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Tome premier. A - C.
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les corps combinés avec l'oxygène. || 7° Au jeu, cartebrûlée, carte mise decôté. || 8° Terme de pêche. Se ditd’une morue corrodée par le sel. || Harengs brûlés,harengs de rebut. || 9“ S. m. Odeur d’une chose brû-lée. Cela sent le brûlé, et, au figuré, l’affaire prendmauvaise tournure. || Terme d’orfévre. Or ou argentvenant de galons ou autres ornements qui, usés,ont été brûlés pour en retirer le métal.

f BRÛLE-AMORCE (bru-la-mor-s’), s. m. Termede marine. Petit instrument en bois garni de cuivreavec lequel on fait feu comme avec un fusil pour lessignaux. || Au plur. Des brûle-amorce.

— ÉTYM . Brûler, amorce.

f BRÜLE-BODT (bru-le-bou), s. m. Le même quebrûle-tout. || Au plur. Des brûle-bout ou brûle-bouts.

t BRÛLÉE (bru-lée), s. f. Maladie des vers à soie.

— ETYM . Brûler.

+ BRÛLE-GUEULE (bru-le-gheu-1’), s. m. Pipetrès-courte. || Au plur. Des brûle-gueule. || Termepopulaire.

— étym. Brûler, gueule.

BRÛLEMENT (bru-le-man), *. m. || 1* Action debrûler ou état de ce qui brûle. [Louvois dit au roi]Qu’il avait bien senti que le scrupule était la seuleraison qui l’ait retenu de consentir à une chose aussinécessaire que l’était le brûlement de Trêves, st-sim. 407 , 94. || Terme de charpentier. Action de brû-ler le pied des pieux qu’on enfonce en terre pour lespréserver des effets de l’humidité. || 2” Sensation debrûlure. Avoir un brûlement à l’estomac.

— BIST, xvi' s. Degasts de pals, saccagemens devilles, bruslemens d’edifices, lanoue, 66. La nuit,au diable la garde, bruloit le village qui vouloit;nos grands le bruloient, à la mode s’entend, c’est-à-dire qu’ils prenoient cent escus d’une paroisse pourla laisser vuide au milieu du departement. — Vousavez bien fait de m’expliquer ce brûlement, je pen-sois que ce fust mettre le feu pour faire degast,d’aub. Fœn. iv, 6.

— étym. Brûler.

BRÛLE-PODRPOINT (X) (brü-le-pour-poin), loc.ado. Tirer un coup de feu à brûle-pourpoint, le tirerde très-près et, pour ainsi dire, de manière à brû-ler le pourpoint. || Fig. Tirer sur quelqu’un à brûle-pourpoint, l’attaquer par de vives paroles. || Y allerà brûle-pourpoint, parler ou agir sans ménage-ment. || Dire une chose à brûle-pourpoint, la direen face. La jalousie [du duc de Gesvres] pouvaitl’avoir excité à lui dire [au maréchal de Villeroy] àbrûle-pourpoint des vérités fâcheuses à entendre,st-sim. 73, 1 97. || Ce qu’on dit à brûle-pourpointn’est pas toujours quelque chose de désobligeant ; ily a des éloges, des flatteries à brûle-pourpoint.|| Raison, argument à brûle-pourpoint, raison, ar-gument convaincant.

— ÉTYM . Brûler, pourpoint.

t BRÛLE-QUEUE (bru-le-keue),!. m. Cautère donton se sert pour arrêter l’écoulement du sang aprèsl’amputation de la queue du cheval. || Au plur. Desbrûle-queue ou brûle-queues.

— étym. Brûler, queue.

BRÛLER (bru-lé), v. a. || 1* Consumer par le feu.Les Romains brûlèrent Carthage . Tout est en feujusque sur les bords de la rivière d’Oise ; nous pou-vons voir de nos faubourgs la fumée des villagesqu’ils nous brûlent, voit. Lett. 74. Brûlons ce Capi-tole où j’étais attendu, rac. ilühr. ni, i. Lisez cequ’il cite d’Aristote , et vous verrez qu’après une au-torité si expresse il faut brûler les livres de ceprince des philosophes ou être de notre opinion,pasc. Proo. 4. || Fig. Brûler ses vaisseaux, s’engagerdans une affaire de manière à ne pouvoir reculer.|| Brûler ses livres, tout faire pour réussir. Locutiontirée de l’alchimiste, qui, ayant tout tenté, brûleses livres, désespéré de ne pas réussir, ou, ayanttout dépensé, brûle jusqu’à ses livres pour chauf-fer ses fourneaux. J’y brûlerai mes livres ou jeromprai ce mariage, mol. Pourç. i, 3. J’y brûleraimes livres, rac. Plaid, i, 7. Je vous la rendrai saineet entière, ou j’y brûlerai mes livres, sëv. 1.1| 2° Fig.Mille convoitises le brûlent. Mais quelque ambition,quelque amour qui me brûle, rac. Baj. n, 5. Vousme connaissez mal, la même ardeur me brûle, corn.Poly. i, 4. N’imputez qu’à ce feu qui brûle encormon âme.... volt. Zaïre , iv, 6. Si ton ardeur estextrême, Même ardeur vient me brûler, bérang.Chatte. || 8° Terme de métier. Brûler les métaux,leurôter leurs qualités en les laissant trop chauffer.|| 4* En parlant de quelques substances chimiques,corroder, consumer. Les acides concentrés brûlentla peau comme le fer rouge. || Brûler la terre, enparlant d’engrais, la rendre trop chaude et l’em-

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pêcher par là de produire; en parlant des plantes,l’épuiser rapidement. 11 En parlant du froid, causerun effet assez semblable à celui de la brûlure. Lagelée brûle la racine des arbres. La neige brûle lessouliers. || 5° Employer comme combustible. Brûlerdu bois,du charbon de terre,de la tourbe. || Se servird’une chose pour s’éclairer. Brûler de la chandelle,de la cire, de l’huile. || Fig. Brûler la chandelle parles deux bouts, c’est-à-dire compromettre sa fortunepar des dépenses de tout genre, ou sa santé par desexcès de tout genre. || 6° Faire subir le supplice dufeu. On a longtemps brûlé les hérétiques. On pré-tend qu’il y a un conflit de juridiction, entre le Par-lement et le Châtelet, à qui fera brûler le livre etl’auteur, volt. Lett. Morellet, 23 fév. 4 776. || 7°Brû-ler des parfums. En vain sur les autels ma mainbrûlait l’encens, rac. Phèd. i, 3. || Fig. Brûler del’encens devant quelqu’un, le flatter avec de gran-des démonstrations de respect. || Brûler de l’eau-de-vie, mettre le feu à de l’eau-de-vie, faire du punch.|| Brûler du vin, distiller du vin pour en faire del’eau-de-vie. || Brûler du café, le torréfier avantde le moudre. || Brûler l’amorce d’un fusil, d’unpistolet, y mettre le feu. || Sans brûler une amorce,sans tirer un seul coup de fusil. La ville fut prisesans brûler une amorce. || Brûler la cervelle à quel-qu’un, le tuer d’un coup de feu tiré dans la tête etde très-près. Se brûler la cervelle, se tirer un coupde feu dans la tête. || 8° Échauffer beaucoup, dessé-cher par un excès de chaleur. Un soleil ardent brûlaitla campagne. || Par extension. Il a une fièvre qui lebrûle. La soif les brûlait. || Fig. Brûler le pavé, cou-rir, marcher très-vite. || Brûler le papier, écrire avecbeaucoup de verve et une grande chaleur. || Brû-ler les planches, jouer un rôle d’une manière viveet entraînante. Il Brûler les yeux, faire mal auxyeux par une excessive lumière. La première foisque je lus votre ouvrage, je fus frappé d’une lumièrequi éclairait mes yeux et qui devait brûler ceux dessots et des fanatiques, volt. Lett. Chatellux, 7 déc.4772. || 9' Brûler la politesse à quelqu’un, le quit-ter brusquement, rompre une affaire. || Brûler l’é-tape, brûler un gtte, ne pas s’y arrêter. Nous brûlâ-mes ce village, et allâmes coucher plus loin. Je prisla résolution de brûler l’étape de *** et de passertout droit, J. J . rouss. Conf. vi. || Â certains jeux,brûler une carte, la mettre de côté. || En un sensanalogue. Peu à peu elle [la duchesse de Bourgo-gne] en brûla [quelques-uns de ses cercles], et à lafin ils cessèrent sans qu’ils aient été rétablis depuis,st-sim. 4t, 67. || 10° V. n. Être consumé par le feu.Quand la maison du voisin brûle. La bûche conti-nuait à brûler. || Fig. Il était indécent qu’il [le ducde Bourgogne ] languit dans l’oisiveté à son âge,tandis que sa maison brûlait [périclitait] de toutesparts, st-sim. 495, 404. || Flamber, être allumé.Le feu brûle. Flambeaux qui brûlent. Une lampebrûlait dans le sanctuaire. || Donner du feu, dela lumière. Ce bois brûle bien. Cette lampe brûlemal. || 11° Être brûlant ou très-chaud. La tête luibrûle. Je m’en sens tour à tour et brûler et glacer,tristan, Mort de Chrispe, i, 4. Je sentis tout moncorps et transir et brûler, rac. Phèd. i, 3. || Fig.Les pieds lui brûlent, il est impatient de sortir, des’en aller. || 12' En termes de cuisine,être frappé parun feu trop vif; ce qui se connaît par l’odeur désa-gréable qui s’exhale. Le rôti brûle. Cette crème brûle.|| Fig. Le rôtibrûle, c’est-à-dire iln’y apasdetempsàperdre, pas de négligence à se permettre. || 13° Fig.Être possédé d’une passion violente. Brûler d’amour.Et si Rome savait de quels feux vous brûlez, corn.Nicom. i, 2. Un juste courroux dont je me sens brû-ler, id. Cinna, v, 2. Déjanire brûla de jalousie,fén. TU. xv. Je brûle, je l’adore.... rac. Mithrid.iv, 6. Mon époux est vivant, et moi je brûle en-core.... id. Phèd. iv, 6 . Mais quelque noble ardeurdont ils puissent brûler, id. Athal. i, 2. Il n’en fautpoint douter, vous aimez, vous brûlez, Vous péris-sez d’un mal que vous dissimulez, id. Phèd. i, 4 .Mon frère, ayez pitié d’une sœur égarée. Qui brûle,qui gémit, quimeurtdésespérée, volt. Zaïre, m,4.Près d’un amant qu’elle aime et qui brûle à sespieds, id. Zaïre , iv, 3. Je crois sentir les étincellesDe l’amour dont Renaud brûla, bêrang. Éducation.|| Brûler pour, se dit de l’amour qu’on éprouve pourune personne. De la même ardeur dont je brûlepour elle, Elle brûle pour moi, malh. v, 24. Maisquoique je l’aimasse et qu’il brûlât pour moi, corn.Cinna, v, 2. || 14° Désirer ardemment. II brûled’être à Rome , afin d’en recevoir Du maître qu’ils’y donne et l’ordre et le pouvoir, corn. Sertor.I, 2 . Elle brûle d’envie de revenir à Paris , sév.4 3. C’est qu’elle sort d’un sang qu’il brûle de ré-

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pandre, rac. Iphig. n, 6.Vous brûlez que je

ne sois partie, id. ib. n, 5. Mais je vois que déjàvous brûlez de me suivre, id. Athal. iv, 3. IJbrûlait d’impatience de retrouver Mentor , fénTél. xxii. Voici cet étranger Que vos tristes soup-çons brûlaient d’interroger, volt. Mérope, u, 4.Et du peuple et des grands la colère insenséeBrûlait de le punir de sa faveur passée, id. QE-dipe, i, 3. Peuple accablé de ta tristesse, Tu n’asplus celui qui sans cesse Brûlait de zèle pour ta loi,malfil. Ode, Élie enlevé aux deux. Oui, mon coeurau mérite aime à rendre justice, Et je brûle qu’unnœud d’amitié nous unisse, mol. Mis. i, 2 . || 15» Letapis brûle, se dit à certains jeux de cartes pouravertir qu’un des joueurs a oublié de mettre au jeu.|| À certains jeux d’enfants, brûler, se dit pourêtre tout près de l’objet qui est caché et que l’undes joueurs cherche. || Perdre la partie pour avoirfait trop de points. J’ai brûlé, j’ai deux points detrop. || 16° Se brûler, v. ré/l. Sardanapale se brûlalui-même avec ses femmes. || Fig. Se brûler à lachandelle, se jeter dans le péril en s’abandonnantà de trompeuses apparences. Locution prise des pa-pillons qui le soir viennent effectivement se brûlerà la chandelle. || Se brûler à la jambe, au pied,être atteint par un corps très-chaud. || 17' Se dessé-cher. Si on néglige ce premier âge, les enfants de-viennent ardents et inquiets pour toute leur vie;leur sang se brûle, les habitudes se forment, fén.xvii, 4 3. || Proverbe. Graissez les bottes d’un vi-lain, il dira qu’on les lui brûle, c’est-à-dire il y ades gens qui ne veulent pas reconnaître les bons of-fices qu’on leur rend.

— hist. xii* s. Sicume fus [feu] chi brulle laselve, e sicume flamme brullant les monz, Liberpsalm.p. 418. || xiii' s. Brulle mes reins et moncuerde la flambe du Saint esprit, Psautier, f° 33.|| xiv' s. Mucius ha mis sa destre dedens le feu, et,comme se il eust le courage hors du sens, il la brûla,ardi et grailla, bercheure, f° 32, recto. || xv's. Etde grâce que le poure brullé [le pauvre homme dontla maison avait été brûlée] Retenue ait et confir-macion [de sa pension], e. desch. Supplication auroi. || xvi' s. [Il] Rendoit ma muse lente, Bien qu’ellefust bruslante De s’offrir à vos yeux, dubell. ni,42, recto. Didon se brusle, et de son mal enclos Jàla fureur luy saccage les os, id. iv, 9, recto. O lafureur d’une bruslante rage, Qui maintenant trans-porte mon courage ! id. iv, 47, recto. Qui contrefaictce Tantale mourant Bruslé de soif au milieu d’untorrent, id. vii, 27, verso. Nous brûlons le vilage,c’est à dire que nous faisons semblant d’estre four-riers; nous nous mettons de deux ou trois logis touten un pour avoir argent des autres, d’aub. Fœn.ni, 4. De trop près se chauffe qui se brusle, cot-grave. Les criminels se viennent brûler à la chan-delle, comme on dit en commun proverbe, n. est.Apol. d’Hér. p. 447, dans lacurne sainte-palaye.

— ÉTYM . Bourguig. brelai; provenç. bruslar;ital. brustolare. Il y a dans l’ancien espagnol uslar,brûler, qui suppose un bas-latin ustulare, fréquen-tatif formé de ustum, supin de urere, brûler. Uslu-lare se retrouve dans l’italien br-ustolare, le proven-çal br-uslar, le français br-usler. Reste à expliquerbr; Diez le rattache au latin per, dans peruslus,brûlé tout à fait, d’où perustulare contracté enbrustulare. M. Chavée, voulant éviter le change-ment du p en b, y voit le préfixe ber, bar ou bre,qui a un sens péjoratif : brûler à mal, brûler toutà fait.

BRÛLERIE (bru-le-rie), s. f. Fabrique d’eau-de-vie.

— étym. Brûler.

BRÛLE-TOUT (bru-le-tou), s. m. Sorte de bou-geoir court, garni d’un rond qui fait bobèche, etsurmonté d’une pointe sur laquelle on fiche le boutde bougie à brûler. || Au plur. Des brûle-tout.

— ÉTYM . Brûler, tout.

BRÛLEUR, EUSE (bru-leur, eû-z’), s. m. et f.|| 1° Incendiaire. Ce passage pensa rompre notreentretien; car je fus sur le point d’éclater de rire dela bonté et douceur d’un brûleur de grange, pasc.Proo. 8. || Être fait comme un brûleur de maisons,être mal vêtu, avoir les vêtements en désordre.|| 2“ Fabricant d’eau-de-vie.

— HIST. xvi' s. Il fit brusler le temple des refor-mez avec telle ardeur que trois des brusleurs y fu-rent consumez, d’aub. Hist. i, 4 38. Touts en ordrecomme brusleurs de maisons, rab. Pant. iv, 44.

— étym. Brûler.

f BRÛLIS (bru-li),s.m. || 1° Terme d’eaux et forêts.Partie de forêt incendiée. || 2° Terme d’agriculture.L’action de brûler ce qui est à la surface d’un champ