Band 
Tome premier. A - C.
Seite
311
JPEG-Download
 

A

15 AT

Minerve a bâtis, rac. Phèd. i , 5. || Absolument.Passe encor de bâtir, mais planter à cet âge! lafont. Fables, n, 8. Il faut avoir trente ans pour son-ger à sa fortune ; elle n’est pas faite à cinquante ;ï’on bâtit dans sa vieillesse, et l’on meurt quand onenestaux peintres et aux vitriers, la bruy. 8. || Fig.Bâtir en l’air, former des projets chimériques. Bâ-tir sur le sable, former une entreprise qui ne peutdurer. Et bâtissant en l’air sur le malheur d’au-trui.... corn. Ilor. iv, 4. Voilà le sable sur lequelon bâtit, sév. 308. || Bâtir à chaux et à ciment,donner à ce qu’on fait une base solide. || Fig. et fa-milièrement. Bâtir sur le devant, se dit d’une per-sonne qui, engraissant, prend un gros ventre, etaussi d’une femme enceinte. || 2° Fonder, La villed’Alexandrie fut bâtie par Alexandre. || 3° Fig. Fon-der, établir. Il a bâti sa fortune sur les débris decelle des autres. Les systèmes que les philosophesbâtissent. Il verra comme il faut dompter des na-tions Et sur de grands exploits bâtir sa renommée,corn. Cid, i, 7. Le pauvre homme bâtit Maint om-brage et mainte chimère, la font. Coupe. Et surun bois détruit bâtit mille procès, boil. Lutr. v.|| Absolument. Quant à la conséquence qu’on tire,c’est bâtir sur un faux principe, boss. Souv. myst.12 . Les personnes de condition bâtissent toujourssur leshonneurs de leur maison et de leurs ancêtres,id. Bern. 4. Mon cœur aura bâti sur ses attraits nais-sants.... mol. Éc.desf. iv, 4. Vous supposez mon apos-tasie comme un principe ferme sur lequel vous bâ-tissez hardiment, pasc. Prov. 17. || 4° Terme dechapellerie. Façonner le feutre sur le bassin. || 5“ Sebâtir, v. réjl. Etre bâti. Les maisons qui se bâtissentaujourd’hui.

— BIST, xii* s. E dist à ceaus [ceux] qui bastis-soient maisons, Machab. I, 3. Vers cels qui cestem’ont bastie [m’ont mis cette mauvaise affaire] ,Ronc.p. 1 s. E cil qui mortalment le soleient haïr, Enversle rei Henri medler e mal tenir, E ki furent à samort purchacier e bastir, Th. le mart. 4 59. || xm* s.Detraïson bastir n’ert [n’était] la vieille lente, Berte,xcvi. Et puis basti un tel plait dont Lombart se re-pentirent à la fin, h. de valenc. xv. Ha, quens deBoulongne, quens de Boulongne, quelle avés bastiela traïson entre vous et frere Garin? Chron.deRains,145. De tant li [au chevalier] a son bon [plaisir] bastiAmors, qui le connissoitbien, Lai de l’ombre. Moultm’avés or grant los basti, Quant de tel chose vousvantés, la Rose, 8530. || xv* s. Et avoit le roi d’An-gleterre basti son siégé [de Vannes ] par telle ma-niéré que les François ne pouvoient venir à lui parnul avantage, froiss. i,i, 2H. La paix, telle quele grand maistre l’avait bastie et faite avec le roy deCypre, Bouciq. ni, ch. 48. Et n’y ait si sot ne silourd, Si nyaiz, ne si mal basty,Pour faire du gros,du demy lourd, Qui n’use des droitz du jourd’huy,coquill. Droits nouv. || xvi* s. Pigmalion ayant bastiune statue de femme de beauté singuliers, mont,ii, 92. Ce livre est basti d’un espaignol barragouinéen terminaisons latines, id. ii. 4 37. Tu tiens tablecomme Crassus, tu basns comme Lucullus , et nouspresches comme Caton, amyot, Cat. d'Ut. 30. Il de-meure icy à nourrir des séditions en la ville, bas-tissant par tel artifice les moyens de mettre la chosepublique en telle confusion, que.... id. ib. 64. D’Au-bigné acheta dans ce temps et bâtit la terre duCrest; comme il prenoit grand plaisir à son bati-ment.... d’aub. Vie, cxlvi. Le premier tuiau seracreusé dans une grosse pierre de taille bastie au tra-vers du mur, o. de serres, 763.

— ÉTYM . Provenç. bastir; anc. ital. bastire. Cemot a le même radical que bâton et bât (voy. cesmots), c’est-à-dire l’idée de soutenir, de porter.

2 . BÂTIR (bà-tir), v. a. Terme de tailleur et decouturière. Passer un fil entre les diverses piècesd’un vêtement, pour les assembler. Bâtir à grandspoints. Bâtir un vêtement pour l’essayer.

— ÉTYM . Espagn. et ital. basta, couture à longspoints; espagn. baslear; ital. im-bastire, bâtir; del’ancien haut allem. bestan , coudre, rapiécer. Il y aeu. en français, en espagnol et en italien , un ra-dical bast signifiant coudre, qu’on ne peut écarterde bâtir des tailleurs; mais l’on peut penser qu’uneassimilation s’est faite entre les deux mots signifiantcoudre et construire.

| BÂTISSAGE (bâ-ti-sa-j’), s. m. Terme de cha-pellerie. Premier degré du feutrage des poils.

— ÉTYM . Bâtir 4.

BÂTISSE (bâ-ti-s’), s. f. Ce qui dans une cons-truction appartient à la maçonnerie. Une bâtisse so-lide. La neige bouche en dehors les vides de la bâ-tisse [du castor], chateaubr. Amer. 4 23.

— ÉTYM . Bâtir 4.

BÂT

.BÂTISSEUR (bà-ti-seur), s.m. Celui qui a la ma-nie de faire bâtir. Tous les bâtisseurs (et il n’y a pointau monde de nation plus jalouse ni plus envieuse)avouent qu’il ne se peut rien voir de mieux [quevotre bâtisse], voit. Lelt. 4 83.

— hist.xvi's.E t le bastisseur.... mont, i, 79. Dema part je n’estimerois pas un homme moins bastis-seuret affectionné à l’architecture, pour avoir vendule bastimentqu’il auroit achevé, etpuisaprèsen avoirrefait un autre, la boètie, 259.

— ÉTYM . Bâtir 4.

f BÂTISSOIR (bâ-ti-soir), s. m. Terme de tonne-lier. Machine à retenir les douves pour la construc-tion d’un tonneau.

— ÉTYM . Bâtir 4 .

BATISTE (ba-ti-sf), s. f. Toile de lin, très-fine.

— ÉTYM . Baptiste, nom du premier fabricant decette toile, de fSanrciarÿjc, proprement le baptiseur(voy. baptiser). Sa statue est à Cambrai .

BÂTON (bâ-ton), s. m. || 1° Morceau de bois assezlong qu’on peut tenir à la main. Bâton ser-vant d’appui. Un gros bâton. Un bâton noueux. Ilsétaient armés de piques et de bâtons durcis aufeu, vaugel. Q. C. iii, 2 . Si on veut donner uncoup de bâton, pasc. Prov. 7. Dont la conduite mé-riterait vingt coups de bâton, hamilt. Gramm. 9.|| Jouer du bâton, manier un bâton avec dextérité,et aussi donner des coups de bâton. || Familière-ment. Une volée de coups de bâton, un grand nom-bre de coups de bâton. || Fig. et familièrement. Âcoups de bâton, par force. Sa mère [de l’abbé deMailly] l’avait fait prêtre à coups de bâton, et l’a-vait laissé mourir de faim longues années à Saint-Victor, st-sim. 52, 4 22 . || Fig. Le bâton haut, d’au-torité. Le chevalier de Lorraine mena Monsieur lebâton haut toute sa vie, fut comblé d’argent et debénéfices, st-sim. 93, 234. || Mettre des bâtons dansles roues, entraver, susciter des obstacles. || Sauterle bâton, faire quelque chose malgré soi, à contre-cœur ; locution tirée des chiens et des singes aux-quels les bateleurs font sauter un bâton. Toutes lesdames voulaient être nommées [du voyage], c’est cequi leur fit sauter le bâton de s’entasser dans lescarrosses des princesses, st-sim. 60 , 3. Quand on acompté sur un mariage de cette autorité, il ne setrouve plus de porte de derrière, et il leur fallut [auxMailly] sauter le bâton d’assez mauvaise grâce, id.3, 65. X quelques réponses brusques [de Pierre leGrand ] aux derniers messages, ils [les ambassa-deurs Anglais ] sentirent bien qu’il fallait sauter cedangereux bâton, et ils montèrent [aux échelles decorde], id. 64, 444. || Fig. Battre l’eau avec un bâton,perdre sa peine. || Fig. Prendre un bâton, faire mau-vais accueil. Et, lorsque pour me voir ils font dedoux efforts, Dois-je prendre un bâton pour les met-tre dehors? mol. His. il, 4.|| Sortir d’une place lebâton blanc à la main, se disait d’ane garnison quise rendait en consentant à sortir sans armes et sansbagage. || Fig. Sortir d’un emploi, d’une administra-tion avec le bâton blanc, ou le bâton blanc à lamain, en sortir pauvre. On dit de même : il est venuen cette ville le bâton blanc à la main, il y est venupauvre. || Le bâton, la peine de la bastonnade. Con-damner au bâton. Faire mourir sous le bâton.|| 2° Fig. Sa charge de prévôt est un dangereuxbâton dans la main d’un méchant homme, scarr.Rom. com. n* p. ch. 4 5. || 3* Bâton d’aveugle, bâtonqui sert aux aveugles à se conduire. || Fig. Ce bâ-ton d’aveugle avec lequel marchait le modeste Locke ,cherchant son chemin et le trouvant, volt. Lettr. àM *** 4 740. L’analyse, qui est le bâton que la naturea donné aux aveugles, volt, ilétaph. 4. || Un aveu-gle sans bâton, se dit de celui qui n’est pas pourvudes objets nécessaires à sa profession. || Bâton devieillesse, celui qui est le soutien, l’appui d’un vieil-lard. Cet enfant sera un jour votre bâton de vieil-lesse. Bonne maman, consolez-vous, Prenez un bâ-ton de vieillesse, bérang. B. mam. || 4“ Bâton dechaise, morceau de bois qu’on met dans les portantsd’une chaise à porteur. || Bâton se dit aussi des boistournés qui maintiennent les quatre pieds d’unechaise à s’asseoir. Ne mettez pas vos pieds sur lesbâtons. || Bâton de cage, bâton sur lequel se per-che l’oiseau. || 5° Bâton s’est dit jadis des armesmontées sur un fût ou hampe. Les arquebuses, lesmousquets, les fusils ont été dits de la sorte bâ-tons à feu. || Bâton à deux bouts, espèce d’arme of-fensive qui consiste en un bâton ferré par les deuxbouts. Il faisait le moulinet autour de soi avec unehoussine qu’il avait arrachée à un laquais, et il s’enescrimait comme d’un bâton à deux bouts, Fran-cion, liv. xii. || 6“ Batterie à bâtons rompus, batte-rie de tambour qui désigne l’action des mains don-

lî.vr an

nant chacune deux coups de suite ; ce jeu de baguettesest un moyen d’étude, et l’accélération des batte-ments produit un bruissement et non une batteried’ordonnance; de là la locution figurée : à bâtonsrompus ou à bâton rompu, avec interruption, à di-verses reprises. J’entendis à bâtons rompus leurs pro-pos, Francion , liv. iv. Selon ma coutume paresseusede travailler à bâton rompu, j. j. rouss. Avert.Vous voyez comme je travaille ; tout ce qu’on appelledécousu, bâton rompu, n’est rien en comparaison, p. l.cour. Lelt. i, 288 . || Bâtons rompus, espèce de ta-pisserie qui représente plusieurs bâtons rompus etentremêlés l’un dans l’autre. Cela s’est dit aussi decertains ornements d’architecture. || 7 ° Bâton pasto-ral, la crosse d’un évêque. || Bâton de chantre, sortede bâton fort orné et recouvert d’argent que lechantre d’une église tient à la main pendant l’officedivin en marchant en chape dans le chœur. || Bâtonde prieur, le bâton qu’un religieux, en qualité deprieur, porte derrière l’écu de ses armoiries. || 8° Lebâton de la croix, d’une bannière, le bâton au hautduquel la croix, une bannière sont portées. || Bâtonde confrérie, le bâton de la bannière d’une confré-rie. || 9° Court bâton, petit bâton qui, mis avecd’autres plus longs, sert à tirer au sort. On ditaujourd’hui courte paille. || Fig. Tirer au bâton,au court bâton avec quelqu’un, contester aveclui sans vouloir se relâcher sur rien. 11 ne fautpas tirer au court bâton avec ses amis. || 10 ° Bâ-ton de croisure, outil des ouvriers de haute lisse.|| Bâton de preuve, celui qu’on trempe dans le siroppour essayer la cuite. || il" Bâton se dit des chosesqui ont la forme d’un petit bâton. Bâton de casse;bâton de cire d’Espagne ; bâton de sucre d’orge.

|| 12 ° Bâton de commandement, bâton que portentcertains officiers investis d’un commandement.|| Bâ-ton de maréchal, ou simplement bâton, dignité demaréchal. Il est du nombre des désespérés de n’avoirpoint de bâton [de n’être pas maréchal], sév. 20 t.|| Bâton d’exempt, sorte de bâton qui marquaitque celui qui le portait était un exempt. || Bâtonde mesure, petit bâton avec lequel un chef d’or-chestre indique le mouvement. |[ 13 ° En géomé-trie, on appelait bâton de Jacob un instrumentcomposé de deux règles mobiles, avec des pin-nules à l’extrémité, qui servait à prendre les hau-teurs ou les distances, par la méthode des an-gles. Les anciens astronomes sont peints avec unbâton de Jacob à la main. || Bâton de Jacob, troisétoiles du baudrier d’Orion qui sont en ligne droite.|| Le bâton de Jacob, la baguette d’un escamoteur.|| Il sait bien le tour du bâton, il est fin et adroit,il sait faire sa main; locution prise des joueurs depasse-passe, qui ont d’ordinaire en main un petitbâton. || Familièrement. Tour du bâton, profit secretet illicite. Phelypeaux était général des Iles à laMartinique , qui est un emploi indépendant, de plusde 40000 livres de rente, sans le tour du bâton,qu’il savait faire valoir, st-sim. 354 , 427. J’ai dubien, du crédit et de l’argent comptant; Quant autour du bâton, vous en serez content, boursault,Ésope à la cour, iv. 6. || 14 ° En architecture, bâ-ton , moulure en saillie ou gros anneau qui s’appelleaussi tore, et qui est un ornement de la base descolonnes. || 15 ° En termes de blason, bâton, le tiersd’une colonne en brisure. || 16 ° Terme de marine.Bâton de pavillon ou d’enseigne, petit mâtereau quisert à arborer le pavillon. || Bâton de flamme,bâton qui tient la flamme au bas du mât. || Bâtond’hiver, petit mâtereau qui, lorsque le temps estmauvais, remplace le mât de perroquet dans unbâtiment de commerce. || 17 ° Rouleau de bois dontl’orfévre se sert pour aplanir une plaque de métal.|| Cylindre de bois garni de peau de chien, pourfrotter divers ouvrages. || 18 ° Terme de botanique.Bâton de saint Jean, la persicaire d’Orient (les jar-diniers appellent bâton toute plante dont les fleurssont disposées en épi le long d’un axe redressé etrigide). || Bâton de Jacob, asphodèle jaune. || Bâtond’or, violier jaune ou giroflée jaune. || Bâton royal,l’asphodèle blanc ou l’asphodèle rameux. Dit aussihache royale. || Bâton de St Jacques, la rose tré-mière. || 19 ° Dans l’écriture, traits longs et droitsque font les commençants. Cet enfant fait des bâ-tons. || Dans la musique, sorte de barre qui traverseperpendiculairement une ou plusieurs lignes de laportée et qui, surmontée d’un chiffre, exprime laquantité de mesures qu’il faut passer en silence.|| 20° Par rain et par bâton, locution de droit féo-dal dont on se servait dans les solennités des in-vestitures.Rain veut dire branche, de ramus; mot àmot, par branche et par bâton. || Le bâton, dans lescoutumes féodales, était un signe par lequei on con-