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fARBRETER (ar-bre-tél, v. n. Préparer un ar-bret. J’arbrette, j’arbretterai.
ARBRISSEAU (ar-bri-sfl) , s. m. Petit arbre;dans le langage spécial de la botanique, végétailigneux ne s’élevant que de 1 à 6 mètres ; dansle langage général, petit arbre. Lieu planté d’arbris-seaux. Comme un arbrisseau que les passants fontbientôt périr, en le heurtant et le pliant dans tousles sens, J. i . rouss. Ém. 11. Vous voulez passerpour un arbrisseau, vous qui êtes un cèdre duLiban , voit. Lettr. 187.
— HIST. xn* s. Puis vint avant dessous deux ar-bresiaus. llonc. p. 150. || xm* s. Et arbrissel dési-rent qu’il fussent parfleuri, Berte, i. Arbrisiaus [il]i avoit, ne sai, ou sept ou huit, ib. xxxvi. Desouzun arbrisel, delez un petit mur, ib. xli. Si coroitentor un ruissel; Là dedenz avoit arbroissel Demaintes guises.... Ren. 4958. Et j’atacherai nos che-vaus Ci ilec à ces arbrissaus, ib. 23694. || xv*s. S’ence printemps que les feuilles et flours Et abryn-ceaux percent nouvellement, Amours vouloit moyfere ce secours, villon, Bail.
— étym. Arbrisseau suppose un mot tel que arbo-ricillus, diminutif de arbnr (voy. arbre). En an-cien français , au singulier, arbrissaus, nominatif,arbrissel, régime; au pluriel, arbrissel, nominatif,arbrisscls ou arbrissaus, régime.
f ARBROT (ar-bro), s. m. Terme de chasse. Voy.
t ARBUE (ar-bue), s. f. Argile employée commefondant des minerais calcaires.
ARBUSTE (ar-bu-st’), s. m. Petit arbrisseau, et,dans le langage spécial de la botanique, végétal li-gneux ne s’élevant que de 36 centimètres à i mètre.L’herbe des champs renaît, l’arbuste reverdit, ray-nouard, États de Blois , iv, 8.
—hist. xvi*s. Herbes et arbustes odorans, commethim, serpoulet, lavande, aspic et semblables, o. deserres, 202.
— étym. Arbustum , de arbor (voy. arbre).
ARC (ark. Au pluriel l’snese prononce pasides arcs
attachés ensemble ; dites des ark attachés ensemble),s. m. || 1° Arme formée d’une pièce en bois ou en acier,et d’une corde qui, attachée aux deux extrémités,sert à la tendre et àlancerdesflèches. Tirer de l’arc,tendre un arc. De son arc toutefois il bande les res-sorts, la font. Fab. viii, 27. Il banda son arc, fén.Tél. iv. Mon arc, mes javelots, mon char, tout m’im-portune, rac. Phèd. il, 2. || Fig. Détendre l’arc,donner du relâche à l’esprit. || Fig. Avoir plusieurscordes à son arc, avoir plusieurs moyens de réussir,d’arriver à ses fins. || 2° Terme d’architecture. Cour-bure de voûte. Arc de plein cintre. Arc surhaussé.Arc surbaissé. || Arc de triomphe , monument enforme de porte voûtée, et orné de bas-reliefs etd’inscriptions. Six arcs triomphaux, voit. Lettr. 69.Le peuple rassemblé sous ces arcs triomphaux....volt. Brut, il, 3. Tous les arcs triomphants queRome m’adressés, rotrou, St Gen. i, 4. Pourvouséterniser sous ces arcs glorieux Qu’une savante maintaille aux victorieux, Tristan, M. de Chrispe, i, 3. Iltravaille aux inscriptions des arcs qui doivent ornerla ville, labruy. 10 . || 3°Terme de géométrie. Touteportion d’une ligne courbe. Arc de cercle, d’el-lipse, de parabole. Pour passer l’Escaut, Vendôme suivait la corde, qui était très-courte; pour l’em-pêcher, Mxlborough avait à marcher sur l’arc, fortétendu et courbé, st-sim. 203, 207. Le port duPirée décrit un arc dont les deux pointes ne laissentqu’un étroit passage, chateaub. Itin. 2(9. || 4° Termed’astronomie. Arc diurne, portion de cercle qu’unastre parcourt au-dessus de l’horizon. Arc nocturne,portion de cercle qu’un astre parcourt au-dessous del’horizon. || 5° Arc de carrosse, arc formé de deuxpièces de fer qui joignent le bout de la flèche à l’es-sieu des petites roues. || 6° En anatomie, arc, partiedécrivant un certain contour. L’arc du colon. ||7°Entermes de marine, arc de l’éperon, longueur qu’ily a du bout de l’éperon à l’avant de l’éperon.
|| 8° Le grand râteau d’un charbonnier.
— rem. On dit arc de triomphe et non arche detriomphe; mais arche de pont, et non arc de pont.
— hist. xi* s. Donnez mei l’arc que vous tenez aupoing, Ch. de Roi. lx. || xii* s. Cil court plus tostqu’ars ne jete bouzon, Ronc. p. 74. Ferez i bien,traiez des ars turcois, ib. p. 137. A conseil [il] lesenmene dessouz un arc volu, Sax. xxvm. Li arcsdes fors est surmontez, e li fieble sunt esforciez,Rois, 6. || xm* s. Et li Commain et li Blac et liGrieu chacierent et hordoierent à cele bataille à arset à saiettes, villeh. cxlv. Car il est de l’arc d’a-mours trait [frappé], Bl. etJeh. 452. Li uns des arssi fu d’un bois Dont li fruit iert mal savorés, la
Rose, 914. Entre les autres [présents] li apportè-rent ars de cor, joinv. 279. || xv* s. Et le fit pour-voir [le châtel] moult bien d’espingoles, de bom-bardes et d’arcs à tour et d’autres instrumens,froiss. i, i, 315. || xvi* s. Aussi s’y servira-on del’arbaleste et du fort arc-agelet, mais non de l’arque-buse, pour n’effraier les connins, o. de serres,
417 .Brisé lances, rompu les arcs, marot, iv,
291.
— ÉTYM . Anus; bourguig. ar; wall. air, cin-tre; provenç. arc; espagn. et ital. arco. Dans l’an-cien français , au singulier, nominatif li ars, ré-gime le arc; au pluriel, nominatif li arc, régimeles ars. Arc décor, arc de corne.
ARCADE (ar-ka-d’), i. f. || 1° Terme d’architec-ture. Ouverture en forme d’arc. || Par analogie, ar-cades de verdure. || En anatomie, courbes que dé-crivent certaines parties osseuses, aponévrotiques etartérielles. Arcade dentaire. Arcade crurale. Arcadepalmaire. || En arcade, loc. adv. Cou de travers,omoplate en arcade, Un dos cintré propre à la bas-tonnade.... volt. Crépinade. || 2° Technologie. Par-tie de la châsse d’une lunette qui embrasse le nez.|| Partie d’un balcon ou d’une rampe d’escalier quiforme un fer à cheval.
— étym. Bas-lat. arcata ; de arcus, arc.
ARCANE (ar-ka-n’), s. m. || 1° Terme d’alchimie.Opération mystérieuse. || Par extension, remèdedont on tient la composition secrète. || Adjective-ment. La parole est un miroir qui nous présente naï-vement les secrets les plus arcanes de nos individus,mol. le Mar. forcé, 6. || 2” Composition métalliquequ’on emploie dans l’étamage des métaux.
— ÉTYM . Arcanus, secret, de area, coffre (voy. ar-che) ; mot à mot, qui est serré dans le coffre, et parconséquent caché à tous les yeux.
tARCANNE (ar-ka-n’), s. f. Craie rouge dontse. servent les charpentiers pour tracer leur ou-vrage.
f ARCANSON (ar-kan-son), s. m. Galipot liquéfiédans des chaudières, filtré et coulé dans des moulescreusés au milieu du sable, pour lui donner la for-me de pains; dit aussi brai sec et colophane, etemployé seulement dans la préparation des on-guents et des emplâtres. || Dit aussi arcachon.
ARCASSE (ar-ka-s’), s. f. || 1* Nom des deux piè-ces de bois qui enferment la roue d’une poulie.
|| 2° Terme de marine. Charpente horizontale quilie les estains à l’étambot.
— ÉTYM. Ital. arcaccia; espagn. arcata , coffre;de area, coffre (voy. arche, 2 ).
f ARCATURE (ar-ka-tu-r’), s. f . Terme d’archi-tecture. Série de petites arcades décoratives sous lesappuis des fenêtres ou sous les corniches. Tous leschapiteaux des colonnes de l’arcature intérieure decette église sont couverts d’hommes, d’animaux etde feuillages.
ARC-BOUTANT (ar-bou-tan; se prononce au plu-riel comme au singulier), s. m. || 1° Terme d’archi-tecture. Construction extérieure qui se termine enforme de demi-arc, et qui sert à soutenir un mur.
|| 2° Terme de charpentier. Pièces de bois qui ser-vent de soutien. || 3* Les arcs-boutants d’un train decarrosse, les verges qui servent à tenir en état lesmontants du carrosse. ||4° Fig. Principal soutien. Ceministre a été longtemps l’arc-boutant de l’Etat.
|| 5° En gymnastique, lutte debout à l’arc-boutant;chacun des deux adversaires appuie sur l’épauledroite le petit arc qui termine les deux bouts d’un bâ-ton, puis saisit le bâton d’abord avec la main droite,ensuite avec la gauche, et, se penchant, essaye defaire reculer son adversaire. || 6° En termes de ser-rurerie, barreau droit servant à bouter une grille,un balcon, etc. || Barre d’une porte cochère ou pied-de-biche. || Branches de cuivre qui séparent les ba-leines d’un parapluie, lorsqu’il estouvert. || En termesde marine, pièce de bois placée horizontalementdans des hunes pour maintenir l’écartement des gal-haubans. || Petit mât ferré qui sert à repousser l’a-bordage. || Au plur. Des arcs-boutants.
— HIST. xvi* s. Et toy généreux arc-boutant del’Union, Louis d’Orléans, Satir . mén. p. 101 .
ARC-BOUTÉ, ÉE (ar-bou-té, tée), part, passé.
Il se tourna ensuite vers un prêtre qu’on avait faitvenir, se confessa, et fut pendu à une échelle arc-boutée contre une poutre, anquet. Ligue, ni,
p. 202.
ARC-BOUTElt (ar-bou-té), v. a. Fortifier par unarc-boutant. Un pilier arc-boute cette construc-tion.
ARC-DOUBLEAU (ar-dou-blô), s. m. Terme d’ar-chitecture. Sorte d’arcade formant saillie sous lacourbure d’une voûte, qu’elle soutient et fortifie.|| Au plur. Des arcs-doubleaux.
ARCEAU (ar-sô), s. m. || 1° Terme d’architecture.Courbure d’une voûte ; toute ouverture en arc oucintre. || 2° Fig. La vigne.... couvre de ses verts ar-ceaux La maison par l’été jaunie, lamart. Eplt. àV. Hugo. || 3° Terme de sculpture. Ornement enforme de trèfle. || 4* Terme de chirurgie. Châs-sis en arc fait pour garantir un membre fracturé.|j 5* Terme de pêche. Anse de cordage qui est des-tinée à faire aller au fond les cordages et les filets.|| 6“ En métallurgie, petits arcs sur lesquels repo-sent les caisses de cémentation. || 7° Terme de zoolo-gie. Partie constituante des anneaux du corps desanimaux articulés.
— HIST. xvi* s. Les arceaux des fours estoyentliquidez, falissy, 300. Puis rompit les voultes etarceaux qui soustiennent.... amyot, Agis et Cléom.50.
— ÉTYM . Diminutif d’arc; Berry, arcelet.
ARC-EN-CIEL (ar-kan-sièl; se prononce au plu-riel comme au singulier.), s. m. 111” Météore en formed'arc, offrantles couleurs du prisme, et toujours placéà l’opposite du soleil. Il me semble qu’elle est votreIris, et que c’est comme un arc-en-ciel qui paraitaprès l’orage, voit. Lettr. 63. Je vois.... D’un arc-en-ciel resplendir les couleurs, bërang. Treite àtable. || 2° Fig. La princesse d’Harcourt était bassecomme l’herbe ou sur l’arc-en-ciel, selon ceux à quielle avait affaire, st-sim. 113, 230. Un esprit qui....S’idolâtre, s’admire, et, d’un parler de miel, Se vapréconisant cousin de l’arc-en-ciel, Régnier, Sat. x.|| Auplur. Des arcs-en-ciel.
— hist. xii* s. Lors descendra del ciel la cengleQue nos apelum arc del ciel, Adam, Mystère, p. 80 .
|| xm* s. Et, pour eus chastoier, fais tu aparoirl’arc ou ciel, Psautier, f* 71. || xvi* s. Il proposal’arc du ciel à Noé pour signe et enseigne à lui et àsa postérité, qu’il ne perdrait jamais plus la terrepardeluge, calvin, Inslit. 104.
— ÉTYM . Arc, en et ciel; bourguig. arcancié.Vaugelas voulait qu’on écrivit des arc-en-ciels ; etd’autres, en particulier M. Vanier, ont proposé d’é-crire en un seul mot arquenciel, arquenciels.
f ARC-EN-TERRE (ar-kan-tê-r’), s. m. Terme dephysique. Phénomène qui est analogue à l’arc-en-ciel , et qui est produit par un effet de la pluie ou dela rosée.
f ARCHAÏQUE (ar-ka-i-k’), adj. || 1 " En ter-mes de grammaire, qui tient de l’archaïsme.
|| 2* En termes d’arts, qui appartient à la haute an-tiquité. Le style archaïque de ce monument montrequ’il appartient aux temps qui ont précédé Phi-dias .
ARCHAÏSME (ar-ka-i-sm’), s. m. || i” Façon deparler ancienne inusitée aujourd’hui. Pieça, pourdire depuis longtemps; d’ores-en-avant, pour doré-navant, sont des archaïsmes. Scarron , dans sonRoman comique, dit de deux amants, qu’aucun desdeux curés ne voulut les épouser, c’est-à-dire lesrendre époux, les marier : épouser, dans ce sens,est un archaïsme. || 2" Affectation d’un écrivain àfaire usage d’expressions et de tours vieillis.
— ÉTYM . ’Ap-/ai<rp.o;, de àu'/pêo; , ancien, deàpxù, commencement (voy. archonte).
ÂRCIIAL (ar-chal), s. m. Laiton . Usité seulementdans cette locution, fil d’archal. Les Russes se ser-vaient, pour leurs calculs, de petites boules enfiléesdans des fils d’archal, volt. Charl. XII, i.
— rem. Fil d’archal est une locution souvent es-tropiée en fil d’aréchal ou fil d’arichal, ou même,dutemps de Vaugelas, en fil de richar.
— hist. xn* s. Hyram refist vaissele de meintebaillie, poz e chanes e pichers; et furent tuit dearchal, Rois, 266 . || xm* s. Quiconques veut estrebateres d’archal à Paris , estre le puet, mes qu’il sa-che fere le mestier, Liv. des mét. 65. || xvi* s. Fild’archal, palissy, 77. Et percer les costes, lesliant avec fil de leton ou d’archau, paré, iv, chap.compl. Passer la terre par un crible de fer d’ar-chant, pour la rendre deliée, o. de serres, 117.
Un treillis de fil d’archail, id. 348. Et ses piedssembloient à archal, Bible française, Paris , 1644,Apoc. I, 15.
— ÉTYM . Norm. arkal; espagn. arambre; ital,oricatco; de aurichalcum ou orichalcum, du gréaôpeixakxo;, de bpoç, montagne (voy. oréograpiiie),et de xa/.xôç, airain; mot à mot, airain de monta-gne, ainsi nommé à cause de l’origrae attribuée àcelte substance métallique.
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
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