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sel nitre, de bitumen.... paré, xxv, 4t. Onguensfaits avec du bitumen, o. de serres, 4 99.
— ÉTYM. Provenç. betum; espagn. betun; portug .betume; ital. bitume; du latin, bitumen.
t BITUMINER (bi-tu-mi-nô), v. a. Enduire de bi-tume.
BITUMINEUX, EUSE(bi-tu-mi-neû, neû-z ’),adj.Qui contient du bitume; qui a les qualités du bi-tume. Une odeur bitumineuse. [Pour l’incrédule]L’abtme n’est qu’un peu d’eau bitumineuse, cha-teaub. Gén. III, iv, 6.
_HIST. xvi' s. Les bains alumineux et sulphu-
rés, ou bitumineux, ou ferrés, paré, xviii, 70.
— ÉTYM . Provenç. bituminos; espagn. et ital. bi-iuminoso; portug . bctuminoso; de bituminosus, debitumen, bitume.
| MTUMINIFÈKE (bi-tu-mi-ni-fô-r’), adj. Termedidactique. Oui produit du bitume.
— ÉTYM . Bitume, et fer, qui porte.
f BITUMINISATION (bi-tu-mi-ni-za-sion), s. f.Terme de chimie. Transformation des substancesorganiques en matière bitumineuse.
f BITUMINISER (bi-tu-mi-ni-zé), v. a. Enduirede bitume.
BIVAC (bi-vak) ou BIVOUAC (bi-vouak. Bivouacest plus usité ; il n’est que de deux syllabes). s. m.Terme de guerre. Garde extraordinaire faite lanuit en plein air; station qu’une armée en campa-gne fait, en plein air, pou' 1 prendre du repos; latroupe même; le lieu où elle s’arrête. Des bivouacsfurent établis dans les rues. Le bivouac de l’arméeau pied d’une montagne. Le bivouac prit les armes.Nous quittâmes le bivouac. Et comme s’ils étaienten pays dangereux, L’ombre de Saint-Germain estun bivouac pour eux, corn. Les victoires du roi. J’aipassé toutes les nuits au bivac à la tète de mes es-cadrons, pellisson, Conversât, de Louis XIV devantLille , p. 57. J’avais l’air d’un soldat qui sort du bi-vouac, chatf.al'Br. Italie , 60. J’ai d’un géant vu lefantôme immense Sur nos bivouacs jeter un œil ar-dent, isêrang. Ch. du Cosaque .
— ÉTYM . Allem. Beiwache, bivouac, de bei, au-près, et uachen, veiller (voy. veiller).
BIVALVE (bi-val-v’), s. m. Coquille composée dedeux valves.
j- BIVALVULAIRE (bi-val-vu-lê-r’), adj. Termed’histoire naturelle. Qui a deux valvules.
BIVAQUER (bi-va-ké) ou BIVOUAQUER (bi-voua-ké. Bivouaquer est plus usité ; il n’est que de troissyllabes), v. n. || 1° Camper en plein air. Certes,quand je bivouaquais sur les bords du Danube,mon domicile n’était pas là, P. L. cour, i, 250. Renon-çant à ses marais Le cosaque Qui bivouaque, Croitsur la foi des Anglais Se loger dans nos palais, bë-rang. Gaulois. || 2° Familièrement, passer une nuiten plein air. || Il se conjugue avec l’auxiliaire avoir.
f BIVEAU (bi-vô), s. m. Instrument des tailleursde pierre, servant pour mesurer l’angle compris en-tre deux surfaces contiguës. || Sorte d’équerre em-ployée par les fondeurs de caractères.
f BIVOCALE (bi-vo-ka-1’), s. f. Terme de gram-maire. Réunion de deux voyelles ne représentantqu’un seul son, comme peu, clou.
— ÉTYM . Bi pour bis, et vocalis (sous-entendulittera), voyelle (voy. voyelle).
f BIVOIE (bi-vot), s. f. Terme d’eaux et forêts.Lieu où deux chemins aboutissent.
— ÉTYM . Bi pour bis, et voie.
BIVOUAC , BIVOUAQUER. Voy. bivac , biva-
QUER.
BIZARRE (bi-za-r’), adj. || 1° Qui s’écarte du goût,des usages reçus. Homme bizarre. Opinion bizarre.Ils tournent leurs humeurs en bizarres façons, Ré-gnier, Sat. xiii. Ces bizarres esprits, racan, Berg.Polistène, n, 4. En un lieu que devait la déesse bi-zarre [la Fortune] Fréquenter sur tout autre ; et celieu c’est la cour, la font. Fabl . vii, 12 . Elles fontde lui un composé bizarre, labruy. 12 . Bizarre as-semblage, rac. Ath . n, 5. Bizarre refus, id. ib. Bi-zarre destin, id. Andr. m, 1 . Le voilà fou, superbe,impertinent, bizarre, boil. Ép. v. || 2° Substantive-ment, une personne bizarre. Un honnête homme,un fat, un jaloux, un bizarre, boil. Art p. ni.|| Ce qui est bizarre. Cet auteur se plaît dans le bi-zarre.
— REM. Au xvi' siècle et au xvn', on a dit bi-gearre à côté de bizarre; dans les exemples, cités
BLA
plus haut, de Régnier et de Racan, les éditionsportent bigearre ou bijarre ; et Vaugelas remarqueque bigearre et bizarre se disent également. MaisMarguerite Buffet et Thomas Corneille recomman-dent exclusivement bizarre, qui a prévalu ; l’autre*est tombé dans l’oubli.
— SYN. bizarre , fantasque , extravagant.L’homme bizarre n’est ni l’homme fantasque, nil’homme extravagant. S’écarter du goût ordinairepar une singularité non convenable, c’est être bi-zarre; s’en écarter par une fantaisie qui tout à coupchange d’idée, c’est être fantasque; s’en écarterd’une manière contraire au bon sens, c’est être ex-travagant, LA VEAUX.
— HIST. xvi' s. Quand cette bonne dame eut connul’humeur de l’homme, elle le laissa avec ses opi-nions bigearres et lui dit seulement, desper. Contes,xxxv. Le soldat françois est beaucoup plus bisarre :et ne peut quasi vivre sans se battre, ne monstrantque trop sa valeur contre ses compagnons, lanoue,269. C’est un petit homme bisarre et qui jure endiable, ne parle que d’estrangler mille homes à lafois, d’aub. Fœn. iii, 47. C’est une bizarre piece,ib. Maladie d’une nature estrange et bigerre, paré,Intr. 23. L’assiette de Luxembourg est fort bisarre,M. du bell. 643. Quelque bigearre et rebours quesoit le lieu [emplacement], il se peut neantmoinsageailcer, o. de serres, 18 . Ce mesme meslingefait le mulet capricieux, bigearre, de difficile con-duite, id. 342. Pour rendre la racine de bouïs so-lide et lui confirmer la beauté de sa blonde couleuret bigearre madreure, id. 566.
— ÉTYM . Berry, bigearre; bigearrer, disputer;espagn. et portug. bizarro, magnanime, vaillant;ital. bizarro, emporté, colère. Notre mot français vient de l’espagnol et il a eu d’abord le sens devaillant, brave (voy. à l’historique l’exemple deLanoue). L’italien a, il est vrai, un substantif bizza,colère; mais bizarro n’en peut dériver, puis-que le suffixe arr n’est pas italien . Tout porte àcroire que le mot est d’origine espagnole ; dès lorsdeux étymologies s’offrent : le basque bizarra, barbe,décomposé par Larramendi en biz arra (qu’il soitun homme) ; et l’arabe bâshâret, beauté, élégance,d’où vaillant, chevaleresque, puis les sens de co-lère, emporté, extravagant.
BIZARREMENT (bi-za-re-man), adv. D’une fa-çon bizarre. Voilà comment Je m’entretiens bizar-rement, Régnier, Épît.m. De notre amour bizarre-ment jaloux, Il veut, peut-être, en se jouant denous, Nous effrayer.... malfil. Narcisse, ch. iv.
— HIST. xvi' s. Les dits curez, un petit plus bi-zarrement armez, faisoient le premier rang, Sat.ilén. p. 12. || xvii' s. Ecoute ce discours tissu bijar-rement, Régnier, Sat. vi.
— ÉTYM . Bizarre, et le suffixe ment.
BIZARRERIE (bi-za-re-rie), s. f. Caractère de ce
qui est bizarre. La bizarrerie des modes. La bizar-rerie de l’humeur. Comprenez-vous de sa part unetelle bizarrerie? Que sait-on si l’amour, dont la bi-zarrerie Se joue assez souvent du fond de notrecœur.... corn. Agésilas, H, 3. Il fallait essuyer lesbizarreries d’un peuple flatté, boss. Hisl. ni, 6. Nouscherchons notre bonheur hors de nous-mêmes etdans l’opinion des hommes que nous connaissonsflatteurs, peu sincères....quelle bizarrerie! labruy.il. Il y a assez d’injustice dans le procédé des hom-mes, assez d’inégalités et de bizarreries dans leurshumeurs incommodes et contrariantes, boss. LaYallière.
— HIST. xvi* s. Les jeunes mulets et mules netettent tant longuement que les chevaux et asnes,pour leur propre naturel capricieux, lequel les me-res ne peuvent souffrir plus que de six ou sept mois,croissans en bigearrure avec l’aage , o. de serres,344.
f BLADAGE (bla-da-j’), s. m. Terme d’anciennecoutume. Quantité de grain payée par un emphy-téote pour chaque bête employée au labour.
— ÉTYM . Bas-latin, bladum, blé (voy. blé).
BLAFARD, ARDE (bla-far; le d ne se lie pas :
blafard et défait, dites : bla-far et défait ; au pluriel,l’s ne se lie pas : blafards et défaits, dites : bla-faret défaits; cependant plusieurs prononcent l’s :bla-far-z et défaits), adj. D’un blanc terne. Queles teintes des nuages soient blafardes et livides....chateaub. Génie, n, v, 6. Quand il arrive à un nè-gre de faire l’amour à une personne de cette es-pèce blafarde [Albinos ], il est tourné en ridicule,volt, llelat. 178. Car la nature bonne et sage....A fait sans le secours du fard D’un Vendôme unpeu trop blafard Un Vendôme plus beau qu’un
BLÀ
ange, chaul. Au duc de Nevers . || Fig. Pour voirce que produirait une union si blafarde [un mariageentre blonde et blond], hamilt. Gramm. 9.
— HIST. xiv' s. Ains suis si blaffard et si fade,Qu’il semble qu’aie esté malade, i. bruyant danstlénagier, X. n, p. 6. Et celui qui en ce excede etveult plaire à chescun, se il le fait de son inclina-cion et volonté, sans que il tende à autre fin, il n’apas nom approprié et par aventure peut estre ap-pellé blafart, oresme, Eth. 60. || xv' s. Mais s’il y aqui imputer Li vueille aucun crime ou blafarde,Lievesoy sus et plus ne tarde, M art. de S. Étienne. || xvi' s.Leur urine est quelquefois blaffarde, et de couleurcendrée et fetide, paré, xxii, io. L’ombre.... Luyrend un jour blafard tel qu’aux noires forêts, am.jamyn , liv. iv, Élég. Celui qui....
— ÉTYM . Bas-lat. blaffardus, dans un texte duxiii' siècle, nom d’une monnaie qui parait répon-dre à un blanc. Ménage tire ce mot de l’allemand bleifarben, couleur de plomb; mais Diez proposel’ancien haut-allemand blei-faro, de bleihoubleich,pâle, et faro, couleur (d ajouté comme dans ho-mard). Oresme au xiv' siècle a pris blafard dans lesens figuré, de bénin, sans volonté; et dans le xv' siè-cle on a donné à blafarde la signification de mauvaiseaction.
BLAGUE (bla-gh’), s. f. || 1“ Petit sac dans le-quel les fumeurs mettent leur tabac. || 2° Populaire-ment, mensonge, vanterie.
— ÉTYM . Gaélique, blagh, souffler.
t BLAGUER (bla-ghé). || 1» V. n. Dire des men-songes, faire des contes. || 2° Y. a. Blaguer quel-qu’un, se moquer de lui. Ce verbe est du plus baslangage.
— ÉTYM . Gaélique, blagh, souffler, se vanter.
f BLAGUEUR , EUSE (bla-gheur, gheû-z), s. m.et f. Celui. celle qui blague. Mot du plus bas langage.
— ÉTYM. Angl . blackguard mauvais drôle ; dugaélique, blaghair, vantard, de blagh, souffler.
BLAIREAU (blè-rô), s.m. || 1° Mammifère d’Eu-rope , qui est rangé parmi les bêtes puantes ( ursusmeles). L’homme n’a pu vivre comme les blaireauxet les lièvres, volt. Moeurs, Sauv. Le blaireau estun animal paresseux, défiant, solitaire, qui se re-tire dans les lieux les plus écartés, dans les bois lesplus sombres, et qui s’y creuse une demeure souter-raine, buff. Blaireau. || 2° Blaireau, pinceau faitde poil de blaireau, servant pour l’aquarelle; blai-reau pied de biche, pinceau servant à vernir ou àlisser le fond sur la porcelaine. || Blaireau, sa-vonnette à barbe faite en poil de blaireau.
— HIST. xv' s. En fiel de loups, de regnards etblereaux Soient frittes ces langues venimeuses, Vil-lon, Bail. || xvi' s. Quinze sanglerons, deux ble-reauz, troys grandz regnardz, rab. Tant, n, 26 .
— ÉTYM . L’adjectif kymri blawr, gris de fer, aété pioposé; mais comment la diphthongue aw se-rait-elle devenue aiP II y a en celtique : cornwall.bleit, loup ; gallois, blaidd; et bas-breton, bleiz, lynx,mélange de loup et de chien; mais cela aurait donnéblaideau ou blaiseau. Considérant la forme du motqui, reproduit en latin, donnerait bladarellus, di-minutif de bladarius, marchand de blé (de bladum,voy. blé), Diez y voit une dénomination figurée : lepetit marchand de blé ou plutôt, comme remarqueM. Mahn, le petit voleur de blé, à cause des habi-tudes de cet animal qui, dit-on, emporte beaucoupde blé sarrasin. Dans cette étymologie, il est satis-fait à la forme du mot; mais, quant au sens figuréqui aurait conduit à blaireau, il faudrait quelquesintermédiaires qui manquent pour l’assurer davan-tage.
f BLAIRIE (blè-rie), s. f. Terme de droit féodal.Redevance seigneuriale à raison de la vaine pâ-ture.
— HIST. xiii* s. Et de la blarie [produit en blé|de montarrage....DUCANGE , blaeria. No [notre] bla-verie, id. ib.
— ÉTYM . Bas-latin, blaeria, bladaria, de bla-dum, blé (voy. blé).
j-BLAISEMENT (blè-ze-man), s.m. Voy. blé-sité.
BLÂMABLE (blâ-ma-bl’), adj. Digne de blâme.Homme, action blâmable. De blâmables erreurs.C’est en quoi mon offense est plus blâmable encore,De tromper lâchement un mari qui m’adore, mairkt,Sophon. i, 4.
BLÂME (felâ-m’), s. m. || 1° Expression de l’opi-nion, du jugement par lequel on trouve quelquechose de mauvais dans les personnes ou dans les cho-ses. Le blâme et l’éloge. Encourir un blâme sévère.Il ne mérite pas le blâme. Les louanges étaient pré-