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M. do Brissac de ce bonnet qu’ils ont mis [dans leursarmes], rt-sim. <0, 11 5. || 2° S’affubler, v. réfl. Ils’était affublé d’un costume singulier.
— HIST. xi* s. Afublez est d’un mantel zabelin,Ch. de Roi. xxxiv. || xii* s. [Il] afublé ot un petitmantel gris, Ronc. p. 4 4. Il fu bien afublez d’unepelice vaire, Sax. xxxi A la curt en ala, quant il ifu mandez ; Par desus le surpliz s’est de l’estole ar-mez, D’une chape à canoine par desus afublez, Th.le Mart. 37. || xm* s. Lors prent li air son mantelinde, Qu’il vesttrop volentiers en Inde , Si s’en afu-ble, et si s’apreste De soi cointir et faire feste, laRose, 18215. Si tost com povreté l’afuble De sonhi-deus mantel onuble.... ib. 484 4. El [pauvreté] n’a-voit plus que afubler, Grant loisir avoit de trembler,ib. 453. Quant les borgoises du chastel, Affubléesde lor mantel, ruteb. ii, 177. || xv* s. Affublé d’unmantel. Fnoiss. h, II, 30. Philippe se leva moulttost et affubla une gonne, id. n, n, 192. Ladamoi-selle fut affublée par son serviteur d’un seau d’eauet de cendres, louis xi, Nouv. xxxvii. Si ce ne fustpas l’amour de vos bons amis, je vous ferais affublerla prison de céans, id. ib. xciv. || xvi* s. 11 s’en va lecoiffer comme d’un chapeau d’albanois, le lui affu-blant du costé qu’il estoit rompu, desper. Contes,xxii. Puis s’affubla la teste avec sa robbe, amyot, Dé-mosth. 42. Luy s’estoit retiré à part, sans lumière,gisant la teste affublée, de peur de voir personne,id. Crassus , 52. Puis un beau guimple affubla pardessus, Prime, dougé [délicat au toucher], filé demain sçavante , rons. 638. Generalement toutesles opinions superstitieuses dont sont affublés les en-fans, femmes et esprits foibles, charron, Sagesse,i, 41.
— ÊTYM . Affubler est pour affibler, de af pour ad(voy. A), et fibu/a, boucle, diminutif de fiber, qui està l’extrémité (voy. fibre) ; bourguig. *{[eublai; nor-mand , affluber; picard, affuler; wall. afûler ; ital.afftbbiare ; bas-lat. affibulare, affiblare.
f AFFDSION (a-ffu-zion),i. f. Terme de médecine.Moyen thérapeutique qui consiste à verser en nappeet seulement de quelques centimètres de hauteurune certaine quantité d’eau sur une partie du corps.L’affusion diffère de la douche, en ce que, pourcelle-ci, l’eau est versée d’un lieu élevé.
— HIST. xvi* s. Comme la lumière d’une lampequi est amortie par affusion de trop d’huile, paré,xviii, 73.
— étym. Affusio, de affundere, de ad,h, et fun-dere, verser (voy. fusion).
AFFÛT (a-fu. Le t ne se lie pas : l’affût est nrisé,dites l’afu est brisé), s. m. || 1* Endroit où l’onse poste pour attendre le gibier. Le chasseur quiest à l’affût. La chasse à l’affût. Tirer un lièvreà l’affût. || Par extension. Ceux qui devaient se mettreà l’affût aux environs de Péronne , iiamilt. Gramm.b.|| 2" Fig. Etre à l’affût, épier le moment favorablepour faire une chose. Etre à l’affût des occasions.Il est à l’affût de ce qui se dit sur son compte. Cu-pidité toujours à l’affût. || 3” Pièce ou assemblage dediverses pièces de bois ou de métal qui supporte unebouche i feu. Je dormis sur l’affût des canons meur-triers, v. huoo, Oaes.v, 9. |[ Par extension. L’afl'ûtd’un télescope. || 4° Scie à découper.
— ÊTYM . À et fût. L’accent circonflexe est misà ce mot et aux suivants, à cause de fût; maispourquoi ne le met-on pas à futaie, futaille, futé,qui ont aussi fût pour radical 7 Âf-fût, c’est au bois.
A F FÜTA GE (a-fu-ta-j ’), s. m. || 1° Action d’affûter,d’aiguiser des outils. || 2° Assortiment d’outils néces-saires à un ouvrier. |j 3° Autrefois, action d’affûterun canon.
AFFÛTÉ, ÉE (a-fû-té, tée), part.passé. Burin af-fùté.
AFFÛTER (a-fu-té) ,v.a. || 1° Aiguiser un outil. Lesgraveurs affûtent leur burin. Affûter un crayon, enrefaire la pointe. || 2“ Ajuster les outils aux fûts quiservent à les maintenir dans la position la plus pro-pre pourlesfaire couper. || 3° Autrefois, affûterun ca-non, le disposer pour tirer; maintenant on dit met-tre en batterie.
—HIST. XV* s. Et affûtèrent grant nombre d’artil-lerie, comm. i,9. || xvi" s. Aprèz, les afusta jus-tement vene contre vene, nerf contre nerf, spondylecontre spondyle, affin que il ne feust torty colly,rar. Pant. n, 30. Or mouchez vos nez, petits en-fans, et vous aultres, vieulx resveurs, affustez vozbesicles, et pesez ces motz ou poys du sanctuaire,id. l'rngn. Pant. préf. Le médecin a besoing de tropde pièces pour affuster justement son desseing ,mont, m, 217. Le gouverneur nommé Mousa courtà l’alarme, les soldats s’affustent et crient au raar-
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chand qu’il s’arrestast, d’aub. llist. iii, 298. Qu’ilsaient si bien affusté leur cas, que.... carl.i, 37.
— ÊTYM . Affût; bourguig. efusté. Autrefois affus-ter avait le sens général de disposer ; et on trouvedans la i r * édition du dict. de l’Académie : affusté(l’s se prononce), préparé : Il s’est affusté pour cela.
AFFÛTIAD (a-fu-tiô), s. m. Bagatelle, brimbo-rion. Je ne saurais trouver dans tous vos affûtiaux,hauter. Crispin if. u, 44. || Terme populaire.
— étym. Affûter.
AFIN (a-fin) , conj. Marque la fin pour la-quelle on agit, le but qu’on se propose. Afin sejoint à la préposition de, suivie d’un infinitif, ou àla conjonction que, suivie du subjonctif. Ils envoyè-rent un courrier afin de faire savoir. Afin que celasoit plus facile. Afin que les mauvais exemples etles mauvais discours ne surprennent point leurignorance, fléch. Serra. H, 286. La plupart deshommes croient faussement qu’il leur suffit d’êtreinutiles ou dans l’indigence, afin que la républiquesoit engagée à les placer ou à les secourir, labruyère, 2. Afin de tourner ensuite nos armescontre cet autre ennemi plus puissant, fén. Tél.xi. Le marchand surfait sa marchandise pour lavendre plus cher qu’elle ne vaut ; il a des marquesfausses et mystérieuses, afin qu’on croie n’en don-ner que son prix; un mauvais aunage, pour en li-vrer le moins qu’il se peut ; et il a un trébuchet,afin que celui à qui il l’a livrée, la lui paye enor qui soit de poids, la bruy. 6. Tu m’as laisséla vie, afin qu’elle te serve, corn. Iléracl. i, 2.
— REM. 1. Peut-on commencer par afin de et finirpar afin que ? Par exemple, peut-on dire :Afin défairevoir mon innocence à mes juges, et que l’imposteurne triomphe pas de la vérité? Du temps de Vaugelas,plusieurs blâmaient cette manière de parler. Maisc’est pousser trop loin le scrupule ; de bons auteursont donné l’exemple de cette tournure, qui a quel-quefois de l’élégance en variant la construction.Afin de juger plus sainement, et que nous ne pen-sions pas que... desc. Mélh. Le marchand fait desmontres pour donner de sa marchandise ce qu’il y ade pire; il a le cati et les faux jours, afin d’en ca-cher les défauts et qu’elle paraisse bonne, la bruy.o. || 2. Quandon veut mettre entre afin et le verbequ’il régit une incise, il faut toujours se servir deafin que, et non de afin de : Charles XII projetaitde passer l’hiver dan3 l’Ukraine , afin que, s’étantassuré de ce pays, il pût conquérir la Moscovie auprintemps prochain, volt. Ch. xii, 4.
— syn. afin, pour. Ces deux mots signifientqu’une chose est faite en vue d’une autre, et, dansune foule de circonstances, ils sont exactement sy-nonymes. II travaille pour s’instruire, ou il travailleafin de s’instruire n’offrent aucune différence sensi-ble. Cependant il y aura des cas où le sens étymo-logique, qui est dans afin (à fin), se réveillera etindiquera un but plus particulier, une intentionplus précise. Ainsi, toutes les fois que cette idéeprécise manquera, il faudra se servir de pour, quiest plus indéterminé. Dans cette phrase : Pour fairetelle chose, il suffit que.... il faut que.... ilestné-cessaire de.... pour est préférable à afin. En résu-mé, afin ne peut pas se mettre dans tous les casou pour s’emploie ; mais pour peut se mettre danstous les cas où afin est usité, pour étant plus gé-néral.
— HIST. xiv* s. Si comme l’armeuriers tent affinque le cheval soit bien armé ; et le chevalier le veultaffin que il se combate, oresme, Eth. 44. Afin quepar semblables guises il peussent les leurs terresdeffendre et gouverner, bercheure, f* 4. Afin de leschacier de la terre et de les arester, id. f“ 7, verso.|| xv* s. Afin que ce soit chose ferme et estable à tou-jours, Bibl. des Chartes, 4 '"série, t. v, p. 487. Ilse commença à aider et escarmoucier d’icelle pelle,afin de pouvoir trouver et recouvrer ses diz chape-ron et bonnet, tb. p. 489. || xvi* s. Et si avoit, afinque l’entendez, Son arc alors et ses yeux des-bandez, marot, i, 344. Par leurs mains seras sous-levé, Afin que d’adventure Ton pied ne choppe etsoit grevé Contre la pierre dure, id. iv, 306. A finqu’ils n’attirassent l’ire des dieux sureulx, id. i, 4 9.
— étym. A et fin. s. f. picard, achafin; verman-dois, acerfin.
AGA (a-ga), s. m. Chef militaire chez les Turcs.Aga des janissaires. Hier.... J’avais quarante agascontemplant mon visage, v. hugo. Orient. 4 6.
AGAÇANT, ANTE(a-ga-san, san-t’), adj. || 1“ Quiagace, qui fait mal aux nerfs. Ce bruit est agaçant.Cette femme est agaçante par son bavardage. || 2° Quiexcite, qui attire. Propos agaçants, manières aga-çantes.Des yeuxpleins de feu, des regards agaçants,
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hamilt. Gramm. o. Petite bonne agaçante et jolie,
BÉRANG. Célib.
AGACE ou AGASSE (a-ga-s’), s. f. Oiseau appeléordinairement pie. Le hasard les [aigle et pie] assemble en un coin détourné; L’agace eut peur;mais l’aigle, ayant fort bien dîné, La rassure.... lafont. Foè. xii, 4 4.
— hist. xm* s. Et tout aussi comme l’agachePar son crier et agachierNul oisel ne laisse anichierPrès de li, ains les fait fuir.... ducange, agaxia.
— ÊTYM . Bourguig. aiguaisse; picard, agache;Berry, aguiasse, ageasse, égeasse, ouasse; angou-mois, ajasse; wallon , aguèse; norm. agase; bas-lat.agasia, aigalia; provenç. agassa, gacha, guacha;ital. gazxa, gaxxera; romagnol, argaza ; de l’anc.haut-allem. agalstra, pie; allem. ælster, elster;holland. aahster, aaxter.
AGACÉ, ÉE(a-ga-sé, sée), part, passé. || 1“ Quiéprouve de l’agacement. Les pères ont mangé desraisins verts, et les dents des enfants en sont aga-cées, bernardin de st-pierre. Ch. lnd. préamb.|| 2° Qui reçoit des agaceries. Le chat était souventagacé par l’oiseau, la font. Fab. xii, 2 . Le cardi-nal de Retz avait beaucoup d’esprit; mais il étaittrès-laid : ce qui ne l’empêcha pas d’être agacé parles plus jolies femmes, dider. Princ. de polit.
AGACEMENT (a-ga-se-man), s. m. || i* Sensationdésagréable produite par le contact des substancesacides, et l’action de la lime et des sons aigus surles dents. Agacement des dents. Ce bruit me causeun agacement tout à fait désagréable. || 2* Irritationlégère. Agacement des nerfs.
— HIST. xm* s. Se vous volés removoir le aace-ment des dens qui sovent avient.... alebrand, Ré-gime, f* 37, verso.
— étym. Agacer.
AGACER (a-ga-sé. Lee prend une cédille quand ilse trouve devant un a ou un o), v. a. || 1° Causer del’agacement. Ce bruit agace les dents. || 2* Agacer lesnerfs, causer une irritation intérieure. || 3° Figuré-ment, faire des agaceries. Je voudrais qu’on lesagaçât pour les exciter à parler, J. J. rouss. Ém. v.Las "de l’avoir inutilement agacé sur d’autres sujets,hamilt. Gramm.i. Mme Duplessis agaçait ma fille;ma fille la battait, sév. 70. Au salon ou sur la pe-louse, Laure, jamais ne m’agacez, bërang. Passes,j. filles. || 4* S’agacer, v. réfl. Devenir agacé. Cettefemme s’agace d’un rien. || S’agacer l’un l’autre. Quelplaisir de.... Mangersur nos genoux nos fruits et no-tre pain, Nous agacer du coude et nous prendre lamain, lamart. Joe. ix, 342. Et plus loin des valetsl’un l’autre s’agaçans, boil. Sat. vi.
— REM. Boileau a accordé ce participe présent,suivant en cela l’ancienne règle qui le traitait abso-lument comme un adjectif; depuis, la grammairea changé; et, en des cas pareils, ce serait auxpoètes à voir s’ils veulent ou non suivre l’archaïsme.
— HIST. xiii* s. De la noix [ils] vont rongeantl’escorce, Mais ne savent qu’il a dedens; Pechezleur aace les dens, saint Léocade, éd. barbazan, i,277. Pautonniers qui.... Et le descirent et agacent[un fou], Amadiset Ydoine,ms. 6987. ||xvi* s. LesIsraélites,ayans esté longuement affligez de diversescalamitez, avoyent un proverbe commun, que leursperes avoyent mangé du vert-jus, et que les densdes enfans en estoyent agacées, calv. Instit. 287.Avoyt il mangé prunes aigres sans peler? avoyt illes dens esguassées? rab. Pant. iv, nouv.prol. 11les agacea tant enfin par ses paroles picquantes,que.... mont, i, 353. Les viandes aigres agassent lesdents, o. de serres, p. ouo. Il me voulut volontiersagacer, palsgr. p. 657. Les arquebuzades et leszagayes des Mores qui agaçoient à toute heurel’armée.... brant. Gouast.
— ÊTYM . Norm. agasser, crier après quelqu’unavec aigreur; picard, agacher, agucher; bourguig.agaçai; ital. agaxxare, provoquer. Ménage tire cemot de l’italien allegare q,.. a le sens de agaceriesdents; mais agacer est ancien dans la langue, et n’apas une origine italienne. Diez le fait venir de l’an-cien haut-allemand haxjan, nouvelallemand hetzen,poursuivre, harceler, avec la particule romane à,ce qui a permis de changer h en g. Cette dérivationa beaucoup pour soi. Cependant il faut faire entreren considération l’ancienne forme aaccr; elle nes’explique ou qu’en supposant un verbe composé deà et un radical acer, comme aovrir, aorer, oü-ner, etc. (mais alors comment ce radical n’a-t-il pasgardé Th de haxjan, et n’est-il pas ahacer?); oubien qu’en admettant que le j est tombé, comme tom-baient beaucoup de consonnes intermédiaires entredeux voyelles. Mais cette seconde hypothèse con-duirait à considérer aacer comme formé de agace,