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Tome premier. A - C.
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1) va percer mon cœur et rouvrir ma blessure,volt. Al:. III,3.

— syn. blessure, plaie. La blessure est une lé-sion qui vient par une cause extérieure, par un coup,par une contusion ; la plaie est plus générale et peutvenir même par des causes intérieures. Un ulcèreest une plaie et n’est pas une blessure. Un chirur-gien, qui ouvre un abcès, qui enlève une tumeur,fait une plaie et non pas une blessure.

— hist. xiii* s. En tel cas ma bleceure me doitescuser, beaum. lxix, 19. Qui sane [guérit] les atri-blez et lie les bleceures, Psautier, f° 176. || xiv* s.Et comment que li fers tranchans En soit, deversles fins amans Si n’est mie li cops mortels; Ainsoisle tesmoigne po.ir tel Que nulz n’en voit la bles-seüre, machault, p. 23.

— p/rYM. Blesser. Au xiii* et au xiv* s., blesseureétait de quatre syllabes; et au xvi*, où l’on écrivaitencore blesseure, Bèze remarque que ceux qui par-lent bien disent blessure.

BLET, BLETTE (blé,blè-t’), adj. Dont la chair, enparlant des fruits , sans s’être gâtée, s’est tout àfait ramollie. I’oires blettes. Les nèfles ne sont bon-nes que quand elles sont blettes. On mange à l’étatblet les fruits de quelques espèces de.... Adrien dejussieu, dans jaubert, Glossaire .

— REM.L’Académien’indique que le féminin ; maisle masculin est dans l’usage tant de la parole que del’écriture; et il n’y a aucune raison d’infliger à lalangue une exception qui, au fond, n’existe pas.

— LT YM. Berry, un fruit blet, et aussi blosse ;bourguig. blô, une poire bliôse ; norm. blèque;piém. biet. Diezen rapproche l’ancien haut-allemandbleixxa, tache bleue par contusion; d’autres ont citéle bavarois blàtellen, commencer à se corrompre,et surtout l’ancien Scandinave bleyta. amollir; sué-dois, blôt, mou, ramolli; danois , blôd; anc. Scandi-nave, blaud. Enfin il y a aussi le celtique : kymri ,blydd; bas-breton, blôd, mou, délicat. Scheler citel’ail, blûtl, poire blette. Le nom blèque conduirait àbliche. L’historique manquant, on est sans guide.Die/, rapporte blosse à l'aÛ. blot:en, écraser.

BLETTE (blè-f), s. f. Terme de botanique. Plantecultivée dans les jardins potagers dite épinard-fraise(blilum virgatum, L.). || Nom donné dans quelquespays à une variété de carde ou poirée (betta eycla,L.) qu’on nomme plus souvent carde poirée et donton mange les pétioles.

— HIST. xvi* s. Dans O. de Serres, synonymede bette, poirée, ou reparée.

— ÉTYM . Bàîtov; provenç. Meda; catal. blet ; es-pagn. bledo.

f BLETTIR (blè-tir), v. n. Devenir blet || Il seconjugue avec l’auxiliaire aroir.

—ÉTYM. Blet; wallon , bleli, devenir blet ; génev.se blossir; Berry, blesser, mûrir : ces raisins com-mencent à blesser. Ne serait-ce pas du français blet-tir ou blessir qu’il faudrait rapprocher le provençalblesir auquel Raynouard donne le sens de se faner?

| BLETTISSEMENT (blè-ti-se-man), s. m. Modi-fication que subissent certains fruits charnus, et quiparaît consister tantôt en une maturation (les nè-fles) , tantôt en un véritable commencement de dé-composition (les poires).

— ÉTYM . Blettir.

t BLETTISSURE (blè-ti-su-r’), j. {. Comme blet-tissement.

BLEU. BLEUE (bleu,bleue), adj. || 1” Oui est de lacouleur du ciel sans nuage. Des rubans bleus. Unerobe bleue. Des yeux bleus. Une personne à la moderessemble à une fleur bleue [bluet], la bruy. i.I.Trois fioles d’eau bleue, autrement d’eau seconde,Régnier , Sat. xi. De quel éclat brillaient dans labataille Ces habits bleus par la victoire usés ! bêrang.Le vieux sergent. La nature , la mer, le ciel bleu,les étoiles, Tous ces vents pour qui l’âme a toujoursquelques voiles.... v. hugo, Crépuscule , i3.|| Cordonbleu, large ruban que portaient les chevaliers du St-Esprit, ordre fondé par Henri III . Un cordon bleu,un chevalier de l’ordre du Saint-Esprit. || Familière-ment,, et par une plaisanterie qui porte sur l’émi-nence du grade de cordon bleu et sur l’ancien tablierbleu des servantes, une très-bonne cuisinière. Nousavons pris un cordon bleu. || Bas bleu, femme delettres, avec une nuance de ridicule (voy. bas). || Bi-bliothèque bleue, ensemble de petits livres, quiont une couverture bleue et qui contiennent des ro-mans de chevalerie, par exemple les Quatre FilsAymon, avec une version ancienne et naïve, etaussi des contes de fées, comme le Petit Poucet,Cendrillon. || Conte bleu, récit fabuleux, incroya-ble, discours en l’air. De vers, de contes bleus, defrivoles sornettes, boil. Sat. xn. Voilà les contes

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bleus qu’il vous faut pour vous plaire, mol. Tari, i,1.1| Parti bleu, parti de gens de guerre, sans com-mission et sans aveu, qui font des courses pourpil-ler amis etennemis. Locution vieillie. || Filles bleues,filles de l’Annoneiade. || Terme d’ancienne marine.Officier bleu, celui qu’un capitaine de vaisseaucréait sur son bord. || Terme de médecine. Maladiebleue (voy. cyanose). || 2° Livide, en parlant de lateinte que prend la peau à la suite d’une fortecontusion. 11 a l’œil tout bleu. || 3“ Bleu, s. m.La couleur bleue. Bleu de roi. Bleu turquin. Bleude Prusse . Elle a les yeux d’un beau bleu. La pluie aversé ses ondées ; Le ciel reprend son bleu chan-geant, v. hugo, Odes , y , 24. || Bleu clair, bleu foncé,locution invariable. Une robe bleu clair. Des drapsbleu foncé. || Un bleu, une marque livide à la peau,suite de contusion. Il lui fit des bleus en le pinçantfortement. || Terme de blanchisseur. Passer du lingeau bleu, tremper du linge blanchi dans une eau im-prégnée de bleu. || Terme de cuisine. Mettre unecarpe, un brochet au bleu, les faire cuire au court-bouillon, où il entre du vin, ce qui leur donne unecouleur bleuâtre. || 4° Un bleu, les bleus, nomdonné, dans les guerres de la Vendée , aux soldatsrépublicains à cause de leur uniforme bleu; et, parextension, partisan de la Révolution. Messire JeanChouart n’a pas peur, tout prêt à faire feu sur lesbleus, au premier signe de son évêque, p. L. cour,i, 192. || Dans l’histoire ancienne, faction des bleusou des Vénètes, l’une des principales factions ducirque à Rome ou à Constantinople . || Les bieus et lesrouges, nom qu’on donnait aux différents corps de lamaison du roi. || 5* Différentes sortes de substancesqui donnent une coloration bleue. Bleu anglais , nomdonné à la matière obtenue en précipitant par lapotasse, l’indigo du bleu en liqueur. || Bleu d’azur,verre coloré en bleu par l’oxyde de cobalt; réduiten poudre très-fine, il s’emploie, dans les manufac-tures de porcelaine ou de faïence, sous les nomsd’azur d’émail ou bleu d’émail. || Bleu d’azur, un desnoms sous lesquels on désigne l’outre-mer {lapis la-xuli ou laxulite ) en poudre fine. || Bleu de cobalt,résultat de la calcination d’un mélange de phos-phate de cobalt et d’alumine, dit aussi bleu de Thé-nard. || Bleu en liqueur, solution d’une partied’indigo dans huit parties d’acide sulfurique; les re-passeuses s’en servaient pour passer le linge au bleu.|| Bleu de nerprun, matière colorante d’un bleu vio-let qui se trouve dans les baies du nerprun. || Bleude Prusse ou de Berlin , nom donné au cyanure defer avant qu’on en connût la composition, tant àcause de sa couleur que parce qu’il fut découvertà Berlin . || Bleu de montagne, carbonate de cuivrenaturel. || 6* Nom d’un poisson du genre des chiensde mer.

— HIST. xi* s. Sur un perron de marbre bloi secouche, Ch. de Roi. n. Et Gonfanons blancs et bloiset vermeilz, ib. lxxvii. Au cors [il] lui met toute l’en-seigne bloie, ib. cxxi. || xii* s. D’or et d’azur, d’inde et de bief I out mainte bele ovre painte, benoU,Chron. de Norm. 26077. || xiii* s. Si angoisseuse-ment que la char en fut bloe, Rerie, xxxm. Li très[la tente] au duc estoit d’un paile grant et haus; Làot maint paveillons inde, vermeil et blaus, Ch.d’Ant. iv, 90. || xv* s. Le temps n’estoit mie nueux ;De bleu estoient vestuz les deux. Et le beau soleilcler luisoit, a. chartier, Le livre des quatre dames.Pour la suspecion qu’il avoit de la déloyauté d’elle,il craignoit très-fort estre du rang des bleus-vestusqu’on appelle communément noz amis [maris trom-pés], louis xi , Nouv. lxxiii. || xvi* s. Et lui devintla couleur bleme, et les levres bleues, et les extré-mités froides, marg. Nouv. lxx. Un bleu turquoise,bleud mourant, bleud de la febve, d’aub. Fœn.i, 2.

— ÉTYM . Wallon, bleûf, bleus ; au féminin, bleuse,b l eusse; bourguig. bleuie, au féminin; Berry, b lu;picard, bleusse, au féminin; provenç. blau; ancienespagn. blavo; patois ital. biavo; de l’ancien haut-allem. bldo, blaw ; angl. blue.

BLEUÂTRE (bleu-â-tr’), adj. Dont la couleur tiresur le bleu. Et tout à coup le nocturne séjour Sem-bla rempli d’une clarté bleuâtre Et d’un parfum d’in-nocence et d’amour, millev. Charlem. a Pavie, ch.vi. Soudain à leurs regards [des archers] une lueurrampante En bleuâtres sillons sur la hauteur ser-pente. v. hugo. Bail. 8.

— hist. xvi* s. Nue bluastre, o. de serres, bo.

— ÉTYM . Bleu, avec la désinence dtre.

BLEUET (bleu-è), s. m. || T Voy. bluet . Et le

bleuet flottant qui sème ses saphirs, st-lambert.Saisons, Printemps. || 2° Un des noms vulgairesdu martin-pêcheur d’Europe .

f BLEUEUU (bieu-eur), s. m. Ouvrier qui trempeet affine les pointes des aiguilles, ce qui leur faitprendre une teinte bleue.

— ÉTYM . Bleu. Si ce mot venait de bleuir, il se-rait bleuisseur.

BLEUI, IE (bleu-i, ie) , part, passé. Un métalbleui. Des mains bleuies par le froid.

BLEUIR (bleu-ir). || 1" V. a. Rendre de couleurbleue. Bleuir un métal. || Oxyder le fer au bleu.Il 2° V. n. Devenir bleu. L’œil regarde à travers lesbranches de noyer Les lacs lointains bleuir et laplaine ondoyer, lamart. Joc. ix,307. || 3* Se bleuir,v. réfl. Se rendre bleu. Il s’est tout bleui en touchantcette encre.

— ÉTYM . B/eu; Berry, bleudxir, blulir ; picard,bleusir ; provenç. blahir. Bleusir, que disent quel-ques personnes, est mauvais et, comme on voit, unprovincialisme.

f BLEUISSAGE (bleu-i-sa-j’), s. m. L’action debleuir, et son résultat.

— ÉTYM . Bleuir.

f BLEUISSEMENT (bleu-i-se-man), s.m. Passaged’une couleur au bleu. Le bleuissement de certain-,champignons s’opère à l’air libre quand on les brise.

— ÉTYM . Bleuir.

fBLEUISSOIR (bleu-i-soir),*. m. Ustensile d'hor-loger pour faire prendre la couleur bleue à l’acier.

— ÉTYM . Bleuir.

f BLEU-MANTEAU (hleu-man-tô), s.m. Nomvulgaire du goéland à manteau gris îles côtes d’o-céan. || Au plur. Des bleus-manteaux.

f BLIN ou BELIN (blin), s. m. Terme de marine.Pièce de bois servant à frapper des coins, quand ils’agit d’ébranler un bâtiment et de lui faire quitterson chantier pour le lancer à la mer.

— ÉTYM . Il est possible que ce soit l’ancienfrançais belin, mouton, employé, comme moutonlui-même, à signifier une machine à battre.

BLINDAGE (blin-da-j’), s. m. || 1° Terme d’art mi-litaire. Action de blinder. || Assemblage de blindes.|| 2“ Terme de génie civil. Bordage construit pourgarantir quelque chose.

— ÉTYM . Blinder.

BLINDÉ, ÉE (blin-dé, dée), part, passé. Batte-rie blindée.

BLINDER (blin-dé), v. a. || 1* Terme de guerre.Garantir .o toit d’un ouvrage contre la chute de,bombes, des obus. Blinder un magasin à poudre.En général, préserver du choc des autres projectile-.,au moyen de pièces de bois, de fascines. Bliudi :un passage, une poterne. || 2° Terme de marine. Couvrir le pont d’un vaisseau de matières qui puissentamortir la chute et l’effet des bombes et des boulets.

— ÉTYM . Blindes.

BLINDES (blin-d’), s. f. plur. Terme de guerre.Pièces de bois qui soutiennent les fascines d’unetranchée, à l’effet de mettre les travailleurs à couvert.|| Blindes et chandeliers, châssis grossièrement as-semblés qui forment les galeries de sapes pour lesdescentes et passages de fossés.

— ÉTYM . Allem. Blende, blindage, de hlendrn ,blinder ; de blind, aveugle : proprement rendre aveu-gle, et par extension, boucher.

f BL1NER (bli-né), v. a. Terme de marine. Frap-per avec le blin.

BLOC (blok; le c ne se prononce que quand lemot est isolé : voyez ce bloc, dites blok, mais : unbloc de marbre, dites : un blo de marbre; on pro-nonce encore le c quand bloc est suivi d’une voyelleou d’une h non aspirée : un bloc énorme, dites : unblo-k énorme ; cependant plusieurs prononcent entoute occasion le c et disent : un blok de marbre. Aupluriel, les règles sont variables : des blo de marbreou des blok de marbre, suivant la prononciation quel’on suit au singulier; quant à l’s, on dira, encoreselon la prononciation que Ton suit : desblo-z énor-mes, ou des blo-k énormes, ou même, suivant quel-ques-uns, des blo-kz énormes), s. m. || 1° Morce auconsidérable d’une substance pesante, de pierre, defer, etc. Un bloc de granit. Un bloc de marbre étaitsi beau Qu’un statuaire en fit l’emplette : Qu’enfera, dit-il, mon ciseau? Sera-t-il dieu, table ou cu-vette? la font. Fabl . ix, 6, Pour un roi tout-puis-sant,quesont, Héliodore,Ces blocs déifiés,ces métauxqu’on adore? guirauu, Slachab. i, I. Semblable anbloc divin d’où sortit Galatée , lamart. Socr. 371 .|| Tout fragment de roche dont la grosseur est su-périeure à celle de la tête. || Fig. Et dans l’in-forme bloc des sombres multitudes La pensée enrêvant sculpte des nations, v. hugo, Voix, I. || 2” Blocde plomb, billot dont les graveurs se servent pourfixer leur travail. || Bas d’une enclume de grosse