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Tome premier. A - C.
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AGE

— HIST. xvi* s. Si par le mot agenouillement l’a-postre signifioit la yraye adoration que rendent lesiîdeles à Dieu , calv. Inst. 628 . Quant aux testesnues et agenoillements qui sont ordinaires devant lalace denostre roy, carloix, ii, 2.

— ÉTYM . Agenouiller ; provenç. aginolhamen.

AGENOUILLER (S’) (a-je-nou-llé, II mouillées),v. ré fl. Se mettre à genoux. Il s’agenouille toujourssur la pierre. S’agenouiller devant quelqu’un.

— rem. Des auteurs de synonymes ont voulu dis-tinguer s’agenouiller et se mettre à genoux, disantque s’agenouiller ne se prend qu’au physique et sedit seulement de la position du corps qu’il repré-sente; que se mettre à genoux ajoute une idée mo-rale et exprime de plus le sentiment d’humilité oud’adoration dont cette posture est le signe. Les in-crédules quelquefois s’agenouillent dans les églises :les dévots seuls s’y mettent à genoux. Cette distinc-tion n’a aucun fondement dans l’usage ; l’un etl’autre se prennent tantôt au figuré et tantôt aupropre.

— HIST. xii" s. Rolant le conte[il]enfistagenoiller,Jîonc. p. 60 . Devant le roi [il] se vait agenoilier,îb.p. i 29. Humblement vint à l’uis, iloecs’agenoilla, Enplur e en larmes grament i demura, Th. le Al art. 160 .Li quens Raoul belement l’en apele ; Il s’agenoille,vestue ot sa gounelle ; Par grant amor li a dit raisonbele, R. de Cambray, 99. || nu* s. Lors s'age-nouillèrent li sis message à leur piés, moult plo-rant, villeh. xvii. Encoste [de] la roïne [elle] seva agenoiller, Berte, xi. Si qu’il l’ont contre terrepar force agenouilliée, ib. xxi. Et tout li cheva-lier et les dames qui illuec estoient s’agenouillèrentdevant li à ses piés et li crièrent merci pour son filg,Chr. de Rains, 222 . Devant eus vous agenoilliés,Jointes mains, la Rose, 7496. Quant la royne levit entrer en la chambre où elle estoit, si s’agenoillacontre li, et le chevalier se ragenoilla contre li [de-vant la reine] aussi, joinv. 280 . ||xiv* s. Mais de-vant lui m’ageloinguay, machault,p. 20 . || xv* s. Adonc se trait sagement ce Jacques Lambe deversYvain et se agenouilla devant lui, froiss. ii, ii, 30.

|| xvi* s. Et n’y a nul empeschement qu’un maladequi ne se peut agenouiller, ne prie tout droit, cal-vin, Instit. 969. Ils ne s’agenoillent nullement, eten sont quittes pour une reverance d’entrée et d’is-sue de la salle, carl. ii , 2 .

— ÉTYM . A et genouil (voy. genou) ; wall. s’a-qlégni; rouchi, s’agligner; bressan, s'azenoiller ;provenç. agenolhar, aginollar; ital. agginocchiare.

AGENOU1LLOIR (a-je-nou-lloir, Il mouillées), s.m. Petit escabeau sur lequel on s’agenouille.

— ÉTYM . Agenouiller.

AGEN» (a-jan), s. m. AGENTE (a-jan-t* ). s.f. || 1° Tout ce qui agit,opère. Agent naturel, agentchimique. Bien que l’agent et le patient soient fortdifférents, desc. Pass. 1 , I, Mon âme et mon corpsSont-ils d’un autre agent les aveugles ressorts?volt. Disc. 2 . Je parle, je chemine: Je sens enmoi certain agent; Tout obéit dans ma machineÀ ce principe intelligent, la font. Fab. x, 1 . Sansjamais trouver aucun agent commun qui les di-rige, j. j. rous. Ém. iv. Dans ce phénomène lanature est la principale agente. || 2° Celui quifait les affaires d’autrui, qui est chargé d’une fonc-tion , d’une mission publique ou privée. Les agentsdu roi. Agent et émissaire de cet homme. Le cré-dit qu’on a dans une secte dont on devient le chefou l’un des principaux agents.... bourd. Pensées,t. 1 , p. 430.Rome à ses agents donne un pou-

voir bien large, corn. Nicom. m. 3. A-t-il euprès de vous un plus soigneux agent Pour hâter lesrenforts et d’hommes et d’argent? id. ib. îv, 2 . Etj’en bannis par là ces rois et leursagents, id. Attila,itt , I. Cassandre par le prince est si persécutée Et d’a-genu si puissants pour lui sollicitée, rotr. Vencesl. ni,2 . Tibère .... Sur ses propres agents punissait ses for-faits, m. J. chén. Tib. m, 3. || En mauvaise part.Dans cette intrigue, elle était la principale agente.Suis cet agent fatal de tes mauvais destins, corn.Poly. 1 , 3. || Agent d’une compagnie. || Agent diplo-matique, homme chargé de fonctions diplomatiques.|| Agent de change, autrefois changeur, entremet-teur autorisé pour la négociation des effets publics.Ne m’as-tu pas dit que tu connaissais un agent dechange qui te donnerait de l’argent à l’heure même?lesage, Turc. 11 , 3. || Agent de police, employé su-balterne attaché à la police d’une ville. || Agent d’af-faires, celui qui se charge de diriger et de régler desaffaires d’intérêt. || Agent comptable, celui qui est par-ticulièrement chargé des recettes et des dépenses.|| Les agents d’une faillite, les gérants provisoiresd’une faillite qui l’administrent pendant quinze jours

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et quelquefois jusqu’à la nomination des syndics pro-visoires. || Agents du clergé se disait autrefois dedeux ecclésiastiques de second ordre choisis, pouravoir soin des affaires du clergé, par les deux pro-vinces ecclésiastiques qui étaient en droit de les nom-mer. Qu’attendez-vous ici du ministère de notreagent? Une criminelle complaisance.... ? mass. Vil-lars. || 3° En philosophie, l’être qui possède la facultéde se déterminer.

— HIST. xiv* s. Et celui qui ferait injuste à semeisme, il serait agent ou faisant et pacient toutensemble ou [au] regart de se meisme, oresme, Eth.168 || xvi* s. 11 attribua le gouvernement de cemonde à une pure intelligence, laquelle séparé,comme cause première agente, les substances, etc.amyot, Pér. 6. Nature, laquelle est principale agenteen cecy.... paré,xyi,I 2 . Celui qui hayt est patient;le hay est agent, au rebours du son des mots,charron, Sagesse, 1 , 27 . L’ouye est un sens spiri-tuel, c’est l’entremetteur et l’agent de l’entende-ment, id. ib. 1 , 12 .

— ÉTYM . Agens, de agere (voy. agir).

f AGÉRASIE (a-gé-ra-zie), s. f. Terme de méde-cine. Absence de vieillesse, vieillesse verte et vi-goureuse.

— ÉTYM . A privatif, et ynpai;, vieillesse.

t AGGLOMÉRAT (a-glo-mé-ra), s. m. Terme deminéralogie. Masse de plusieurs substances forméesà des époques diverses et réunies par un ci-ment quelconque.

AGGLOMÉRATION (a-glo-mé-ra-sion), s. f. Ac-tion d’agglomérer; état de ce qui est aggloméré.L’agglomération des sables. L’agglomération deshommes dans les grandes villes.

— ÉTYM . Àgglomeralio , de agglomerare (voy.agglomérer).

AGGLOMÉRÉ, ÉE (a-glo-mé-ré, r éa),part, passé.|| 1° Réuni en tas. Des sables agglomérés. || 2* Sedit en botanique pour désigner des organes entassésou rapprochés en masse compacte, qu’ils soient ounon adhérents ensemble.

AGGLOMÉRER (a-glo-mé-ré. La syllabe méprendun accent grave, quandla syllabe qui suit estmuette ;et garde l’aigu au futur et au conditionnel : ag-glomérerai). || 1° V. a. Assembler, réunir, entasser.La richesse du sol agglomère les hommes dans cettecontrée. || 2“ S’agglomérer, 0 . réfl. S’entasser.

— ÉTYM . Agglomerare, de ad, à (voy. A), etglomus, eris, peloton. Glomus ne paraît être qu’uneforme de globus, globe (voy. ce mot).

f AGGLUTINABLE (a-glu-ti-na-hl’), adj. Qui peuts’agglutiner.

— HIST. xvi* s. Les vieilles gens ont les os plussecs et plus durs, et par conséquent moins aggluti-nables, PARÉ, VIII, 10.

— ÉTYM . Agglutiner.

AGGLUTINANT, ANTE (a-glu-ti-nan, nan-t’).|| 1” Adj. Qui est propre à recoller,à rejoindre. Sub-stances agglutinantes. On appelait autrefois remè-des agglutinants, ceux auxquels on supposait lapropriété de recoller des parties divisées. On ap-pelle aujourd’hui agglutinants ou mieux agglutina-tifs les substances emplastiques qui adhèrent forte-ment à la peau. || 2“ S. m. Un agglutinant. || 3* Enlinguistique, langues agglutinantes, celles danslesquelles prédomine le procédé de l’agglutination.Les langues de l’Amérique du Nord sont aggluti-nantes.

— HIST. xvi* s. Si tel flux vient de rupture, ilsera guéri par choses agglutinantes, paré, xv, 55.

f AGGLUTINATEUR, TRICE (a-glu-ti-na-teur,tri-s’), adj. Terme de médecine. Qui a la vertud’agglutiner. Un travail agglutinateur.

— HIST. xvi* s. La faculté agglutinatrice, paré,xv, 62 .

— ÉTYM . Agglutiner.

AGGLUTINATIF, IVE (a-glu-ti-na-tif, ti-v’).

|| 1° Adj. Se dit des emplâtres qui ont la propriétéde s’attacher promptement et d’adhérer fortement àla peau. Emplâtres agglutinatifs. Bandelettes agglu-tinatives. )| 2* S. m. Un bon agglutinatif.

— HIST. xvi* s. Mettant un linge délié beaucoupplus grand que la playe, couvert de heaume agglu-tinatif, PARÉ, VII.

— ÉTYM . Agglutiner.

A GGLUTINATION(a-glu-ti-na-sion),s. f. || 1“ Actiond’agglutiner. En termes de médecine, recollementde parties contiguës accidentellement divisées ; c’estla première période de l’adhésion des plaies. || 2 e Enlinguistique, l’agglutination est le procédé par le-quel un ou plusieurs mots, étant dans un rapportde dépendance avec un autre mot, s’introduisent, àl’aide de certaines modifications, dans le corps du

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mot dont ils dépendent, ou se joignent àlui, de ma-nière à composer avec lui un mot unique. Ainsipar exemple, il y a des langues où, dans cette phrase:Le cerf que j’ai chassé hier, les mots que j’ai chasséhier s’incorporent avec cerf et en suivent toutes lesmodifications.

— HIST. xvi* s. Les choses estranges empeschentl’agglutination de la playe, paré, vu, 6. Ils [lesvieilles gens] ont le sang moins propre à faire l’ag-glutination, ID. VIII, 10.

— ÉTYM . Agglutiner.

AGGLUTINÉ, ÉE (a-glu-ti-né, née), part, passé.|| 1° Recollé, rejoint. Les lèvres de la plaie étant ag-glutinées. || 2° En botanique,agglutiné se dit des or-ganes collés comme avec delà glu, de manière àpouvoir être détachés sans déchirure. || 3° En lin-guistique, se dit d’un mot réuni à un autre et fonduen lui.

AGGLUTINER (a-glu-ti-né). ||1° V. a. Terme demédecine. Recoller, réunir les chairs, la peau.Il 2° S’agglutiner, 0 . réfl. Être réuni, recollé. Leslèvres de la plaie s’agglutinent. En italien , souventle pronom s’agglutine au verbe.

— HIST. xvi* s. Il faut que le sang afflue à lapartie qui doit estre nourrie, puis qu’il soit fiché etagglutiné, paré, lntrod. 6.

— ÉTYM . Agglutinare, de ad, à (voy. À), et glu-ten, colle (voy. glu).

AGGRAVANT, ANTE (a-gra-van, van-t’), ad}.Qui rend plus grave, plus grief. Circonstance ag-gravante, circonstance qui ajoute à la gravité d’unefaute. Ce qui est aggravant dans cette affaire, c’estque....

— HIST. xvi* s. Les navrés sentent en la partieune douleur aggravante, une stupeur et endormis-sement, paré, ix, H'Disc.

AGGRAVATION (a-gra-va-sion), s. f. || 1* Terme dedroit. Augmentation de peine; ce qu’on ajoute àune condamnation. || 2° En termes de médecine,augmentation. Il y a aggravation. L’aggravation dumal, des symptômes.

— ÉTYM . Aggravatio, de aggravare (voy. ag-graver).

AGGRAVE (a-gra-v’), s. f. Seconde fulminationd’un monitoire avec menace des dernières censuresde l’Église.

— ÉTYM . Aggraver.

AGGRAVÉ,ÉE (a-gra-vé,vée),port. passé. || 1° Aupropre, appesanti. Achevant son somme, Et leyeux encore aggravés, la font. Ann. || Vieux en cesens. || 2*Augmenté. Peine aggravée. Péchés aggra-vés par l’impénitence. Maladie aggravée par l’impru-dence du malade.

f AGGRAVÉE (a-gra-vée), s. f. Terme de vétéri-naire. Maladie du pied du chien qui consiste en uneinflammation du réseau vasculaire situé au-dessousde l’épiderme épais et dur, dont les tubercules plan-taires sont recouverts à leur surface d’appui. On aaussi observé, chez les porcs surmenés, des aggra-vées, que Ton guérit en conduisant à l’eau les ani-maux malades ou en enveloppant de cataplasmesargileux ou astringents les pieds affectés.

f AGGRAVEMENT (a-gra-ve-man), s. m. Syno-nyme d’AGGRAVÉE.

AGGRAVER (a-gra-vé),«. a. || i“ Rendre plus lourd.Un corps qui nous aggrave et nous abaisse vers laterre, pasc. édit. Cous. Pourquoi vous faites-vousde nouveaux liens? pourquoi aggravez-vous votrefardeau? boss. Pensées détachées, 12 . || 2° Porter,prononcer une aggrave. || 3° Fig. Rendre plus grief.Aggraver une peine. Il aggrave sa faute. Les fa-tigues aggravèrent sa maladie. || 4“ S’aggraver,v. réfl. Devenir plus lourd. La main du Seigneurs’aggrava sur les Azotiens, volt. Phil. iv, 283 .

|| 5° Devenir plus grief. Le mal s’aggrava rapide-ment.

— HIST. xii* s. Dune agreva Deus sa main surcels de Azote e de la cuntrée, e forment les des-cunfist, Rois, 18. Sire Bernier, frans chevaliersmemhrez [illustre], Vivrés en vous? gardez, nelme celez. Oïl voir, sire, mais molt sui agreveiz,IL de Cambrai , 202 . || xm* s. Quant il se sentiagrevé, si manda au roi Phelippe son filleul queil venist à lui, Chr. de Rains, p. 43. Mahius deMonmorency acoucha malades, et tant fu agrevéqu’il morut, villeh. 39. || xiv* s. L’estât (le lapersonne agrave le fait, oresme, Eth. 61 . En icelleheure que mes yeulx seront si aggravés de l’obscu-reté de la mort.... Menagier , 1 , (. || xv* s. Fut priset mené en Espaigne [le sire de l’Esparre], et là futplus d’un an et demi ; car il estoit tous les jours ag-gravé du [persécuté par le] lignage de ceux dePommiers, froiss. ii, ii, *. Nerci [noirci] de dueil