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Tome premier. A - C.
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trop de vaillants hommes ea. sont morts, froiss. ni,IV, 41.

— ÉTYM . Provenç. ancessor; espagn. antecesor;ital .antecessore; de ante, avant (voy. ains), etcedere,marcher (voy. céder). Le vieux français uancestreet ancessor: ancestre répond au nominatif antecéssor,avec l’accent sur ces; ancessor répond au régimeantecessôrem , avec l’accent sur so. On trouve desexemples où l’emploi de ces deux formes est régu-lier, la première pour le sujet, la seconde pour le ré-gime; mais, de bonne heure, elles furent confon-dues, comme prestre et provoire. C’est pour celaque dans le français moderne, la forme sujet ancêtrea prévalu contre l’habitude qui a fait généralementprévaloir la forme régime. L’ancien français avait lesubstantif féminin ancesserie , qui désignait l’ensem-ble des ancêtres ; il est dommage que ce mot aitpéri.

ANCHE (an-ch’), s. f. ||1" Languette mobile quiouvre et ferme alternativement le passage de l’airdans un tuyau, où onlafait vibrer. C’est par une an-che qu’on souffle dans les clarinettes, les hautboiset les bassons. || 2° Demi-tuyau de cuivre pour l’or-gue. || Jeu d’anches, la série des tuyaux de l’orgueembouchés comme des instruments hanche. 113" Con-duit par lequel la farine tombe du moulin dans lahuche.

— hist. xvi* s. Marsyas qui inventa la hanchepour emboucher le hautbois, amyot, Comment re-fréner la colère, 12 . Je ne sçaurois chanter, etquand je le voudrais, Je jure par ton bouc qu’encorje ne pourrais : Car on m’a pris d’emblée à cestematinée L’anche de mon bourdon que tu m’avoisdonnée, rons. 743. Toy Perrot, prens en don cestebelle chevrette [musette] : Son ventre est fait de cerf,son anche de coudrette, Son bourdon de prunier ;jamais ne perd le vent, id.746.

— ÉTYM . Ane. haut-allem. ancha, jambe, tibia,d’où le français anche, avec le sens de tuyau; Berry,anche, robinet; d’où le provincialisme, tirer du vinpar l’anche ; dites par la cannelle.

t ANCHÉ (an-ché), adj. m. Terme de blason. Il sedit d’un cimeterre recourbé.

— ÉTYM . Anche.

+ ANCHEAU (an-chô), s. m. Terme de mégisse-rie. Vase à détremper la chaux.

t ANCHER (an-ché), v. a. Technologie. Mettreune anche à un instrument.

t ANCHIFLURE (an-chi-flu-r’), s. f. Technologie.Trou qu’un ver fait à une douve de tonneau dansl’endroit où elle est couverte par le cerceau.

ANCHILOPS (an-ki-lo-ps’), s. m. Terme de mé-decine. Petite tumeur située vers le grand angle del’oeil, devant ou à côté du sac lacrymal.

— ÉTYM . ’Ay^iXon)/, mot formé comme aîp.â).»'}/,amas de sang, pwXwij/,ecchymose, où il ne fautpas voir des composés de ô>]/, oeil.

ANCHOIS (an-chol), s. m. Petit poisson de merque l’on sale pour le conserver, et qui se manged’ordinaire en hors-d’œuvre. Es-tu prié de quelquefête Que donne ce seigneur courtois Qui toujoursentouré d’anchois, Pendant sa podagre passée....chaul. Au duc de Nevers .

— HIST. xvi" s. Des barrils d’anchoies, o. de

SERRES, 660.

— ÉTYM. Espagn. anchoa, anchova ; portug . an-chova; ital. acciuga ; sicil. anciova; veron. ancioa;génois, anciua ; vénit. anchioa; angl. anchovy.Diez tire l’italien acciuga du latin aphya, apua, an-chois, avec le suffixe uga ; mais alors tous les au-tres mots seraient altérés. U est plus vraisemblableque l’italien seul est altéré en raison de quelquesassimilations, par exemple avec acciugare, sécher.Mahn fait venir anchova, anchoa, du basque ant-fua, anchua , qui veut dire sec.

t ANCHOITÉ, EE (an-choi-té, tée), adj. Il se ditdes sardines préparées à la manière des anchois.

f ANCIIUSE (an-ku-z’), s.f. Terme de botanique.Orcanette ou buglosse.

— ÉTYM . ''Ay^ovca.

ANCIEN, IENNE (an-si-in, si-è-n’, ou an-siin,siè-n’. Dans la poésie du xvii* siècle, ancien est detrois syllabes ; aujourd’hui on le fait souvent dedeux. Au xvi* s. on prononçait an-si-an, palsgr.p. 60), adj. || 1° Qui existe depuis longtemps. Uneinvention ancienne. Notre ancienne amitié. Lettredéjà ancienne. Date plus ancienne. Sacrifice aussiancien que Rome. || En termes d’administration fo-restière, arbres anciens, arbres réservés, qui ontplus de trois fois l’âge du taillis, c’est-à-dire qui ontatteint ou passé cent ans. || 2" Qui a existé autrefois.Les peuples anciens ; les nations anciennes. Aristote «st plus ancien que Cicéron . L’histoire des anciens |

temps. Mots anciens. Le modèle des anciennesmœurs. Nous devons l’apologue à l’ancienne Grèce ,la font. Fables, viii, t. 11 est, dit-il, d’un maîtretel que moi, De s’éloigner des routes anciennes,j. b. rouss. Ép. h, 2 . Le génie naturel aux écri-vains allemands est d’une couleur ancienne plutôtqu’antique, staël. Allem. Observ. gênér. || 3° Enlangage mystique, l’ancien homme, l’homme nonrenouvelé. Qu’ilne vous reste riendel’ancienhomme,boss. Lett. abb. 66. || 4“ Il s’emploie par oppositionà nouveau, moderne. L’Ancien et le Nouveau Tes-tament . La jurisprudence ancienne etmoderne. L’his-toire ancienne. Il n’y a point d’histoire ancienne oùil ne paraisse des vestiges manifestes de la nouveautédu monde, boss. Hist. i, 2. Il était là maintes fillessavantes, Qui mot pour mot portaient dans leurscerveaux Tous les noëls anciens et nouveaux, grés-set, Vert-Vert. || 5" Qui n’exerce plus une charge,une profession. Un ancien préfet, un homme qui n’estplus préfet. L’ancien gouverneur de la province. L’an-cien président de l’assemblée. || Par analogie, mon an-cien patron, mon ancien propriétaire. || 8" Substanti-vement, ancien se dit de celui qui a été avant un autredans une charge, dans un corps. A l’armée, à gradeégal, le plus ancien commande. Villars avait avec lui lemaréchal de Boufflers, son ancien, volt. Louis XIV ,2 1 . La dispute fut jugée et décidée en faveur de Mmed’Halluyn,comme l’ancienne de Mme de Rohan, st-sim.67 ,20». 11 7“ Substantivement, il se dit de ceux qui ontvécu avant nous. Les anciens étaient persuadés que.Unancien a dit. || Il se dit encore de ceux qui ont existéavant nous et nous ont transmis des œuvres. Onnefaitque glaner après les anciens. Les modèles que lesanciens nous ont laissés. || 8“ Ancien, homme âgé.Nous devons du respect à nos anciens. Les anciensdu canton. Et que depuis cent ans sous l’abîmeavaient vus Les anciens du vaste empire, la font.Fab. vih, 8 . || On dit quelquefois familièrement àunhomme âgé, mon ancien. Salut, mon ancien!Notre ancien, qu’a donc fait l’Espagne ? bérang.N. ordre du j. ||9°En termes de l’Ecriture , l’Anciendes jours, Dieu. || Chateaubriand a dit par imitation :Ainsi chantait l’ancien des hommes [le vieux reli-gieux], Atala, 306. || 10° Titre de dignité. Les an-ciens du peuple d’Israël , parce que d’abord onchoisissait des vieillards pour remplir les fonctionsles plus importantes. Ils ne parurent plus assis parmiles anciens d’Israël , mass. Louis. On lit les saintesEcritures : un ancien exhorte le peuple à imiter desi beaux exemples, chateaubr. Génie, i, i, 8 .|| Conseil des Anciens, une des deux sectionsdu Corps législatif, dans la constitution de l’an III.

— SYN. ancien, vieux. || 1. Ancien a rapport ausiècle ; vieux, à l’âge. Aristote est plus ancien queCicéron. Cicéron était plus vieux que Virgile . Ondit une maison ancienne quand on parle de la fa-mille ; une vieille maison quand on parle du bâti-ment. || 2. Un ancien ami, un homme qui n’est plusami ou du moins avec qui les relations sont devenuesmoins étroites. Un ami ancien, un homme avec qui onest ami depuis longtemps.

— HIST. xi* s. Il est escrit en l’anciene geste,Ch. de Roi. cclxxii. 11 xiv* s. X tout viel home ouancien, l’enly doit faire reverence selon ce que ilappartient à son eage, oresme, Eth. 262. [Une ab-besse permettant l’entrée de son couvent].... ce fu,par m’ame, Agrant peine ; car pourtant, s’elle estfamme De tel honneur, si craint elle le blasme Desanciennes , christ, de pisan, Dit de Poissy .|| xv* s. [Édouard fait complètement évacuer Ca-lais ] et ne retint que trois hommes : un prestre etdeux autres anciens hommes, bons coutumiers deslois et ordonnances de Calais , et fut pour ensei-gner les héritages, froiss. i, i, 322. Le mareschalJoachin, Monseigneur de Crussol, Sallezard, etc....tous anciens [anciens soldats], comm. iii, 10.

— ÉTYM . Provenç. ancian ; espagn. anciano;ital. ansiano ; d’une forme non latine, antianus,tirée de ante, avant (voy. ains).

ANCIENNEMENT (an-si-è-ne-man ou an-siè-ne-man ; en vers, de cinq ou de quatre syllabes), adv.Autrefois, dans les siècles passés.

— SYN. anciennement, jadis, autrefois. Cesmots désignent le temps passé. Anciennement,dansles temps anciens, sert à représenter ce qui se fai-sait ou se pratiquait chez les anciens, parmi nosancêtres. Autrefois,c’est-à-dire une autre fois, dansd’autres conditions, marque un contraste entre lepasséet le présent. Jadis (jam dies, c’est-à-dire il ya des jours), moins précis qu’anciennement qui sedit des choses vraiment anciennes, peut s’appliquersoit à un passé très-peu éloigné : jadis, dans majeunesse, on s’habillait ainsi; soit à une antiquité

reculée : jadis, au temps d’Homère ; soit à une anti-quité indéterminée : jadis, au temps que les bêtesparlaient.

— HIST. xm's.Et à cele partie par où l’on entraitavoit anciennement forteresce de murs et de tours,villeh. clxvi. Ceste franchise ont anciennement lesseignors dou roiaume de Jérusalem doné as bor-geis, Ass. de Jér. 47. Anchiennement, si comme nozavons entendu des segneurs de loys, fu fes unsestablissemens comment on mainteneroit la lar-guesse des voies et des quemins, beaum. xxv, i.|| xiv* s. Si comme anciennement souloient faire,Ord. des roisde Fr. t. vu, p. 644. || xv* s. Ancien-nement avoit en la ville de Dan une guerre mortellede deux riches hommes navieurset de leur lignages,froiss. n, h, 62. || xvi* s. Anciennement et aupara-vant Aristote,on mettoit différence entre le sens de laveue et les autres sens, charron, Sagesse, i, 10 .

— ÉTYM . Ancienne au féminin, et le suffixe ment(voy. ment) ; provenç. ancianamens.

ANCIENNETÉ (an-siè-ne-té; en vers,de cinq syl-labes ou de quatre), s. f. || 1" Qualité de ce qui estancien. L’ancienneté d’une loi, d’une coutume.,d’untitre. L’ancienneté d’une famille. L’ancienneté desmaisons est une des principales marques de leur no-blesse, bouhours, Remarques. || 2° Priorité de ré-ception dans un corps. Ils ont rang selon leur an-cienneté. Droit d’ancienneté. Il est arrivé à songrade par ancienneté. || 3° De toute ancienneté, de-puis un temps immémorial, de tout temps.

—HIST. xv' s. Nous laisserions parespée etpar con-seil le juste titre de notre héritage, au préjudice denotre anciennableté, monstr. liv. i, ch. 148. [Lessix bourgeois de Calais s’agenouillent devaitÉdouard] Gentil sire et gentil roi, veez nous cy six,■qui avons esté d’ancienneté bourgeois de Calais etgrands marchands, froiss. i, i, 32i. Lesquelles[villes] d’ancienneté avoient esté ennemyes desditzSuysses, comm. v, I. || xvi* s. L’ancienneté [l’anti-quité] a tenu de certaines femmes en Scythie ,que.... mont, i, 10).

— ÉTYM . Ancien; provenç. ancianetat; caVal. an-cianitat ; espagn. ancianidad ; ital. amianità.

ANCILE (an-si-1’), y. m. Terme d’antiquité ro-maine. Bouclier sacré que les Romains croyaienttombé du ciel, et à la possession duquel ils suppo-saient attachée la durée de leur empire.

— ÉTYM . Ancile, de ancilla, servante, de ancus,serviteur. Ancile ne signifie pas autre chose queinstrument pour le service divin.

f ANCIPITÉ, ÉE (an-si-pi-té, tée), adj. Terme debotanique. Se dit de toute partie de plante qui estcomprimée sur ses deux faces, et qui a deux tran-chants.

— ÉTYM . Anccps, ancipitis, de an pour amb,des deux côtés (voy. ambe), et cep pour caput, tête(voy. chef).

fANCOEUR (an-keur), s. m. Yoy. avant-cœur.

— ÉTYM . An pour avant, et cœur.

ANCOLIE (an-ko-lie), s. f. Terme de botanique.Nom de l’aquilégie vulgaire, dite aussi gant deNotre-Dame, fleur de parfait amour, manteauroyal, herbe de lion et ancolie des jardins. Plantecultivée dans les jardins à cause de la beauté de safleur.

— hist. xv* s. Et li pluiseur aiment moult l’an-quelie, froiss. Rail. La violette donne aussi Douceodeur ; si fait la soussie, La marguerite, l’angorie,eust. deschamps dans ste-palaye. ||xvi* s. Etl’an-colie en semence s’enflant, rons. 740.

— ÉTYM . Wallon, dcolète; dans le latin des bo-tanistes aquilegia, d’où,par altération, ancolie. Dansdu Cange on trouve aquilea, aquilée, plante suppo-sée bonne pour les yeux.On a dit que la plante a éténommée aquilegia, soit parce que ses nectaires of-fraient une forme recourbée comme le bec de l’ai-gle , soit parce qu’on lui attribuait de rendre la vueperçante comme celle de l’aigle, aquila, soit de laville d’Aquilée , dans le territoire de laquelle elleest abondante.

f ANCONÉ (an-ko-né), adj. et s. m. Terme d’ana-tomie. On donne ce nom aux muscles qui s’attachentà l’olécrâne.

—ÉTYM . ’Ayxwv, olécrâne.

ANCRAGE (an-kra-j’), s. m. Lieu propre pour an-crer. Les vaisseaux se mettent à l’abri derrière lajetée de la Goulette, en payant un droit d’ancrageconsidérable, chateaub. Itin.m, 21.

— hist. xvi* s. Les encrages contre les tempestesdépendent de la bonté du cable sur tout, d’aub.Fœn. m, 16 .

— étym. Ancrer.

ANCRE (an-kr’), s. f. || 1° Instrument de fer à