BRI
— HIST. xi* s. [IlJ Tranche le piz [poitrine], silui brise les os, Ch. de Roi. xci. L’espée cruist [ré-sonne] , ne froisse ne ne brise [se brise], ib. ci.xx.|| xii* s. [II] En fait les murs briser, Roue . p. 6.[Ils] Venu sont à Hauteme, s’ont la vile brisie, Sax.vu. Tuz ses comandemenz sûmes près de furnir, Ecliastals e citez brisier et asaillir, K périls de noscors e des anemes [âmes] suflrir, Th. le mari. 134.Mais quant Richarz li Brez le vit si abatu E sur lepavement gésir tut estendu, Un poi en bescoz l’addes autres colps féru, Qu’à la pierre ad brisié endeus son brant moulu, ib. 160 . Ja iert mes chevaxsi destrois, Que je craiu qu’il se brit la cuisse, laCharrette , 1620 . |j xm* s. Et là ot Guillaumes deChamplite le bras brisié d’une pierre, villeh. lxxv.Et brisierent bien tresqu’à quatre des portes, et en-trèrent ens, id. cv. [Elle] ne briseroit son veu poursouffrir discepline, Èerte, lvi. Et i ot mainte lancebrisie sur escu, ib. cxxxvii. Et Crestien entrèrentens par force de toutes parts par le mur qui es-tait brisiés, et fu la cité prise, Chron. de Rains, 39.Li rois rechut la lettre et brisa le seel et la lut, ib.132. Si ne serait mie bon que vous comencissiez lamellée, ne brisissiez l’aloiance, ib. p. 217 . Tant vapot à l’eve que brise, Ren. 13650. Quatre costes liont brisié; X bien petit l’ont mort laissié, ib. 6436.Et croi que, se plusors osassent, Lor mariages enbrisassent, Et de foi ne lor sovenist, la Rose,14330. Et se tu sés lances brisier, Tu t’en puesmoult faire prisier, ib. 2209. Si comme s’aucunsest pris et mis en prison, et il brise la prison, beaum.xxx, 13. Li sergans qui va penre par commande-ment de segneur, pot et doit brisier ce qu’on fermecontre li, id. liv, 8. Et si n’est pas li establisse-mens brisiés, car l’entention des establissemensn’est pas por tollir autrui droit, id. xlviu, i. Sideïssiez à sa maniéré Qu’ele menjast (ce n’est pasfaille) Plus que nus qui fust à la table, Que çà et làle pain brisoit, rutkb. ii, 174. Mesneveus, venésà moy aidier et vous etvostre gent; caries Alemansbrisent le moustier, joinv. 234. Il y ot bien douzevins vessiaus, que grans que petiz, brisiez et per-dus, id. 219. || xiv* s. Les aides des Latins brisées etfaillies, bercheure, f° 35, xccto. Miex estait les cou-rages esmeus ploier que briser, id. f“ 36, reclo.|| xv' s. Pour ce qu’il avoit trespassé le commande-ment de son seigneur le roi et brisé son arrest et saprison, et s’en estait parti sans congé.... froiss. i,i, 154. Et l’eust fait sans faute [pendre],si n’eustesté le dit messire Jean de Hainaut, qui lui brisason ire et excusa le dit messire Godemon, id. i, i,290. Et brisa le roi' tout ce voyage.... [défendit l’ex-pédition qui se préparait pour Isabelle], ID. 1,1,10.Beau frere, jà à Dieu ne plaise que votre bon pro-pos je vous brise ni oste, id. i, i, 17. Et ferait [frap-pait] à tas de son espée sur le bassinet du seigneurde Sconnevort; mais le sire de Sconnevort, quibien estait armé et monté, brisoit les coups à lafois et les recevoit moult vassalment, id. i, i, 140.Quand le roi d’Angleterre entendit ces nouvelles,il fut moult pensif, et eut une espace une imagina-tion et propos de briser son siégé [le siège deVannes où il était en personne], id. i, i, 209.|| xvi* s. Navré du cautere de son péché, et commebrisé de terreur de l’ire de Dieu , calv. Instit. 461.Pour saisie brisée il y a amende de 60 sols, loysel,827. Qui brise une franchise [ne peut être reçu enail asile], brise toutes les autres [ne peut être reçuen aucune], id. 828. Le vent se renforça si violen-tement qu’il brisa, abbatit et froissa en un momenttous ces engins, amyot, Lueull. 20 . Les lanskenetsvoyans les Suisses brisez de tant de charges, d’aub.llist. i, 168 . Par coups de boulets ou autre chosebrisante, paré, xm, 14.
— ÉTYM . Wall, briht; provenç. brisar. Diez letire de l’ancien-haut allemand brestan (au présentbristu ), briser; allemand moderne, berslen, crever.Le changement de l’sl ens ne fait pas difficulté;voy. huissier, de ostium. Dans les patois anglais on trouve brise, brisse, briss, où l’st a déjà dis-paru. U n’est pas sûr que le gaélique bris, rupture,soit d’origine celtique. Il y a aussi dans le gaéliquebruis, bris, morceau; angl. to bruise, meurtrir;ce qui fait difficulté c’est l’u dans bruis; mais lefrançais supprime quelquefois un u devant unevoyelle ; voyez milan d’une forme telle que milua-nus; il se pourrait donc que briser vînt du cel-tique.
BRISE-RAISON (bri-ze-rè-zon), s, m. Personnequi parle à tort et à travers, qui agit sans discerne-ment. || Au plur. Des brise-raison.
BltlSK-SCELUÊ (bri-mt-sè-lé), ». m. Celui qui
BRI
rompt un scellé dans une intention de vol. || Peuusité. || Au plur. Des brise-scellés.
BRISE-TOUT (bri-ze-tou), s. m. Er.fant ou per-sonne soit étourdie, soit maladroite, qui brise toutce qui se trouve sous sa main. || Au plur. Des brise-tout.
BRISEUR (bri-zeur), s. m. Celui qui brise. Lesiconoclastes ou briseurs d’images. || Autrefois, bri-seurs de sel, officiers qui étaient chargés, quand lesel était trop sec, de le briser pour le faire charger.
— HIST. xvi* s. Si ces briseurs [casseurs, bravi]eussent enfoncé la porte où ils estaient, trois roiset deux grands princes ne se pouvoient sauver quemiraculeusement, d’aub. llist. il, 106 .
BRISE-VENT (bri-ze-van), s. m. Obstacle maté-riel opposé à l’action directe du vent, et composé depaillassons, de murs, de haies vives, de plantationsen talus, etc. || Au plur. Des brise-vent ou brise-vents.
BRISIS (bri-sî), s. m. Terme d’architecture. L’an-gle que forment les deux plans d’un comble brisé.
— ÊTYM . Briser. L’ancienne forme de ce mot, sion le trouvait, serait brisc : is, dérivant d’un bas-latin brisaticius.
f HiUSKA (bri-ska), s. m. Calèche de voyagetrès-légère.
BRISOIR (bri-zoir), *. m. Instrument pour briserle chanvre ou la paille.
f BRISOU (bri-zou), adj. m. Feu brisou se dit,dans quelques mines, pour feu grisou (voy. gri-sou).
BRISQUE (bri-sk’), s. f. || l°Jeu de cartes. || Xce jeu, une carte qui est atout. || 2° Au mariage, aubési et à la quarante, on appelle brisques les dix etles as, qui comptent pour 10 et qui enlèvent lesautres cartes. Le coup fini, chacun additionne sesbrisques.Combien avez-vous de brisques? J’ai trente,j’ai cent de brisques. Vous faites toujours toutes lesbrisques. Je ne veux pas jouer mes brisques, vousles couperiez.
— REM. Ce mot ne se trouve ni dans les ancien-nes éditions du Dictionnaire de l’Académie , nidans Furetière , ni dans Richelet.
f BRISSE (bri-s’J, s. m. Terme d’histoire natu-relle. Sorte de sangsue de mer.
f BRISSOÏDE (bri-sso-i-d’), adj. Qui a la formedes brisses.
— ÊTYM . Bptaco;, et eîôo;, forme.
BRISURE (bri-zu-r’), s. f. || 1“ Partie brisée. Les
brisures d’une table de marbre. C’est Dieu quivoulait montrer qu’il denne la mort et qu’il ressus-cite , qu’il secoue la terre et la brise et qu’il guériten un moment toutes ses brisures, boss. Annede Gom. || 2° Pli, par charnières, d’une partie surune autre dans un ouvrage. La brisure d’un volet.|| Terme de marine. Disposition d’un mât qui sebrise, c’est-à-dire qui est formé de plusieurs piècesguindées les unes au-dessus des autres. || 3“ Termede fortification. Prolongement de la ligne de dé-fense dans le renfoncement d’un bastion à orillons.|| 4“ Terme de blason. Toute pièce d’armoirie queles cadets ajoutent à l’écu des armes pleines de lamaison dont ils sortent. Les armes [des bâtards desprinces anglais ], qui sont toujours celles d’Angle-terre, ont des sortes de brisures distinctes, st-sim.277 , 241 . La goutte et le rhumatisme sont des frè-res; et ce dernier a seulement une brisure de cadet,parce qu’il ne revient pas comme cette cruellegoutte, SÉV. 449.
— HIST. xm's. Qui viaut [veut] apeler home derap, ou de briseure de chemin, ou de force quoi-qu’elle seit, Ass. de d. i, 174. De celi qui depecha [miten pièces] ses mesures, il vout [voulut] qu’il liainen-dast, por ce qu’il li avoit brisiés et que par la bri-seure il fut atains du rneifet, beaum. xxvi, 16.Quant on le veut fausser par briseure du seel, il con-vient que le [la] moitié du seel ou plus soit per-dus ou depeciés, id. xxxv, il. ||xv* s. Cette brisurevenimeuse par laquelle si longtempsle peuple chres-tien a failli à vivre, monstr. i, ch. 33. || xvi* s. Carbras et corps et du pied la brisure, Avec le cœur alloittout demesure, marot, i, 281. Embarrureducrâne,ou brisure en plusieurs esquilles ou fragmens,PARÉ,vin, 1 . Briseure, c'est à dire division de l’os enplusieurs esclats, id. xm, 1.
BRO 423
f B1IIZE (bri-z’), s. f. Terme de botanique. Plantegraminée dite aussi amourette (brisa media, L.).
BROC (bro; le c ne se prononce jamais en prose,pas même devant une voyelle ou une h muette ; ce-pendant en vers on fait rimer ce mot avec roc,froc, etc; au xvi* s. Bèze dit que le c se prononce;au pluriel l’a se lie : des bro-z emplis; brocs rimeavec repos, faux, sauts, rôts, etc.), s. m. ||l*Vasa à liquide, en bois eerclé de fer, quelquefois enétain, d’une capacité moyenne (comme de 6 à 10 li-tres), de la forme d’un cône tronqué, renflé unpeu au-dessus de sa base, armé d’une anse et ter-miné par une ouverture assez large, mais resserréeà l’endroit par où le liquide doit couler. La vaisselled’argent, les cuvettes, les brocs, la font. Fabl .il, 27. Prends ton froc, Ton sac et ton broc ! Sus,frère Roc, piron, Chanson à un frère quêteur.|| 2° Ce qu’un broc peut contenir. Aux Apollons descabarets Paye un broc de Surènes, bérang. Fari-dond.
— HIST xiii* s. Et se nul homme avoit fait vendrevin à broche.... tailliar, Recueil, p. 19. Puis meprenez trestut iceo E metez cuire en vostre bro, Ms.St Jean. Et si ne le veut rechargier [le vin], il nepaiera rien devant qu’il le vendra à broche ou engros, Liv. des mit. 296. De l’oysil [vinaigre], qu’ony vendra à broke, du cangk, acceptabulum. Qui-conque est crieurà Paris , il peut aler en laquele ta-verne que il voudra et crier vin, por-tant qu’il y aitvin à broche, de laborde, Émaux, p. 176. Toutemaniera de vin qui sera vendu à broche, id. ib.
— ÉTYM . Provenç. broc; catal. broc, brocal; ital.brocca . Broche étant une des formes les plus habi-tuelles, et signifiant vase à goulot, Diez remarqueque broc ou broehe a été ainsi nommé de broche,chose pointue, par assimilation de forme; ce quirend cette étymolegie très-valable, c’est qu’on trouvebroche, cannelle qu’on met à un tonneau pour entirer la liqueur (du gange, broccæ), etbrocart, sortede vase qui verse la liqueur par une cannelle (id. bro-cheronnus). On a aussi indiqué le grec r.ç.ô/o\i;, cru-che; mais on n’a aucun intermédiaire qui montrecomment ce mot grec serait entré dans les languesromanes; et d’ailleurs broche suffit à l’étymologie.
BROC (DE BRIC ET DE) (de-bri-kè-de-brok), loc.adv. Deçà et delà, d’une manière et d’une autre. Debric et de broc il s’est fait une jolie fortune.
— ÊTYM . Peut-être avec le bric, sorte d’engin quiservait à la cirasse des oiseaux et même à la guerre(voy. bricole), et avec le broc : c’est-à-dire de toutefaçon.
BROC (DE BROC EN BOUCHE) (de-bro-kan-bou-ch’), loc. adverb . En sortant de la broche. Mangerune perdrix de broc en bouche. || Fig. Très-vile,aussitôt. On est nn peu trop expéditif chez vous :on y roue les gens de broc en bouche, avant quele voisinage même en soit informé, volt. Ij'tt.Beaumont, 26 sept. 1765. Cette locution vieillit.
— HIST. xvi* s. S’entresbattans à qui humeral’ame de Raminagrobis, et qui premier, de broc enbouc, la pourtera à messer Lucifer, rabel. J’ant.in, 23. Et promit double paye et notable appoincle-ment à quiconques luy en apporteroyt une de brocen bouCjiD.ib. iv, 46. La perdrix [il] vire; au sel debraque en bouche La dévora.... marot, ni, p. 64.
_ÊTYM . 11 y a deux versions de cette locution :
la première de broc en bouche ; là broc est le bas-latin brocus, brocha, broca, broche (voy. ce mot);l’autre de Rabelais , de broc en bouc, signifie de brooen outre, c’est-à-dire mise du broc dans une peaude bouc pour le transport immédiat; ce derniersens, aujourd’hui, n’est plus ni usité ni entendu.
f BROCAILLE (bro-kâ-11’, Il mouillées, et nonbro-ka-ye), s. f. Petits pavés de rebut dont on gar-nit les chemins.
BROCANTAGE (bro-kan-ta-j’), s. m. || 1° Actionde brocanter. || 2° Commerce du brocanteur.
f BROCANTE (bro-kan-t’), x. f. Tous les ouvriersappellent improprement brocante un ouvrage inat-tendu et de peu de valeur qu’ils font pour leurcompte pendant les heures de repos et sans nuire àl’intérêt du maître qui paye leur journée. Cet ou-vrage n’est qu’une brocante. Il a fait une brocantequi lui a valu trois francs. || On appelle une brocanteun petit marché : je n’ai eu, je n’ai fait, dira unmarchand, que deui ou trois petites brocantes au-jourd’hui.
BROCANTÉ, ÉE (bro-kan-té, tée), part, passé.Des marchandises brocantées.
BROCANTER (bro-kan-té), 1). n. Acheter et ro-