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Tome premier. A - C.
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BR/Y

— HIST. xm* s. Ains fiert et frape et roille etmaille Cele qui brait et crie et braille, la Rose, 944 4.|| xvi* s. Son asne voltigeoyt après les elephans lagueule bée, comme s’il brailloyt et, braillant mar-tialement, sonnast l’assaut, rab. Pant. v, 40. Il noperdra pas l’avoine pour brailler, cotgravb.

— ÉTYM . Bourguig. braillai; picard, brayer; pro-venç. brailar. Brailler paraît formé da braire (quiavait jadis le sens général de crier), comme criail-ler l’est de crier (voy. braire).

f 2. BRAILLER (bra-llé, Il mouillées), o. a. Termede pêche. Remuer les harengs avec la braille en lessaupoudrant de sel.

— ÉTYM . Braille.

BRAILLEUR. EUSE (bra-lleur, leil-z’, U mouil-lées, et non bra-yeur), adj. Oui braille, qui ne faitque brailler. Quel enfant brailleur! Cheval brailleur,cheval qui hennit très-souvent. || Substantivement.Diable soit des brailleurs! mol. Prol. de la Princ.Et jamais, quelque appui qu’on puisse avoir d’ail-leurs, On ne doit se brouiller avec ces grands brail-leurs, mol. Mis. Il, 4.

— ÉTYM . Brailler.

BRAIMENT (brê-man), s. m. Cri de l’âne.

— HIST. xm” s. Tiercelin entent la losenge, Ovrela bouche et giete un bret [cri], Ren. 7277. Devanteus brait à vois sérié, A si bas cri merci leur crie,Qu’envis puet l’enoîr le brait, la Rose, 1 5289. Quantli Turs les coisi [vit], si a un brai jeté, Ch. d’Ant.vi, 782. || xv” s. Si ce n’eust esté la brairie Du costédeverslaprairie, Qui disoit : Pierre, quefaictes-vous?villon, Arch. de Bag. || xvi” s. Nenny ; malgré vos-tre brayrieVostre cause perdrez content, J. marot,v, 306. Il veut stimuler tant mieux ses vrais servi-teurs à prier, quand ils voyent que les cris et braye-mens des gens profanes ne sont pas quelquefois sansprofit, calvin, Instit. 690. Chasser aux bois, voileraux grans prairies, Ouyr des chiens les abbois etbrayries, marot, ii, 76. Encore que le bray d’vnasne ou la chanson D’vne importune rane ait beau-coup plus de son.... dubell. iv, 83, verso.

— ÉTYM. Voy. braire. L’ancien français étaitbrait, qui, n’ayant d’autre sens que celui de cri engénéral, s’applique aussi bien à l’homme qu’auxanimaux ; puis sont venus brairie et brayement.

BRAIRE (brê-r’). || 1” V. ti. Crier, en parlant del’âne. L’âne se mit à braire. || Fig. et familièrement.Cet homme ne chante pas, il brait. Et puis viens-t’enme braire, Viens me conter ta faim et ta douleur, lafont. Jum. Il faut hurler avec les loups, d’autresdisent braire avec les ânes, p. L. cour. Lett. ii, 83.|| ï” Substantivement. Il [l’homme] traite notre rireet nos discours de braire, la font. Fabl . xi, 6. Leprince de Conti avait un rire qui eût tenu du brairedans un autre, st-sim. 220 , 211 .

— REM. D’après l’Académie , ce verbe est usité seu-lement à l’infinitif : braire ; aux troisièmes person-nes du présent de l’indicatif : il brait, ils braient;du futur : il braira, ils brairont; et du condition-nel : il brairait, ils brairaient. Cela est trop sévère.D’abord un fabuliste, faisant parler des ânes, pour-rait employer sans hésiter les autres personnes : jebrais, tu brais, nous brayons, vous brayez ; de mêmeau futur et au conditionnel. Puis rien n’empêche dese servir de l’imparfait : il brayait; et des temps com-posés : il a brait, il avait brait, etc.

— HIST. xi” s. Et homes braire, contre terre mou-rir, Ch. de Roi. cclv. Cil d’Ociant i braient et he-nissent, ib. cclvii. || xn” s. Mort [il] le trébuché sansbraire et sans crier, Ronc. p. 62 . Que que li felunl’unt féru e detrenchié, E del ferir se sunt durementesforcié, N’aveit brait, ne groni, ne crié, ne huchié,Ne pié ne main n’aveit à sei trait ne sachié, Th. lemart. 1 60. || xm” s. Au temps que les cornoillesbraient, Qui por la froidure s’esmaient.... ruteb.h, 66. Cil qui de chanter se fait cointe, commencede rechief à brere, Ren. 7283. Quant les enfansaus Sarrasines breoient, elles leur disoient : tai toy,tai toy, ou je irai querre le roy Richart qui te tuera,ioinv. 275. Grant pitié estoit d’oîr brere les gensparmi l’ost, auxquiex l’en copoit la char morte, id.237. || xiv” s. Du car [char] le [la] piour roe [ plusmauvaise roue] ot-on bien souvent braire, Baud.deSeb. 1 , 10021 . || xv” s. Si fut il bien en la porte,tou-dis huyant et brayant et faisant signe, bien uneheure, froiss. ii, iii, 43. Tantost fist.... les arbales-triers tirer druement sur cele chiennaille, qui làbrayoient comme enragés, Bouciq. n,ch 21 . j| xvi* s.J’ay icy longuement repeu mesyeulx, mais mon es-tomach brait de male raige de faim, rab. Rant. v,31. Les Papistes, contre la defense de l’Apostre,chantent et brayent de langue estrange et incognue,en laquelle le plus souvent ils n’entendent pas eux-

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mesrnes une syllabe, calv. Inst. 712. Mais commeilz ne cessassent point pour cela de crier et de brairecontre luy, il se meit à leur faire ce compte, amyot,Phoc. 12 . Ils brament comme les cerfs, ils brayentcomme les asnes, paré, Anim. 26 .

— ÉTYM. Normand, picard, wallon , braire, crier,pleurer; provenç. braire, crier. Il y a dans le bas-latin bragire, hennir, d’où braire aurait été fait,comme l’ancien français muire de mugire, bruiredu bas-latin brugire ; de bragire on rapproche l’ir-landais breas, cri, bragain, crier; le bas-bretonbreûgi, braire; le kymri bragal, crier; le gaél. bra-gain, crier. A côté de bragire, Diez propose deconsidérer plutôt braire comme raire (voy. raire)fortifié par un b : b-raire. On remarquera quedans l’ancien français , dans le provençal et dansnos patois, braire a le sens général de crier,sens qui ne s’est limité que tardivement au cri del’âne.

f BRAIRÈTE (brè-rè-t’), s. f. L’un des noms vul-gaires de la primevère.

BRAISE (brê-z’), s. f. || 1° Bois réduit en charbonsardents. Une belle braise. La braise donne beaucoupde chaleur. Uncerf dont les chairs n’avaient point en-core pétillé sur la braise, chateaub. Natch. 11 , 89.Il [un génie qui anime et transforme la braise du feudu prisonnier] méfait voir, sur la braise animée,Des bois, des mers, un monde en peu d’instants,bérang. Feu du pris. || Gigot à la braise, gigot cuitdans une braisière. || Fig. Tomber de la poêle dansla braise, tomber d’un état fâcheux en un pire. Jetombai par malheur de la poêle en la braise, Ré-gnier, Sat. x. || Passer sur quelque chose commechat sur braise, se dit pour exprimer qu’on glisse surun sujet sans oser en parler à fond. Le garde dessceaux parla peu, dignement, en bons termes,maiscomme un chat qui court sur la braise, st-sim. 614,60 . Harcourt, qui parla après [d’Estrées], fut court etde même avis; Noailles parut comme un chat surbraise, id. 426,163. || Le rendre chaud comme braise,se venger à l’instant. || Être chaud comme braise,avoir un tempérament ardent. Dans les gardes fran-çaises J’avais un amoureux Fringant, chaud commebraise, Jeune, beau, vigoureux, vadé, Amanteabandonnée. || Fig. Être sur la braise, être en proieà une vive anxiété, à une extrême impatience.|| 2° Fig Ardeur. Si vos yeux sont toute sa braise,Et vous la fin de tous ses vœux, malh. m, I. || Vieuxen cet emploi. || Les Calabraises sont noires dans laplaine, blanches sur les montagnes, amoureusespartout; Calabraise et braise, c’est tout un, p. l.courr. Lett. 1 , 167. || 3° Charbons éteints. Braisede boulanger. La braise est très-commode pourallumer le feu. La braise asphyxie comme le char-bon.

— HIST. xn” s. Et cil guardad e vit à sun chiefun pain quit sur breze, et ewe en un vaissel, Rois,320. || xm” s. Lors les ont mises sor la brese, Quides tisons lor fu remese [restée], Ren. 927. En [on]vos deüst ardoir en brese, Si que la poudre en fustventée, ib. 4 2878. C’est amor qui soufle et atise Labrese qu’il t’a ou cuer mise, la Rose, 6424. Li re-membrera m’en met la breise Au cuer de fine amorveraie, Roman de la poire.

— ÉTYM. Namurois , brèje; rouchi, bresse; pro-venç. et espagn. brasa; ital. brada, brascia, bragia;du germanique : flamand brase; ancien allemand ,bras, feu, b ras en, brûler ; suédois , brasa, feu vif;anc. Scandinave, brasa, souder, braser. Il y a aussidans le celtique (gaélique) brath, conflagration.

BRAISÉ, ÉE (brè-zé, zée), part, passé. Gigotbraisé, gigot cuit dans une braisière.

BRAISER (brè-zé), ». a. Faire cuire de la viandeà la braise.

— ÉTYM . Braise.

BRAIS1ER (brè-zié; l’r ne se lie jamais), s. m.Huche où le boulanger met la braise quand elle estétouffée.

— ÉTYM . Braise.

BRAISIÈRE (brè-ziê-r’), s. /l || 1” Vaisseau danslequel on fait cuire certaines viandes à la braise.|| 2° Grand étouffoir à braise.

ÉTYM SrCLISS

f BRAISINE (brè-zi-n’), s. f. Mélange d’argile etde crottin de cheval pour tremper l’acier.

— ÉTYM . Voy. braser.

BRAME (bra-m’), s. m. Voy. brahmane.

f BRAMEMENT (bra-me-man), s.rn. Action debramer. On n’y entendait d’autre bruit que le bra-mement des cerfs, bern. dest-p Paul et Virginie.Le désert ne répétait que les soupirs (les vents, lebramement des cerfs et le chant des oiseaux, cha-teaubr. Natch. 1 , 86. J’écoulais le bruit du vent dans

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la solitude, le bramement des daims et des cerfs, 111 .llinér. 4 r ” partie.

— ÉTYM . Bramer.

BRAMER(brâ-mé),v.n.Crier, en parlant du cerf.Dans ce val solitaire et sombre, Ce cerf qui brame aubruit de l’eau, Théophile, Œuvres, 4™ partie,p.449,dans lacurne ste-palaye. || Il se conjugue avec l’au-xiliaire avoir.

— HIST. xvr s. Le plus grand des elephans estoitcheutde travers tout au beau milieu de la porte, oùil bramoit et empeschoit de sortir ceulx qui vou-loient reculer en arriéré, amyot, Pyrrhus ,76. Nousvoyons le cerf estant en rut bramer et crier aprèsles biches, paré, xviii, 3. Begayans de voix, etbramans comme asnes, puis hennissans ainsi quechevaux, in. xxm, 44.11s brament comme les cerfs,ils brayent comme les asnes, id. Animaux, 26.

— ÉTYM . Berry, bermer, bremer, crier très-fort;génev. bramer, crier, hurler; bourguig. braimai,crier; provenç. et espagn. bramar, crier; ital. bra-mare; pays de Coire , brammar; du german que : an-cien haut allem. breman; hollandais, bremmen, mu-gir ; comparez le grec ppupeiv. Marot a dit brameren parlant des bœufs, 1 , 348, et d’autres écrivainsen parlant d’autres animaux.

j- BR AMIN (bra-min), s. m. Voy. brahmane.

BRA MINE (bra-mi-n’), .v. m. Autre nom desbrahmanes (voy. ce mot). Je serais curieux de savoirs’il reste encore quelque trace de l’ancienne languedes brachmanes ;les bramines d’aujourd’hui se vantentde la savoir, volt. Lett. Pilavoine, 23 avr. 4 760.

BRAN (bran), s. m. || 1“ Partie du son la plusgrossière. || Bran de Judas, tache de rousseur au vi-sage. Locution vieillie, et qui vient sans doute dece qu’on se représenta Judas roux. || 2° Bran descie, poudre qui tombe du bois quand on le scie.|| 3° Matière fécale. || 4°Interjection qui sert à ex-primer le mépris. Bran de lui ! Surtout vive l’amouret bran pour les sergents, Régnier, Sat. xi. || Vieux.|| Proverbe. Faire l’âne pour avoir du bran, se mon-trer plus simple qu’on n’est réellement pour obtenirquelque chose.

— HIST. xm s. Li talemelier [boulangera] qui sonthaubanier sont quites du tonlieu des pors [cochons]qu’il achètent, por tant qu’il aient une fois man-giédeleur hren [son], Livr. des met. e Eschalaz,bren, fuerre, tuile, ne doivent point de chaucie, ib.278. || xiv”s. Pren des deux voies la meilleur; Laissele bren et pren la fleur, bruyant, dans Ménagier,1 .11 ,p. 4 7. Chandelle mise en bran se garde souve-rainement, Menagier, 11 , 6. ||xvi° s. Vendre à l'en-chere autant bren que farine, 1 . marot, v, p. 246.Il n’est jour auquel on ne m’ouist gronder en moymesmt et contre moy : bran du fat! mont, i, 270.Que cherches-tu, mon fils?—Quelques espoussettes,un miroir, une chaufferette, un manche de cuillère,du bran de froment [pour la toilette], d’aub. Fœn.iii, 4 . Nulle peste, nulle guerre, nul ennuy ; brende paourté, bren de soulcy, bren de melancholie 1rab. Progn. Pant. vi. [il] Faisoit de l’asne pouravoir du bran, id. ib. 1 , 2.

— ÉTYM . Berry, bren, prononcé brin, ordure;provenç. bren, son; anc. espagn. brendela farina;brenno', son dans plusieurs patois italiens; angl.bran; du celtique : gaél. bran; kymri , brdn; bas-bret. brenn. Tous ces mots signifient son de farine;et pour le sens d’excrément que bran a aussi enfrançais : gaél. breun; gall. braen, mauvaise odeur.

f BRANCADES (bran-ka-d’), s. f. plur. Nom qu’ondonnait aux chaînes des forçats.

— ÉTYM . Branche.

BRANCARD (bran-kar; le d ne se lie jamais : lebran-kar et le malade ; au pluriel l’s ne se lie pas :les bian-kar et les malades; mais plusieurs la lient:les bran-kar-z et....), s. m. || 1° Litière à liras surlaquelle on transporte un malade ou des objets fra-giles. M. de Villeroy se fit emporter sur un bran-card à Villeroy, st.-sim. 62 , 46. Je disais que je meferais porter en brancard, du mont Caucase où je de-meure, sur les bords de l’Oronte , chez le grandBarmécide , volt. Mme de Choiseul, 4 1 févr. 4 774.

Formant à la hâte un brancard de verdure.

nous marchons, Et dans ma grotte enfin mourantnous le couchons, lamart. Joc. iii, 95. Faisant unbrancard de nos bras, J. J. rouss. Ém. v. || 2° Bran-card d’une charrette, deux pièces de bois entrelesquelles est placé le cheval. Cheval de brancard.Mettre le cheval au brancard. |( Le brancard d’unevoiture à timon et à quatre roues consiste en deuxpièces de bois qui joignent le train de devant à celuide derrière, et sur lesquelles porte la voiture. Lebrancard d’une berline. En ce sens, on dit aussi lesbrancards. L’un des brancards est rompu.