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BOURDAINE (bour-dê-n’) ou BOURGËNE (bour-jê-n’), s. f. Espèce de nerprun ( rhamnus frangula,L.). Arbrisseau dont l’écorce intérieure est purga-tive ; son bois blanc fournit le charbon le plus pro-pre à la fabrication de la poudre à canon. La bour-gène toujours verte est le nerprun glanduleux ; labourgène des Alpes, le nerprun des Alpes . Des pro-menades au milieu des marceaux, des bourdaines,j. J. rouss. Prom. 5.
— ÊTYM . Bas-lat. bourdena, bourdaine. Bourdenaet bordenale (voy. nu cange) ont aussi le sens debois, fût, etc. Il est possible que ces mots aientmême radical que bourdon, béton.
BOURDALOU (bour-da-lou), s. m. || 1* Rubanou tresse qu’on attache avec une boucle autour d’unchapeau. || 2" Sorte de vase de nuit de formeoblongue.
— ÉTYM . Richelet fait ce mot du féminin : porterune bourdalou à son chapeau; il dit aussi que bour-dalou est le nom d’une sorte de linge ouvré qui sefabriquait aux environs de Caen . Bourdalou, commebourdaloue, tire sans doute son nom du célèbreprédicateur, par quelque caprice du langage de lamode.
| BOURDALOUE (bour-da-loue), s. f. Etoffe peucoûteuse qui date, dit-on, des sermons de Bourda-loue contre le luxe. Inusité.
t. BOURDE (l)our-d’), s. f. Mensonge, mauvaiseexcuse, défaite. Appelez-moi grand fourbe et granddonneur de bourdes, corn, le Ment, ni, 5. Qui bail-lent pour raisons des chansons et des bourdes, Ré-gnier , Sat. x. Tous les uns après les autres [les du-pés], les voilà à pester contre M. de Lauzun, et leursottise d’aivoir donné dans cette bourde, st-sim.«30, 70.
— HIST. xiii* s. Saciez vraiement que bourde nepjet iestre celée en la fin, Chron. de Pains , 169.Face li les oreilles sordes; Ne croie riens, que cesunt bordes, la Pose, 13990. [| xv* s. Bourdeurs etlangayeurs et vendeurs de bourdes, froiss. ii,ii, 45. Pour les belles bourdes polies et parolesmensongères que vous m’avez dictes et par plusieursfois mandées, Bouciq. n,ch. 3t. Lui, assuré autanten bourdes qu’un autre à dire vérité, s’en excusatrès-hautement, louis xi,Nouv. m. Hadeal dit l’au-tre, ses bourdes [caquet] sont rapaisées, m. ib. xxix.
— ETYM . Bourguig. bode; provenç. borda. Diez,le prenant au sens de divertissement, y voit unecontraction de behort, joute à la lance, behorder,jouter à la lance; d’où, par extension de sens, jeu,puis raillerie, mensonge. La difficulté est cette con-traction même. Toutefois il est vrai qu’on la trouveréellement effectuée dans le provençal, où le behortest dit beor, biort, et enfin bort, et dans le fran-çais , où l’on trouve aussi bourder pour behourder,bourde pour bâton (voy, bourde 2 ). En prenant enconsidération les différentes formes et les différentssens de behort et behorder, dans l’ancien français et le bas-latin, la conjecture devient tout à faitvraisemblable.
f 2 . BOURDE (bour-d’), s. f. Terme de manne.Mât pour soutenir un bâtiment échoué.
— HIST. xiv* s. Le lundi après les bordes [brandons],du cange, bordæ. Li dit habitant auront es diz boisusage de prendre et coper des diz bois, pour faireles bordes le jour des brandons, id. ib. || xvi* s. Sivous ouvrez encor les yeux, Si vos oreilles ne sontsourdes, Tantde bourdes [béquilles] de ces boiteux,V\u’en dittes vous? ce sont des bourdes, d’àub./œn. ii, 6.
— ÉTYM . Contraction de behourt, behort, be-hourde, sorte de lance dont on se servait pour jou-ter dans les tournois (voy. béhourdis); provenç.beort; anc. espagn. bohordo, bofordo; ital. bagordo,bihordo; de l’allem. Hürde, claie; anc. haut-allem.hurt (qui se trouve dans hourder, voy. ce mot), etd’un préfixe qu’on ne peut déterminer; Diez pro-pose d’y voir bot (radical qui est dans bottare, bou-ter), de sorte que bohorder, behourder, signifieraitbouter, heurter contre le hourd, l’échafaud, laconstruction.
f 3. BOURDE (bour-d’), s. f. Terme de métier.Mélange de sel et de soude pour fabriquer du savonet du verre.
BOURDER (bour-dé), V. n. Dire des bourdes. Peuusité.
— HIST. xiv* s. Et oÿ le service Dieu dévote-
ment, sans border et sans regarder çà ne là, ducange, burdare. Et sachiés, à l’eure de lors, Nepensast nulx que il l’amast, Mais si comme as au-tres bourdast, Chastel. de Couei, <940. || xv* s.Ainsi bourdoient et jangloient les chevaliers l’un àl’autre, froiss. i, i, 327.Lorsplus me va bour-
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dant; Mon am. est qui me fait entendant D’uncigne blanc que c’est un corbeau noir, ch. d’orl.Bail. <07.
BOURDEUR (bour-deur), s. m. Celui qui donnedes bourdes. Peu usité.
— HIST. xv* s. Adonc prit la parole le duc deBretagne : Entre vous, bourdeurs et langayeurs,vous mettez le royaume en vostre volonté, froiss.ii, ii, 46. Jehan dit à haulte voix qu’il y avoit au-cuns bourdeurs et bourderesses en la ville quiavoient bourdé et rapporté aux gens d’armes.... ducange, burdare.
f BOURDIGUE (bour-di-gh’), s. f. Terme de pê-che. Sorte de labyrinthe construit en roseau et com-posé de différents réservoirs dans lesquels le pois-son s’introduit successivement, sans pouvoir revenirsur lui-même, jusqu’au dernier, d’où on le retireavec des filets faits en forme de poche, legoarant.|| On dit aussi bordigue.
— ÊTYM . Bas-lat. bordigala, burdicala, burdicu-lum, diminutif de borda, logis, demeure (voy.borde).
BOURBILLON (bour-di-llon, Il mouillées), s. m.Bois de chêne refendu pour faire des futailles.
— ÉTYM. Bourdon <, ou bourde 2 .
< .BOURDON (bour-don), s. m. || l*Long bâton depèlerin, surmonté d’un ornement en forme de pomme.Robert Guiscard et ses frères vont en pèlerinage àRome le bourdon à la main, volt. Mœurs, 39.|| 2’ Terme de pêche. Bâton dit aussi bordeneau,qui s’ajuste à l’extrémité des seines. || 3* Dans l’ar-mement de la chevalerie, lance à grosse poignée.|| 4° S. m. plur. Perches formées des arbres dé-pouillés de leur écorce. || 5“ Bourdon de Saint-Jac-ques, nom vulgaire de la guimauve. || 6*Terme d’im-primerie. Faute d’un compositeur qui a passé un ouplusieurs mots de la copie.
—HIST. xiii* s. Si pris! bourdon et eskerpe et escla-vine et se tapi au miex qu’il pot, Chron. de Bains,p. <07. Il [J. C.] qui par le bordon de fust, Por lesâmes par pechié mortes, Devoit d’enfer brisier les por-tes, la Pose, < 8982 . Et [je] port o moi par granteffort Escherpe et bordon grant et fort, ib. 2 < 622 . EtPieres li Hermites, li pelerin sénés, Son bordon eusa main, qui fu fors et quarrés, Ch . d'Ant. 443. Celabbé de Cheminon si me dona m’escharpe et monbourdon, joinv. 209 . || xv* s. Ce sera avecques sesenfants.... et bourdon pour lui appuyer, froiss. ni,
iv, #8. ||xvi* s.Qu’il voyoit bien, que la prise
de Metz , ainsi précipitée, le contraindroit de plan-ter à Wissembourg le bourdon [de s’y arrêter]; etqu’il falloit penser du retour, carl. iv, 23. Je n’aini querelle ni procez, et suis bien aimé de mesvoisins et tenanciers, d’ailleurs j’ai une petite lamedans ce bourdon, d’aub. Fœn. i, <. Si avoient ducommencement proposé de charger les Romainsavec leurs bourdons [lances], pour essayer de fen-dre et ouvrir leurs premiers rênes, amyot, Cras-sus, 45.
— ÉTYM . Bas-lat. bordonus, borda, burdo, bur-dus; provenç. bordo; espagn. burdo, étai; ital.bordone; d’un radical latin burdo, âne ou mulet;le bâton qui soutient ayant été assimilé au muletqui porte, ou plutôt, comme dit Du Cange , les pè-lerins allant souvent sur des ânes ou des mulets, etle nom de l’animal qui les portait étant resté au longbâton dont ils étaient munis. Mais, examinant lessens du texte ou de l’historique, on en voit une partrevenir à bourde 2 ou behourde, lance.
2 . BOURDON (bour-don), s. m. Terme de musi-que. || 1° Bourdon d’orgue, celui des jeux de l’orguequi a les tuyaux les plus longs et les plus gros, etqui fait la basse. || 2° Ton qui sert de basse continuedans certains instruments tels que vielle, musetteet cornemuse. || 3“ Dans le violon, nom ancien dela quatrième corde (le sol argenté). Dans la vieillemusique, on voit souvent écrit : sur le bourdon; onécrit maintenant : sur la quatrième. Si le son esttiré de la chanterelle ou du bourdon, i. j. rouss.Ém. ii. || 4° Faux-bourdon, musique dont toutesles parties se chantent note contre note. C’est là ladéfinition de l’Académie ; mais, d’après de Lafage,Cours complet de plain-chant, n* 689, le faux-bour-don signifie fausse-basse, parce que la basse esttransportée à la partie supérieure, et il est toujoursdu plain-chant chanté à plusieurs parties et notecontre note, et non de la musique proprement dite.|| 5* Grosse cloche. Le bourdon de Notre-Dame . || Fig.Le maréchal de Duras écoute un instant le bourdondes applaudissements [donnés à Villeroy], st-sim.96, 22,
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— HIST. xv- Musique notée par fainte, Avecquesfaulx bourdon de maleur, ch. d’orl. Rond. || xvi* s.Je ne saurais chanter, et, quand je le voudrais, Jejure par ton bouc qu’encor je ne pourrais : Car onm’a pris d’emblée à ceste matinée L’anche de monbourdon que tu m’avais donnée, rons. 743. Toy,Perrot, prends en don cette belle chevrette [corne-muse] ; Son ventre est fait de cerf, son anche est decoudrette ; Son bourdon de prunier ; jamais ne perdle vent, id. 746.
— ÊTYM. Provenç. bordos , vers; espagn. bordon,sorte de vers, refrain; ital. bordone; angl. burden,refrain. Il y a dans le gaélique, bûrdan, bourdon-nement; ancien anglais , bourdon. Diez penseque, s’il était certain que les longs tuyaux d’orgueeussent reçu, en bas-latin, le nom de burdones, iifaudrait considérer le bourdon d’orgue comme lemême, à cause d’une assimilation de forme, quebourdon, bâton de pèlerin, et le gaélique bûrdan,comme emprunté aux langues romanes. Mais tropde doute reste sur cette dérivation. La présence d’unradical burd signifiant bourdonner, à la fois dansle gaélique, dans l’anglais et dans le français , porteà croire que le mot est celtique et non roman.
s. BOURDON (bour-don), s. m. ||1°Insecte de lafamille des abeilles. Vrais bourdons ou bourdons pro-prement dits, hyménoptères de la famille desabeilles, volumineux, très-velus, vivant dans desgaleries souterraines, en sociétés peu nombreuses,composées de mâles, de femelles et d’ouvrières. Leurpiqûre offre les mêmes dangers et réclame les mêmessoins que celle de l’abeille. || 2“ Faux bourdon, mâlede l’abeille; il y en a 600 à 800 pour 20 ooo à 30 oooouvrières dans une ruche, et une seule femelle.Ici l’abeille et le bourdon murmurent, bern. de s.-p.Étude vin. || Fig. Cette divine abeille [Emilie] vaporter son miel aux bourdons de Versailles , volt.Leur, vers, 30.
— HIST. xvi* s. Les abeilles ou avettes, les gues-pes, les freslons, les bourdons, les tahons, paré,xxiii, 34. Touchant les bourdons ou frelons, qu’enplusieurs endroits de Languedoc l’on appelle abeil-lards, c’est une espece d’abeilles naissant avec lesbonnes, o. de serres, 446. Comme les bourdonsinutiles au bournal [ruche] pillent sur les abeilles,LA BOÉTIE , 236.
— ÉTYM. Bas-lat. burdo , dans les gloses d’Ælfri-cus; burdonus dans Papias . Le nom de l’insecte estle même que celui du bourdon en musique.
f BOURDONNANT, ANTE (bour-do-nan, nan-t’),adj. Qui bourdonne. Les témoins déposaient qu’au-tour de ces rayons Des animaux ailés, bourdon-nants, un peu longs, De couleur fort tannée, et telsque des abeilles, Avaient longtemps paru, la font.Fabl . i, 2 <.
f <. BOURDONNÉ, ÉE (bour-do-né, née), adj.|| l°Terme de blason. Croix bourdonnée, croix dontles branches sont arrondies comme le bourdon d’unpèlerin. || 2°Termede commerce. Papier bourdonné,papier ridé.
2. BOURDONNÉ, ÉE (bour-do-né, née),passé. Un air bourdonné.
BOURDONNEMENT ( bour-do-ne-man ), s. m.|| 1° Bruit des petits oiseaux et de certains insectesen volant. Le bourdonnement des oiseaux-mouches,des abeilles, des hannetons. || 2° Par extension, lemurmure sourd et confus d’un grand nombre devoix. J’entendais autour de moi un bourdonnement :ah ! ah ! monsieur est Persan, vontesq. Lett. pers. 30.|| 3" Terme de médecine. Bourdonnement d’oreilles,bourdonnement qui dépend soit du battement desartères, soit de l’introduction de l’air par le conduitauditif rétréci, soit enfin d’une disposition parti-culière du nerf acoustique. || Bourdonnement am-phorique, son perçu à l’auscultation de la poitrine,et ressemblant au bourdonnement d’une abeille en-fermée dans un vase.
— HIST. xvi* s. Bourdonnement [d’oreilles] causéd’un humeur plus cras et visqueux, paré, xvi, 40.
BOURDONNER (bour-do-né), t). n. || 1° Bruirecomme les bourdons, en parlant des insectes, etc.Une mouche bourdonne à ses oreilles, pasc. Imag.6. Ne souffrons pas qu’elle bourdonne. Qu’elle bour-donne autour de nous, bérang. Mouche. Abandon-nant les fleurs, de sonores abeilles Viennent enbourdonnant, sur ses lèvres vermeilles, S’asseoir etdéposer ce miel doux et flatteur.... a. chénier,Élég. 30. || Par extension. En entendant cet essaim[de nonnes] bourdonner, On eût à peine entendu Dieu tonner, gress. Vert-vert, ch. ii. || 2° Murmurer. Lesducs n’avaient rien à perdre; ils laissèrent bour-