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domme est si grand chose et si lionne chose queneis [même] au nommer emplist il la bouche, n>. il).
|| xiv” s. Il est escript que celui qui sera occis périraparla bouche dedeuxtesmoingsou de trois, oresme,Eth. 162 . |[ xv” s. Puis dit [le comte de Flandre àson valet] : aie bonne bouche; si tu eschiés [tom-besl es mains de mes ennemis et on te demande demoi, garde toi que tu n’en dises rien, froiss. ii, ii,166 . Nous vous prions que vous fassiez la responseau héraut. — Volontiers, dit-il, mais il faut qu’ilait de nostre argent; si, nous fera courtoisie, etnous portera bonne bouche [parlera favorablement]envers ses seigneurs qui ci l’ont envoyé, in. il,ni, 42 . Et lors ledit roy de France recevra ledit royd’Angleterre et duc de Guienne au dit hommagelige, à la foy et àla bouche, sauf son droit et i’au-trui [forme de l’hommage d’Édouard à Ph . de Va-lois], id. i, i, 53. En close bouche n’entre mouche,Hôtel Jacques Cœur dans jaubert, Gloss. J’aymassemieux de bouche vous le dire, en. d’orl. Bail. 20.
Il gardera de mal parler sa bouche, id. 10. Soit vé-rité en ta bouche; Car cilz en qui elle touche Estamis de Dieu prouchain, e. deschamps, Lay du roy.Les deux qui meilleures bouches avoient pour fran-chement parler tout ce que ne pourroient celer, J.de Saintré, p. 126, dansLACUH.L’aysceude bouchepar ceulx qui les conduysoient, comm. v, 13. Ellelui promit que, s’il portoit bonne bouche [gardaitle secret], elle lui donneroit.... louis xi , Nouv. xl.Pour faire bonne bouche [à la fin], la bonne de-moiselle d’un maistre prestre s’accointa, id. ib.lxxviii. Qui m’aime, ma bouche le scet, Proverbe ,dans leroux de lincy. Et le capitaine respondit : Ilne faut pas faire la petite bouche, Roman du Jou-mncel, f° 58, dans leroux de lincy. || xvi” s. Uneoraison, laquelle garéntit la personne de toutesbouches à feu, rab. Garg.i, 42. Par la vertu des-quelles paroles il luy faisoyt venir l’eaue à la bou-che, id. Pant. n, 21 . Je te reservoysà bonne bou-che : je te prye, dy moi ton adviz, id. ib. ni, 26. Lestrente escutzsont quasi venuzà leur fin; et si nonay rien despendu en meschanceté, ny pour ma bou-che, id. Epi. 12. Tandis rostir sa perdrix on fai-soit.... [le gros prieur] La perdrix vire : au sel debroque en bouche La dévora.... marot, tpigr.contre un gros prieur. Ces nations que, si àpleine bouche, nous appelons barbares, mont,i, 24. C’est une réglé en la bouche de toutsles hommes, id. i, 25. Ordinairement ils ont ceproverbe en la bouche, lanoue, 50i. Aucunes,aprèsavoir apris à amadiser de paroles, l’eau leur venoità la bouche, tant elles desiroyent.... id. < 34. Et tely a qui tient en sa maison plus de vingt bouches, ettreize.ou quatorze chevaux, id. 299. Les maladiess’engendrerent parmi ces grosses troupes : à quoyaidèrent beaucoup les excès de la bouche, id. 4o9.Comme celles qui, venant au banquet après avoirbien disné, font la petite bouche devant le monde,yver, p. 562. Les enfans ne doivent coutumière-ment que bouche et mains [foi et hommage], avecle droit de chambellage, qui est du par tous, loy-.sël, 560. En quelques contrées la femme ne doitque la main; mais la courtoisie françoise doit aussila bouche, id. 564. Cinglant oultre la bouche de lariviere d’Achelous , il alla courir toute la provinced’Acarnanie , amyot, Péric. 40. 11 ferma la boucheaux larrons, qui si haultementlelouoient, id. Arist.
10. 11 n’estoit aucunement sujet à sa bouche, il nelieuvoit jamais oultre mesure, id. Sertor. 17. Sesrencontres et brocards sentoient leur soudard àpleine bouche, ni. Anton. 32. Le cheval de Cyrus,qui estoit ardent, et avoit fort mauvaise bouche, leporta malgré luy bien loing de ses gens, id. Artax.13. Apelles luy ferma la bouche dextrement en luydisant.... id. Ve la tranq. d’âme, 25. M. le mares-chai leur donne mille livres et bouche à cour, pourse tenir près de sa personne, d’aub. Fœn. iii, 20 .Monsieur, je me mets à genoux devant vous pourque vous m’en disiez quelque cause, et que jem’en aille en cette bone bouche, id. ib. ni, 21 .Emporté par un cheval fort en bouche, id. Hist. i,302. Le Dauphiné, la Provence et le Languedoc nefaisoient plus la petite bouche de la guerre, id. ib.n, 234. Sur quoi le gouverneur venant d’un festins'essuya la bouche de son gouvernement [trouva laville prise], id. ib. ni, 378. Il monta au dessus del’artillerie ennemie, puis, se jetant A droite, la sai-sit et tourna la bouche vers le gros, id. ib. 424.Tambour battant, meche alumée, baie en bouche,id. ib. 477. Ces espions estons au supplice char-geoient tout hault le mareschal du liiez; et qu’illeur avoit ainsi fait la bouche [la langue], carloîx,
11, 13. Et une aultre charrette chargée de pains de
bouche, aussi dedans des tonnes, n>. v, 16. Vind’Orléans , de Magdon, de Gascoigne blanc et clai-ret, et tous les aultres vins de bouche [fins], id.iii, 26. Nostre armée tourna la teste versl’ennemy,marchant nostre artillerie la bouche devant, m. dubeli.. 143. Tant ce bestail a bonne bouche, se pais-sant de tout, mesme dufoin, des perches de saule....
o. de serres, 4M. Mais tout ainsi qu’un beau pou-lain farouche, Qui n’a masché le frein dedans labouche, rons. 183. Dessus un coffre à bouche [àdents, sur le ventre] se coucha, id. 629. Bouche encueur, génin, Récréât, t. ii, p. 236. Ils parlent baset à demy bouche, charron, Sagesse, liv. ii, Préface.Comment? ay-je laissé quelque mauvaise bouche[lirait] de moy après ma mort? pasq. Rech. p. 905,dans lacurne. Nous trouvons que deux rustiques serapportèrent à un juge s’il falloit dire la bouched’un cheval ou la gueule, et firent une gageure;le juge va dire qu’à cause de l’excellence du che-val, il falloit dire la bouche, bouchet, Serées, liv. i,
p. 346 , dans lacurne. Il survient bien des incon-vénients entre bouche et cuillier. Contes d’Eutra-pel, p. 185, dans lacurne. Case ou maison de terre,cheval d’herbes, amy de bouche ne vaillent pas unemouche, gabr. meurier, Trésor de sentences, dans
— étym. Picard, bouque; provenç. et espagn.boca; ital. bocca; du latin bucca, que l’on rattacheau sanscrit bhuj , manger.
BOUCHÉ , ÉE (bou-ché, chée), part, passé. Bou-teille bien bouchée. Le trou dans la haie est bou-ché. Que ne puis-je aller à mon gréDansl'Olympe....Mais le chemin m’en est bouché, volt. Épilres, 48.
|| Fig. Voilà encore une source de vices bouchéedans le cœur d’Émile, j. j. rouss. Ém. II. C’est envérité avoir l’esprit trop bouché aux choses céles-tes, boss. Messe. || Être bouché, manquer d’intelli-gence. Avoir l’esprit bouché, ne rien comprendre.Us avaient l’esprit si bouché qu’ils ignoraient....boss. A vert. 6. Esprit bouché ! dit le chevalier, ha-milt. Gramm. 3. Je n’étais pas assez bouché pourne pas sentir cela, 3.3. rouss. Prom. 4. Je n’ai sup-posé ni un génie transcendant, ni un entendementbouché, id. Ém. iv. || En termes de musique, sonsbouchés, sons qu’on tire du cor en introduisant lamain dans le pavillon.
BOUCHÉE (bou-chée), s. f. || 1” Morceau qu’onmet dans la bouche en une seule fois. Bouchée depain, de viande. || Par exagération. Il n’a mangéqu’une bouchée, il a mangé très-peu et à la hâte.|| Ne faire qu’une bouchée d’un morceau, l’avaleren une seule fois ou tout au moins très-vite. Il nefit qu’une bouchée du pâté. || Fig. et familière-ment. Il n’en ferait qu’une bouchée, il en triom-pherait vite et sans peine. || 2° Nom de différentespâtisseries. Petites bouchées ou bouchées àla reine,très-petits vol-au-vent.
— HIST. xii” s. Aporte mei un poi, se vels, unebouchie de pain, Rois, 3ii. || xin” s. Novelementest acouchie, A chascun donoit sa bouchie, Maisn’avoit pas son chief covert, Ren. 364.
— ÉTYM . Bouche; ital. boccala.
| BOUCHELLE (bou-chè-1’), s. f. Terme de pê-che. Entrée de la tour de la bourdigqe.
— étym. Boucher, verbe.
f BOUCHEMENT (bou-che-man), s. m. Termed’architecture. Action de boucher une ouverture.On a opéré le bouchement, en plein mur, de cinqgrandes fenêtres.
f BOUCHE-NEZ (bou-che-né), s. m. Ce qui sert àgarantir des mauvaises odeurs. || Au plur. Des bou-che-nez.
— ÉTYM . Boucher, verbe, et net.
1. BOUCHER (bou-ché), v. a. || 1” Fermer une ou-verture, un passage. Des chariots bouchaient le pas-sage. Le conduit était bouché par une pierre. Onboucha les fenêtres. Boucher les jours, les vuesd'une maison, en murer les fenêtres. || Bou-cher la vue, l’intercepter, l’empêcher. Ces ar-bres nous bouchent la vue. || 2” Fermer avecun bouchon, avec un tampon. Boucher une fente.En bouchant le trou avec le pouce. Le procédépour boucher les bouteilles de vin de Champa-gne. Le Nil bouche avec son limon les interstices dela terre. || Se boucher le nez, se garantir contreune odeur forte ou délétère. || Se boucher les yeux,les oreilles, ne vouloir point voir, entendre. Et sebouchant l’oreille au récit de ses vers, Régnier,Sat. ii. La cruelle qu’elle est se bouche les oreillesEt nous laisse crier, malh. vi, 18. Je fermerai lesyeux, je boucherai mes oreilles, desc. Médit. 3.L’opéra toujours Fait bruit et merveilles; On y voitles sourds Boucher leurs oreilles, bérang. Musique.
|| Fig. et familièrement. Boucher un trou, payerutiedette. || 3“ Terme de doreur. Boucher d’or moulu,réparer les ouvrages d’or qui ont quelque petit dé-faut après avoir été brunis. || 4” Se boucher, n. ré/l.Se fermer. La voie par oilles eaux s’écoulaient s’esttout à fait bouchée.
— hist. xiii” s. Et puis reclost l’en la porte et laboucha l’en bien, aussi comme l’en naye [noie, jetteà l’eau] un tonnel, joinv. 210 . Assez près de Da-miele trouvâmes un fium qui issoit de la grant ri-viere; et fut acordé que l’ost séjourna un jour pourboucher leditbraz, id. 219. Dont je vis un Coremyn[Chorasmien]qui fu des gens l’empereour de Perse ,qui nous gardoit en la prison, que, quant il ouvraitson sac, nous nous bouchions, que nous ne povionsdurer pour la puneisie [puanteur] qui issoit du sac, id.2*5. || xiv” s. Il saigna tant de sanc, bouchier nepont sa plaie, Girart de Ross. 466 1 . || xv” s. Sa che-minée il [l’avare] boschoit, Craignant perdre lafumée, basselin, xliv. Avoit la première les oreillesbouciées tant estroitementque à nulle rien fors qu’àpropre affection ne voloit doner ascout, G. chastel.Expos, s. vérité mal prise. Icelle femme dist queson mari estoit en ung lieu appelé les Arceiz, où ilbouchoitson blé [mettaiten gerbe], ducange, bou-chellus. || xvi” s. Alors le grand pontife tire la pa-tiente toute bouchée [voilée] hors de la littiere,amyot, Numa, 18. Il n’y a d’autre différence entrececy et cela, sinon que le corps qui fait ces tene-bres est plus grand que mon manteau qui te bou-che les yeux, id. Péric. 67. Un caveau, lequel n’aporte ny demie, sinon une grosse pierre dont onbousche l’entrée, id. Philop. 33.
— ÉTYM . Ménage tire ce mot de pûÇtiv, boucher,mais on n’a aucun intermédiaire qui justifie l’intro-duction directe de ce mot grec dans le langage vul-gaire. Diez, se reportant à bouchon, dit que ce motest l’équivalent du provençal bocon, etde l’italien boc-cone, qui signifient bouchée (ancien français boncon) ; de là boucher, avec le sens de ce qui remplitla bouche, et, en particulier, la bouche de la bou-teille. C’est avec raison que Diez rapproche boucherde bouchon; mais est-ce bien à bocon, boccone qu’ilfaut rapporter bouchon? L’orthographe boscher, bou-der, bouscher n’y conduit guère; le sens de mettreen botte que boucher a dans un de nos exemplesn’y conduit pas non plus. Boucher ne peut venir debouchon : l’un et l’autre supposent un substantifbouche, masculin ou féminin, qui voudra dire ce quiobture et ce qui fait gerbe ou botte; substantif quiexiste réellement, comme on le voit dans cet exem-ple du xv” siècle : Confessent iceulx habitons devoirau dit prieur, pour cause du disme de toutes leurschanves qui est de dix bouches [gerbes], ung bou-chot, du cange, boteronus. Or un pareil substantifne peut pas être rapporté à bouche, ouverture pla-cée au visage: mais il appartiendra sans peine (caril est le primitif de bouchon de cabaret, voy. bou-chon 2 ) à un radical qui se trouve dans bois, dansbosquet, dans bouquet, dans bûche, et qui, signifiantbois ou morceau de bois, aura facilement le doublesens de tampon ou de bouchon, sorte de faisceau.En définitive, l’étymologie reste indécise entre deuxconjectures: 1” bouche, ouverture dans la face;bouchée, ce qui emplit la bouche; d’où boucher,obturer; à quoi on objectera que, historiquement,ni bouchée n’a jamais eu le sens de ce qui obture,ni boucher celui de mettre en bouche (ce qui, si onl’avait trouvé, aiderait grandement cette étymolo-gie) , ni le provençal bocon et l’italien boccone celuide bouchon (ce qui aiderait l’assimilation, en mon-trant que bocon et boccone sont les mêmes que lefrançais bouchon ); 2 ” bouche, faisceau de paille, dejavelle, de branchage, d’où bouchon de cabaret,ce qui s’applique sans difficulté à tout ce qui bou-che, obture.
2. BOUCHER (bou-ché; IV ne se lie jamais; aupluriel 1’* se lie : des bouchers enrichis, dites : desbou-ché-z enrichis), s. m. Celui qui tue les bes-tiaux, les débite, et en vend la chair crue. !| Garçonboucher, celui qui aide le boucher dans son travail.|| Fig. C’est un boucher, se dit d’un homme cruel, oud’un chirurgien inhabile et maladroit, et encored’un général prodigue de sang. || C’est un rire deboucher, il ne passe pas le nœud de la gorge, se ditde quelqu’un qui témoigne à l’extérieur qu’il estcontent, quoiqu’en effet il ne le soit pas trop. Locu-tion qui vient de ce que les bouchers tiennent leurscouteaux à leur bouche, ce qui leur fait montrerles dents et faire une contorsion de lèvres imitantle ris.
— hist. xiii” s. Et un cotelqui souef tranche Conce fust cotel à bochier, J(en. 15977. Li bocliierd’Or-