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Tome premier. A - C.
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ne vis], joinv. 22G. J’ai mes petis enfans à qui jesui tenus Plus qu’as povres estranges, ne qu’as frè-res menus; Je les ai jusque ci bien et bel mainte-nus, J. DE MEUNG . Test. 355.

— xiv” s. Et aussi nulle punicion ne deffence nebeau parler ou persuasion ne les pourrait retrairede mal faire, oresme, Eth. 72. Par mon chief! fistli ducs, voici chose faée;Li vilains nous en a unebelle donnée, Qui nous a fait venir et regarder labée, Guescl. <495.

— xv” s. Nous nous en avons beau [nous feronsbien] taire et souffrir, velà les freres au duc de Glo-cestre qui bien y pourvoiront, froiss.iii, iv, et. Illes rappaisa [ses gens] au plus bel qu’il pust, id.i, i, 97. Et leur fit grâce pourtant que si belet si vaillamment ils s’estoient tenus et desfen-dus contre leurs ennemis, xn. i, i, <46. Et legentil homme qui pris m’avoit estoit très belhomme, id. ni, iv, 42. Volontiers au matin,quandil estoit levé, mais que il fit bel, [Yvain de Gal-les] s’en venoit devant le chastel, id. ii, il, 30.Et leur montra adonc tant de belles raisons qu’ilss’en souffrirent [ils s’en contentèrent], id. i, i,< i <. Si passa le roi son mautalent adonc au plusbeau qu’il put, id. I, I, 296. Et le lendemain aumatin, les dits Anglois ordonnèrent leurs batailles,et passèrent à beau pié la dite rivière, AL. chart.llist. de Charles VII .... en nom de Dieu tu la baillesBelle 1 de qui appelles-tu? Jft'r. de Ste-Genev. X re-commencer de plus belle, J’en voy jà les adjourne-ments Que font, vers vieulx et jeunes gens, Amours et la saison nouvelle, ch. d’orl. Rond. Etpourcestecause allèrent à Pontoise les dicts ducs de Berry etde Bourgongne, et y eut articles faicts beaux etbons, lesquels pleurent à toutes les parties, juv. desursins, Charles VI , <4<3. Les Gois estoient troisfreres, fils de Thomas le Gois qui estoit boucher,belhomme, et en son estât bon marchand, iD.tô. <4<i.Je vous l’ay appellée ma dame, Et dévoyé dire de-moiselle, Là où j’ay failly par mon ame; Pourquoyel’la me bailla belle, coquill. U monologue du Puits.Et [le roi] eust eu beau se retirer en France , sanspéril, si n’eussent esté ses longs séjours sans pro-pos, comm. vm, 5. Il fut là laissé toute la belle nuit,locis xi, Nouv. xxvii. Il aurait bel attendre, id. ib.Si s’avisa bon jacobin de venir voir sa dame et qu’àl’aventure il pourrait estre si heureux que de la trou-ver en belle, id. ib. xlvi. Quand il vit que par beaune par laid [prières ni menaces] il ne la pouvoitos-ter de sa mauvaistié, id. ib. lxxxiv.

— xvi” s. Ses successeurs voyans qu’ils n’y ga-gnoient rien, se déportèrent bien et beau de cesteobstination, Calvin , Instit. 909. Mais dessus tout,qu’il fit beau voir Le roy armé, accompaigné de prin-ces! J. marot, v, 29. Or estCassan basty dessus unghault, Et au beau pyé est la riviere d’Ade, id. v, 90.....Aubeau travers [àtravers], id.v, <43. 0! vousfac-teurs [poètes], parlant beau comme ung ange, D’hon-neuret loz donnez un million Au roy Loys, id. v, < 36.De plus belle, id. v, <66. De plus beau [même sens],id.v, < 81 . Homme faulx, et bel enlangaigé Vaultpis que faulx ès mains d’un enraigé, ID. v, <94. Ona beau dire : une colombe est noire, marot, ii, 66.Belle en qui gist ma mort ou mon secours, id. i,363. Abellesdents, mont.i, 21 . Cette belle [ironique-ment] sentence, id. i, 24. Eschylus a beau se te-nir à.... id. i, 74. Tu as beau faire, douleur! si nediray je pas que tu sois mal, id. i, 30i. Tant quel’ennemy est en pied, c’est à recommencer de plusbelle, id. i, 35<. Vrayement Protagoras nous encontoit de belles.... id. ii, 3<<. Il a bel aller à pied,qui mene son cheval par la bride, id. iii, 287. 11 estbel à veoir [évident] que d’ores en là ce leur estplus languir que vivre, la boétie, 29. Et, pour cequ’en ce nom le beau est accouplé avecques le bon,le premier que je voyois beau et bien formé, jem’approchois de luy, id. <63. Il fait beau voir leshabillements tous séparez.... cela est beau à l’œil,id. <78. Ce beau tiltre de Bel et Bon qu’on t’a donné,id. 207.Voyla beau coude, ce dit quelqu’un. Bel est-il vrayement, dit elle, mais non pas pour demeu-rer en veuë, id. 298. Amorces de bonne esperanceet de belles paroles, amyot, Timol. <6. Ilz em-ployèrent leur loisir à un très bel et très digne ex-ploit, id. ib. 23. 11 s’en alla en tel equippage,dansant jusques au beau milieu de l’assemblée dupeuple, id. Pyrrhus, 27. Il feit imaginer à ses com-pagnons, que c’estoit belle couardise qui luy faisoittenir ces propos là, id. Nicias, 39. Ilz empoignoientà belles mains les bourdons des Parthes , id. Cras-sus, 48. Les corbeaux recommencèrent à crier ar-riéré de plus belle, id. l’huc. < 2 . Paulinus ne vou-lut pas, remonstrant qu’il falloit aller tout beau, et

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no se travailler pas trop, ny aller chaudement, id.Olhon, <6. Et dès lors recommença plus beau quedevant à siffler, des pér. Contes, cxv. Notre curéla bailla belle Aux huguenots de la Rochelle, d’aub.Fœn. il, 6. La royne d’Hongrie a beau [beau jeupour] faire ce qu’il luy plaist, puisqu’on luy endonne le loisir, carloix, iv, 20 . De ce que, par safaveur, ils l’avoient, non pas si belle, mais simortelle et sanglante, eschappée, carloix, vii,4. A quoy le roy l’eschappa belle; car l’harque-busade.... brant. Launoy. Quand vous serez^ bienvieille, au soir à la chandelle, Assise auprès dufeu, devisant et filant, Direz, chantant mes vers,en vous esmerveillant : Ronsard me célébrait dutemps que j’estois belle, Ronsard .

— ÉTYM . Berry, Mau; bressàn, bal ; picard, biauet biel ; provenç. bel; calai, bell; espagn. et ital.bello; d e bellus. Bèze, au xvi” s. dit qu’on pro-nonce beo, un e fermé s’entendant avec o et ne fai-sant qu’un son, et il recommande de ne pas pro-noncer biau comme font les Parisiens. Dansl’ancienfrançais , au nominatif singulier, bels ou bous, aurégime bel; au nominatif pluriel bel, et au régimebels ou baus. C’est du régime singulier que nous estrestée la forme bel.

t BEAUCÉANT (bô-sê-an) et mieux BAUÇANT(bô-san), s. m. Nom de l’étendard desTempliers.

— HIST. xvi”s. Un grand baucent [étendard] ver-meil, qui sera au boust du mast en enseigne nuitet jour.... Cinq baucens batus à or pour les troisgrans nefs le roy et pour deux galées, du cange,baucens,

— ÉTYM. Provenç. bausan. Bausan en proven-çal et en ancien français signifiait un cheval balzan,c’est-à-dire un cheval noir ayant des marques blan-ches au pied ; et en effet l’étendard des Templiersétait mi-parti de noir et de blanc, ce qui lui avaitfait attribuer le nom du balzan. On voit donc quela vraie orthographe et prononciation est bauçant ;beauce'ant est une fausse assimilation comme si lemot était beau-séant, qui sied bien. On trouve, il estvrai, dans des textes anciens, l’orthographe bau-ceant, mais, comme alors la cédille manquait, l’en’est là que pour indiquer la prononciation du e.

t BEAU-CHASSEUR (bô-cha-seur), s.m. Chienqui crie bien dans la voie, et qui marche toujours laqueue en l’air.

BEAUCOUP (bô-kou;leppeut se lier, etilselietou-jours dans le parler soutenu, devant une voyelle : beau-coup en disent du bien. bô-cou-p en disent du bien), s.m. pris toujours sansarticle. [| 1” Proprement un beaucoup, c’est-à-dire une belle quantité, une grandeou belle chose, un grand nombre. C’eûtétébeaucoupd’avoir mérité son estime. Celui qui possède beau-coup. Homme qui sait beaucoup. Beaucoup de sangrépandu. Beaucoup de gens. Il a beaucoup d’auto-rité sur moi. Joindre beaucoup d’honneur à bienpeu de rudesse, corn. J Vicom. ii, 4. C’était beaucouppour moi, ce n’était rien pour vous, rac. Brit. iv, 2 .On lui promit beaucoup, c’est tout ce que j’ai su, id.Esth. ii, 3. Il comptait pour beaucoup de l’avoir au-près de lui, hamilt. Gramm. 6. N’eût [II] voulu pourbeaucoup en être soulagé, la font. Fab.i, 4. Toutesvos lettres me font plaisir et beaucoup, mais nonpas toutes autant que la dernière, p. l. cour. Lett.i, <o. |] C’est beaucoup, c’est faire beaucoup, se ditquelquefois par ironie, pour à peine, à grand’peine. C’est beaucoup qu’il daigne vous parler.C’est beaucoup s’il vous regarde. C’est faire beau-coup que de réussir à lui plaire. || X beaucoup près,locution par inversion qui est pour près d beaucoup,c’est-à-dire s’en manquant beaucoup pour être près,et qui signifie : avec une grande différence, avecune grande distance ; en plus si la phrase est affir-mative, en moins si elle est négative. Il n’est pas, àbeaucoup près, aussi riche qu’on le dit. Je suis sonaîné, à beaucoup près. || De beaucoup, en quantité no-table. Son dernier état deviendra de beaucoup pireque le premier, mass. Inconsl. || 11 s’en faut debeaucoup exprime une différence de quantité. Ils’en faut de beaucoup que vous ne m’ayez payé toutce que vous me devez. Le pays n’est pas peuplé àproportion de son étendue, il s’en faut de beaucoup,volt, llist. de Kuss. i, 2 . || Il s’en faut beaucoup,exprime une différence de qualité. Il s’en faut beau-coup qu’il soit aussi sage que son frère. Il s’en fautbeaucoup que cette étoffe soit aussi bonne que l’autre.

11 s’en fallait beaucoup, avant Pierre le Grand , que laRussie fût aussi puissante, volt.// ist. de Russie , i, 2 .L’auteur n’est pas l’ami du comte Lally, il s’en fautbeaucoup, id. S. de Louis XIV , ch. 34. Il s’en fautbeaucoup que nos commerçants nous donnent l’idéede cette vertu dont nous parlent nos missionnaires;

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on peut les consulter sur les brigandages des man-darins, montesq. Esp. ch. xxi. Il s’en faut beaucoupque Don Garcie soit une pièce indigne d’estime.auger, édit, de Mol. || 2” Plusieurs. Beaucoup d’en-tre eux. Beaucoup en ont parlé, mais peu l’ont bienconnue, volt. Ilenr. ch. n. Il 3" Avec lart. le. Lebeaucoup. Séparer le peu d’avec le beaucoup, bayle,Dict. hist. Chrys. Rem. 0 . || 4 ” Pris adverbialement.Grandement. Il ne parlait pas beaucoup. Je l’aimebeaucoup. Je m’appliquais beaucoup à l’étude. Che-minbeaucoup plus facile. J’aimerais beaucoup mieux.Je vous suis beaucoup obligé, mu Pourc. ni, 9.Leur savoir à la France est beaucoup nécessaire,id. F. sav. iv, 3.

— rem. 1. L’usage ne permet guère qu’on joignepoint à beaucoup; et c’est pécher que de dire : jen’en ai point beaucoup; dites : je n’en ai pas beau-coup. || 2. Beaucoup employé pour plusieurs doitêtre le sujet du verbe : beaucoup s’en plaignaient.Ou bien, s’il est régime, il doit être précédé deen : j’en connais beaucoup qui prétendent.. ..| | 3. Quandbeaucoup se joint à un comparatif, si on le metaprès l’adjectif, il faut intercaler de avant beaucoup :il est beaucoup plus diligent que son frère; ou il estplus diligent de beaucoup que son frère. || 4 . Beau-coup, suivi de la préposition de, veut que le sub-stantif qui suit n’ait point d’article : il a beaucoupd’instruction, et non de l’instruction; il fait beau-coup de fautes, et non des fautes. || S. Beaucoup,d’après sa formation, est un substantif employécomme nom de quantité, quand il est sujet de verbeou complément, puisqu’il n’y a que les noms quipuissent remplir cette fonction; et employé commeadverbe quand il modifie un verbe ou un adjestif.

— hist. xiii* s. Nos engins getoient aus leurs; etles leurs aus nostres; mès onques n’oy dire que lesnostres feissent biau cop, joinv. 221. || xiv” s. Et si[j’] avoie des esbattemens biau cop; car, en tout lechemin, on ne faisoit que chanter et veoir dameset damoiselles, machadlt, p. <47. || xv” s. Et ne luyveis jamais tant de gens ensemble à beaucoup près,comm. h, 2 . Et si luy manda que on l’avoit volutrahir, et qu’il y avoit eu deux Bourguignons prinsdont l’un estoit pendu, et l’autre avoit requis qu’onluy saulvast la vie, et qu’il diroit des choses beau-cop, Bibl des Chartes, 4” série, t. il, p. 666.|| xvi” s. C’est beaucoup si la fortune y arrive unefois en trois siècles, mont, i, 207 . Quand le peusuffit, le beaucoup devient superflu, lanoue, 263.

— ÉTYM . Bourguig. beacô; ital. bel copo; de beauet coup, c’est-à-dire un grand coup, un coup heu-reux, et de là une grande quantité. Cette locutionne paraît bien s’établir que dans le xiv” siècle, carbiau cop dans Joinville est au propre; et il s’agit debeaux coups faits avec les engins de guerre. Mais,dès le xni” siècle, on disait grand coup au sens debeaucoup, ce qui est évidemment la même chose :Le roy ot, par la paix fesant, grant coup de la terrele comte, joinv. 206 . Et dans le xiv” siècle : L’en[on] estoit en conseill souvent; Grant coup avoit desage gent; Làoîssiez de beaux langages, Le livre dubon Jehan, <649.

t BEAUCU1T (bô-kui), s. m. L’un des noms vul-gaires du blé sarrasin.

— ÉTYM. Anglais , buckwheat, blé noir.

BEAU-FILS (bô-fl), s. m. Fils de la personnequ’on a épousée; gendre. || Au plur. Des beaux-fils.

— ÉTYM . Beau, fils. Beau est ici un terme d’af-fection qui, se disant très-souvent dans le moyenâge quand on s’adressait à des personnes qu’on ai-mait, bele suer, bele amie, biaus dous fils, etc.s’est attaché, dans la langue nouvelle, aux termesde parenté par alliance. St Louis disait à son fils :Biau filz, la première chose que je t’enseigne, c’estque tu mettes ton cuer en amer Dieu , joinv. Éd.fr. michel, p. 236. L’ancienne langue disait fillastrepour beau-fils, marastre pour belle-mère, parastrepour beau-père; mais la finale astre ayant pris dé-cidément un sens péjoratif, la langue s’est sentieinclinée à chercher une périphrase, et elle l’a trou-vée dans l’usage ancien qui faisait de beau un termed’affection, surtout entre parents.

f BEAU-FRAIS (bô-frê), s. m. Terme de marine.Vent maniable, soufflant uniformément.

— ÉTYM . Beau et frais.

BEAU-FRÈRE (bô-frê-r’), s. m. Celui qui a épousénotre sœur, ou dont on a épousé le frère ou lasœur. Aux noms jadis si doux de beau-frère et desœur, corn. Ilor. 11 , 5. || Au plur. Des beaux-frères.

— ÉTYM . Beau, frère (voy. beac-fils). L’anciennelangue disait sororge ou serorge, de sororius.