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pour le fertiliser et le débarrasser. Le brûlis surplace des siliques de colza.
— hist. xv* s. Quand ce vint le lendemain que lefeu fut estainct, le roy alla veoir le brûlis qui avoitbien demi lieue de lé, Perceforest , t. n, f“4, dans
LACURNE SAINTE-PALAYE.
— étym. Brûler.
BRÛLOT (bru-lo; le t ne se lie pas dans le parlerordinaire; au pluriel l’s se lie : les bru-lo-z enne-mis; brûlots rime avec faux, travaux, repos, etc.),s.m. || 1° Terme de marine. Bâtiment chargé dematières inflammables et explosives, et destiné àporter l’incendie et la destruction. Je fis une fauteque personne n’a remarquée; je ne pensai point àplacer mes brûlots à la tête de la ligne des vais-seaux; si j’avais pris cette précaution, j’aurais assu-rément brûlé quelque pavillon ennemi, Mémoires deVillette, en 1690, dans jal. || 2° Fig. Homme departi disposé à tout risquer. || 3° Morceau très-poi-vré et très-salé. || 4* Eau-de-vie brûlée avec du sucre.|| 5” Synonyme de brûle-gueule. || 6° Nom donné àdes insectes qui, se trouvant dans l’herbe, s’atta-chent aux jambes de ceux qui y marchent. || 7° Sortede polissoir à l’usage du fabricant de glaces.
— étym. Brûler.
f BRULOTIER (bru-lo-tié), s. m. Terme de ma-rine. Marin qui monte et dirige un brûlot.
— étym. Brûlot.
BRÛLURE (bru-lu-r 1 ), s. f. || 1° Lésion plus oumoins grave produite sur une partie vivante par lefeu, par un corps très-chaud ou par une substancecorrosive. La première chose à faire en cas de brû-lure, c’est d’y appliquer de l’eau froide. La brûlureque cette lampe m’a faite, la font. Psyché, i, p. n 4.|| Onguent pour la brûlure, onguent qu’on met surles brûlures; et, figurément, remède,ressource con-tre les inconvénients et les maux. Les protestantsn’ont pas trouvé D’onguent pour la brûlure, bérang.Miss. || 2° Action de brûler. Est-il vrai que la flotterusse ail brûlé toute la flotte turque dans le port deLemnos? Le commerce de Marseille ne souffre-t-ilpas un peu de toutes ces brûlures et de tous ces ra-vages? volt. Lett. Audibert, 2 oct. 4 774. || Rare ence sens. || 3° Terme d’agriculture. Maladie desplantes consistant tantôt en un dessèchement de l’é-corce qui se soulève et se fendille sous l’influencedu soleil ou de l’eau congelée, tantôt en une altéra-tion des bourgeons et des jeunes pousses, qui de-viennent noirs subitement. La brûlure se nommebrouissure, quand elle frappe les céréales. || 4° Ma-ladie des moutons.
— hist. xvi” s. St Paul ne defend pas seule-ment l’impudicité externe, mais aussi la bruslureintérieure du cœur, calv. Instit. 4 022 .
— étym. Brûler.
f BRUMAILLE (bru-mâ-11’, U mouillées), s. f.Terme de marine. Sorte de brouillard peu épais.
BRUMAIRE (bru-mê-r’), s. m. Le deuxième moisdu calendrier républicain, commençant trente joursaprès l’équinoxe d’automne (du 23 octobre au21 novembre). || Dix-huit brumaire, coup d’Etatde Bonaparte , qui fut ainsi nommé parce qu’ilse fit le dix-huit brumaire, et qui eut pour ré-sultat de renverser la République et d’y substituerle pouvoir d’un seul; et, par extension, coup d’Etatde même nature, c’est-à-dire qui renverse un gou-vernement de discussion et y substitue un pouvoirabsolu.
— étym. Bruma, solstice d’hiver, hiver (voy.brume).
BRUMAL, ALE (bru-mal, ma-1’), adj. D’hi-ver ; qui appartient à l’hiver. Plante brumale. Peuusité en général, et inusité au pluriel masculin.
t BRUMASSER (bru-ma-sé), v. impers. Terme demarine. Il brumasse, l’atmosphère est chargée d’unléger brouillard.
— étym. Brume.
BRUME (bru-m’), s. f. Brouillard , surtout en par-lant des brouillards de mer. Les brumes épaissesqui régnent dans les mers des régions arctiques.Toujours plane une brume Sur cette mer.... v. hugo ,Orient. 1.1| Brume sèche, brouillard qui ne déposeaucune humidité. || Fig. et poétiquement. Si quelquebrume obscurcit votre aurore, Leur disait-on, attendezle soleil, bérang. Suicide. || Proverbe. Dans la brumetout le monde est pilote, c’est-à-dire, quand per-sonne n’en sait plus que les autres, personne nepeut prendre la direction, et aussi dans le désordretout le monde ordonne.
— hist. xiv* s. Si que ces tempestes cessèrent,Mais tels brumes i engendrerent, Telz ordures et telz
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
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fumées, Qui ne furent gueres amées, machault,p. 72. || xvi* s. Sept jours devant et sept jours aprèsbrume [le solstice d’hiver], jamais n’y ha sus mertempeste, rabel. dans lacurne sainte-palaye. Celaestoit au temps de la brume, environ le quator-zième décembre, au solstice hyvernal, lorsque le so-leil est au tropic du capricorne, Alector, roman,p. 75, dans LACURNE SAINTE-PALAYE.
— ÉTYM . Provenç. bruma; catal. broma; espagn.et itai. bruma; walaque, brume, givre; bas-bret.brumen, brouillard; de bruma, solstice d’hiver,hiver (les étymologistes latins tirent bruma de bre-vissuma, brev-u-ma, lejourleplus court). On conçoitcomment bruma, l’hiver, a donné son nom à labrume. Déjà dans les Gloses d’Isidore brumosus setrouve avec le sens de pluvieux.
f BRUMÉ, ÉE (bru-mé, mée), adj. Terme depêche. Morue brumée, morue couverte d’une pous-sière brune.
— ÉTYM . Brume, par métaphore.
f BRUMER (bru-mé), t). impers. Terme de ma-rine. Il brume, le temps est plus ou moins chargéde brume.
BRUMEUX, EUSE (bru-meû, meû-z’), adj. Cou-vert de brume, de brouillard. Temps brumeux.
— Étym. Brume; provenç. brumos.
BRUN, BRUNE (brun, bru-n'; l’n ne se lie pas:brun ou blond, dites : brun ou blond; si brun setrouvait devant son substantif, ce qui n’arrive pres-que jamais, l’n se lierait : un brun n-Allemand ,brun ayant le son du nom de nombre un; au plur.l’s se lie : bruns et blonds, dites : brun-z et blonds),adj. || 1° Qui est d’une couleur de châtaigne foncéetirant sur le noir. || Invariable dans les locutions dece genre : des étoffes brun foncé. || La couleurbrune. Cette étoffe est d’un beau brun. |] Brun demontagne, terre d’ombre. Brun rouge, ocre dont onse sert dans la peinture. || 2° Familièrement. Il com-mence à faire brun, la nuit vient. || S. f. La brune,le moment du jour où il commence à faire brun.Les heures s’envolaient ; et l’aurore et la brune Teretrouvaient toujours dans ce chemin perdu, a. demusset, dans le Dict. de dochez. || À la brune,sur la brune, loc. adverb . Au déclin du jour. Un pe-tit laquais était sorti sur la brune, hamilt. Gramm.9. Hier au soir, sur la brune, Un chat-huant s’envint votre fils enlever, la font. Fabl . ix, l. Avant-hier, advint que de fortune Je rencontrai ce Gui-gnard sur la brune, volt. Hypocr. |j 3° En pariantdu teint et des cheveux, qui offre une légère nuancede noir. J’ai le teint brun, mais assez uni, le frontélevé, la rochef. Portrait. || Substantivement, per-sonne qui a le teint et les cheveux bruns. Un brun.Une brune. Une petite brune vive et piquante, j. j.roüss. Ém, v. Plus d’un brun à large poitrine, bé-rang. Grég. En secret un brun m’accompagne; Toutse découvre; adieu mon roi, m. Cartes. || Allerde la brune à la blonde, être inconstant dans sesamours.
— HIST. xi* s. Neirs les chevels [cheveux] il ot etauques bruns, Ch. de Bol. cclxxix. Dreites ces hans-tes, luisant cil espiè brun [poli], ib. lxxx. [Il] fiertCharlemagne sur l’haume d’acier brun, ib. cclxiii.|| xii* s. [Cheval ] baucent ou brun, Ronc. p. 133.E un suen escuier n’i volt il oublier, RogierdeBrai,un brun, un prode bachelier, Th. lemart. 48. || xm*s.Et li bruns airs esclaircis Par la lune.... Âne. poé-sies dans lacurne ste-palaye. Nus toissarans nepuet tistre à Paris camelins bruns et blancs, se iln’est.... L. des mét. us. Si surcil sont brun et petit;Onques nus hom plus bel ne vit, Fl. et Bl. 2853.|| xv* s. Il estoit toute nuit et faisoit moult brun etmoult espais, froiss. i, i, 292. Et sur la brune ren-contrèrent en leur chemin de cinq à six cents com-battants de leurs ennemis, monstrel. Uy.ii, ch.462.Certes, nennil, vostre vie est trop brune [mauvaise],e. desch. Poésies mss. f° 367, col. 3, dans lacurneste-palaye. C’estoit en hiver, et faisoit brun et noir,louis xi, Nouv. lui. Faulte de blanc pain faict aul-cunes fois manger le brun, Perceforest , t. vi, f* 76,dans lacurne ste-palaye. ||xvi*s. Voyant cette filleassez belle, pour une claire brune, marg. Nouv. liii.Se doubtant bien que les ennemis, sur le soir, quandil commencerait à faire brun, se retireroient à lafile un à un, amyot, Philop. 24. Je veux mourirpour le brun de ce teint, rons. 27.
— ÉTYM . Provenç. brun; espagn. et ital. bruno;de l’anc. haut allem. brûn; allem. mod. braun. Le6ens radical de brun est brûlé (voy. brunir).
f BRUNATRE (bru-nâ-tr’), adj. Tirant sur lebrun.
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t BRUNE (bru-n’), s. f. Terme de pêche. Poissondu genre des labres.
BRUNELLE (bru-nè-i’), s. f. Terme de botanique.Genre de la famille des labiées. La brunelle com-mune et la brunelle à grandes fleurs sont les deuxespèces les plus répandues. On dit aussi prunelle.
BRUNET, ETTE (bru-nè, nè-t’), s. m. et f. || i" Pe-tit brun, petite brune. Autant qu’une plus blancheil aime une brunette, Régnier, Sat. vu. || 2” Bru-net, s. m. Espèce de merle. || 3° Brunette, s. f. Es-pèce de bécasseau. || 4“ Anciennement, brunette,petite chanson tendre et d’un goût naturel et dé-licat.
— HIST. xii* s. La dameiselle ot non Lunete, Etfu une avenanz brunete, chrestien de troies dansholland, Chrestien de Troies, p. 75. || xiii* s. Carausinc bien sunt amoretes Sous buriaus comme sousbrunetes [étoffe fine presque noire], la Rose, 4348.Desous le front sont li sorcil Brunet et estroit etsoutil, Bl. et Jeh. 263. Prenez garde à celui quichanta cest motet; S’avoie à faire ami, le feroiebrunet, Salutd’amors, jubinal, t. ii, p. 239 . || xv*s.Si fut enfant.... de joyeux visaige, un peu sur lebrunet et assez coulouré, Bouciq. 1 , ch. 2 . j’acha-teray, ou gris, ou verd, Et pour un blanchet,Guillemette, Me faut trois quartiers de brunette,Patelin. || xvi* s. Allégez moy, douce, plaisantbrunette, marot, iii, ut. La brunete Marguerite,id. iii, 136. J’aime la blanche et j’aime la brunette,yver, p. 627.
— étym. Diminutif de brun; bourguig. breugnotte.
1. BRUNI, IE (bru-ni, nie), part, passé. || f* Rendubrun. Un teint bruni par le soleil. || 2° Poli. Or bruni.Et toute sou armure, emblème de malheur, Etait defer bruni, sans or et sans couleur, guibert, Bour-bon, iv, 9.
2 . BRUNI (bru-ni), s. m. Terme d’orfèvrerie. Lepoli, par opposition au mat.
— Étym. Brunir.
BRUNIR (bru-nir), ». a. || 1° Rendre brun. Maisdéjà l’ombre plus épaisse Tombe et brunit les vastesmers, lamart. Méd. 1 , 24. || Peindre en brun. Fairebrunir une voiture. || Brunir de l’acier, signifiequelquefois faire subir à l’acier une préparation quile rende plus brun. || V. n. Devenir brun. Il a bruni.|| Se brunir, ». réfl. Devenir brun. || 2° Rendre bril-lant par le poli. Brunir de l’or, de l’argent. || Sau-poudrer de gypse calciné la baudruche destinée àrecevoir l’or battu. || Terme de vénerie. Se dit ducerf, frottant son bois pour le dépouiller de la peaumorte. Ce cerf brunit son bois. || 3° Se brunir, ». réfl.Devenir brillant. Cette sorte d’or se brunit mieux.
— HIST. xi* s. Franceis i fièrent des espiez bru-nissans, Ch. de Roi. cxxin. ||xii* s. Toz vos images[je] fis faire d’or bruni, Ronc. p. 4 44. || xiii* s. Quenuis ne puisse nulles vielles euvres reparer ne bru-nir, ne vendre pour nueves, sus peine de perdreles, Liv. des mét. tôt. Quiconques est fremailliersde laton, et il fasse oevre qui ne soit bruntie qued’une part, si comme de fermaus rons, cele oevren’est mie souffisans, ib. 96. Cilz deux lieux sont faizà pugnir Tous ceulx qui failleut à venir A ces bienssouverains ensemble, Qui pevent blanchir et brunirTout homme.... j. demeung, Très. 632. ||xiv* s. Dela mâche [massue] de fer le feri li marchis, Pardes-sore le hiaume, qui bien estoit burnis, Baud. deSeb. IV, 4 58. || xvi" s. Comme un myroir par sonlustre bruny, Monstre.... j. marot, v,200. L’esprou-vette, estant sur l’os, glisse comme sur quelque chosebrunie et polie, paré, xi, 22 . Il [amour] fit son traitde ton œil brunissant, rons. 73.
— ÉTYM . Brun; Berry, brunezir; provenç. bruniret bornir ; espagn. brunir, bronir; ital. brunire ;moyen-allem. brinnen, rendre brillant. Dans l’ancienhaut-allemand brûn signifie à la fois brun et bril-lant; ancien Scandinave, bruni, incendie, feu. Onconçoit comment le même radical a pu donner brun,ce qui est noirci par feu, et brunir, rendre brillantcomme le feu, d’où polir.
f BRUNIS (bru-ni), s. m. Terme de métier. L’ef-fet du bruni.
BRUNISSAGE (bru-ni-sa-j’), s. m. Action de bru •nir, de polir.
BRUNISSEUR, EUSE (bru-ni-seur, seû-z’), s. m.et f. Celui, celle qui brunit les ouvrages d’or et d’ar-gent.
— HIST. xv* s. L’espée estoit plus clere et plurluysante que s’elle venoit des mains du brunisseur,Perceforest , t. vi, f* 64, recto, col. 2 , dans lacurnksainte-palaye.
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