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Tome premier. A - C.
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BRE

Nielles était d’ailleurs un fort pauvre homme quiavait laissé brelander sa femme à son gré, st-sim.387, 224.

— ÉTYM . Brelan.

BRELANDIER, 1ÈRE (bre-lan-dié, diê-r’), s. m.et f. Terme de mépris. Celui, celle qui fréquenteles brelans, qui joue continuellement aux cartes.C’est un sale et indigne métier que de tromper;mais c’est un métier pratiqué de tout temps par cegenre d’hommes que j’appelle des brelandiers, labruy. 6. Je ne souffrirai point qu’on trompe ma maî-tresse.... Qu’elle épouse un joueur, un petit brelan-dier, regnard, Joueur, i, 2 . \\ Adjectivement. T’ai-je encore décrit la dame brelandière? boil. Sat. x.

— HIST. xiv' s. Icelui Tassin fu à Creil , où seoitla foire, et là trouva feu Pierre Hannetel bellengier,qui avoit mis et drecié son bellent pour ceulx qui yvoudraient jouer et esbattre, du cange, belencus.

— ÉTYM . Brelan.

j BRELANDINIER, 1ÈRE (bre-lan-di-nié, niê-r’),î. m. et f. Marchand, marchande qui vend dans lesrues.

— ÉTYM . Brelan, à cause de l’étalage, fait d’or-dinaire sur une planche ou table (voy. brelan).

f BRELÉE (bre-lée), s. f. Terme d’agriculture.Fourrage d’hiver pour les moutons.

t BRELIQUE-BRELOQUE (bre-li- k’-bre-lo-k’), loc.adverb . qui signifie au hasard, en confusion.

f BRELLAGE (brè-la-j’), s. m. Action de breller.

— ÉTYM . Breller.

BRELLE (brè-l’J, s. f. Nom d’une certaine quan-tité de pièces de bois liées ensemble, pour les faireflotter, en forme de radeau. Quatre brelles font letrain complet.

— ÉTYM . Voy. breller.

f BRELLER (brè-lé), v. a. Fixer fortement avecdes cordages, soit les poutrelles aux bateaux, soitles madriers aux poutrelles.

— ÉTYM . On trouve, dans Cotgrave, le verbe brel-ler, prendre les oiseaux avec un certain piège. Brel-ler est de même radical que l’ancien français bril,brillet, sorte de piège (voy. briller 2). Le nom dupiège a passé à cette espèce d’assemblage.

1. BRELOQUE (bre-lo-k’), s. f. Curiosité de peude prix; petits bijoux qu’on attache aux chaînes demontre. Le premier président était un panier percéqui jetait à tout, et beaucoup en breloques, st-sim.370, 129.

— HIST. xvi' s. Breluques, oudin.

— ÉTYM. Picard et wallon, berloke; namurois ,barloke; wallon , barloker, pendiller ; de la parti-cule péjorative bre ou ber (voy. ber....), et loque(voy. loque).

2 . BRELOQUE (bre-lo-k’), s. f. Terme militaire.

VOy. BERLOQUE.

BRELUCHE (bre-lu-ch’), s. f. Droguet de fil etde laine.

— ÉTYM . Origine inconnue; à moins qu’on n’yvoie quelque comparaison avec breloque.

BREME (brê-m’), s. f. Poisson d’eau douce dugenre cyprin (cyprinus brama). || Brême de mer,poisson du genre spare.

— HIST. xiii* s. Sardines, bresmes et dorées, Fa-bliaux, édit, barbazan, t. iv, p. 94. || xiv' s. Por bresnescuites en eve, Bibl. des Chartes, B'série, t. i, p.223.

— ÉTYM . Liégeois, brâme; bas-Iat. bresmia,braximus; angl. bream; de l’allemand Brachse,Brachsme.

f BRENADE (bre-na-d’), s. f. Voy. brenêe.

f BRENÈCHE (bre-nè-ch’), s. f. Poiré nouveau etencore doux.

f BRF.NÉE (bre-née), s. f. Mélange de son etd’herbes pour les oies, les poules et les cochons. Ondit aussi brenade.

— ÉTYM . Bran.

BRENEUX, EUSE (brè-neû, neû-z’), adj. Sali debran, de matière fécale.

— HIST. xiv' s. Perrinet dit à icellui Henry plu-sieurs villaines et hautaines paroles, et le appellasanglant bernoux, qui est à dire coux [cocu] aupais, du cange, brenacus. |] xv' s. Au soir dirontqu’ilz sont breneulx, Chetis recreans et faillis, e.deschamps, Poésies mss. f' 553, col. 4, dans la-curne. Toutesfoys ce sac fut ouvert ; Mais quand ille vit si breneux, Il s’en alla tout roupieux, Cuydantque ce fust mocquerie, villon , 2 " repue.

— ÉTYM . Bran, qui signifie son et excréments.

t BREQU1N (bre-kin), s.m. Outil qui sert à per-cer; espèce de vrille. || Mèche de vilebrequin.

— ÉTYM . C’est le radical de vilebrequin (vire-bre-quin). Il n’est pas impossible qu’il se rattache à unradical brec ou berc : provenç. bercar, ébrécher;picard, é-berq-uer; radical qui est dans brèche; ou à

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broche, brocher. Ménage propose un verbe bas-alle-mand borke n, percer.

f BRESAGNE (bre-za-gn’), s. f. Un des nomsvulgaires de l’effraie,

BRÉSIL (bré-zil), s. m. Bois rouge propre à lateinture. || Sec comme brésil, comme du brésil , ex-trêmement sec.

— REM. On dit aussi bois de Brésil, observe l’Aca-démie. Si l’on écrit bois de brésil (sans majuscule), lalocution n’est pas bonne : car le brésil est un bois,et non un arbre; si on écrit Brésil (avec une majus-cule), elle n’est pas bonne non plus : car elle im-plique que le brésil a reçu son nom du Brésil , cequi est faux.

— HIST. xiii* s. Ils ont [dans l’tle de Ceylan] berzien grant habondance, do meillor dou monde, marcopolo, dans de laborde. Émaux, p. 174. Douroyaume de Jherusalem, dou royaume de Egipte ,de la terre au soudant, vient poivres et toute espice-rie et bresis, id. ib. Li barillier pueent fere baris defuz de tamarie et de brezil, Liv. des met. 104. Nustabletier ne puet métré avecbuis nule autre maniéréde fust qui ne soit plus chier que buis; c’est à sa-voir, cadre, benus [ébène], brésil et ciprès,«7>. 177.|| xvi' s. Comme si on brouilloit ensemble des dia-mans, rubis, fer, plomb, or, argent, marbre, bre-sil, perles, corail, tuiles et ardoises, lanoub, 40.Villeguignon alla au Brésil faire un fort en la rivierede Ganabaras, l’ayant accommodé, renvoya ses na-vires chargez de brésil, et de là despescha à Ge-nève , d’aub. Ilist. i, 41. Ensemble une douzained’arcs de fin brésil , accompaignez de douze troussesou carquois, carl. iii, 30. On dissoudra rasure debrésil et orcanete en eau alumineuse, paré, xxv, 44.Non de fer, ains d’os, de brésil , de bouis ou d’au-tre bois ferme et lissé, o. de serres, 668.

— ÉTYM . Provenç. bresüh; espagn. brasil; ital.brasile; d’après du Cange, de même radical quebraise, à cause de la comparaison avec la couleurrouge ou de feu; la dérivation se serait faite pardes verbes allemands , braezelen, brasseln, rôtir enpétillant. Le brésil,connu,comme on voit, bien long-temps avant la découverte de l’Amérique , n’a pasreçu son nom du Brésil , mais l’a donné à ce grandpays, où les bois de teinture rouge sont très-abon-dauts. D’après Chiffiet, Gramm. p. 208 , i ne seprononçait jamais, même quand une voyelle suivait.

BRÉSILLÉ, ÉE (bré-zi-llé, liée, Il mouillées),part, passé. || l'Teint en rouge. || Fig. Devenu rouge.Mandez-moi si vous dormez, si vous n’êtes pointbrésillée, sév. 232. || 2° Brisé par petits morceaux.Une glace toute brésillée.

BRÉSILLER (bré-zi-llé, Il mouillées), V. a.|| 1° Terme de teinturier. Teindre avec du brésil .|| 2° Rompre par petits morceaux. ||3° V. n. Se ré-duire en poudre à force de sécheresse.

— HIST. xvi' s. Que à selle neuve ne soit mis eneuvre basenne bresillé, du cange, brasile.

—ÉTYM. Brésil . Brésiller, dans le sens de rom-pre en petits morceaux, s’est dit ainsi à cause de lasécheresse du brésil . Cependant Raynouard rapportele provençal brexillar, tomber en débris, à brisar,briser ; mais la dérivation par brésil est la plus na-turelle quant à la forme, et n’a point d’obstacle quantau sens.

BRÉS1LLET (bré-zi-llè, Il mouillées), s. m. L’es-pèce de brésil la moins estimée. ]| Brésillet bâtard,nom vulgaire de la trichilie spondioïde (méliacées)et de la picramnie antidesme (térébinthacées), diteaussi brésillet d’Amérique . || Faux brésillet, nom vul-gaire de la picramnie pentandre de Swartz, et dela comocladic intègrifolièe (térébinthacées) de Jac-quin.

— ÉTYM. Diminutif de brésil .

f BRESOLLES (bre-zo-T), s.f.plur. Terme decuisine. Rouelles minces de veau mises en ragoût.

f BRESSIN (brè-sin), s. m. Voy. brécin.

{ BRESSON (brè-son), s. m. Bœuf de couleur defroment roux.

f BRESTE (brè-sfi), x. f. Terme de chasse. Ma-nière de prendre les petits oiseaux avec de la glu etun appât.

— ÉTYM . Provenç. bretz; anc. franc, broi, piegeà prendre les oiseaux. Faudrait-il y rapporter leverbe brester : jà si bien chanter ne sauront Ne pourcrier ne pour brester, PatelinP Brester signifierait-il ici se débattre?

f BRETAGNE (bre-ta-gn’), s. f. || 1° Terme decommerce. Toile de lin fabriquée dans la Bretagne .|| 2” Danse française fort noble qui se dansait en pasde deux.

— ÉTYM. Bretagne , nom d’une province deFrance (voy. bretonnant à I’étym.).

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BRÉTAILLER (brè-ta-llé, Il mouillées, et nonbré-ta-yé), v. n. Tirer l’épée à tout propos; hanterles salles d’armes et s’y escrimer sans cesse.

— ÉTYM . Brelte.

BRÉTAILLEUR (bré-ta-lleur, Il mouillées, et nonbré-ta-yeur), s. m. Celui qui brétaille. Ce mot seprend presque toujours en mauvaise part, et se ditpar mépris.

— ÉTYM . Brétailler.

BRETAUDÉ, ÉE (bre-tô-dé, dée), part, passé.Drap bretaudé, drap tondu inégalement. || Chevalbretaudé, cheval à qui on a coupé les oreilles.

BRETAUDER (bre-tô-dé). u. a. || 1' Tondre iné-galement. On a bretaudé ce chien. || Bretauder lescheveux de quelqu’un, les lui couper trop courts.Mme de Nevers y vint coiffée à faire rire; la Martinl’avait bretaudée par plaisir comme un patron demode, tous les cheveux coupés sur la tête et friséspa‘ cent papillotes, sév. 29. || 2° Couper les oreil-les à un cheval.

— HIST. xiii* s. X val la ville [il] vit un home Fri-leux et pasle et enfondu, Bien bertondé et touttondu, Gautier de Coinsi, dans jaubert, Glossaire,1. 1 , p. 332. || xvi* s. Le fendre des nazeaux, le coup-per des aureilles, les crins et la queue des chevaux,est inventé pour donner respiration aux chevaux,pour leur allonger Baleine, et pour les rendre assi-dus au travail, selon qu’ainsi l’on bertaudeles cour-taus es bonnes escuiries, o. de serres, 309.

— ÉTYM . Bre ou ber (voy. ber....), particule péjo-rative, et tauder ou tonder , tondre (voy. tondre).Le sens propre de bertauder est mal tondre. Tonsusde tondere a donné tousel, jeune garçon, touse,jeune fille, dans l’ancien français ; et le son on s’estchangé facilement en au dans ce verbe d’un usagevulgaire.

f BRETÈCIIE (bre-tè-ch’), s. f. Ancien terme mi-litaire. Pièce de fortification ou partie crénelée desanciennes murailles. || Terme de blason. Rangée decréneaux sur une fasce, une bande ou un pal, ousur les côtés de l’écu. || On trouve aussi bretasse etbertesche.

— HIST. xii* s. Encor cent bertesches levées,Bien planchies et kemelées, Rou, 9450. || xiu* s. EtReniers estait aus bretesches des murs, quant ilchoisi [vit] l’avant-garde que Joffrois li mareschausfaisoit, villeh. clxii. N’est mie sages qui fera S’a-mor crier à la bretesche, Lai du conseil. Or aperraque vous ferés, Quant en haut encroé serés Porpreeschier sur la bretesche, la Rose, 20863. Voltes[voûtes] i ot desous chascune bien taillie, De tors etde bretesques si fierement garnie, qu’Antioche necrient (craint) ost de cele partie, Ch.d’Ant. îv,321.

— ÉTYM . Provenç. bertresca; ital. bertesca, bal-tresca; bas-lat. brelachiæ. Origine inconnue.

BRETELLE (bre-tè-1’), s. f. || 1° Bande de cuir oud’étoffe qui, passée sur les épaules, sert à porterune civière, un brancard, un sac. Les soldats por-tent leur sac à l’aide de bretelles. || 2' Bande élasti-que qui passe sur l’épaule, et qui soutient le panta-lon, la culotte. Une paire de bretelles. |J Fig. Il en ajusqu’aux bretelles, par-dessus les bretelles, il estengagé dans une affaire dont il ne sait comment satirer; et aussi, il est ivre. || 3“ Filet pour prendre leschiens de mer.

— HIST. xvi' s. Bretelles d’une hotte, cotgrave.

— ÉTYM . Berry, bertelle. D’après Diez ce mot tien-drait à l’ancien français bret; provenç. bretS; ital.brele , piège à oiseau; espagn. brete, fers qui ser-vent à enchaîner. Il reste du doute à cause du sens.Génin a signalé le napolitain bertola, besace quitraverse l’épaule et pend devant et derrière. Il y adans le parler de Corne bretela, bartela, croupière ;ce sont des rapprochements.

f BRETELLIÈRE (bre-tè-liê-r’), s. f. Terme depêche. Filet légèrement lesté, dont les mailles nesont pas très-larges et que l’on tend de façon à cequ’il fasse des plis.

f BRETESSE (bre-tè-s’), s. f. Voy. bretêciie.

f BRETESSÉ, ÉE (bre-tè-sé, sée), adj. Terme deblason. Pièces bretessées, pièces crénelées haut etbas en alternative. Une bande bretessée.

— HIST. xiv* s. X Brenesque la ville, qui fu bienbreteschie.... Guesclin, 8219. || xv* s. Il fit faire etcharpenter un chastel si fort et si bien breteschiôque on ne le pouvoit grever, froiss. i, i, 315.

— étym. Bretesche.

f BRETONNANT, ANTE (bre-to-nan, nan-t ),adj. Ne se dit que dans ces locutions : Bretagne bre-tonnante, partie de la Bretagne où l’on parle bas-breton ; et Breton bretonnant, celui qui est de laBretagne bretonnante.