, Hect.iv, 6.
— ÊTYM . Accusator, de accusare, accuser.
— SYN. ACCUSATEUR, DÉNONCIATEUR, DÉLATEUR. Ce-lui qui informe l’autorité qu’un tel a commis uneaction coupable. L’accusateur non-seulement dé-nonce, mais poursuit celui qu’il accuse. Le dénon-ciateur révèle un fait, le rend public, le défère àl’autorité : il ne se cache pas. Dans les troubles pu-blics, les voisins sont souvent les dénonciateurs lesuns des autres. Le dénonciateur est, suivant lesmotifs qui l’animent, à louer ou à blâmer. Le déla-teur fait toujours un métier odieux; il se cache;ses rapports sont secrets; il cherche d’ordinaire ouà nuire à l’objet de ses délations, ou à flatter lespassions de celui à qui il. les fait.
—HIST. xiii" s. Comme accuseür contre celi à quion met sus le cas de crieme, beaum. vi, 4 2. || xiv* s.Et li accuseur aura cinq sols, Ordonn. des R. deFr. 4343, t. I, p. 621 .
— ÊTYM . Provenç. acusaire, acusador; ital. ac-cusatore ;de accusator, de accusare (voy. accuser).Accusator, acc. accusatorem, a donné au nomina-tif, avec l’accent sur l’a, en provençal acusaire,e t dansl’ancien français aurait donné acusere, toutefois icisans exemple ; et au régime, avec l’accent surl’o, enprovençal acusador ,eten français acuseor,acuseür ot
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les formes italiennes et espagnoles. Accuseür au sujet,comme dans l’exemple de l’historique, serait unefaute, si le xiv' siècle ne commençait pas à perdrela distinction du cas sujet et du cas régime. Quantà accusateur, il a été refait directement sur le latin:la forme française d’origine serait accuseur.
ACCUSATIF (a-ku-za-tif), s. m. Terme de gram-maire. Cas, dans les langues où les noms se décli-nent, qui sert principalement à indiquer le régimedirect des verbes actifs ou transitifs, et celui de cer-taines prépositions. C’est par abus de terme qu’ona nommé en français accusatif le complément di-rect d’un verbe actif. En français , le régime ap-pelle aussitôt un accusatif qui ne peut se déplacer,
FÉN. XXI, 4 92.
— HIST. xv* s. Quant rencontré a un accusatif,ch. d’orl. Rond. 68.
— ÊTYM. Accusativus , de accusare, accuser; pro-venç. acusatiu; espagn. acusativo; ital. accusativo.
ACCUSATION (a-ku-za-sion; en poésie, de cinqsyllabes), s. f. || 1“ Action en justice par laquelle onaccuse quelqu’un. Les chefs d’accusation. Accusationd’empoisonnement. Intenter une accusation contraquelqu’un. Dresser une accusation. Par son élo-quence, l’avocat ruina l’accusation. Il se lava del’accusation de péculat. Il défendit aux tribunauxd’admettre les accusations de fourberie. L’accusa-tion qu’il suscita contre cet ecclésiastique, pasc.Prov. 4 6. || 2° Toute espèce de reproche, d’imputa-tion. Ne prêtons pas l’oreille aux accusations. 11 futindisposé contre moi par des accusations mal fon-dées. Former des accusations contre quelqu’un,boil. Sat. xu,avertiss. || 3° Au sens passif, l’accusa-tion de quelqu’un, l’accusation dont il est l’objet.Encore que ses accusations soient incessammentauxoreilles (le V. M.... fellisson, ii, 4 64 . || 4“ Actionde révéler, de confesser. Nous entendons tous lesjours des pécheurs qui mêlent à l’accusation deleurs fautes les maximes du siècle et le langage despassions, mass. Carême, Confession.
— hist. xiii* s. Vérités est que toutes accusationsde foy, à savoir mon qui croit bien en le [la] foy etqui non , la conoissance en appartient à sainteEglise , beaum. n, 2 . || xvi* s. Le peuple ayantmis en justice d’accusation capitale ses capitaines,mont, i, 3.
—ÊTYM . Provenç. accusation; espagn. acusacion;ital. accusaxione; de accusatio, de accusare, ac-cuser. Dans l’ancien français , on ne se servait guèreque d’accusemenl dont les exemples abondent. Ac-cusement a été employé jusque dans le xvi* s. : Leriche dessous toy ne craint point que son bien Parfaux accusement ne demeure plus sien, rons. 867.Quant à accusation cité plus haut de Beaumanoir,c’est une forme faite directement sur le latin et nonun mot d’origine. La forme d’origine eût été acusai-son, comme raison, oraison, etc.
ACCUSÉ, ÉE (a-ku-zé, zée). || 1" Part, passé.Accusé d’un crime. Accusé d’aspirer au trône. Lesvents, les mêmes vents si longtemps accusés Ne tecouvriront pas de ses vaisseaux brisés? rac. Iph. v,4. Un homme, justement accusé d’adultère, vintlui demander s’il lui était permis de se justifier parserment, fén. Philosophes, Thaïes. Selon vous, onest coupable dès qu’on est accusé ; un soupçon mé-rite la mort, id. Tél. xx. || 2° Accusé, accusée, s.m. et/". Celui, celle qui est accusé en justice. C’est luiqui est l’accusé. Se consacrer à la défense des ac-cusés. Qui fonde vos soupçons ? de vains cris ? defaux bruits? Quels sont les accusés?... m. j. chén.Charles II, iv, 4. Dieu , jugez entre nous; Les ac-cusés tremblants sont ici devant vous, ducis, Lear,iii, 8. || 3° Accusé de réception, mot d’écrit par le-quel on reconnaît avoir reçu une lettre, un paquet.
ACCUSER (a-ku-sé), v.'a. || l'imputer un crimeà quelqu’un. Il fut accusé de brigue, de violence.Accuser quelqu’un d’un crime capital. On l’accusad’avoir fui du combat. Socrate fut accusé de niei lesdieux que le peuple adorait. Pour vous justifier ducrime dont ma raison vous accusait... mol. Fest. dePierre, i, 3. Je n’accuse personne et vous tiens in-nocent, corn. Rod. v, 4. Ce n’est pas qu’après touttu doives épouser Celui qu’un père mort t’obligeaitd’accuser, id. Cid, iv, 2 . D’un amour criminel Phè-dre accuse Hippolyte , rac. Phèd. iv , 2. Je le crois cri-minel, puisque vous l’accusez, id. ib. v, 7. || 2°Dansle droit criminel actuel, poursuivre, en vertu d’unarrêt de la chambre des mises en accusation, unepersonne devant la cour d’assises. || 3' Accuserun acte faux, soutenir qu’un acte est faux. || Cettelocution a vieilli. On dit présentement, arguer unacte de faux. || 4' En général, imputer, reprocher.Tu pouvais, pour toi, m’accuser de froideur, mol
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