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mari tu brassais un teltour, la font. Coc. Sans qu’ilse doute.... De ce qu’amour en dehors vous luibrasse, m. Cuv. J’étais venu afin de brasser mort àce mage[Smerdis ], p. L. cour, ii, (85. |[ Se brasser,v.réfl. Etre brassé, tramé. Il se brassait une con-spiration conçue à Vienne, tramée à Rome , et prêted’éclater à Naples , st-sim. 107, 136. || 4“ Terme depêche. Agiter et troubler l’eau avec des bouloirs pourfaire donner le poisson dans les filets.
— HIST. xii' s. Mais ore oiez que il li brace,Qu’il engigne, qu’il li porchace Sa mort e sa des-truction, benoît, ii, 69t. || xiii" s. Nus ne puet nene doit vendre cervoise ailleurs que en l’ostel où en[on] la brasse, Liv. des met. 30. Tant a bracié laserve et tant s’en est peinée.... Berte, xvi. Qui afait à ma fille brassier si fait chaudel ? ib. lxxxv.Nous savons bien que li quens Renaus a brassetceste boulie, pour le descort dou conte de saintPol, Chr. de Rains, 145. Chantecler, n’en sui pasen dot, Avez ceste traïsontote, Ce m’est vis, quiseet porchaciée ; Mainte mauvestié as braciée, Ben.29932. Toutevoies [il] tornoie et brace Por issir,mês riens ne li vaut, ib. 6088 . Dames lor braceronttel poivre, Si pueent en lor laz cheoir, Qu’il lor endevra mescheoir, la Rose, 1 0934. J’ai parmoi-meïsmebrassé Mesaise que tousjours.aurai, Bl. et Jeh.1044. Jherusalem, ahi ! ahi ! Comt’a blecié et es-bahi Vaine gloire, qui toz maus brasse, ruteb. t04.|| xiv' s. Et il dit que par vous eu fu li fais brassés,Baud. de Seb. vi, 700. ||xv* s. [Jean Lyon] veoitbien que Gisebrest Mahieuavoit en ce voyage brasséaucune chose contre lui, froiss. ii, ii, 63. || xvi' s.De mal brasser vient l’amere boisson, j. marot, v,309. Adverti d’une conjuration que luy brassoitCinna, mont, i, 128 . D’aultres rendent la gorge àveoir brasser un lict de plume, id. i, t84. Ainsicomme Menestheus brassoit ceste menée, la guerresurvint là dessus, amyot, Thés. 4t. Perseus , voyantqu’Æmylius ne se remuoit point du lieu où il es-toit, ne se doubtoit point aussi de la venue qu’onluy brassoit, id. P. Æm. 36. Brassant et versant del’eau de puits d’un verre en autre, paré, xx, 23.
— ÉTYM . Wallon, bréser; bas-lat. brassare, bra-ciare, brachare, brasiare, braxare, brassicare,bratsare; anc. espagn . brasar; allem. brauen;angl. to brew. On regarde ordinairement brassercomme venant de bras, et comme signifiant remueravec les bras ; mais quand on prend en considéra-tion brasium, braseum, bracium, brace, qui signi-fient orge trempée dans l’eau, le wallon brd, an-cien wallon braz, lenamurois brai, blé préparé pourfairedelabière ou du genièvre, le wallon braht, tor-réfier le blé germé pour en faire du brd ; le rouchigrain bragé, braisé, brésé; on reconnaît que brace,mot qui se trouve dans les auteurs latins et qu’ilsdonnent pour gaulois , est l’origine de brasser. Cemot existe en effet dans le celtique : kymri , brag ;gaél. brocha, braich, grain fermenté ; bas-breton,bragez, germe de grain. Les germanistes accordentque l’allemand brauen vient du bas-latin braxare,et non braxare de brauen. La véritable orthographeserait non brasser, puisque le mot ne vient pas debras, mais bracer, comme on l’écrivait générale-ment dans l’ancienne langue.
2. BRASSER (bra-cé), v. n. Terme de marine.Mouvoir les bras d’une vergue pour changer la di-rection de la voile qu’elle porte. On dit aussi bras-seïer, brasseyer. Brasser au vent, manœuvrer lesvergues du côté d’où vient le vent. Brasser sous levent, du côté opposé au vent. || Faire la manœuvredes cordages pour tendre ou détendre les branles.
BRASSERIE (bra-se-rie), s. f. Lieu où Ton fait dela bière. || Lieu où Ton vend de la bière au détail,et où il n’y a que des bancs et des tables de bois.Remarquez que brasseur ne se dit pas de celui quitient un pareil établissement.
— étym. Brasser I.
BRASSEUR, EUSE (bra-seur, seû-z’), s. m. etf. Celui, celle qui brasse de la bière et qui en venden gros.
— hist. xv' s. [Philippe d’Artevelle] Fils d’unbrasseur de bierre, froiss. ii, ii, 160 . || xvi's. Bras-seurs de bierre, boteleurs de fein, portefaix, faul-cheurs, recouvreurs, rab. Progn. Pont. v. Les Fla-mans firent un duc qui estoit brasseur de biere, Sat.Sien. p. 102 .
ÉTYM . Brasser I. Autrefois on disait non pasbrasseur absolument, mais brasseur de bierre.
t BRASSÉYAGE (bra-sé-ia-j’), s. m. Terme demarine. L’action de brasser une ou plusieursvergues (voy. brassage 2 ).
— Étym. Brasseyer.
BRA
BRASSEYER (bra-sè-ier), v. n. Terme de ma-rine. Voy. BRASSER 2.
BRASSIAGE (bra-si-a-j’), s. m. Terme de marine.Mesurage à la brasse. || La quantité de brasses d’eauque Ton trouve avec la sonde.
| BRASSICA1RE (bra-ssi-kê-r’), adj. Terme debotanique. Qui a rapport au chou. || S. m. Terme dezoologie. Les brassicaires, les papillons du chou.
— ÉTYM . Latin, brassica, chou.
f BRASSICOURT (bra-si-kour), adj. m. Termede vétérinaire. Cheval brassicourt, cheval qui a legenou arqué naturellement, et non par suite d’usure.
— ÉTYM . Probablement une composition irrégu-lière de bras et court.
BRASSIÈRES (bra-siê-r’), s. f. plur. || i» Petitecamisole qui sert à maintenir le corps des enfantsou des femmes. Une autre [jeune personne] auraitparu effroyable en l’état où elle était; car elle n’a-vait pour habillement qu’une méchante petite jupeavec des brassières de nuit qui étaient de simple fu-taine, mol. Fourb. i, 2 . || Fig. Directions par les-quelles on ôte à quelqu’un la liberté de sa propreconduite. Être en brassières, n’avoir pas la libertéde se conduire d’après sa volonté. Mettre, tenir enbrassières. M. de Couronges se désolait de la fer-meté qu’il rencontrait sur beaucoup de points quitenaient M. de Lorraine fort en brassières dans sonétat, st-sim. 62, 37. Afin que la difficulté de con-server ce qu’il [Louis XIV ] aurait de plus le tînt tou-jours en brassières et ses successeurs après lui, id.77,26). Tel fut le désespoir que le roi et son minis-tre durent ressentir d’avoir donné de si fatales bras-sières à un prince [le duc d’Orléans] qui en avait sipeu besoin, id. 163, 147. || 2° Bretelles d’un havre-sac de soldat, d’une hotte, d’un crochet de porte-faix.
— REM. L’Académie n’admet ce mot qu’au plu-riel; mais il s’emploie souvent au singulier, commecaleçon, culotte, pantalon ; une brassière d’enfant.Dans le second sens, les brassières étant doubles,on emploie légitimement le singulier quand on neparle que de Tune d’elles : une des brassières de mahotte a cassé.
— HIST. xvi' s.Et qu’il leur [il s’agit de dames]
donneroitdesbrassieresde sainte Catherine [qu’il leurferait revenir les charmes de leur jeunesse], d’aub.Conf. i, 7.
— étym. JlTOS,-bourguig. braisseire.
BRASSIN (bra-sin), s. m. j| 1° Cuve à bière. || La
quantité de bière que la cuve contient. || 2“ Terme desavonnerie. Quantité de savon que Ton cuit à la fois.
— HIST. xiii' s. Et si seroit touz li brasins quiserait faiz de tex choses donez pour Dieu [il s’agitde cervoise], Liv. des mét. 30. Envoier polrons[nous pourrons] à nos mollins, fours et bressines....du cange , bralsina. ||xiv' s. Nuld’iceulx, tant soit-il huppez, Soit philosophe ou médecin, Rien n’yentend en tel brassin, L'alchim. à nat. 620.|| xv' s.Ly-meismes à sa male heure s’estoit brassé ce bras-sin et n’en devoit à homme du monde donner letort, G. chastel. Chron. des ducs de Bourg, m,ch. 33. || xvi“ s. Le droit de tonnelieu et foraige desbrassins de chervoise, du cange, brassinus.
— étym. Brasser I.
j- BRASSOIR (bra-soir), s. m. Canne de terrecuite pour brasser le métal fondu.
t BRASSOUR (bra-sour), s. m. ou BRASSOURE(bra-sou-r’j, s. f. Canal qui conduit l’eau d’un maraissalant dans Taire d’évaporation.
BRASURE (bra-zu-r’) , s. f. Endroit où deux piècesde métal sont brasées, soudées.
f BRAVA (bra-va), sorte d’interjection dont onse sert pour applaudir une cantatrice, en France ,au théâtre Italien, et, quelquefois par extension,un morceau de musique italienne.
— ÉTYM . Ital.hraua, singulier féminin de l’adjectifbravo (voy. bravo i).
BRAVACHE (bra-va-ch’), s. m. Fanfaron de sabravoure. C’est un bravache; on en plaisante; iln’a plus de quoi être un héros, la bruy. 12 .
— HIST. xvi* s. Loubais fist une response fortbravasche, carl. x, io. Il avoit esté, en son temps,un fort bravasche soldat à la gasconne, mais à cecoup la braveté lui passa, brantome, Sur les duels,p. 58. dans lacurne de SAINTE-PALAYE. Asseurez-vous que je ne suis point un bravache ni si escer-velé que vous me pensez, montluc dans le Dict.de dochez.
— étym. Ital. bravaccio, de bravo, brave (voy.brave), avec une désinence accio qui est péjora-tive.
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f BRAVA CHERIE (bra-va-che-rie), s. f. Parolesde bravache.
— HIST. Il n’y a ny rodomontade d’Espagne , nybravacherie napolitaine, qui nous puisse empescherde demander la paix, Sat. Min. p. 176.
— Étym. Bravache.
BRAVADE (bra-va-d’), s. f. Action ou parole parlaquelle on brave quelqu’un. Les bravades enfinsont des discours frivoles, corn. Pomp. ii, 4. Lesbravades, la haine et le trouble où je suis, id. Per-thar. iv, t. La bravade est aisée, un mot est bien-tôt dit, id. Attila, n, t. Vous n’avez aujourd’huiquitté votre embuscade Qu’afin de m’en conter l’his-toire par bravade, id. le Slent. ni, I. Moi, je seraiscocu?—Vous voilà bien malade I Mille gens le sontbien, sans vous faire bravade, Qui de mine, decœur, de biens et de maison, Ne feraient avecvous nulle comparaison, mol. Éc. desf. iv, 8. Fauted’un plus exquis et comme par bravade, Ceci meservira de mouchoir de parade, corn, la Suivante,II, 4.
— hist. xvi* s. Les bravades de cet ennemyvaincu, mont, i, 4. Hz s’estoient menacez et defiez,et avoient fait plusieurs bravades l’un à l’autre,amyot, Cor. 34. Ce sont beaux mots, que bravade,Soldat, cargue, camisade, Avec un brave sang-Dieu , dubell. iii, 87 , verso. Il a mis par escrit lesprouesses et bravades [exploits] faictes parla cava-lerie legere de France Tan 1558, lacroix dumaine,Biblioth. Pierre Venelle.
— ÉTYM . Ital. bravata, de bravo, brave (voy.brave).
t BRAVADER (bra-va-dé), v. n. Faire des bra-vades.
— hist. xvi' s. Qu’après avoir bravadé de la sorteque chacun savoit, il fust contraint de s’arrester,M. DU BELL. 392.
— étym. Bravade.
BRAVE (bra-v’; Chifflet, Grammaire, p. 123,remarque que l’a a le son que nous marquons parun accent circonflexe, brâ-v’; la prononciationa changé), adj. || 1° Qui affronte courageusement ledanger. Les plus braves. Qui n’est brave qu’en pa-roles. M. de la Rochefoucauld a dit que vous aviezvoulu paraître brave dans l’espérance que quelquecharitable personne vous en empêcherait, sév. 27..... Les meilleurs soldats et les chefs les plus braves,corn. Cinna, i, 3. L’éclatante vertu de leurs bravesaïeux, id. Cid, i, t. Et nous verrons ainsi qui faitmieux un brave homme Des leçons d’Annibal ou decelles de Rome, id. Nicom. i, 3. Il Ta fait en bravehomme et le doit soutenir, id. Cid, iv, 6. Êtrebrave est montrer sa force, pasc. Pens. div. 6. Quefaisaient cependant nos braves janissaires? rac.Baj. i, I. || Brave se dit d’un cheval qui a du cou-rage, de la vigueur et de la docilité. || 2“ Familiè-rement, et surtout avec les mots homme et gens,bon, honnête, obligeant. C’est un brave homme.C’est une famille de braves gens. || Ironiquement.Et les braves Pyrrhoniens, pascal dans cousin.|| Très-familièrement. Vous êtes un brave hommed’être venu me voir. Nous n’avons, m’a-t-il dit, niLambert ni Molière ; Mais, puisque je vous vois, jeme tiens trop content; Vous êtes un brave homme,entrez, on vous attend, boil. Sat. m. || 3° Familiè-rement, vêtu, paré avec soin. Riquet à la houppese présente à elle, brave, magnifique, et comme unprince qui va se marier, Perrault , Contes, 78. Ellese fait brave pour la noce de son fils, id. soi. Tafortepassion est d’être brave et leste, mol. Éc. des fem.v, 4. Est-ce que tu es jalouse de quelqu’une de tescompagnes que tu voies plus brave que toi? id. Am.méd. i,i. J’ai loué cet habit pour paraître un peubrave, boursault, Ésope à la cour, m, 6. || Bravecomme une noce, comme un jour de Pâques , ex-trêmement paré. || 4° S. m. Un homme vaillant à laguerre. Il est de faux dévots ainsi que de fauxbraves, mol. Tart. i, 6. Rien n’est plus lâche quede faire le brave contre Dieu , pasc. Préf. gén. Fai-sons tant que nous voudrons les braves, la mort estla fin qui attend la plus 'belle vie du monde, pasc.dans girault-duvivier. Le brave la défie [la' mort]et marche au-devant d’elle, volt. Orphel. i, 6. Ledroit de dominer où chaque peuple aspire De l’ha-bile et du brave est le prix glorieux, saurin, Spar-tac. iii, 4. C’est trop d’incertitude, il faut mouriren brave, delav. Vêp. sicil . iv, 4. Je crains peu,direz-vous, les braves du Parnasse , boil. Sat. ix.Les deux armées semblent avoir voulu se renfer-mer dans des bois et dans des marais, pour dé-cider leur querelle, comme deux braves en champclos, boss. Louis de Bourbon. Gloire à ces braves!Sparte et Rome Jamais n’ont vu d’exploits si beaux,