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Tome premier. A - C.
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joint comme augmentatif au mot qui indique lemouvement d’un air. Presto assai, fort vite.

— ÉTYM . Ital. Assai, beaucoup, très (voy. as-sez).

ASSAILLANT (a-sa-llan, Il mouillées, et nona-sa-yan), s. m. || 1“ Celui qui assaille. Il repoussatous les assaillants. Les assaillants furent repoussésjusques dans leurs tranchées. || 2“ Anciennement,celui qui, dans un tournoi, combattait contre le te-nant. Faites ouvrir le champ ; vous voyez l’assail-lant.Un guerrier si vaillant N’eût jamais suc-

combé sous un tel assaillant, corn. Cid, v, 6.

— HIST. xiv* s. Les assaillans ou emprenans sereputent plus fors, oresme, Eth. 79. ||xvi* s. L’as-sailleur bien souvent vaut moins que l’assailli,rons. 738. Il fault veoir en quel estât est l’assaillant,MONT. IV, 86.

ASSAILLI, IE (a-sa-lli, llie, U mouillées), part,passé. Assailli d’une grêle de balles. Dans la sombreépaisseur de ces profonds taillis, Où bientôt, sansretour, ils seront assaillis, volt. Scythes, iv, 8.D’un trouble si confus mon esprit assailli Se confessecoupable; et qui craint a failli, rotr. Venceslas,iv, 4.

ASSAILLIR (a-sa-llir, II mouillées, et non a-sa-yir), j’assaille, nous assaillons; j’assaillis, nousassaillîmes; j’assaillirai; j’assaillirais; assaille, as-saillons; que j’assaille, que nous assaillions ;que j’as-saillisse, que nous assaillissions;assaillant; assailli,t). a. || 1” Se jeter sur pour attaquer. Assaillir lesennemis dans leurs retranchements. Si on avait as-sailli un Romain, on ne payait que la moitié de lacomposition, montesq. Esp. xxvm, 3. Un moinenoir a par dévotion Saisi le tout quand j’assaillisMarthon, volt. Ce qui pl. aux dames. || 2° Fondresur. L’orage nous assaillit au sortir de la ville. Pen-dant cela le mauvais temps l’assaille De toutes parts,la font. Orais. || 3° Fig. S’il ne se fût mis en têted’assaillir son coeur, hamii.t. Gramm. 9. Toujoursnous assaillons sa tête De quelque nouvelle tempête,malh. U, 3. C’est le doute que j’ai qu’un malheurne m’assaille, id. v, 4.

— SYN. assaillir, attaquer. Assaillir, venant desalive, sauter, indique quelque chose de brusqueet d’imprévu qui n’est pas dans attaquer.

— HIST. xi* s. Qui en alcun des chemins occithome qui seit errant per le pals, ou assalt.... L. deGuill. 30. Son corps [il] demene, moût fierementasalt, Ch. de Roi. lvi. Nous asaldrum Olivier etRo-lant, ih. lxxiv. || xh* s. Par tantes fois [j’] ai estéassailliz, Que je n’ai mais pouvoir demoi defendre,Coud, vi. Saisne assaillent la vile, li encrismé fé-lon, Sua;, vin. || xiii* s. Et l’empereres Alexis avoitapareillés grans gent pour assaillir aus trois portes;comme il se ferroit en l’ost d’autre part, villeh.lxxxi. Li pelerin ne vous assaudront mie, id. xlvii.F.t chascuns vessiaus assailloit endroit lui, id. civ.Adonc pristrent cil de l’ost conseil qu’il porroientfaire, s’il assaudroient la vile ou par mer ou parterre, id. lxxiii. Et li Venicien s’acorderent à cequ’il asausissent par mer.... id. lxxiii. De l’hommequi hui main ens au bois m’assailli, Berte, cxvm. Demainte chose i fut Berte moût araisnie, Et souventoposée [contredite] et souvent assaillie, id. cxix. LiDieu cuideroient, espoir, Que j’assaillisse paradisCum firent les geans jadis, la Rose, 5447. Cixqui,à tort et par malvese cause, les assaudront de pletIprocês], reaum. 1 1 . Noz volons retenir les biens,si que noz aions pooir de noz deffendre, s’on noz as-saut, in. xii, 33. Et ses hons n’est pas tenus àli ai-dier à autrui assalir hors de ses fiés [fiefs], id. 50.Se aucuns assaut le [la] maison d’aucun, et se chius[celui] à cui l’assaus est fais, oehist l’asalant, enlui défendant, il n’est à nule amende, tailliar,Recueil, p. 48. || xv* s. Venez avant, dist-il, plai-sant Beaulté, Je vous requier que sur la loyautéQue me devez, le venez assaillir, ch. d’orl. i.Quant en mon lit doy reposer de nuit, Penser m’as-sault, et désir me guerrye, id. Bal. 12. Qui eussentpeu passer la rivière et assaillir les gens du roy,comm. i, 9. Que ils assaillissent hardyement, car le-dit ducassauldroit de son costé, id. ii, n. X l’aube•lu jour fut l’assault très bien assailly et très liar-iliement et encores mieulx deffendu, id. iii, io.l es Anglois demandèrent, comme ilz ont acous-lumé, la couronne, pour le moins Normandie etIluyenne, bien assailly, bien défendu, id. i, 8.|| xvi* s. L’advantage que la nuict lui donnoit pourassaillir Darius, mont, i, 29. Quand cette maladiem’assault mollement, elle me faict peur, id. iv,273. Qu’un seul eschelle une forteresse, qu’il as-saille une armée, qu’il conquière un royaume.... id.iv, 349. Si on ne les gourmande, si on n’assaut

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leurs vies, lanoue, 247. Et s il y eut bien assailli,il y eut aussi bien défendu, id. 655.

— ÉTYM . Norm. oj sauter; picard, assalir; bas-lat. assalire, dans la loi salique; provenç. assalhir,assaüir, assaillir; espagn. asalir; ital. assalire;du latin assilire, de ad, à (voy. X), et salive, sau-ter (voy. saillie). On conjuguait jadis ce verbe au-trement: au présent, j’assaus, tu assaus, il assaut.Un jour, qui n’est pas loin, elle [l’Eglise ] verratombée La troupe qui l’assaut et la veut mettre àbas, malh. Les larmes de S. P. Amour dedans le cœurm’assaut si vivement, Régnier , Élég. H. On disaitau futur j’assaudrai ; et Ménage avertit de dire j’as-saillirai, et non j’assaudray. Ce n’est pas une faute,mais un archaïsme. La conjugaison j’assaus, etc.est la conjugaison régulière, le latin sâlio, sdlis,sd-lit donnant régulièrement je sal, tu sais, il sait;d’où assaillir et sa conjugaison. C’est par une con-fusion de la conjugaison en ire et de la conjugaisonen iscere que nous disons j’assaillis, conjuguant ceverbe comme fleurir. Palsgrave , p. 23,au xvi* siècle,dit qu’on prononce les deux s.

ASSAINI, IE (a-sè-ni, nie), part, passé. Rendusain. La contrée assainie par des travaux bienconduits.

ASSAINIR (a-sè-nir) , v. a. Rendre sain, plussain. Assainir une ville, un hôpital.

ASSAINISSEMENT (a-sè-ni-se-man), s.m. Actiond’assainir; le résultat de cette action. L’assainisse-ment d’une localité.

— êtym. Assainir.

f ASSAISONNANT, ANTE (a-sè-zo-nan, nan-t’),adj. En économie rurale , plantes assaisonnantes,celles qui se distinguent par leur saveur acidulé,amère ou piquante, leur odeur prononcée, généra-lement agréable; elles sont pour les bestiaux unesorte de condiment.

ASSAISONNÉ, ÉE (a-sè-zo-né, née), part, passé.|| i* Pourvu d’assaisonnement. Légumes assaisonnésà l’huile. [| 2* Fig. Discours assaisonné de plaisan-teries.

ASSAISONNEMENT ( a-sè-zo-ne-man ) , s. m.|| i* Action, manière d’assaisonner. Il a manquél’assaisonnement. || 2° Substances qu’on emploie àassaisonner. Le poivre est un assaisonnement.|| 3° Fig. Tout ce qui ajoute de l’à-propos, du pi-quant à une chose. La sagesse toute crue fait malau cœur : il y faut un peu d’assaisonnement, balz.lin. vi, lett. 6. Qu’il y ait dans nos parolesun assaison-nement de grâce et de sel, fléch. Serm. i, 293. Quifont du mépris des choses saintes l’assaisonnementd’une débauche, mass. Prière, 2 . Que des discoursdissolus fissent l’assaisonnement de ses repas, in.Riche. Vous devez avertir, reprendre.... vous medirez qu’il faut à tout cela de l’assaisonnement etde l’onction : j’en conviens, mais je vous dis aussiqu’il faut de la force et de la résolution, bourd.Pensées, t. n, p. 473.

— ÉTYM . Assaisonner.

ASSAISONNER (a-sè-zo-né) , v. a. || 1° Mettredans un mets certaines substances qui le relèvent. As-saisonner un ragoût. || 2° Fig. Assaisonner d’un peude joie les amertumes de la vie. Quand on fait dubien, on l’assaisonne d’agrément, sév. 342. La sa-gesse sait assaisonner les plaisirs pour les rendredurables, fén. Tél. viii. Habile pour assaisonner unelouange délicate qui fût bien reçue des hommes lesplus modestes, id. ib. xvi. Ils doivent assaisonnerleurs discours du sel de la sagesse, boss. Cath. 3.Un art d’assaisonner les grâces qui touchait plus queles grâces mêmes, mass. Louis XIV . [Il a vu] lepéril de la débauche en assaisonner les excès, id.Conv. Le roi me demanda comment ce malheur [lamort de mon père] était arrivé, avec beaucoup debonté pour mon père et pour moi ; il savait assaison-ner ses grâces, st-sim. 6, 78. La satire, en leçons, ennouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisantet l’utile, boil. Sat. ix.

— HIST. xiii' s. Assez vault miex viande asseson-née Que le mangié poi cuit et trop hastez, Bibl. desChart. 4* série, t. v, p. 38. || xv’ s. Combien queicelluy blé ne feust mie pour lors attempresé neassaisonné, du cange , assaxonare. || xvr s. L’espicjaunit en grain, que le chaud assaisonne, dubell.vi, 19, verso. Mais ne peult-on l’amour assaisonner,Comme les fruicts, et par art luy donner Maturité....id. vu, 32,teno. La douceur et gentillesse de sonnaturel , qui assaisonnoit tout ce qu’elle disoit oufaisoit, eetoit unaguillonqui poignoitau vif, amvot,Anton. 32. Et treuverés tout ce bois prest pour vos-tre service, à mesure du besoin, séché et assaisonnéà propos, o. de serres, 808 . X la délicatesse dupain sert aussi tel séjour du bled en la gerbe, d’au-

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tant que là il s’assaisonne et préparé très-bien,ID. 820.

— ÉTYM . Berry, assaisonner, cultiver en saisonpropre; norm. assaisonné, qui vient à une époqueconvenable; wall. asaguener; provenc. assazonar,asasonar, mûrir à temps; portug . asasonar ; dead, à, et saison, mettre à la saison, mettre à point,,sens qu’on trouve en effet dans les anciens auteurs.

f ASSAISONNEUR (a-sè-zo-neur), s. m. Celuiqui assaisonne. Familier.

— ÉTYM . Assaisonner.

ASSAK.I (a-ssa-ki), s. f. Titre de la sultane favo-rite du Grand-Seigneur.

— ÉTYM . Arabe, assâki, de l’article al, et sâki,échanson; cette terminaison, masculine en arabe,s’employant en turc pour le féminin aussi. Apparem-ment on donne ce nom, dans le harem, à la sultanefavorite, parce qu’elle sert à boire au sultan danscertains moments.

t. ASSASSIN(a-sa-sin), s. m. Celui qui assassine.Un lâche assassin. L’assassin fut saisi, tenant en-core son arme. Soyons des ennemis et non des as-sassins, rac. Andr. i v, 3. Pour moi, mon ennemi,l’objet de ma colère, L’auteur de mes malheurs,l’assassin de mon père, corn. Cid, iv, 6. || Par ex-tension. Ce médecin est un assassin. Que dit-il quandil voit, avec la mort en trousse, Courir chez un ma-lade un assassin en housse? boil. Sat. vm.Ton on-cle, dis-tu, l’assassin M’a guéri d’une maladie; Lapreuve qu’il ne fut jamais mon médecin, C’est queje suis encore en vie, id. Épigr. Dans Florence jadisvivait un médecin,Savant hâbleur,dit-on,et célèbreassassin, id. A. poét. iv. Vous êtes dans votre art [lacuisine] tous de francs assassins Produits par les en-fers, payés des médecins, regnard, Démoc. m, 7.|| Crier à l’assassin, appeler du secours; crier pourqu’on coure sus à l’assassin. || Au fém. Et vous enavez moins [de peine] àmecroireassassine.... corn.Nicom. iii, 8. Que dit-elle de moi, cette gente assas-tsine? mol. l’Étour. i, o || Autrefois et figurément, as-sassin, petite mouche noire que les femmes se met-taient au-dessous de l’œil.

— rem. Le langage vulgaire se sert de assassiticuret d’assassinateur; ce sont des archaïsmes, il estvrai, mais que l’usage a tout à fait bannis; et c’estune faute que de s’en servir.

— SYN. ASSASSIN, MEURTRIER, HOMICIDE. L’IlOmi-cideest le terme le plus général ; il se dit de celui quitue un homme, soit avec intention, soit par impru-dence.L’assassin et le meurtrieront l’intention de tuer,mais le premier dresse un guet-apens et attaque entrahison; dans meurtrier l’idée de guet-apens, detrahison n’est pas impliquée.

— HIST. xiii* s. Le Vieil de la montaigne savoitbien que, si il en feist un tuer [grand-maître desTempliers ], l’en y remeist tantost un autre aussibon; et pour ce ne vouloit il pas perdre les assacisen lieu là où il ne peut riens gaainger, joinv. p. 137,édition de Michel, 1858. Et pour ce ne font force li assa-cis d’eulx faire tuer, quand leur seigneur leur com-mande, pour ce que il croient que il seront assezplus aise quant il seront mors que il n’estoient devant,iD.t&.p. 139. || xvi*s. Ruynantles obscures forests,réceptacles de briguans et meurtriers , taulpinieresd’assassinateurs,RAB. Pant. iu, 2. Les hommes serontloupz es hommes, briguans , assassineurs , empoi-sonneurs, id. m, 3. Rompre sur la roue, commetrahistre et assassinateur, carl. vi, t7. Les faitsd’armes des anciens et modernes assassins, autre-ment appeliez Bédouins et Arsacides, qui ne crai-gnoient d’aller tuer.... ceux que leur prince imagi-naire Aluadin, surnommé le vieil des six ou septmontagnes , leur commandoit, Sat. mén. p. 19.Meurtriers et assassinateurs, ib. p. 107.

— ÉTYM . Provenç. assassin, ansessi; anc. catal.assessi; espagn. asesino; ital. assassino; bas-lat. as-sasini, assessini, assisini, assassi, hassatuti, heis-sesin; yâa loi,en greemoderne ; de l’arabe haschisch,nom de la poudre de feuilles de chanvre, avec la-quelle on prépare le haschisché. Le Prince des assas-sins ou Scheik ou Vieux de la montagne faisait pren-dre du haschisch à certains hommes qu’on nommaitfeidawi; ces hommes avaient des visions qui lestransportaient et qu’on leur représentait comme unavant-goût du Paradis. A ce point, ils se trouvaientdéterminés à tout faire, et le prince les employait àtuer des personnages ennemis. C’est ainsi qu’uneplante enivrante a fini par donner son nom à l’assas-sinat.

2. ASSASSIN, INE(a-sa-sin, si-n’), adj. || l°Termepoétique. Qui tue. [Il] ne saurait se garder d’un poi-gnard assassin, c. delav. Vêpressicil. i, t. || 2" Fig.Et tandis qu’il m’assied au trône de Racine, [il] Ai-