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Tome premier. A - C.
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ANE

ANE

U4 ANE

f ANDROPHORE (an-dro-fo-r’), s. m. Terme debotanique. Support de plusieurs étamines.

— ÉTYM . ’Avùp, homme (voy. andr....) et 90-poç, qui porte.

ANE (â-n’), s. m. Il 1° Bête de somme du genrecheval, à longues oreilles. L’âne est d’un naturelaussi sensible, aussi patient, aussi tranquille que lecheval est fier, ardent, impétueux, buff. Âne. Plusbête que l’âne de la fable, je m’inquiétais beaucouppour savoir de quel maître j’aurais l’honneur deporter le bât, j. j.rouss. Confess. v. || En dos d’âne,en forme de dos d’âne, c’est-à-dire ayant deux par-ties réunies au sommet, et présentant un talus dechaque côté. || Têtu comme un âne, très-opiniâtre.|| Sérieux comme un âne qu’on étrille, d’une sévé-rité affectée. || Méchant comme un âne rouge, diffi-cile, méchant, d’un naturel difficile. || C’est un ânebâté, c’est un homme fort ignorant. || C’est un ânedébâté, il est trop adonné aux femmes. || Le pontaux ânes, ce que personne ne doit ni ne peut igno-rer; ce qui est si facile que tout le monde doit yréussir. || Bonnet d’âne, bonnet en papier et garnide deux cornes qu’on met sur la tête des enfantsen guise de punition. Il n’y a qu’un bonnet d’âneà mettre sur la tête d’un savant qui croit savoir bience que c’est que la dureté, la cohérence, etc. volt.Lett. Pruss. 67. || Oreilles d’âne, cornets de papierimitant la forme d’une oreille d’âne, qu’on met à unenfant, pour le punir d’une faute d’ignorance.|| Contes de Peau d’âne, petits contes inventés pourl’amusement des enfants, ainsi nommés de ce qu’ily en a un qui porte précisément ce titre. Si Peaud’âne m’était conté, J’y prendrais un plaisir ex-trême, la font. Fab. vin, 4. Peau d’âne, employéabsolument, est masculin. || 2“ Fig. Homme sans in-telligence, esprit fermé. Un gros âne pourvu demille écus de rente, Régnier, Sal. iv. Mais, Rapin,à leur goût, si les vieux sont profanes, Si Virgile ,le Tasse et Ronsard sont des ânes, m. Sat. ix. Va,tu n’es qu’un gros âne, la font. Cuv. Ma foi detels savants sont des ânes bien faits, mol. Fdch.m, 2 . || Adjectivement. Je n’y suis pas âne [je m’yconnais], "mol. Fdch. i,t. || 3° En astronomie, ânes,étoiles y et ô de la constellation du Cancer. || 4° Têted’âne, sorte de poisson, le chabot des rivières.|| 5° Pas d’âne, espèce de plante médicinale. || Pasd’âne, s’est dit aussi d’une sorte de mors de cheval.|| Il s’est dit encore d’une sorte de garde d’épéequi couvre toute la maim C’est une garde à pasd’âne. || 6” En technologie , étau et outils divers.|| Proverbes. L’âne du commun est toujours leplus mal bâté, c’est-à-dire les affaires d’une com-munauté-sontplus mal faites que celles d’un particu-lier. || A laver la tête d’un âne on perd sa lessive ;c’est peine perdue de vouloir instruire une personnestupide. || Il cherche son âne et il est dessus; ilcherche ce qu’il a entre les mains. || Pour vous mon-trer que votre âne n’est qu’une bête ; pour vousfaire voir que vous vous trompez. || Pour un point,faute d’un point, Martin perdit son âne ; c’est-à-direpeu de chose a manqué pour que l’affaire réussit.|| Nul ne peut faire un âne boire, si ce n’est quandii a soif; il faut vouloir les choses en leur temps.|| 11 ressemble à l’âne de Buridan , seditd’un hommequi ne sait pas se décider. Buridan , dans la scolas-tique, disait qu’un âne placé à égale distance dedeux boisseaux d’avoine, parfaitement égaux entreeux, n’ayant aucune raison de se décider pour l’unplutôt que pour l’autre, mourrait de faim entre lesdeux.

— SYN. Âne, ignorant. On est âne par disposi-tion d’esprit, et ignorant par défaut d’instruction.L’ignorant n’a pas appris; l’âne ne peut pas ap-prendre.

— HIST. xn* s. Returnum; par aventure, mis pe-res ad jà les adnes mis à nonchaleir, Rois, 29 .Quant li baron l’entendent, chascuns s’est arriertrais, Tout ainsi com li asnes qui regarde le fais,Stuc . xv. || xiii* s. Tant con li vilains se demente,Timez, ses asnes espanois, Qui ne crient [craint]gelée nenois, Oïdementer son seignor, Ren. 16997.|| xiv* s. Et se touz ceulx qui soustiennent perilz etpeines par fureur ou autre passion estoient fors devraye fortitude, les asnes le seraient, oresme,Et h. sc.Pourche dist uns proverbes que dient liplui-sour; Qui asne et femme mainne, sans paine n’estdu jour, Baud. de Seb. vu, 669. Ils ne soient con-trains et condamnés à chevaucher un asne, nucange , asinus. Il convenoit que le dit Vincent che-vauchast un asne par la vile, id. ib. || xv' s. Quérirun asne pour icelui asne chevaucher, nu cange, ib.Il convient chevaucher l’asne, m. ib. Il est de grandsclercs en françoys, Qui ne sont que asnes en latin,

cuquill. Droits nouv. Rien n’y font sept pintes,11 e huict, Tandis que dorment maistre et dame,Puis après, sans mener, grantbruyt, Jeleurramen-toy le jeu d’asne, villon, Bail, des femmes de Pa-ris. || xvi* s. Dans Rabelais : Deferrer l’asne [allerà pied] ; Tirer des pets d’un asne mort [tenter l’im-possible] ; Faire de l’asne pouravoir du bren [du son] ;Il y aura de l’asne [quiproquo, malentendu] ; La-ver la teste d’un asne [perdre son temps] ; Menerl’asne [tenir la chandelle] ; Chantez à l’asne, il vousfera des peds. Il adjouste que nul n’est fait nostrefrere, que par l’esprit d’adoption, lequel n’est donnéque par l’ouie de la foy : je respon que tousjoursil retombe de son asne, appliquant mal et sotte-ment aux petits enfans ce qui n’est dit que des gensaagez , calv. Inst. 1 091. On commença divers petitsjeux, comme escorcher l’anguilla, brider l’asne,prendre la grenouille, et autres, yver, p. 6 1 6. Silors je l’eusse entendu il y eust eu de l’asne [descoups] : je recevois tousjours quelque affront avecces Nourmans, d’aub. Fœn. 11 , 13. X rude asne rudeasnier, H. est. Précell. p. 179.

— ÉTYM . Maçonnais, ône; Berry, aine; wall.dgne; provenç. asne, axe; catal. ase ; espagn. asno;ital. asino; d'asinus, Jvoç; kymr. asyn; bas-bret.axen; goth. asilus; allem. esel; angl. ass.

ANÉANTI, IE (a-né-an-ti, tie), part, passé.|| 1* La discipline militaire anéantie. Des livres de-puis longtemps anéantis. Une nation anéantie. Lereste de la terre anéanti pour moi, volt. Zaïre, 1 , t.Mais laissez-nous le temps d’éveiller un parti Qui,tout faible qu’il est, n’est point anéanti, id. Mérope,v, 3. De notre république à Rome anéantie On yvoit refleurir la plus noble partie, corn. Sertor. 1 , t.|| 2“ Âme anéantie devant Dieu , âme qui s’humilieprofondément. || 3° Fig. Confondu, stupéfait, ex-ténué. Je suis anéanti.

ANÉANTIR (a-né-an-tir), v. a. ||i°Faire rentrerdans le néant. Dieu peutanéantirl’univers. || 2'Dé-truire. Les barbares ont anéanti l’empire romain.L’homme anéantit plus d’individus vivants que tousles carnassiers n’en dévorent, buff. Animaux car-nassiers. ô ciel! anéantis ma fatale existence, volt.Ali. v, 3. || 3° Fig. Jeter dans un accablement pro-fond . J’ai vu des femmes que la crainte de la douleuranéantissait. || 4“ Fig. Anéantir un acte. Anéantir unecoutume. Ainsi donc un perfide, après tant de mi-racles, Pourrait anéantir la foi de tes oracles? rac.Esth. 1 , 4. Son impiété Voudrait anéantir le Dieu qu’ila quitté, id. Athal.i, I. Que peuvent des évê-ques qui ont anéanti eux-mêmes l’autorité de leurchaire et la çévérence qu’on doit à la succession,en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs,jusqu’à la source même de leur sacre? boss. Reined’Angl . || 5” S’anéantir, v. ré fl. Devenir à rien. Qued’empires se sont anéantis ! Cette objection s’anéan-tit d’elle-même. || 6° En termes de dévotion, s’abais-ser, s’humilier devant Dieu . II ne sait presque ques’anéantir en la présence de Dieu , mass. Prière. Lesanctuaire devant lequel les princes s’anéantissent,id. Resp. En s’anéantissant devant les yeux de samajesté, pasc. Prov. 4. Il s’est anéanti lui-mêmejusqu’à prendre la forme d’esclave, boss. Hist.11 , 11 .

— HIST. xiii* s. Cis maus qui si me deffigure,Qui si me vait anientant, Guill. de Palerme . Car tousses cors estoit sechiés De viellece et anoiantis, laRose. 361. Moult consenti Dieux le peuple Israël àanienter por leur pechié, Psautier, f. 96. Et quant,toutes ces choses anéanties por bones reisons, li roisloe ce que li juge li firent d’endroit le borgois....Lin. de just. 36. Anienti, Ass. de Jér. 11 , 61. L’ac-tion qu’il avoit de novele dessaizine est anientie, etne pot mès pledier fors sor le [la] propriété, beaum.xxxii , 9. Li generax procureres n’est pas por ce anien-tis, id. 84. Li chanoines est d’autre part Qui au trésorfait grant essart ; Le trésor très anoiantist, ruteb.314. Lors le convient seingner ou prendre medi-cine; Ainsis’anientistetdegaste etdefine,j.DEMEUNG,Test. 172. || xiv* s. Bonne vie lui [à Bertran] dointli dignes fruis de vie! Car France de sa mort seraitanientie, Guescl. 17469. Car tout quanque baratailne En vingt ans, anientist fortune En une seuleheure de jour, bruyant dans Ménagier , t. n,p. 28. || xv' s. Et anianty les floz de male fortune,soubz quel subjeccion avoit esté degetté par longespace, christ, de pisan, Charles V , i,ch. 23. Il n’estchose plus impossible à anientir au monde que estmatière escripte en livres, Bouciq. iv, ch. 15.|| xvi' s. Nous nous laissons si fort aller sur les brasd’aultruy, que nous anéantissons nos forces, mont.1, 144. Et pour anéantir Ce désir qui tant dure, Ilvous faudrait sentir La peine que j’endure, marot,

11 , 367. Et jà ne faut laisser anéantir Mes gratta com-bats exécutés en Tyr, id. iv, 129.

— ÉTYM . Provenç. anientar; ital. anientare; de aet néant, à l’aide de la terminaison verbale ir. Ondisait dans l’ancien français anientir et anie 1er.

ANÉANTISSEMENT (a-né-an-ti-se-man), s. m.|| 1° Action d’anéantir; résultat de cette action. L’a-néantissement des animaux dont on ne trouve plusque des débris fossiles. L’anéantissement de tous lesprivilèges. L’anéantissement de toutes nos espéran-ces. Un peuple qui dépérit tous les jours et qui tendà son anéantissement, montesq. Lett. pers. 121 .

11 2° Terme de dévotion. Abaissement devant Dieu .Porter l’humilité jusqu’à l’anéantissement de soi-même. Saint Paul parlant des anéantissements duFils de Dieu dans l’incarnation, bourd. Pensées , t. m,p. 268 . || 3° Abattement, allant jusqu’à la privationmomentanée de toute force et de l’exercice des fa-cultés. Saül succombe au mal qui le possède ; L’a-néantissement à ses fureurs succède, soumet, Saül,11, 4.

— ÉTYM . Anéantir.

ANECDOTE (a-nè-kdo-t’). || i* S. f. Particularitéhistorique. 11 sait beaucoup d’anecdotes. || 2“ Adj.Une histoire anecdote.il apprenait par eux les nou-velles les plus fraîches des mathématiciens, leursréflexions sur ce qui paraissait au jour, l’histoireanecdote des sciences, fonten. Montmort. || Vieux ence sens. On dit plus ordinairement histoire anec-dotique.

— ÉTYM . ’AvéxSo-cov, inédit, de àv privatif, èx,indiquant extension, et Sotô;, donné; ce qui n’estpas donné au dehors. Aoto; ayant le même radicalque don (voy. ce mot), inédit est l’exacte traductiond’anecdote; ineditus, in privatif, e, et ditus pourdatus, donné.

ANECDOTIER (a-nè-kdo-tié), s. m. Celui qui al’habitude de raconter des anecdotes le plus sou^vent fausses. 11 Familier et peu usité.

— ÉTYM . Anecdote.

ANECDOTIQUE (a-nè-kdo-ti-k’), adj. Qui tient del’anecdote; qui contient des anecdotes. Histoireanecdotique. Pièce anecdotique, pièce de théâtredont une anecdote a fourni le sujet.

— ÉTYM . Anecdote.

ÂNÉE (â-née), s. f. La charge d’un âne.

— HIST. xiii* s. Et cil cui le piastre aura esté li-vré, rabastra de chacune asnée que il aura eue,autant corne.... Liv. des mét. 109 . Sur laquelleterre nous avons 18 livres de sols viennois de ser-vise et 4 asnées de froment, du cange, asinata.|| xiv* s. Guillaume avoit contraint le dit Renel decomposer à lui à xx asnées de vin, id. ib. || xv' s.Lors dira : Bien suy à vilté Tenue comme une ser-vente ; Je n’oseroye mectre en vente Une seule as-nie de blé, E. desch. Miroir du mariage. ||xvi* s.On mesure la terre par portions : arpents, asnées,journaux, sesterées, acres, couples-de-bœuf, o. deserres, 10 . En autres quartiers de ce royaume, l’onparle [pour les mesures de blé] par asnées, bi-chets, sacs, raz et autrement, id. 10 .

— ÉTYM . Âne; bas-lat. asinata.

j-ANÉLECTRIQUE(a-né-lè-ktri-k’), adj. Terme de

physique. Épithète donnée aux corps conducteursde l’électricité, non qu’on ne puisse développer eneux la propriété électrique, mais seulement parcequ’ils la perdent au moment même où elle est pro-duite.

— ÉTYM . ’Av privatif, et électrique.

f ANÉMIE (a-né-mie), s. f. Terme de médecine.État opposé à la pléthore, qui consiste non pas,comme le mot l’indique, en une diminution alise -lue de la masse du sang, mais en un abaissemeixdes globules de ce liquide à un nombre propor-tionnel plus ou moins au-dessous de leur nombrenormal.

— ÉTYM . ’Av privatif, et alfia, sang.

f ANÉMOCORDE (a-né-mo-kor-d’), s. m. Termede musique. Espèce de clavecin dont les cordes sontmues par le vent.

— ÉTYM . ’Avego;, vent, et corde.

f ANÉMOGRAPIIIE (a-né-mo-gra-fie), s. f. Des-cription des vents.

— ÉTYM . *Avsp.0i;, vent (voy. ANÉMOMÈTRE), etypà-9Eiv, décrire (voy. graphique).

ANÉMOMÈTRE (a-né-mo-mè-tr’), s. m. Instru-ment qui sert à mesurer la force du vent.

— ÉTYM . 'Avego;, vent, et gérpov, mesure (voy.mètre) ; ctve|ioç a même radical que anima des La-tins , ftme (voy. Âme).

ANÉMONE (a-né-mo-n’), s. f. || 1° Terme de bo-tanique. Espèce de renoncule dont la fleur est re-marquable par l’éclat et la variété des couleurs.