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Tome premier. A - C.
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|| Terme «le métier. Velours à boucle, velours qui aété fait à l’épingle.

—HIST. xi* s. Toute [il] lui freint la bucle «le cristal,Ch. de Roi. xeui. || xu* s. Le destrier broiche qui leva randonnant.Et fiert Fromant sor son escu devant;De soz la boucle 1e va tout pourfendant, Raoulde C. 98. || xin' b. La boucle d’une pierre fu, Oui otgrant force et grant vertu, la Rose, 1075. As dens[il] sesi la bougie de l’escu, Agolant, 602 , dansnu cange, bouclela. || xvi* s. Tenir la volonté etl’appetit soubs boucle, mont, i, «84.

— ÉTYM . Wallon blo\tke; picard, blouke et bluke;norm. et Berry, bloucque; provenç. bloca, bocla, labosse du bouclier; anc. espagn. bloca, même sens;bas-lat. bucula senti, dans les Gloses d’Isidore ; dulatinbuccula, joue, proprement petite bouche, diminutif«le bucca (voy. bouche), puis la partie centrale d’unbouclier (ainsi dite parce qu’au centre on dessinaitsouvent une tête et une bouche d'homme ou d’ani-mal). et, en bas-latin, de plus une boude.

BOUCLÉ. ÉE (bou-klé, klée), part, passé. || 1*Atta-ché avec une boucle. Petit coffre bouclé. Ceinturebouclée. || 1" Garni de boucles. Souliers bouclés.|| 3“ Qui a des boucles de cheveux. Une demoiselletoute bouclée, sév. 436. || 4“ Terme de blason. Col-lier bouclé, collier d’un lévrier ou d’un autre chienqui aune boucle; buffle bouclé, buffle à la gueule(lequel pen«i un anneau d’un émail différent du restedu corps. || 5“ Poissons bouclés, poissons qui ontle corps armé de pointes recourbées. Raie bouclée.

t DOUBLEMENT (bou-kle-man) *. m. Terme devétérinaire. Action de boucler pour empêcher la gé-nération.

— ÉTYM . Boucler.

BOUCLER (bou-klé), v. a. || 1 ° Attacher, serrer avecune boucle. Boucler ses souliers, sacravate. || î° Met-tre des cheveux en boucles. Boucler sa cheve-lure. Boucler un enfant, lui faire des boucles. || V.n.Ses cheveux bouclent naturellement. || 3° Terme devétérinaire. Boucler pne cavale, lui mettre des bou-cles pour empêcher qu’elle ne soit saillie. || Traverserle boutoir «l’un porc par un anneau, pour l’empê-cher de fouiller «lans la terre. || 4° Boucler un port,en fermer l’entrée. Vieux en ce sens. || 6° Bouclerdes prisonniers, fermer sur eux les portes de leurcellule. || 6° Terme de marine. Faire un nœud sim-ple. || 7“ V. n. En termes de maçonnerie, se dit d’unmur dont les parements s’écartent faute de liaisonsuffisante dans sa construction. Ce mur boucle,c’est-à-dire bombe en forme de boucle. |{ 8“ Se bou-cler, v. réfl. Mettre une boucle. Prenez votre cein-ture, et bouclez-vous. || Arranger les boueles de sescheveux. Elle est, tous les soirs, une heure à sefriser, à se boucler. || Être fermé par une boucle.Ces guêtres se bouclent par le côté.

—HIST. xn* s. X son col [il] pent son fort escubouclez, Ronc. p. 36. ||xiii* s. Cil chevalier novele-ment Fu venus d’ung tournoiement Où il ot faitepour s’amie Mainte jouste et mainte enyaïe, Et per-cié maint escu bouclé, la Rose, 4193. ||xvi* s. LaBoulaye l’asseuroit que le marché estoit bouclé[conclu], et que la Magdelaine coucherait chez luipour se trouver i l’assignation indiquée, d’aub.Vie, lv. Il porta luy-mesme de ses nouvelles auxfors de Nivelay et de Risbam investis et battus enmesme temps : les premiers furent contraints deboucler [boucher les passages] pour se sauver à laville, les autres se rendirent, iD.ib.i, 27. Averti quele duc le vouloit boucler [assiéger] en quelque lieuqu’il fust, id. ib. ni, 28 .

—ÉTYM . Boude; provenç. biocar, garnir de bosses.Un esc u bouclé ne veut pas dire autre chose qu’unécu bombé ; c’est une épithète banale.

f BOUCLERIE (bou-kle-rie), s. f. Fabrication desboucles et anneaux de fer. Tenir la bouderie. Paris avait autrefois une rue de la Vieille-Bouderie.

— HIST. xui* s. Li aprentis qui aprend au mestierde bouderie, /.tu. des met. 57.

— ÉTYM . Boucle.

t BOUCLETTE (bou-klé-t’) r s. f. Petite boucle oupetit anneau.

— hist. xiii* s. Il puet estre patrenostriers à Pa-ris qui veut, c’est à savoir faisieres de toutes ma-niérés de patrenostres et de boucletes à soulers queon fait de laiton, de archal et de quoivre [cuivre]ntief et viez, Livr. des met. 97. || xiv* s. Et en chas-cun cordiau a une bouclette faicte des cordiauxmesmes. Modus, P exxm, verso.

— ÉTYM . Diminutif de boucle.

BOUCLIER (bou-kli-é ; l’r ne se lie jamais ; l’s selie au pluriel : des boucliers épais, dites : des bou-kli-4-z épais), ». m. || 1“ Partie de l’armure défen-sive des anciens. Le bouclier se portait au bras

gauene. Bouclier rond. Bouclier échancrê. Bouclierd’osier. Les soldats armés de boucliers. Sur un bou-clier nnjr sept chefs impitoyables Epouvantent lesdieux de serments effroyables, bqil. 1/ihçiui , Su-blime, ts. || Fig. Faire un bouclier de son corps àquelqu’un, parer les coups qu’on lui porte. Je lui fissi longtemps bouclier de mon corps, cqrn. il.Sa»,i, S. ù vous hommes vaillants.... Qui faisant bou-cliers et remparts de vos corps.... mair. Sophon.n, 2 . || 3* lÆvée de boucliers, démonstration par la-quelle les soldats romains témoignaient leur rési-stance aux volontés de leur générât. || Fig. Dé-monstration armée, attaque à main armée. 11 yeut dans la Vendée une levée de boucliers. Cette le-vée de boucliers était le prélude d’une guerre sé-rieuse. || Dans les affaires politiques, démonstrationd’attaque ou d’opposition. Boileau [non le poète]n’était pas content de ce que M. de Paris ne levaitpas bouclier pour les jansénistes, st-simon, 65, 78.|| 3° Fig. Sauvegarde, protection, défense. Qui futtantôt le bouclieret tantôt l’épée de son pays, flèçii.Tur. J’en parerai les coups du bouclier de la foi,roth. St Gen. ni, 2. Vous étiez son bouclier au mi-lieu des alarmes, id. Antig. i, 4. La crainte de dé-plaire aux ducs et à Mme de Maintenon lui fit faire[à Fénelon ] bouclier de modestie et de ses fonctionsde précepteur, st-sim. 31, ibs. Couvert du bouclierde ta philosophie, Le temps n’emporte rien de tafélicité, lamart. iléd. i, 4 2 . || 4" Terme d’astrono-mie. Nom d’une file de petites étoiles en lignecourbe, entre l’épaule gauche d’Orion et Aldéba-ran, la plus brillante étoile du Taureau. C’est cetteforme et la position de ces étoiles qui les a faitnommer le bouclier d’Orion, et, par abréviation,le Bouclier . || 6° Dans les anciennes chroniques, et,d’après la physique d’Aristote et de Sénèque * jus-qu’au xvii* siècle, bouclier, sorte de météore igné.|| 6“ Terme d’artificier. Planche mince de bois lé-ger, découpée en forme de bouclier. |[7“ Partie ducorps de certains animaux. || Nom marchand de co-quilles du genre des patelles.

— hem. Autrefois bouclier était, en poésie, de deuxsyllabes, et Rotrou a encore suivi cet archaïsme.Ecrit bucler, comme il l’était souvent, ce mot étaitdissyllabique; écrit bouclier, quelques indices por-tent à croire que, dans la prononciation, une desconsopnes tombait : boulier; de là l’usage de lefaire dissyllabique t lors même que la prononciationavait changé.

— HIST. xi* s. Tans coups [il] a pris sur son escubucler, Ch. de Roi. xxxix. || xm* s. Li bers fiert Ma-tamar sor son escu bocler ; De l’un chief dusqu’àl’autre li fait fendre etfroer, Chans. d’Ant. iv, 643.|] xvi* s. Les hérétiques modernes font bouclierd’Yrenée et Tertullien,CAPV . Instit. 376.

— ETYM . Provenç. bloquier; aqo. catal. braquer;espagn. et portug. broquel; du bas-latin buccularius,c’est-à-dire clypeus buccularius, escu bucler ou bou-clier, comme on disait; dans escu bouclier, boucliern’était qu’une épithète signifiant bombé (voy. bou-cle), épithète qui a fini par éliminer le substantifet devenir le nom même de l’écu.

BOUGON (bou-kon), s. m. Mets ou breuvage em-poisonné. Donner le boucon à quelqu’un, l’empoi-sonner. D’Effiat se détourne, va à l’armoire, l’ouvre,jette son boucon, puis, entendant quelqu’un, s'armede l’autre pot d’eau commune, st-sim. 94, 246. Cemot a vieilli.

— HIST.xvi's. Or ces villains, pour loyer de leursgestes, Baillent boucons, ou leur eouppent les testes,3 . mabot, v, 70. Voudroit-il bien à bailleurs de bouc-cons Donner lui-mesme à garder ses flaccons? ma-ROT, II, 318.

— ÉTYM . Provenç. bocon, morceau; ital. boccone,bouchée; de bocca, bouche (voy. bouche).

f BOUDDHIQUE (bou-ddi-k’), adj. Qui appartientau bouddhisme .

f BOUDDHISME (bou-ddi-sm’), s. m. Doctrinephilosophique et religieuse qui est une réformationdu brahmanisme et qui consiste essentiellement, aupoint de vue négatif, à nier que le sacerdoce soitinhérent à la caste des Brahmanes, et, aupointdevue positif, à prêcher une morale ascétique dont lebut est de délivrer l’être vivant de la nécessité de latransmigration. Le bouddhisme, chassé de l’Inde vers le vii* siècle de l’ère chrétienne, après desguerres sanglantes, s’est propagé dans le Thibet ,la Tartarie, la Chine et le Japon , pays dans lesquelsil compte des centaines de millions de sectateurs.

— ÉTYM . Buddha, nom du réformateur, qui ap-partenait à une famille de princes et qui vivait «lansle vi* siècle avant l’ère chrétienne. En sanscrit,buddha signifie sage.

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| BOUDDHISTE (bou-ddi-st’), s. m. Sectateur dubouddhisme .

BOUDÉ, ÉE (bou-dé, dée), part.passé. Ce mariboudé par sa femme.

BOUDER (bou-dé), v.n. || l°Témoignerparune cer-taine expression chagrine du visage, et particulière-ment des lèvres, qu’on a du mécontentement. Vousavez contrarié cet enfant; le voilà qui boude dansun coin. || 3" Avoir de l'humeur, du mécontente-ment. Lasse de bouder sans qu’on y prit garde,sév. 46ft. La reine n’a point baisé Monsieur, qui enboude, id. doii. Madame de Cleveland bouda contrete roi, iiamilt. Gramm. H. Il s’est apprivoisé pas àpas, jour à jour; 11 boude à mon départ, il saute àmon retour, lamart. Joc. iu, 122 . || Fig. C’est unhomme qui ne boude pas, il est toujours prêt à ré-pondre à qui l’attaque. Cet homme ne boude pas àtable, c’est un bon convive. Cet officier passe pourbouder au feu, pour ne pas s’y exposer volontiers.|| Familièrement. Bouder contre son ventre, se priverd’un repas ou d’un mets qui ferait plaisir, et, parex-tension, se priver par dépit d’une chose agréable.|| 3" Terme du jeu de dominos. N’avoir pas de dé àjoqer. || 4° Terme de jardinage, qui se dit d’un ar-bre ou d’un arbuste qui ne profite pas. Ces jeunespommiers boudent. || 5” V. a. Votre Majesté a peut-être cru que je la boudais, volt. Lettr. à Cath. H3.I’ius que jamais il t’aime; C’est ton tour mainte-nant de le bouder lui-même, a. chén. 231. || Se bou-der, v. réfl. Se faire mutuellement mauvaise mine.Ces deux amants se boudent.

— hist. xv* s. Par ma foy vous ne boudez mie;Qr povez bien, commant qu’il aille, Hardiementfaire bataille; Tuit en sommes entalenté, La Pass.de N. S. J. C.

— ÉTYM . Diez rapproche de ce mot l’ancienfrançais boudiné, bouton et nombril, le provençalmoderne boud-enflà, boud-ouflâ, boud-iflâ, gonfler,boudougno, bosse ; à cette liste on peut ajouter boinf-ufe, qui se dit dans l’Angoumois pour toupie, chosedéformé ronde. Ces formes conduisent à un radicalbod, qui est dans le piémontais fê'lbodou, avancerla lèvre inférieure, et dans le rouchi boder, gonfler.Ce radicala déjà été trouvé dans borne (bod-ne). S’ilest latin, dit Diez, il existe dans bot-ulus, boudin.Il y a, dans l’anglais , bud, bourgeon; mais, cemot manquant à l’anglo-saxon, on ne sait s’il estpropre à la langue anglaise ou emprunté.

BOUDERIE ( bou-de-rie), s. f. Action de bou-der; état d’une personne qui boude. Leurs boude-ries continuelles sont impatientantes. Le maréchald’Huxelles boudait de honte et ne sortait de chez luique pour le conseil depuis son aventure du traité«l’Angleterre; Dubois fit entendre à son maître [lerégent] qu’il ne fallait pas prendre garde à la mau-vaise grâce ni à la bouderie, st-sim. dans lafayiî,Synon. Cela eût été pris en pique et en bouderie,id. ib. J’ai eu un petit moment de bouderie [avec leroi de Prusse] ; mais l'explication a bientôt tout rac-commodé, volt. dans lafaye, ib. Cette affaire avaitplus l’air d’une bouderie que d’une rupture, j. i.rouss. dans lafaye, ib. Nous ne permettons pointla bouderie.... nous ne voulons jamais que nos amisrestent brouillés plus d’un quart d’heure, maiimon-tel dans lafaye, ib.

— syn. bouderie, fâcherie. Ce sont dos mécontentements légers. Dans la bouderie, il y a unsigne extérieur, à savoir l’expression «lu visage,le silence, la froideur. Au lieu que la fâcherie n’estpas nécessairement accompagnée «le quelque signe.On peut être très-fâché sans bouder; on cache, ondissimule sa fâcherie; et l’on peut bouder sans êtreaucunement fâché ; on feint alors une fâcherie quin’est pas dans le cœur et qui n’est que sur le visageet dans les manières.

— ÉTYM . Bouder.

BOUDEUR, EUSE (bou-deur, deû-z’), adj.|| 1° Qui boude habituellement. Un enfant boudeur.|| 2" Qui exprime le mécontentement. Air boudeurUne petite mine boudeuse. || 3° Substantivement.C’est un boudeur.

— IÎTYM. Bouder.

BOUDIN (hou-din), s. m. || 1" Mets fait avec unboyau qui a été rempli de sang et de graisse de porc.Boudin noir. Nous sommesjuifs comme vous, ne man-geant point de cochon, point de boudin, voltaire,Phit. m, «74. Les hommes au rang desquels vousne voulez pas être, mangeront votre lard, vos bou-dins et vos jambons, fén. xix, 142 || Boudin blanc,boudin fait avec du lait et un hachis «1e blanc devolaille. || Un boudin, une portion de boudin longuede «6 à 20 centimètres, et fermée par un nœud aux«leux bouts. || Eau de boudin, eau dans laquelle on