Band 
Tome premier. A - C.
Seite
70
JPEG-Download
 

AFF

70 AFF

tenaient leurs erreurs. || Il suit toujours son sub-stantif : Un raisonnement affirmatif; une proposi-tion affirmative.

— MST. xm* s. Quand la preuve chiet sur la pa-role afirmative et non pas sur la négative, Ass. deJérus . 1 09. Li clerc si dient, et il dient voir, quenégative ne doit pas queoir [tomber] en proeve,mais afirmative i queoit, por ce qu’on le [la] pot etdoit prouver, beaum. xxxix, 47. || xv” s. Affirmatifd’une chose incertaine, ch. d’orl. Bal. H I. || XVI e s.Ils n’estiment point qu’un homme soit chrestien,si non qu’il s’accorde à toutes leurs détermina-tions, tant affirmatives que négatives, calv. Inst.028.

— ÉTYM . Af/imativus , de afjirmare , affirmer(voy. affirmer) ; provenç. affirmaliu; espagn. afir-mativo ; ital. affermativo.

AFFIRMATION (a-fir-ma-sion ; de cinq syllabes enpoésie), s. f. || 1“ Action d’affirmer. J’avais besoin devotre affirmation pour croire ce fait. || 2° En termesde logique, caractère d’une proposition affirmative.L’affirmation est opposée à la négation. [| 3° Entermes de palais, assurance avec serment. Prendreacte d’affirmation.

— SYN. affirmation, AFFIRMATIVE. L’affirmationest l’action d’affirmer; l’affirmative est une proposi-tion qui a la propriété d’affirmer. Il soutint sonaffirmation, il soutint ce qu’il avait affirmé; il sou-tint l’affirmative, il soutint la proposition qui affir-mait une opinion.

— hist. xiii* s. Et cix afirmemens doit estre pro-vês par tesmoins ou par recort d’ommes, beaum.xxxix, 48. || xiv* s. Et aussi comme affirmacion etnegaclon sont en la pensée ou entendement, sembla-blement et proporcionellement sont en l’appetitprosecution et fuite, oresme, Eth. 171.

— ÉTYM . Affirmatio (voy. affirmer) ; provenç.affirmation spagn. afirmaeion; ital. affermaxione.Affirmation ne paraît être que du xiv* s. ; aupara-vant on a dit afirmement.

AFF1RMATIVE (a-fir-ma-ti-v’), s. f. Voy. affir-matif.

AFFIRMATIVEMENT (a-fir-ma-ti-ve-man) , adv.D’une manière affirmative. Nous croyons qu’il estridicule de parler affirmativement et avec chaleurde quoi que ce soit, vauven. Sur les anciens et lesmod.

AFFIRMÉ, ÉE (a-fir-mé, mée), part, passé. [Dansla magie] Il y a des faits embarrassants affirmés pardes hommes graves qui les ont vus, ou qui les ontappris de personnes qui leur ressemblent, la bruy.

< 4 .

AFFIRMER (a-fir-mé), v. a. || 1“ Assurer qu’unechose est vraie. Affirmer avec serment. J’ose affir-mer que.... Ne rien affirmer. || 2° En termes de lo-gique, exprimer l’affirmation. Toute proposition af-firme ou nie. || 3* En termes de palais, jurer,assurer par serment.

— hist. xii” s. Mais il ne voleit pas la cote verteoster; Kar jo quid bien pur veir, e sil puis afermer,Qu’il out desuz [dessous] la haire, qu’il ne volt pasmustrer, Th. le mart. 162 . || xm" s. Lors fu mandéli messager que Salehedin i avait envoiié, si lor fudit et affremé que il averoient bataille au jour queil avoient requis, Chr. de Rains , 28. Seigneur, selà fussiés, pov voir vous puis conter, Très bienpeüssiés dire et pour voir afermer Qu’ainc ne veïs-tes gent si vaillament errer, Ch. d’Ant. v. 401. Se libarons [mari] revient.... et dist que li enfant sontbastart, en afermant qu’il ne fu el païsparnuit nepar jor, beaum. xviii, 14. ||xiv* s. Il avait donné àentendre de bouche et affermé aux ditscourretiers....Bibl. des Chart. 2 e série, t. m, p. 424. || xv e s. LesAnglois se vantoient et affermoient que [les Bretons]les avoient mandés,et se tenoient leurs soudoyers,froiss. h, il, 68. || xvi* s. Clitomachus affermoitn’avoir jamais sceu.... mont, ii, 238. Peudegentsfaillent, notamment aux choses malaysées à persua-der, d’affermer qu’ils l’ont veue, id. iv, 179. Syl-vestre la [la puissance du pape] préféré à tous con-ciles et tous decrets, affermant que toute la vertude l’Escriture dépend d’icelle, sleidan, F. 3. Lamere afferma qu’elle avoit conceu les dei* enfantsdu Dieu Mars, amyot, Rom. 6.

— ÉTYM . Affirmare, de af pour ad (voy. A), et fir-mare, rendre ferme (voy. ferme etFERMER); provenç.affermar; espagn. afirmar ; ital. affermare. Affirmerest la forme moderne du mot, dont affermer estla forme ancienne (voy. aussi affermir). On a ditaffermer dans tout le cours de la langue, mêmeau xvi” s., conformément à l’analogie française quide firmus avait fait ferme, et qui, par conséquent, Id’affirmare faisait affermer. Ce n’est qu’au xvn” I

AFF

siècle qu’affirmer a supplanté affermer, sans doutepour établir une distinction entre affermer, donnerà ferme, et affermer , assurer.

f AFFINE (a-fi-ks’). (| I e Adj. Terme de gram-maire. Il se dit des particules ou des lettresqui s’ajoutent aux mots pour en modifier le sens.Particules affixes. || 2” S. m. Un affixe. Affixe estle nom commun des préfixes et des suffixes.

— ÉTYM . Affixus, de ad (voy. A) et fixas (voy.fixe).

f AFFLEURAGE (a-fieu-ra-j’), s. m. || 1° Action dedélayer la pâte du papier. || 2° Se dit de la farinelorsqu’elle rend beaucoup.

f AFFLEURANT, ANTE (a-fleu-ran, ran-t’), adj.Terme de papeterie. Il se dit d’une pile qui délayela pâte à maillet nu.

AFFLEURÉ, ÉE (a-fleu-rê, rêe), part, passé.|| 1° Mis de niveau. Deux planches exactement af-fleurées. Les bords étaient affleurés par l’eau quicroissait encore. [| 2° En termes de géognosie, stra-tifications affleurées, stratifications, qui, en raisonde leur épaisseur croissante, se rapprochent de ladirection horizontale.

f AFFLEURÉE (a-fleu-rée), s. f. Terme de pape-terie. Pâte fournie par une pile affleurante.

f AFFLEUREMENT (a-fleu-re-man), s. m. || 1* Ac-tion d’affleurer; état de ce qui est affleuré. || 2“ Entermes de mines, condition d’un filon qui se rap-proche de la surface du sol.

AFFLEURER (a-fleu-ré), v. a. || 1° Mettre de ni-veau deux corps contigus, de manière que l’un nefasse pas saillie sur l’autre. Affleurer les battantsd’une armoire. || 2° En termes de physique, enfon-cer dans un liquide jusqu’à une marque précise.Affleurer un aréomètre. || 3° Arriver jusqu’à être deniveau. La rivière affleure ses bords. || 4° Être tan-gent , en parlant du fil à plomb. || 5“ V. n. Ces piè-ces de bois affleurent bien, elles sont bien de niveau.|| 6" En termes de tourneur, rendre uni. || 7° Dé-layer la pâte du papier. || 8 e Mêler ensemble del’orge, du seigle et du froment.

— hist. xvi” s. Ces remedes repoussent le sanget les autres humeurs qui affleuraient à la partie, àcause de la douleur et inflammation, paré, x, 8.

— ÉTYM . À et fleur (voy. fleur). On a dit dans lexvi” s. fleurer: Enterrés des grands vazes de terreou de bois, jusques à la gueule fleurans le plan dela terre, o. be serres, 626 .

f AFFLEURIE (a-fleu-rie), s. f. La fine fleur dela farine.

— étym. X et fleur.

AFFLICTIF, IVE (a-fli-ktif, kti-v’), adj. Quifrappe directement la personne. Ce qu’il y a d’afflic-tif dans les peines. Peines afflictives. On y voit l’es-prit du vainqueur dans les peines afflictives, mon-tesq. Esp. xxviii , t. || Il ne se place qu’après lesubstantif.

— rem. Bien que afflictif se dise particulière-ment au féminin et dans la locution, peine afflic-tive , il n’y a cependant aucune raison pour ne pasemployer ce mot au masculin et d’une façon géné-rale.

AFFLICTION (a-fli-ksion ; de quatre syllabes en poé-sie), s. f. || 1” Peine morale. Profonde affliction. Etreplongé dans l’affliction. Si vous voyez quelqu’undans l’affliction. Le temps amortit les afflictions.Dieu , qui voyez mon trouble et mon affliction,rac. Athal. v, 7. Quelque soulagement pour votreaffliction, corn. Hor. v, 2 . Les enfants ont desjoies immodérées et des afflictions amères surde très-petits sujets; ils ne veulent point souffrir demal et ils aiment à en faire : ils sont déjà des hom-mes, la bruy. h. Si, de tous les hommes, les unsmouraient, les autres non, ce serait une désolanteaffliction que de mourir , id. n. Soyons tous dansles larmes, retranchons toutes les visites, commeau jour d’une grande affliction.... boss. Penséeschrét. 7. Pendant que tant de mondains sur la terrenous assurent encore tous les jours et nous pren-nent à témoin qu’il n’y a pour eux dans le mondequ’amertume, que trouble et affliction d’esprit....bourd. Pensées, t. i, p. 456. Calypso ressent unenouvelle fureur, voyant que l’affliction augmente labeauté d’Eucharis, fén. Tél. vu. || 2° Malheur, tri-bulation. Il succomba sous les afflictions. Les pertes,les afflictions, les disgrâces. L’affliction et la mi-sère publique dans les empires. Si toutes ces souf-frances et toutes ces afflictions étaient prises, ac-ceptées , offertes en sacrifice et présentées par unesprit de foi, tout profiterait alors pour la vie éter-nelle, et rien ne serait perdu, bourd. Pensées, 1. 1 ,p. 216 . Dans mes afflictions, dans toutes mes tra-verses et tous les chagrins inséparables de la mi-

sère humaine , id. ib. p. 4 1 3. || 3” En termes despiritualité, le pain de l’affliction. Nourri du painde l’affliction.

— syn.affliction, douleur. L’idée commune àces mots est do représenter notre âme comme su-jette à une action qui lui cause du mal. La diffé-rence est que affliction porte l’esprit sur une causequi a agi, tandis que, dans douleur, l’action de lacause est présente. On éprouve de la douleur ; onreçoit une affliction ; mais, lorsque le coup est porté,être plongé dans la douleur ou être plongé dansl’affliction est d’une synonymie à peu près complète.

— HIST. xi* s. [Qu'il] les prie et serve par grantafflictiun, Ch. de Roi. ccxxxvn. || xn” s. [Il] s’enest entrez à grant affliction, Ronc.p. H 6. Quant ertentré laenz, dune jut en oreisun , E en plur e enlermes een afflictiun, Th. le Mart. loi. Certes jeprierai al seignur de vertuz : Venge le sanc destuens , Deus , qui est espanduz, E les afflictiuns,dunt numbres est oils [eu], ib. 76.11 xiii” s. Humeliezme sui en afflictions ; sire Dieux , met moi en viepardurable, Psautier, f° 146. || xiv* s. Si commeaucune afflicion ou peine corporel, oresme, Eth. 49.Car eulx punissent et establissent peines et afflic-tions à tous ceux qui font mal, id. ib. 72. || xvi" s.Il n’appartient pas aux fideles d’affliger [frapper,punir] ne faire nuisance. Mais aussi ce n’est pasfaire nuisance ni afliger, de venger par le man-dement de Dieu les afflictions des bons, Calvin ,Inst. H98. Ils s’attendoient bien derecepvoirtoutesles plus extremes afflictions et peines, que peuventsouffrir les vaincus d’un vainqueur justement indi-gné, amyot, némétr. 66.

— ÉTYM . Afflictio (voy. affliger) ; provenç. af-fliction ; espagn. affliccion ; ital. affliiione.

AFFLIGÉ,ÉE (a-fli-jé,jée), part, passé. || 1° Atteintd’un malheur. Affligé d’une peste terrible. Affligéd’un cancer. Affligé par tant de maux. [Gens] qui,par la délicatesse de leur complexion ou le dérange-ment de leur santé, sont affligés de fréquentes ma-ladies , d’infirmités habituelles, souvent même dodouleurs très-aiguës, bourd. Pensées, t. i, p. 217.|| 2° Qui a de la tristesse. Il est très-affligé de cettemort. Un cœur affligé. Une âme affligée. Il parutpresque aussi affligé que moi, il versa des larmes,fén. Tél. xv. Combien de fois l’a-t-on vu inquiété deleur salut, affligé de leur résistance, consolé parleur conversion ! boss. Louis de Bourbon. Sa mortm’a changée D’implacable ennemie en amante affli-gée, corn. CÀd,y, 7. || On dit par antiphrase : Il estaffligé de cent mille livres de rente, d’une santé robuste. || 3° Substantivement. Il est bon de consolerles affligés, de compatir à leurs peines et de les secou-rir dans leurs besoins, bourd. Pensées, t. i, p. 212 .Quoi que j’aie pu dire ailleurs,peut-être que les affli-gés ont tort; les hommes semblent être nés pourl’infortune, la bruy. 11. || On fait suivre affligé de deavec un infinitif ou de que avec le subjonctif : Je suisaffligé de voir les choses en cet état. Je suis affligéque vous ayez perdu votre procès.

— SYN. AFFLIGÉ, ATTRISTÉ, FÂCHÉ, MORTIFIÉ. L’i-dée commune à ces quatre mots est, péniblementaffecté. Mais attristé, venant de triste , indiquequelque chose de général : on est attristé par toutce qui cause la tristesse, aussi bien par des évé-nements malheureux que par des modificationsintérieures de l’âme. Une journée pluvieuse peut nousattrister, mais elle ne nous afflige pas. Affligé aucontraire suppose un mal considérable qui nous estarrivé ton est affligé de la perte de ce qu’on aime,des malheurs publics. Fâché a le même sens, saufqu’il se rapporte à des peines moins grandes et sur-tout à des contrariétés. On fâche quelqu’un en sus-citant sa mauvaise humeur; on l’afflige en portantdes coups à son cœur. Mortifié s’adresse à l’amour-propre. On est mortifié d’une défaite, d’un manquad’égards, d’un refus d’honneur, des fautes qu’on acommises, d’un affront.

AFFLIGEANT, ANTE (a-fli-jan, jan-t’), adj. Quiafflige, qui cause de l’affliction. Des infirmités affli-geantes. Cette vue est affligeante. A peine leur resle-t-il quelque lueur pour se conduire ; situation affli-geante et presque accablante.... bourd. Pensées, t. il,p. 19. || Il est affligeant de, loe. impers. Il est fâ-cheux, triste de. Il est affligeant de voir comme ils seconduisent. || On peutmettre cet adjectif avant sonsubstantif, quand l’harmonie le permet : Une nou-velle affligeante et Cette affligeante nouvelle.

AFFLIGER (a-fli-jé. On met un e muet après leg devant l’a et l’o), v. a. || 1* Causer un granddommage, désoler, tourmenter. De longues guer-res ont affligé l’Europe . Un grand malheur eûtaffligé l’État. Être affligé d’une maladie cruelle. Le